J7 Dimanche 17 juillet- Aurland- Flåm- Vik 107 kms
Le jour où j’ai dit stop
Ce matin, nous avons le temps de traîner car Flåm, où nous devons embarquer pour une croisière sur l’Aurlandsfjord et le Nærøyfjorden, ne se trouve qu’à 10 minutes de route. Nous en profitons pour prendre notre café tranquillement, traîner au lit en regardant les vaches s’abreuver au ruisseau qui coule dans le
camping.
J’en profite également pour regarder si dans les prochaines villes que nous allons traverser se trouve un garage qui pourrait réparer notre
voiture. En effet, j’ai mal dormi avec ces problèmes de
voiture en tête. Nous sommes dimanche et voici le programme pour la semaine : une nuit à Vik, deux à Stryn et deux à Ålesund où nous devons arriver mercredi soir. Je me dis que si j’appelle demain il y a moyen d’avoir un rendez-vous pour remplacer la pièce usagée en fin de semaine. Je contacte donc notre hôtesse air BnB d’ Ålesund pour lui demander si elle a un garage à nous recommander. Elle me répond assez vite qu’elle prendra rendez-vous pour nous dès le lendemain. Parfait ! la journée peut commencer !
Nous arrivons à Flåm vers 10h00, soit une heure avant le début de la croisière. Il fait gris et il pleuvine. Le parking est pour l’instant désert. Flåm n’a en soi rien d’exceptionnel si ce n’est son cadre. C’est de là que part la fameuse ligne ferroviaire de 20kilomètres, réputée pour être la plus belle du pays : Flåmsbana qui va jusque Myrdal. J’avais lu des avis très contrastés sur cette balade, qui certains appelaient un attrape-touriste. Je n’ai donc pas donné suite (encore une fois, le prix prohibitif est assez dissuasif de toute façon !). Sinon, Flåm est constitué de nombreux magasins de souvenirs, de restaurants et bars.
Nous profitons du temps devant nous pour faire quelques boutiques et acheter des souvenirs à nos proches. Nous partons à la recherche du numéro de quai indiqué hier au téléphone. Nous sommes les premiers arrivés et patientons jusqu’à l’arrivée du Lady Elizabeth. Premiers arrivés, premiers embarqués, et nous pouvons nous installer là où nous le souhaitons. L’intérieur est assez cosy, il est constitué de différents salons. Mais malgré la grisaille et le vent, c’est bien sur le pont que nous passerons une grande partie de la traversée, à admirer les superbes paysages qui nous entourent.
Le bateau remonte l’Aurlandsfjord, puis bifurque à gauche sur Naeroyfjord. Les montagnes environnantes sont à la fois minérales et verdoyantes, il y a des cascades à foison, toute la nature laisse exploser sa puissance. Les paysages nous font également penser à la Nouvelle-Zélande (où nous n’avons jamais mis les pieds ceci dit !).

L'église d'Undredal, où nous étions hier
Nous arrivons à Gudvangen, où nous étions hier, à 13h15. Il faut désormais retourner à Flåm pour récupérer la
voiture, et nous avons réservé des places dans un bus. A l’arrêt, nous discutons avec un Serbe qui voyage à vélo et qui s’est installé en Norvège en 2020 et qui confirme que la météo de cet été est réellement affreuse, même pour la Norvège !

En attendant le bus...
Nous sommes de retour à Flåm vers 14h15. Ça tombe bien, la pluie commence à bien tomber ! Nous allons revenir sur nos pas de la veille, repasser par Gudvangen pour rejoindre ensuite la route numéro 13 qui rejoint la rive sud du Sognefjord, cet immense fjord qui pénètre bien dans les terres norvégiennes. La route grimpe, les températures chutent (on arrive à 8°C !)…. Et le roulement vrombit !!! Vraiment je n’entends plus que ce bruit. Nous traversons d’incroyables paysages de montagne et de neige, dans le brouillard, très photogéniques, mais je suis en boucle : et si on perd la roue ???? vraiment, je n’en peux plus je veux que cela s’arrête car je sais que je ne profiterai pas de ce voyage tant que le bruit sera présent. Nous sommes tous les deux stressés, nous n’avons aucune patience avec les filles, les tensions sont palpables, bref depuis deux jours ce voyage vire à l’exact opposé de ce que j’en attendais.
Je prends alors la décision d’arrêter. Oui, nous faisons étape dans une petite ville de Norvège, oui, ce sera certainement compliqué, mais je veux bien y passer les deux prochaines semaines si cela signifie que je retrouve ma sérénité d’esprit. N. est d’accord avec moi, on ne peut plus continuer à rouler sur des routes de montagne dans ces conditions.
Nous voilà arrivés à Vikøyri, où se trouve notre
camping pour la nuit (enfin, à dix minutes en remontant sur le fjord). Nous faisons un dernier arrêt à l’église en bois debout d’Hopperstad, que vous pouvez également voir dans le dernier post de Flore ! Nous nous y arrêtons un moment pour en visiter l’intérieur. Cette église est vraiment impressionnante avec ses allures de drakkar ! Elle date de 1100, nous sommes en effet en pleine ère viking. C’est donc l’une des plus anciennes églises en bois debout de Norvège. Alors pourquoi ce nom de ‘bois debout’ ? Et bien parce que la structure tient grâce à des poteaux qui soutiennent la toiture. On pourrait retirer des pans de murs que l’église tiendrait toujours debout ! Au fond de l’église, on peut voir des symboles runiques gravés dans le mur (visibles à la lumière du téléphone).
A côté de l’église se trouvent des barquettes de framboises en libre-service : le prix est indiqué, il suffit de glisser le montant dans une enveloppe !
En traversant Vikøyri, nous passons devant une station-service, et un garage, fermé puisque nous sommes dimanche. Il semble assez petit, et nous doutons que ce genre de garage puisse avoir la pièce rapidement. Enfin, nous arrivons au Djuvik
camping, où nous ne devons rester qu’une nuit. Mais dès le check-in, je demande s’il est possible de prolonger. J’explique le problème, à nouveau, et le gérant me donne le numéro de téléphone d’un garagiste : celui-ci, me dit-il, devrait-être plus réactif que le garage devant lequel nous sommes passés en arrivant. Il me confirme qu’il a une cabine disponible pour le lendemain soir si besoin, mais qu’il faudra changer de gamme et passer dans une hytter qui ne possède pas de cuisine. Pas de soucis, si nous devons rester, nous nous accommoderons de tout !
On prend possession de notre cabine, située au bord du Sognefjord. La vue est splendide. Mais le cœur n’y est pas . Ce soir, j’en ai vraiment gros sur la patate… le voyage que j’ai mis tant de temps à préparer vire au fiasco. Pourtant, je sais que rien n’est grave, que nous sommes tous les quatre, en bonne santé et que tout cela ne sera bientôt qu’un mauvais souvenir. Et puis, il y a pire endroit pour arrêter le voyage ! Mais impossible de me raisonner…je broie du noir.
Nous allons nous balader dans le
camping pour essayer de décompresser un peu. Demain nous nous lèverons tôt pour appeler le garagiste dès 8h00 et être prêt s’il nous demande de venir lui montrer la
voiture dans la foulée.

Celle qui fait le clown pour nous remonter le moral
