Jour 2/ Partie 2 (vendredi, 22 mai 2015): San Francisco (JapanTown, Alamo Square, Haight Ashbury, Golden Gate Park)
Nous voilà sur la route du quartier japonais, je signale à madame que nous avons une « petite » marche à faire

mais elle ne se fait plus avoir et me demande au tac-o-tac « C’est où ? Combien de foutues dunes à grimper ? ».
Je lui réponds tout fièrement qu’il y a qu’une seule longue rue à parcourir (j’omets juste que c’est 2,5 km mais un mensonge par omission est-il vraiment un mensonge ?

)
On fait un petit détour au Starbucks où le vendeur n’arrivant pas à comprendre le prénom Valérie

(J’ai failli lui chanter Amy Winehouse) se facilitera la tâche en lui écrivant le prénom de Vanessa sur son gobelet

.
Je me fou évidemment d’elle pendant au moins 15 minutes quand elle commence à se dire que ça fait longtemps que je suis occupé à faire ça sans pour autant voir un japonais dans le coin

. Je lui annonce donc qu’il reste encore un bon 10 minutes de marche

.
Après avoir été obligé de promettre de ne plus omettre ou travestir des informations

, nous arrivons, enfin, dans le
quartier japonais.
Quelques tours dans le centre commercial permettent de bien s’amuser si on est un peu geek. La plupart des boutiques sont des magasins de manga, de jeux-vidéos et de produits dérivés de tous ces univers. On y trouve aussi des boulangeries, des salons de thés, des karaokés…
Nous nous mettons en marche vers la
prochaine étape du jour: Les Painted Ladies. On croise de magnifiques bâtisses sur le chemin donc je reprends mon rôle de professeur qui ne peut plus oublier des informations sous peine de me faire casser le genou (Tels ont été ses mots !

).
Je lui explique donc que ces maisons de style victorien sont des rescapées de 48.000 maisons, d’un séisme en 1906, et que le nom Painted Ladies vient de deux écrivains pour imager le fait de peindre des maisons en 3 couleurs pour mettre en avant leurs architectures et par conséquence qu’il y en a même dans d’autres villes des USA.
Cette fois ci, on me regarde et on me demande si ça ne serait pas un peu macho toute cette histoire de nom…
Je ne prends pas le risque de commenter

et je propose de nous poser et de prendre quelques photos.
Je lui signale que c’est des maisons habitées et que cela coûte maintenant une petite fortune pour en acheter une (un ancien propriétaire en a vendu une pour 3 millions de dollars alors qu’il l’avait acheté 65 milles dollars.). Valérie et moi imaginons déjà notre vie dans une maison pareille

. Cela ne nous botte pas trop d’avoir des milliers de touristes épiés le moindre mouvement à l’intérieur de notre habitation mais cela débouche rapidement sur notre situation. Nous prenons donc la décision de déménager

dès que nous en aurons les moyens

.
Nous sommes, donc, dans une phase de romantisme extrême

après cette décision et nous nous remettons en marche vers la prochaine étape qui est le quartier de Haight Ashbury.
Les papillons au ventre

, les cœurs au-dessus de nos têtes

, nous apercevons au coin d’une rue cette magnifique indication!
Bon au moins, ça calme

!
Je signale que ce magnifique avertissement me conforte dans l’idée que nous arrivons bien à l’étape suivante qui est le
quartier de Haight Ashbury.
Ce quartier est un peu obligatoire quand on fait un passage à
San Francisco. C’est ici que le « Summer Love » de 1967 est né.
De nombreux jeunes issus de la culture hippie se sont retrouvés dans ce quartier pour goûter à la joie de cette « contre-culture ». La nourriture était gratuite (on signe où ?

), ainsi que les drogues (meeeeh !

) et l’amour libre

…Je soumets la dernière proposition

mais quand je me retourne... Je me rends vite compte que je parle, de nouveau, tout seul (

) car Valérie a repéré le « Burger Urge » où ils font des burgers et ça urge apparemment (je parle du burger, bande de coquins

).
Notre premier burger américain sera un classique accompagné de frite de patate douce avec des oignons rings

. Par contre, on adore cette manière de ramener toujours un verre d’eau rempli de glaçons sans même qu’on le commande et surtout sans même devoir le payer

.
Après ce remplissage de ventre, on flâne un peu dans le quartier où nous prenons un certain plaisir à visiter quelques boutiques. On tombe sur une librairie anarchiste (« Bound Together Bookstore »), un magasin rempli de créations du Tibet et du Népal (« Tibet Styles »), un autre spécialisé dans les t-shirts des groupes de musique des années 70 et 80 (« Bang-On
San Francisco ») ou encore « Dreams of Katmandou » qui se concentre aussi sur Bouddha ou, pour finir, la boutique Piedmont avec ces belles jambes qui dépassent de la façade.
Valérie adore surtout les fresques murales dont certaines sont vraiment magnifiques

.
Nous décidons d’aller nous poser un peu dans le
Golden Gate park, histoire de bien digérer et cela tombe bien car la prochaine étape est le
Japanese Tea Garden 
.
Madame me demande si j’ai un truc avec les asiatiques, aujourd’hui, vu que c’est la troisième étape asiatique du jour.
Je lui explique donc que la culture japonaise est très forte ici et que bien que créé en tant que village japonais pour l’exposition nationale en 1894, ce parc est devenu, aujourd’hui, le plus ancien jardin japonais des États-Unis.
Pour une fois, Valérie est captivé par ce que je dis donc je surenchéri même avec le fait qu’on doit sa longévité à Makoto Hagiwara un paysagiste considéré comme le créateur des fortunes cookies (les biscuits japonais qui renferment un proverbe).
Ca y est, j’ai vraiment réussi à l’intéresser

donc je tente une vieille tactique qui consiste à dire que la tradition depuis 1894 est de faire un massage à son compagnon en rentrant à son
hôtel 
.
Elle me calcule pas et paie les 16 dollars d’entrée pour qu’on puisse y rentrer. Elle finit tout de même par regarder mon genou en disant « 16 dollars en moins à donner pour tes frais d’hospitalisation, il parait que c’est cher ici, en plus professeur

».
Bon, c’est sur après ça, je suis un poil plus calme…
Nous nous baladons donc dans ce beau jardin où les décors sont vraiment magnifiques. On s’amuse à prendre quelques petites photos quand une adolescente nous demande de la prendre, elle et son groupe, en photo

. On accepte et après avoir entendu des « thank you guys » et des « oh my god, this is so kiiinnnnddd » pendant 1 heure, on leur rend l’appareil et elles nous rendent la pareille en prenant des photos de nous où je m’amuse à dire à Valérie que j’espère qu’il n’y a pas le son sur les photos qu’elles prennent

. Le groupe finit par nous quitter en nous disant qu’on est « so cute » et « so kind » et « we love youuuu »

.
La première interaction avec des américains est exactement celle à laquelle qu’on s’attendait. Ils ont vraiment l’art de mettre en confiance avec leurs gentillesses. On se demande même si ce n’est pas hypocrite tellement ce n’est pas habituel pour nous, européens.
Pendant qu’on en discute, on se dirige vers la prochaine étape qu’est le Bison Paddock qui est, comme le nom laisse deviner, une vaste plaine où quelques bisons ont été placés.
Faut savoir qu’on commence vraiment à fatiguer et qu’on est en plein débat sur la gentillesse américaine vs gentillesse européenne. Pour une fois, on est d’accord sur le fait qu’on préfère les USA pour cela mais à force de parler et d’argumenter…On se perd et on se retrouve devant le Japanese Tea Garden à nouveau

.
On reprend donc en main la carte du roadbook

et on se dirige à nouveau vers le
Bison Paddock 
.
On arrive finalement à destination et j’explique à Valérie que la plaine est vraiment grande et qu’il y a moyen de les observer en hauteur via un poste d’observat…

Ah ben non en fait

, il y a que 3 pauvres bisons et ils sont enfermés derrière 20 grillages et leur accès à la plaine est condamné

.
On reste 2-3 minutes par fierté

de ne pas avoir fait toute cette route, presque deux fois à cause du détour, pour si peu. Valérie me demande si la prochaine étape est loin. Je lui réponds que, normalement pour aujourd’hui, c’est fini et que je suis fier d'elle!
Il ne nous reste plus qu’à rentrer à l’
hôtel et s’acheter à manger. On est à un petit peu moins de 25 km

de marche sur la journée donc la fatigue se fait clairement ressentir et le jetlag n’aide pas donc on se prend de quoi se faire un minable sandwich et on rentre à l’
hôtel pour s’endormir et reposer les petits pieds pour demain car on va devoir, encore une fois, les mettre a rude épreuve.
