
JOUR 2
La neige s’est invitée ce matin. Elle recouvre les toits environnants et le sol, à l’exception de la route qui reste dégagée. Ici, ils appellent ça de la neige fondante, mais pour nous elle est la bienvenue.
On se lève de bonne heure, vers 6h00 si je me souviens bien, et on traîne un peu en attendant que « E » se lève pour aller déjeuner chez Mamie Clafoutis. « E » n’a pas fait de courses, et nous n’avons rien pour petit dej. On la laisse dormir un peu, car elle a bossée comme une dingue pour pouvoir prendre quelques jours avec nous. Vers 9h00, on part donc chez « Mamie » pour rassasier nos ventres vides. C’est à côté du SAQ où hier soir nous avons fait le plein d’ alcool. On s’habille chaudement avec nos parka -20°, il neige, mais en plus, ça pèle.

Chez Mamie Clafoutis, c’est assez cool, les produit frais sont de bonne qualité et nous y passons un bon moment.

Sur le chemin du retour, arrêt au supermarché Provigo afin remplir un peu le frigo pour les jours à venir et aussi pour les petits dej.
Il est sympa ce magasin, aménagé dans une ancienne usine, il a conservé la charpente métallique apparente, ainsi qu’un pont roulant qui a l’air en état de fonctionner. Sûrement pour transporter les caddies trop remplis.


On rentre à l’appart, et comme la neige continue de tomber je décide d’aller me balader du côté du parc olympique. Seul, les filles préférant rester entre elles au chaud.
Je m’approche du stade couvert, mais impossible de trop m’avancer à cause des monticules de neige qui barrent les passages. Pas grave, je reviendrai.

Je traverse la route pour me diriger du côté de l’immense parc du jardin botanique. Je le parcours un peu, mais là aussi l’épaisseur de neige m’empêche de m’aventurer plus dans les jardins.


De toute façon, je n’ai plus de temps, je dois rentrer. Nous devons nous trouver des chaussures plus chaude pour le reste du séjour et pour cela nous allons en centre ville au Décathlon qui se trouve dans un complexe réunissant de nombreux magasins en tout genre : le Centre Eaton.
Dans Montréal, nous ne nous déplacerons qu’en métro et à pied. Le métro n’est composé que de 4 lignes, mais dessert assez bien les points d’intérêts de la ville. Le prix est de 3,5 $ canadien soit environ 2,2 euros pour 1 aller retour. Il est possible d’acheter des cartes pour 1 semaine, trois jours avec autant de trajets que l’on veut.
Avant d’acheter des chaussures, « E » nous emmène manger au « Pois Penché », un bistrot où nous mangeons très bien.
Se sera d’ailleurs assez récurent, nous avons très « trop » bien mangé partout où nous sommes allés.
La neige a cessée de tomber quand nous sortons du bistrot.
Un camion de pompier.

Une ruelle sombre qui n’est pas sans rappeler certains coins de USA.

Au décathlon, nous trouvons chaussures à nos pieds, montante et chaude elle seront les bienvenues pour les jours suivant.
Nous rentrons dans la soirée, apéro, jeu de société et dodo.

Fiction

Voilà, tu sais quel genre d’homme j’étais, et ce que je suis devenu. Ne tires pas de conclusion trop rapide en pensant que je suis quelqu’un de bien, parce que je ne le suis pas. Toi aussi tu aurais fait la même chose si tu avais été à ma place, tu aurait pris la même décision et ce geste n’excuse en rien tous ce que j’ai fait avant.
En reprenant la route, j’ai enclenché la radio pour écouter le flash info de Radio Québec et un truc bizarre se produit. Je suis à environ 300 mètres de l’allée de la maison de madame Dutreau, quand la radio se brouille, ne laissant passer qu’un message incompréhensible. Je monte le son, tends l’oreille et arrive à comprendre deux mots : fuyez et mortel. Enfin, je crois... Puis d’un coup, plus rien. Je m’engage dans l’allée et manque de déraper sur la glace qui la recouvre. Maudit froid…
La grosse maison se découvre juste après un pin dont les branches ploient sous le poids de la neige. A son approche, je ressens un genre de malaise, je suis déjà venu ici. Oui, mais il y a longtemps et mes souvenirs se sont effacés, ou ont été effacés. Pourtant, je pourrais te décrire le moindre recoin, la moindre pièce. Quelle étrange sensation, comme une onde qui se propage, te traverse, et laisse toutes les molécules de ton corps en vibration.
Quoi qu’il en soit, la personne qui m’a fait venir ici ne s’appelle pas madame Dutreau, n’a pas besoin d’une assurance et encore moins d’un courtier. Non, elle a besoin de quelqu’un qui comprenne que ce qui l’attend est perdu d’avance, elle a besoin de quelqu’un qui a compris le sens des deux mots captés à la radio : fuyez et mortel.
Je n’attrape pas mon attaché-case, et entre directement sans frapper. l’intérieur est plongé dans le noir, seul au fond une diode bleue clignote, m’invitant à la rejoindre.
T’aurais déjà filé toi hein ? Tu aurais laissé la peur s’insinuer dans tes veines comme un poison, pris tes cliques et tes claques, t’aurais enfoncé l’accélérateur de la voiture et disparu. Je doit bien t’avouer que l’idée m’a effleuré aussi. Alors, pourquoi je reste ? A vrai dire, je n’en sais rien. J’attends peut-être une réponse et maintenant que mes yeux se sont habitués à l’obscurité, je sais que l’homme que je distingue au milieu de la pièce, va me la donner.
-Bonjour Mr Fortyseven.
Depuis combien de temps n’ai-je pas entendu ce nom ? Fortyseven… Jielm fortyseven. Pas courant comme patronyme, mais c’est le mien. La voix éraillée, presque métallique de mon interlocuteur, je la reconnaîtrais n’importe où.
-Professeur Dovnîk, je suis presque content de vous avoir raté au Kazakhstan.
-Ho, vous ne m’avez pas raté, seulement, des personnes haut placé ont jugés bon de me ramener à la vie. Voyez par vous même.
Une lumière aveuglante inonda la pièce et ce que je vis me fis froid dans le dos.
L’homme, enfin, ce qu’il en restait, se tenait debout devant moi. Son visage avait vieilli et était couvert de cheveux blancs filandreux, de son corps, il ne restait que le tronc, le bras et la jambe droite. Le reste n’était que titane et plastique. L’exosquelette partait de la base de son cou et maintenait son corps, d’un côté, il prenait appui derrière le genou droit et finissait sous le pied, de l’autre, les pièces de métal entremêlées, formaient un semblant de jambe, et se finissaient sur une languette de carbone repliée servant d’appui au sol. Quel supplice avait du subir cet homme par ma faute.
-Ne me regardez pas ainsi, vous me faites peur, Jielm. En me tuant, vous m’avez sauvé la vie, si je puis dire. Voyez vous, à leur acharnement pour me maintenir en vie, j’ai compris que ce que j’avais créé pour eux ne resterait pas enfermé dans des éprouvettes. Alors, je les ai laissé faire de moi ce que je suis aujourd’hui, pour mieux les combattre de l’intérieur. Vous souvenez vous de cet endroit Jielm ?
-C’est flou, mais je me souviens. Je me souviens d’un homme à la voix éraillé penché sur moi. C’était vous n’est ce pas ?
-Oui, de quoi vous souvenez vous encore ?
-Je ne sais plus… Etais-je volontaire Professeur ?
-Ho, vous savez à l’époque, je me moquais de qui était ou pas volontaire. Vous étiez là, et vous avez été le seul. Mais venez avec moi, passons dans une autre pièce, celle là est trop froide pour mes articulations métalliques.
Un bruit pneumatique précédait et finissait chacun de ses mouvements. Il se déplaçait rapidement pour un homme de son âge et en un clin d’œil nous étions dans une pièce chauffée.
-Professeur…
-Vous attendez des réponses, je sais. Elles arrivent... Avant que les Russes ne s’intéressent à mes expériences, je travaillais pour les Américains, ici, à côté de Montréal. Vous étiez en formation grand froid pour votre « organisation », et j’avais besoin d’un cobaye humain jeune et en pleine forme. Mes expériences touchaient à leur fin , je pensais avoir mis au point une molécule capable d’augmenter la résistance à l’effort, à la douleur, capable d’augmenter l’acuité, l’ouïe, l’odorat…
Injecté à des rats et des singes de laboratoire, les effets étaient spectaculaires. Suite à un rapport, l’armée américaine m’a donc demandé de tester ma molécule sur un humain…
-Ne me dites pas que c’est sur moi que vous l’avez testé…
-Allons Mr Fortyseven, vous savez très bien que si… Quel age avez vous ?
-54
-Avez vous des cheveux blancs ? Ressentez vous la moindre fatigue quand vous courrez ou montez un escalier ? Avez vous été malade ces 20 dernières années ? Et quand vous vous blessez, votre peau ne cicatrise t’elle pas vite ?
Non, à toutes ces questions. Je n’ai jamais fait le rapprochement… Je pensais que je maintenais ma forme par l’entraînement que je faisais tout les jours…
-A voir votre tête Jielm, ce que je viens de vous dire vous surprend.
-Un peu tout de même professeur. Pourquoi m’avoir effacé la mémoire alors ?
-Personne ne vous l’a effacée, c’est un des effets secondaires de la molécule.
-Quel sont les autres ?
-Je vais y venir, mais laisser moi finir mon histoire.
-J’ai tout mon temps.
-Non, justement, nous n’avons pas beaucoup de temps… Donc, vous étiez là, et je vous ait injecté la molécule. Au début tout se passait bien, votre corps réagissait positivement, vous même disiez vous sentir incroyablement performant.
-Au bout de combien de temps est arrivé le mais, professeur.
-Au bout de 2 jours et demi. Vous êtes devenu hargneux, méchant et complètement hors de contrôle. Il a fallu 8 gars pour vous maintenir pendant que je vous injectai calmant sur calmant. Au troisième jour, vous vous êtes effondré, et j’ai pu faire un prélèvement de votre sang. La molécule avait muté en une sorte de virus incontrôlable. Mais paradoxalement, votre corps l’a absorbée, ne gardant que les effets positifs, à part cette perte de mémoire de votre séjour ici. Suite à ce « semi échec », l’armée américaine s’est retiré du projet, et j’ai dû rentré en Russie.
-Où bien sûr vous avez repris vos expériences.
-Oui… Mais les russes se moquaient de ma molécule, ils ne voulaient que le virus, mais je ne m’en suis rendu compte que plus tard, quand mes stocks de molécules ont disparu de mon labo. Il n’était pas difficile de savoir ce qu’ils allait en faire.
-L’injecter à des gens et ensuite récupérer le virus…
-Exactement. C’est à peu près à ce moment là que vous m’avez tué. Votre balle a traversé le pare brise de ma Lada et m’a arraché le bras gauche. J’ai fini contre un mur.
-Je me souviens oui… Les gars de la sécurité qui vous suivaient sont intervenu de suite…
-Oui, et sans eux je ne serais pas là. Ils m’ont ramené à la vie et construit ce corps que je hais.
-Et vous avez continué à travailler pour eux.
-Encore oui. Ils avaient besoin d’encore plus de molécules et comme ils n’avaient pas réussi à cracker mon ordinateur, ils m’ont obligé à reprendre le travail. Je me suis employé alors à trouver un antidote au virus. J’ai fait ça sous leur nez, sans qu’ils s’en rendent compte. Il y a 2 jours, j’ai pris la fuite avec cette mallette que vous voyez sur le bureau. A l’intérieur 5 éprouvettes contenant de l’antidote. Ce sont les seules, et leur valeur est inestimable. Ils sont à mes trousses Mr Fortyseven, ils me cherche et ne vont pas tarder à me trouver.
-Admettons professeur… Et que voulez vous que je fasse avec cette mallette ?
-Mais voyons, il faut trouvez un laboratoire capable de fabriquer plus d’antidote. Avez vous entendu le message radio en arrivant ?
-Pas clair, mais j’ai cru entendre : fuyez et mortel.
-Ils ont répandu le mal Jielm, l’Europe va le voir déferler dans 5 ou 6 jours, bientôt, il sera ici, et aux Etas-Unis, provoquant une panique mondiale.La période d’incubation n’est que de 2 jours, après, vous devenez incontrôlable pendant 2 jours de plus, et ensuite vous mourrez dans d’horribles souffrances. Une égratignure, une morsure de quelqu’un d’infecté suffit pour transmettre le virus. Vous seul pouvez réussir à faire synthétiser l’antidote pour une large diffusion.
-Pourquoi moi seul professeur ?
-Mais parce que vous êtes immunisé Jielm, parce que tout simplement vous êtes le "patient zéro".





















