Voilà la suite : J09
Monument Valley ► Moab (Utah)
(387 km)
Vendredi 12 septembre
Six heures, le réveil sonne, Hubert saute hors du lit et ouvre les rideaux. Arrivés tard la veille, fatigués d'une journée bien remplie, nous n'avions pas imaginé un seul instant, le spectacle qui nous attendrait au petit matin.
A la lumière du jour naissant, buttes et mesas flirtent fièrement avec les dernières étoiles. C'est grandiose, gigantesque. De nombreux films ont été tournés ici. L'émotion n'en est que plus intense.
Ces grandes dames auréolées par la flamboyance du soleil levant procurent un plaisir insatiable. Je n'en reviens pas d'être là, moi, toute petite, originaire de ma Drôme Provençale et de ma guère plus grande France … Est-ce bien moi ? Je prends conscience de ce privilège …
Petit déjeuner sur la terrasse, à apprécier longuement ces imposantes ombres chinoises.

Le road book est là pour nous rappeler qu'il y a un horaire à respecter, nous devons donc nous activer.
Impossible de prendre le chemin de Valley of the Gods, le flash flood de la veille a fait trop de dégâts. Un essai nous obligera à faire très rapidement rebrousse chemin. Seul un 4x4 nous aurait permis d'approcher la "Vallée des Dieux".
Tant pis ! Les Dieux attendront notre prochaine visite …
Départ de Monument Valley en direction de Moab. 270 km nous séparent de cette ville. La route n'est pas très large, et endigue une circulation dense. Camions, camping-cars sans fin, bikers feront diversion durant un casse-croûte rapidement consommé.
Un rodéo apportera également un peu d'animation sur cet itinéraire languissant.
On s'entraine

Beau bébé. Je ne monterai pas dessus

Proches voisines, les Twin Rocks de Bluff dominent le rodéo.

De point de vue en point de vue, de cailloux en cailloux, l'intérêt se manifeste enfin ! D'immenses dômes de roches rouges cassent la monotonie de ce plateau d'herbes en apparence sèches.


La "modeste" Wilson Arch est un avant goût de ce qui nous attend. Les plateaux se détachent les uns des autres, les effondrements ont mis à jour une mine de potassium qui fait un peu tâche dans ce gigantesque paysage vide de végétation.
Modeste

La Green River, elle, fait un travail incessant d'érosion et nous laisse souvent médusés par tant de beauté. Comme le long de chaque fleuve ou rivière, un cordon vert d'herbes et arbrisseaux longe ses rives sinueuses.
Les couches de strates rouges et blanches sont parfois coupées par de hasardeux sentiers. "Mais qui peut bien passer par là ?"
Le paysage est splendide, fabuleux, grandiose. Cet univers paisible me fait presque oublier ces migraines qui ne cessent de me taper aux tempes.
J'escalade un rocher ; pas facile dans ma petite robe de lin ! Mais elle est légère et bien agréable …
Merrimac et Monitor buttes

Le Shafer Canyon Overlook attend le touriste imprudent et nous tend les bras. Nous nous engageons sur une piste à mi-falaise. Hubert, sûr de lui, conduit avec aisance ; moi, je suis beaucoup moins à l'aise. Au dessus le ciel, au dessous le vide. Les bords ont souffert des dernières pluies et ne sont pas sécurisés.
Angoissée, je tiens la poignée de la porte, le supplie de faire demi-tour (après tout, ce ne sera que le 3ème demi-tour en deux jours !).
Visiblement, cette piste ne mène à nulle part et n'a de sens que pour le cow-boy du coin.
Je n'en peux plus et le supplie à nouveau de s'arrêter. Je l'agace, ça se voit !
Je descends de la voiture complètement paniquée, il amorce alors un savant demi-tour au milieu des rochers et cailloux qu'il faut pousser.
L'évidence est que cette piste ne peut être réservée aux touristes. Elle continue son chemin en contrebas jusqu'à la Green River.
Ben oui. Ca me plaisait bien cette route. Par contre le demi tour en plein milieu : chaud

Et quelques vues de Dead Horse Point




CanyonLands est un concentré des plus beaux paysages. Là bas, en bas, tout en bas, Green River Overlook offre un spectacle gigantesque. Le plateau se déchire en de multiples affaissements que les ruisseaux continuent à éroder. Les chemins de randonnée sillonnent ces infinis et inextricables labyrinthes.




Mesa Arch nous enchante. Posée au bord du vide, elle est une fenêtre sur les canyons bordant Island in the Sky.


Canyonlands préserve une immense étendue naturelle rocheuse au cœur du plateau du Colorado. L'eau et la gravitation universelle ont été les principaux architectes de ces terres en sculptant des couches plates de roches sédimentaires en des centaines de canyons, mesas, buttes, empennages, arches et flèches colorées.
Au centre se trouvent deux gorges imposantes, celles taillées par le Colorado et la Green River.
Les vues d'Island in the Sky s'étendent des profondeurs des rivières Green et Colorado jusqu'aux lointains sommets montagneux. Elles s'étirent à travers une immensité de canyons jusqu'à l'horizon distant de 160 kilomètres.
Un petit lapin joue à cache-cache avec Hubert et malgré sa crainte, se laisse photographier.
Repas sympa dans un restaurant mexicain puis visite nocturne de cette petite ville.
La chambre de l'Archeway Inn est particulièrement belle. Deux lits de 1m60 chacun, nous laissent le choix. Après hésitation, nous choisirons de ne pas dormir ensemble ; Hubert près de la clim, moi, le plus loin possible, ce qui n'est pas l'idéal non plus car de ce côté, c'est le frigo qui "glougloute" !
Le lendemain ce sera Arches
















































