La suite : Monument valley (J08)
Page ► Monument Valley (Arizona)
(337 km)
Jeudi 11 septembre
Installés dans notre confortable Ford, nous partons à la recherche d'un autre univers minéral, hors du commun. Nous sommes sur le plateau de
Goosenecks State Park, au milieu de nulle part.
A l'horizon, rien ne laisse deviner une quelconque curiosité, quand soudain, la route s'arrête net comme au bout du monde.
300 mètres plus bas, depuis des millions d'années, la San Juan River creuse son lit. Comme le Colorado, elle charrie ses eaux occidentales de la ligne de partage des eaux des Rocheuses vers le golfe de Californie. Trois méandres du nom de Goosenecks (cou d'oie), d'une parfaite sinuosité que taille silencieusement cette rivière boueuse défient le temps.
Mon petit appareil photo ne me permet pas de prendre une vue panoramique. Impossible de caser ces trois méandres dans l'œilleton. Tant pis ! Ce privilège est réservé aux professionnels de la photo.
Cependant, j'en prends plein les yeux, c'est extraordinaire, supérieur …
Même avec le grand angle à 10, difficile de prendre les 3 méandres
Demi-tour. Au carrefour, arrêt devant une curieuse montagne faite d'une succession d'accents circonflexes, rouge empire, et gris perle. Elle est d'une exceptionnelle beauté. Nul autre massif ne lui ressemble, tant elle parfaitement dessinée et ingénieusement colorée.
En contrebas, le Colorado lime son socle. La nature prend son temps ; elle a raison, car elle en fait tant, qu'il lui faut du temps !…
Quatre bikers savoyards profitent également du paysage ; ils ont l'air sympathiques ; j'en profite donc pour m'approcher de leur Harley Davidson qu'ils viennent de mettre sur cale.
Dommage, mon mari n'est pas motard ; pour moi, un rêve inassouvi. J'enfourche ce bel engin et le temps d'un instant, je suis devenue biker !
Je ris, je suis si heureuse …
Mon bonheur transpire car tous y prennent part, l'occasion de faire quelques photos qui me laisseront un souvenir excitant.
Un peu plus loin nous saluons le chapeau de
Mexican Hat. Il est superbe, perché sur son monolithe …
Sur l'UT261 nous prenons la Mokee Dugway pour aller à Muley point. Dix puis 20 … puis 30 km de forêts : Muley Point reste introuvable. Deuxième demi-tour de la journée (il y a des jours avec et des jours sans !).
En route pour
Monument Valley qui est le berceau de somptueuses draperies de grès enflammées, de colosses de monolithes, de ponts naturels à la finesse remarquable. L'après-midi qui nous attend sera si riche et grisant, que je n'en aurais pas de regret.
Lorenzo, notre sympathique guide indien, nous fera découvrir en jeep toutes les beautés de ce paradis désertique. Nous avons bien conscience d'être des privilégiés. Seuls, le guide au volant, Hubert et moi fièrement installés à l'arrière, parcourons ces grands espaces. Les touristes prennent généralement des minis bus décapotables et n'ont pas accès aux curiosités les plus cachées.
Ce n'était pas le confort Pullman et pas donné. Mais aucun regret. Quel pied cette balade
Cette formule nous permettra de prendre toute la dimension de West Mitten Butte, East Mitten Butte et de Marriet Butte, formations rocheuses d'une extraordinaire architecture.
D'immenses monolithes de grès rouge de 300 mètres de haut ont résisté à l'érosion et se sont imposés face à la force redoutable du vent et de la pluie. Le spectacle en est fascinant.
The camel (le chameau)
The three sisters
The thumb (le pouce)
La jeep grimpe, se tord, dévale les pentes ; c'est un vrai bonheur ! Trois heures de tumultes, de rires, de kilomètres à avaler la poussière, de découvertes en découvertes … Bref, c'est la liberté et le plaisir absolu !
Lorenzo nous emmènera dans la partie interdite aux touristes non accompagnés d'un guide
Une grotte comme on la découvre en arrivant : un indien
La même grotte une fois au fond, couché sur le dos pour regarder en haut : un aigle
Là : qu'y voyez-vous ?
Et là ?
Dans sa hutte, une très jolie indienne au sourire accrocheur fait une démonstration de cardage de laine. A deux pas de là, dans un Hogan village, nous accordons beaucoup d'intérêt à la construction des huttes de terre rouge, dont la structure de bois parait inébranlable. Leur fraicheur est surprenante.
D'autres baraques beaucoup moins glorieuses ont du mal à cacher leur misère. Cinq dollars de pourboire à Lorenzo et nous attendons l'œuvre du soleil couchant.
Au soleil couchant
Les passionnés s'installent et suivent sans "perpeiller" le feu incandescent de la roche.
Le soleil décline, les monolithes s'habillent de rouge et noir, un petit avion sublime le spectacle par de multiples voltiges.
Merci au pilote pour nous avoir offert 20 bonnes minutes de voltige aérienne
Quel bonheur ! Quel beau voyage de noces ! Nous n'avons pas perdu une miette de ce délicieux moment.
Je fouille des yeux le visitor center. Le chaland ne peut qu'être séduit par tant de diversité. L'art indien domine, c'est donc ici que je vais faire mes principaux achats.
Je m'assure d'abord du lieu de fabrication. Pas question d'acheter "made in China". Je choisis un cadre et une poterie pour Daniel et Thérèse, des bijoux, puis, une magnifique poterie noire venue du Nouveau Mexique pour Lily et un ours en terre ocre très stylisé, pour Eric. (Pourvu que ça lui plaise !).
- "Maman, nous n'avons vraiment pas les mêmes goûts … Je préfère que tu le gardes" me dira-t-il quelques mois plus tard. Déception, mais bon ! les goûts et les couleurs !...
Arrivés de nuit, l'hôtel sera difficile à trouver, mais nous y passerons une très bonne nuit.
La suite le WE prochain. Merci pour votre lecture, et attente
