
La suite de nos aventures :
J9 : Moustiques, dauphins et changement de programme.
Le réveil pique beaucoup, lorsqu'il sonne ce matin à 5h30, d'autant plus qu'avec notre grosse journée de la veille, on ne s'est pas couchés très tôt. Mais on est bien motivés, car ce matin, nous allons vivre un des moments les plus attendus du voyage. Nous avons réservé un Sunrise Tour avec une guide, pour parcourir les
Everglades en
Kayak
Ni une, ni deux, le temps de sortir de notre léthargie matinale, nous voilà donc dans la
voiture. Le point de rendez-vous est fixé le long de la route, à 5min en
voiture de notre
hôtel. Nous sommes un peu en avance. Il fait nuit noire, ce qui est d'autant plus impressionnant ici car il n'y aucune ville ou village alentour.
Le nombre de moustiques que nous voyons passer dans le faisceau des phares de la
voiture me fait reconsidérer notre choix : était-ce vraiment une bonne idée ?

La biche, elle, est parée, pas un centimètre carré de sa peau n'est à l'air libre, elle s'est recouverte de plusieurs couches de vêtements. Moi, je crains d'avoir chaud, je suis donc en T-shirt et pantacourt, mauvaise idée vous en conviendrez
Notre guide se pointe au volant d'un énorme pick-up, trainant derrière lui plusieurs kayaks sur une remorque. Elle descend et s'approche de notre véhicule, j'ouvre la vitre, faisant instantanément entrer une trentaine de moustiques (sans exagération

). Le coin ne lui convient pas (trop de moustiques justement), nous la suivons donc jusqu'à un autre accès situé plus loin sur la route. Pendant ce temps là, la biche élimine autant de moustiques que possible en mettant la clim à fond. Le stratagème est très efficace.
Une fois garés et aspergés de répulsif, j'aide notre guide (Jenny) à mettre à l'eau les kayaks. La biche et moi serons en tandem, ce n'est pas l'idéal, mais ça la rassure car c'est une grande première pour elle.
Nous entendons deux "plouf" à quelques mètres. "Des alligators", nous précise Jenny. Pas très envie de mettre les pieds dans l'eau finalement

Heureusement, je n'aurai pas à le faire, Jenny se charge de nous pousser à l'eau
Premières difficultés et hésitations dans la coordination de nos mouvements, résultat nous nous dirigeons droit sur un alligator. "Freine, tourne, on lui fonce dessus !! " me dit la biche apeurée. N'écoutant que mon courage, je saute à l'eau et affronte l'alligator à mains nues...

Non, pas cette fois

Je tente de la rassurer en lui disant que la bestiole était encore à une bonne trentaine de mètres
On n'est pas au bout de nos peines, je le sens
Nous avons la chance, malgré une petite averse qui durera quasi une heure, d'assister à un superbe lever de soleil sur les
Everglades. Le silence règne, et n'est troublé que par les gouttes d'eau et les coups de pagaie qui viennent briser la surface de l'eau. Quel bonheur d'être seuls dans cet endroit !
Le début du parcours se fait sur de larges étendues d'eau. Jenny a tout prévu : snacks, barres énergétiques, bouteilles d'eau, ponchos pour la pluie, et même le répulsif à moustiques. Elle se chargera même de prendre toutes les photos, pour nous les envoyer par mail le lendemain, génial !
Malgré des pulvérisations de répulsif toutes les 3 minutes, nous allons vivre un véritable enfer sur la première partie du chemin

Nous sommes attaqués de toutes parts, et cela nous déconcentre pas mal pour la navigation. Jenny nous avouera qu'elle même, qui a pourtant grandi ici, a rarement vu ça

Selon elle, la sécheresse a énormément réduit le pourcentage d'eau douce, et l'eau salée a largement pris le dessus. Problème, cette eau salée attire en masse des moustiques d'eau salée, beaucoup plus agressifs que leurs copains d'eau douce
Nous avançons tant bien que mal, mais regrettons un peu de ne pas avoir accepté ces espèces de masques d'apiculteur que nous proposait Jenny. Elle voit notre détresse, et demande si on veut rebrousser chemin. Non ! On continue, non mais
Deuxième étape, le franchissement de nombreux tunnels de mangrove pour accéder au coeur des
Everglades.
Ca ressemble à ça :
Pas facile, car ce n'est pas large, et il faut donc dévisser nos pagaies pour n'en utiliser seulement qu'une moitié. Toujours peu coordonnés, et emm

és par ces pu

s de moustiques, nous percutons les racines plus d'une fois.
Je lui demande comment elle fait pour se repérer, tellement tout se ressemble ici. Pour elle, ça semble tellement facile

Je ne m'aventurerai pas ici tout seul, c'est clair, d'autant plus que nous n'avons toujours pas croisé âme qui vive depuis ce matin.
Au bout d'1h30 environ, nous arrivons sur une grande étendue d'eau. Nous sommes à mi-parcours, il faut faire demi-tour. On en profite pour faire une petite pause, reprendre quelques forces avec les barres Hersheys de Jenny, et discuter un peu avec elle. Il s'avère que c'est une fervente partisane du monsieur orange qui réside à la maison blanche, du coup elle partage des idées qui ne sont pas forcément les nôtres, mais c'est intéressant de comprendre comment elle conçoit les choses. Elle a voté pour Trump, convaincue que son protectionnisme sauvera les industries américaines. Elle évoque beaucoup de clichés Fox News sur la situation avec les migrants chez nous, que l'on essaiera de rectifier, mais je ne suis pas sûr qu'elle nous ai cru
Le retour sera beaucoup plus agréable. Les moustiques nous ont enfin lâché

et on est à deux doigts de concourir aux prochains championnats du monde de
Kayak
On verra également de superbes oiseaux, dont celui-ci (un blue heron je crois)
Mais assez peu d'alligators, si ce n'est vers le lieu de départ/arrivée. En effet, Jenny nous expliquera que contrairement aux crocodiles, les alligators détestent l'eau salée, et se réfugient dans des coins moins affectés par la sécheresse. Néanmoins, nous en verrons un juste avant d'arriver (peut être celui de ce matin, mécontent qu'on lui ait foncé dessus

), c'est pas le moment de tomber à l'eau !
Pas mécontents d'arriver, ces 3h30 de
Kayak nous ont épuisé. Le tour n'était pas donné (198$ pour 2) mais cela valait vraiment le coup. De plus, Jenny n'est pas avare d'explications sur la faune des
Everglades, on a appris plein de trucs. On tip avec plaisir.
Nous n'avons qu'une hâte maintenant, rentrer à l'
hôtel pour prendre une bonne douche et se débarrasser notamment des litres d'anti-moustiques accumulés sur notre peau !
Ca fait du bien ! On charge la
voiture et on part en direction de chez Captain Mitch's pour un tour en airboat

Pas donné malgré tout cette activité (74$ pour 2).
Cela ne sera pas la même ambiance qu'en
Kayak, on le sait, mais on voulait vraiment aborder ce parc sous tous ses angles. Notre pilote fait très couleur local, le visage buriné et un accent du sud à couper au couteau. Lui aussi en connait un rayon sur le coin, et c'est un plaisir de l'écouter (quand il coupe le moteur, parce que ça fait un de ces bruits ce machin

).
A peine avons nous démarré qu'il stoppe les moteurs. Il a lui même l'air surpris de voir un aigle ici ! Magnifique
Notre pilote nous offrira quelques belles accélérations et virages serrés, c'est vraiment très sympa. Bon par contre, ne vous attendez pas à voir des animaux, ça les fait tous fuir

mais on le savait. Néanmoins, j'ai été moins marqué que la première fois où j'ai fait du airboat, en
Floride aussi, il y a quelques années. J'avais eu l'impression de voler sur la sawgrass, ce qui n'était pas le cas cette année, du fait de la sécheresse, encore
On n'échappe pas à la photo traditionnelle du touriste. C'est marrant, mais pauvre bête quand même
Après avoir parcouru les
Everglades en long, en large et en travers, il est temps de quitter tout ce petit monde. Direction Naples !
On passe devant un Pollo Tropical, une nouvelle franchise que l'on ne connaissait pas, à découvrir. Verdict : c'est super bon, on recommande !

Des ailes de poulet aux épices et des frites, rien de mieux pour caler un petit creux
On se dirige ensuite vers le centre-ville et le fameux Pier de Naples.
L'ambiance rappelle un petit peu Key West, avec de magnifiques maisons et des jardins luxuriants
Nous nous faufilons sur le pier, entre les nombreux pêcheurs, et nous avons la chance d'apercevoir plusieurs dauphins, même s'ils ne sont pas faciles à prendre en photo
Mais si, regardez, là, cette petite tâche noire
Malheureusement, le temps se gâte, et une petite averse nous oblige à nous abriter avec les pêcheurs. Il est temps de repartir de toute façon, même si nous aurions bien voulu profiter de la plage magnifique de Naples.
Lovers Key ou Sanibel Island sont au programme de l'après-midi, mais nous ne ferons ni l'un ni l'autre. Un impressionnant orage s'abat sur la côte Ouest et nous oblige à renoncer

Des regrets ? Bien sûr, mais même avec une meilleure météo, cela aurait été délicat, puisque nous avons été bloqués plus de 2H dans un bouchon sur l'autoroute

Quand ça veut pas ...
Nous filons donc sur Tampa, très déçus. La météo devient un peu clémente. Un petit stop dans un Waffle House (une nouvelle franchise à tester

) nous redonne un large sourire. Qu'est ce que c'est bon !
Un bon menu de gros, on aime !
Hashbrowns et délicieuses gaufres sont au menus. Un régal !
A Tampa, nous logeons pour deux nuits dans un La Quinta (134$ les 2 nuits). La chambre est spacieuse et très correcte.
Je découvre avec stupeur les conséquences de notre petite escapade matinale. 52 piqûres de moustiques toutes situées sur mon omoplate. Du beau travail

Ne pas se gratter, ne pas se gratter
On se repose quelques instants, avant d'aller dîner dans un restaurant juste en face de notre
hôtel. Une nouvelle franchise, la 3ème de la journée, est au programme. Cette fois-ci, ce sera Bob Evans, un restaurant qui sert de bons petits plats du Sud.
On part sur des hashbrowns (non on n'est pas accrocs

) et des oeufs bénédictes, et un plat de gaufres et poulet grillé
Un très bon repas, avec un gros fou rire puisque notre serveur m'a demandé si je n'étais pas un ancien obèse

J'avais de bons mollets quand j'étais petit, mais quand même
Il est temps d'aller se coucher, mais pas sans prendre un petit dessert à emporter en ce qui me concerne. Gastronomes sensibles, ne lisez pas ce qui va suivre : glace au café, fondant au chocolat surmonté d'une tranche de bacon trempée dans le sucre

C'était très bon, mais à ne pas mettre entre toutes les mains
