Jour 14. Zion National Park.
Aujourd’hui, rando (pour changer…).
Comme je n’ai pas réussi à avoir 3 jours de suite le même emplacement au camping, je suis obligée de démonter la tente. Je ne suis pas sûre de revenir avant le check out time, donc je range le tout dans la voiture, et vais me garer au visitor center. A 6h30, il y a encore beaucoup de place. Je prends la navette.
Angels Landing (8,7 km, 450m de dénivelé, 3 h aller-retour)
7h. Départ de l’arrêt « The Grotto ».

Il y a un petit peu de monde (dû à l’arrivée groupée), mais ça s’étale vite. Tout le chemin sera à l’ombre, sauf la dernière partie (celle avec le précipice des deux côtés). Il fait bon. Ça monte bien quand même.
A Scoot lookout, il y a un peu plus de monde. On voit le reste du chemin sur l’arrête de la montagne. On a déjà une jolie vue. J’hésite un peu, mais me dit que maintenant que je suis là, autant continuer.
Alors, je n’ai pas du tout aimé cette dernière partie de rando. Décidément, l’escalade ou la haute montagne, ce n’est pas pour moi. Le chemin est bien tracé, il y a des chaînes pour s’accrocher, mais l’idée du précipice de chaque côté, le chemin qui est de biais, tout pentu vers l’abîme… J’ai vraiment eu la trouille. Je me suis forcée à continuer, en m’accrochant bien à la chaîne (tout en me disant que faire ce chemin en redescendant allait être pire encore). Et ça dure, ça a bien pris 25 minutes pour rejoindre le sommet depuis Scout lookout… Et le chemin est pareil tout du long…
8h30. Arrivée en haut. Il est trop tôt. Le canyon est encore bien dans l’ombre. C’est beau, mais ça doit l’être encore plus quand tout le canon est éclairé.

Je discute avec un petit groupe d’américain, qui me demande de les prendre en photo (j’en profite pour leur demander de me prendre en photo aussi) et là ça va mieux, la conversation me distrait, et avec l’appareil photo, ça fait moins peur (j’étais en mode « prise de photo- bon cadrage » et plus en mode « longe le vide »).
Je m’attarde un peu, puis redescend avec le groupe d’américains jusqu’à Scout lookout.

Le retour passe comme une lettre à la poste. On discute, j’ai de la compagnie pour me distraire, il a beaucoup de monde qui monte, donc on attend régulièrement. Les passages difficiles passent très vite entre les arrêts. Et moi qui avais angoissé toute la montée à l’idée de redescendre !
Après le passage difficile, je redescends tout doucement, et me remets de mes émotions.
10h. Fin de la rando, retour au point de départ.
Bilan : le timing n’était pas terrible, tout le canyon était dans l’ombre. Mais bon plus tard, ça voulait dire marcher au soleil, et avoir beaucoup plus de monde. Déjà au retour, c’était limite.
Un américain a dit que c’était assez effrayant et difficile, mais que ça valait totalement le coup, et qu’ à la fin la vue était splendide. Je ne suis pas aussi catégorique. Pour moi la balance entre « la peur dans la montée » versus « la récompense de la beauté de la vue » ne penche pas spécialement du côté positif. Je dirais que ça s’équilibre.
Au final je suis contente de l’avoir fait, mais ça m’a beaucoup coûté. Au niveau adrénaline, ça dépasse largement le serpent vu au dernier moment juste à côté de moi à Monument Valley.
Il est encore relativement tôt. Je me lance pour une autre rando facile.
Emerald pools et Kayenta trail (3,2km ; 1h30).
10h20. Départ de Zion Lodge.
Les emeralds pools sont de tous petits bassins, un peu en hauteur, formés par l’eau qui coule le long des parois du canyon. La promenade est assez facile, mais il y a beaucoup de monde, et il fait maintenant très chaud. Le soleil tape bien et rend désagréable la marche dans les passages ensoleillés. Il y a beaucoup d’arbres, et donc de l’ombre, près des bassins. C’est mignon.
J’ai bien aimé le retour par kayenta trail. Il y a beaucoup moins de monde, on voit bien le changement de végétation, beaucoup plus désertique ici qu’elle ne l’est le long de la rivière ou autour des bassins.
Et on a une belle vue sur la Virgin river:
11h50. Fin de la rando, arrivée à The Grotto.
Après midi. Springdale et camping.
Je reprends le bus pour le visitor center, récupère la voiture et vais à Springdale, le village à l’entrée du parc.
Je trouve des douches vers l’école, dans une boutique qui propose des excursions, du matos de rando et des vélos (5$ les 7 minutes de douche !!! contre 2$ les 8 minute au Grand Canyon et à Bryce). Ça fait du bien.
Je m’achète une salade, un sandwich et à boire au supermarché de Springdale (beaucoup de choix, mais cher).
Je repasse au Visitor center. Je cherche un roman, n’en trouve pas, et tombe sur un certain « Desert Solitaire »….
Retour au camping. Check in pour mon nouvel emplacement « walk-in » : c’est-à-dire qu’il n’y a pas de parking directement sur l’emplacement … mais 10 mètres plus loin!
Ce qui m’inquiétait le plus, c’est que dans le descriptif, ils indiquaient « pas d’ombres ». Mais en fait, il y a un petit arbre, avec juste la place qu’il faut pour mettre mon matelas à l’ombre et faire la sieste. Parfait !
Je passe l’après-midi entre sieste et lecture. Le soir tombe, et les cerfs se montrent.
21h. J’assiste à une autre conférence des rangers sur le ciel nocturne.
Desert solitaire, Edward Abbey.
“Yes sir, yes madam, I entreat you, get out of those motorized wheelchairs, get off your foam rubber backsides, stand up straight like men! Like women! like human beings! And walk—walk—WALK upon our sweet and blessed land.”
"Oui monsieur, oui madame, je vous en supplie, sortez de vos fauteuils roulants motorisés, bougez vos fesses rembourrées, tenez-vous debout comme des comme des hommes ! Comme des femmes ! Comme des êtres humains ! Et marchez—marchez—MARCHEZ sur notre terre douce et bénie. "