J’ai appelé mon fils une dizaine de jours avant ce week end du 14 Juillet.
-Salut fiston, dis donc, ça te dirais d’aller camper tous ensemble trois ou quatre jours dans les Pyrénées ? Comme ça je profiterai de vous et du petit.
-Ha oui, ce serai sympa… Mais quand tu veux y aller ?
-J’avais pensé au week end du 14 Juillet. Je m’octroie un jour et si vous ne travaillez pas on…
-Ha zut, on est chez des amis, et comme M…. travaille Mardi on rentre Lundi soir.
-Mince… Bon tant pis… Une prochaine fois.
-Mais toi vas y si tu veux. Passes chercher la tente à la maison. J’ai un matelas aussi…
-Mouais… Sinon, je prends le petit avec moi et vous partez en amoureux chez vos amis.
-Papa… Ils ont un gosse qui a le même age… Et tu connais M….
-Oui je la connais… Bon, je vais voir, je te rappelle.
Voilà à quelques choses prêt comment ça a démarré.
Mais moi j’ai besoin de faire un break. Ça fait un mois que je me lève tout les matins à 5h00 et que je rentre à 20h00 complètement fourbu.
Faut que je calme la machine, la rupture n’est pas loin.
Alors deux ou trois jours plus tard je rappelle mon fils pour lui dire que je passerai le Samedi matin pour récupérer la tente. Il me dit qu’il laissera la tente, un matelas pneumatique et un réchaud dans le cagibi au fond du jardin. Et que le mardi soir en rentrant j’aurai qu’à rester manger avec eux, comme ça je verrai le petit.
OK, ça roule fiston, à mardi prochain.
Le jeudi avant de partir je regarde la météo et je prends de quoi me couvrir et des vêtements de pluie.
Le vendredi soir mon sac est prêt ainsi que quelques provisions dans un panier.
Le samedi matin je décolle vers 7h00, direction la banlieue de Toulouse. Je me gare devant le pavillon de ma petite famille et file au fond du jardin. Dans le petit local servant de cagibi je trouve tout le nécessaire. 1 chaise, 1 table, 1 matelas gonflable, 1 réchaud avec des gamelles et 1 tente. Oui mais voilà, la tente elle est pour quatre personnes, et moi je suis tout seul. Ça va être coton pour la monter...
Bon, je verrai. Direction Saint Lary Soulan où j’arrive vers midi, mais je continu la route jusqu’à arriver à Aragnouet au camping du Moudang. Petit camping municipal au bord de la Neste d’Aure, très sympa avec plein d’emplacements pour les tentes. Je m’inscrit et vais m’installer.
Commence le sketch du montage de la tente. Je mascagne un bon 1/4 d’heure quand deux jeunes viennent me filer la main. Ce sont des Marseillais, très sympa. Ils passent leur temps à jouer de la guitare devant leur tente. En trois coups de cuillère à pot la tente est installée et je les invite à venir boire un coup pour le soir.
Je mange rapide et je vais aller me promener dans la vallée du Rioumajou qui est pas loin.
Le temps est couvert, mais par moment le soleil perce et il ne fait pas froid.
Je me gare sur le parking de terre au bout de la petite route et je chausse mes chaussures de rando. Je vais marcher jusqu’à l’hospice du Rioumajou, une balade de 4 km avec peu de dénivelé. Enfin, ça c’est ce que je m’étais dit, mais il existe plusieurs chemins pour arriver jusqu’à l’hospice… Dont un qui est barré plus haut pour cause de travaux forestier. Pourtant, c’est bien marqué au départ de la rando…
J’ai trouvé bizarre aussi de ne trouver personne sur le chemin.
Bon, c’est quand même chouette, vert, ça sent bon les pins, je longe un petit torrent,


et à un moment trois chevaux me rejoignent.

Solide les bêtes, elles me précèdent, s’arrêtent pour brouter puis reprennent leur route.






Moi, j’arrive à la liaison où le chemin est barré et je continu jusqu’à un petit pont qui enjambe le torrent. Le chemin après le pont est lui aussi fermé.


Puis les trois chevaux arrivent, traversent le torrent et grimpent dans la montagne par un chemin raide comme la justice.

J’essaye de les suivre un peu, mais c’est vraiment raide et je m’essouffle. Alors je fais demi tour et retourne à la voiture.

Je m’arrête à un BBQ géant posé dans une clairière avec des tables de pic nic. Quelques photos et je pars.




[

Je file jusqu’à Saint Lary pour trouver une boulangerie, j’en trouve une et j’achète un pain du berger. Le truc que quand tu manges une tranche, t’es calé pour la journée…
Et je retourne au camping.
L’heure de l’apéro arrive, je vais chercher mes guitaristes campeurs, et on se siffle une bouteille et un peu plus de l’excellent rosé que j’avais apporté. Après leur départ en zig zag,
Ce qu’il reste de mon rosé…

La Neste d’Aure derrière la tente.

Et une dernière avant d’aller au lit.

J’ai un matelas gonflable king size pour moi tout seul, je sens que je vais être bien.
Pourtant dans la nuit j’ai froid. Je mets une paire de chaussettes et enfile un bonnet…
C’est dans ces moment là que je me dis qu’un peu de chaleur humaine serait la bienvenue…
C’est dans ces moments là que je me dis aussi que je vieillis. Où est il ce temps où je dormais à poil, où j’aurais traversé le camping en courant tout nu pour me jeter dans le torrent ?
Quitte à me fracasser la tête contre un rocher...
A bientôt.

















