J35, 20 juin : Canyon village > Bozeman(Super 8)
AM : Mud Vulcano, Grand Canyon : Artist Point, Lower Falls.
PM : Lookout Point, Grand View, Inspiration Point. trajet vers Bozeman. Restitution voiture 2.
Mud Vulcano
Après une nuit d"un seul trait, nous nous réveillons dans cette chambre un brin tristounette peut-être du à son côté mansardé et un peu sombre, ou peut-être du à notre état d'esprit, un peu des deux sans doute.
Pourtant cette journée sera encore grande et encore avec une surprise de taille qui va la rendre longue.
Je ne me souviens plus de notre petit déjeuner dans la chambre. Il faut dire que nous sommes stratège depuis quelques jours afin de tenter de ne pas avoir trop de restes d'ici la préparation des bagages ce soir pour le vol de retour demain matin.
Le chrono est donc enclenché pour cette dernière journée et l'arrivée ce soir dans un
hôtel près de l'aéroport de Bozeman dans le Montana. Nous n'aurons donc pas le loisir de papillonner.
Après avoir jeter un coup d'oeil à la belle cheminée qui trône dans le hall d'entrée de l'
hôtel, le nez sur le parking nous révèle un temps plutôt gris tendance pluvieux, mais pour le moment ça se tient encore. Point de camionnette jaune
Yellowstone aujourd'hui mais je les trouve photogéniques.
Nous voilà partis un peu plus au sud pour le site Mud Vulcano pour un bain de boue à remous. Après avoir vu tant de pools magnifiquement colorées, nous finissons donc ce roadtrip
Yellowstone dans la gadoue, la gadoue, la gadoue, la gadoue, ouh la gadoue, la gadoue.
Ci-dessous le Dragons Mouth Spring et son grondement de dragon ensommeillé.
Derrière ce voile de vapeur on aimerait bien savoir ce qu'il se cache dans l'obscurité de ses entrailles. Au contraire de repoussant, ce
Mystère vaporeux est attirant. Mais qui peut donc cuisiner la dedans ? Que nous prépare donc terre mère ? Un bon prochain sauté ?
Au parking la nature reprend ses droits avec sa place réservée en plein milieu.
Un dernier tour au Sulphur Caldron avant de quitter le site.
Je me souviens que l'air était plutôt frais, et à chaque passage dans un nuage de vapeur c'était réchauffant et agréablement doux. Mais juste en sorti du nuage, tout humide, l'air semblait encore plus froid à chaque fois.
Voilà pour les légendaires pools de
Yellowstone. Il est temps de repartir vers le nord maintenant pour aller au
Grand Canyon de
Yellowstone.
Grand Canyon : Artist Point, Lower Falls, Lookout Point, Grand View, Inspiration Point.
Nous voilà arrivés à Artist Point. Il y a déjà beaucoup plus de monde, le temps s'est rafraichi et notre fatigue nous fera percevoir le vent comme désagréable. Mon appareil photo a décidé de m'agacer. Depuis quelques jours un grain de sable s'est sans doute logé dans le mécanisme de l'objectif qui l'empêche de se rétracter lorsque je veux éteindre l'appareil et inversement. Parfois le cumul de petits désagréments pour une journée qu'on aurait voulu cool et impeccable finissent subjectivement à la considérer comme ratée.
Je n'ai pas envie de perdre le temps précieux que nous consacrons à ce site pour m'occuper de l'appareil. Alors je peste, je rale car en plus il faut jongler avec le monde qui s'interpose et les changements de paramètres avec mes doigts maladroits. Heureusement que Phil trouve toujours une solution quand je suis prêt à lâcher l'affaire.
C'est plus tard lorsque je reprendrais ces photos que je m'apercevrai qu'elles ne sont pas si mal que ça et que la vue est extraordinaire. C'est une des journées pour laquelle j'ai mis un bon moment à faire un feedback. Elle avait trop le goût du départ.
Le temps devient de plus en plus agité, le vent souffle maintenant très fort dans le canyon.
Nous suivons un bout de la South Rim.
Nous reprenons la route pour faire une halte à Upper Falls View.
Nous apprenons que le Brink Of The Upper Fall est fermé.
Nous allons directement à Brink Of The Lower Fall, pour un point de vue impressionnant au plus proche de la chute.
En exclusivité, la roche de
Yellowstone, digne d'un oeuvre d'un grand peintre.
Nous ferons de courtes haltes aux différents points de vue : Lookout Point, Red Rock Point, Grand View et Inspiration Point.
Ca n'y paraît pas mais il est très difficile de rester stable pour prendre une photo tellement le vent est puissant.
Il est 14h15 et nous commençons à fatiguer sérieusement avec le froid et la faim.
Après avoir rajouter à notre palette quelques rocailles colorées, nous repartons au Canyon village pour le Canyon Eatery. Il ferme à 15h, ouf juste à temps pour les derniers plats restants. Nous ne trainerons pas.
Changement d'atmosphère après déjeuner, le ciel s'éclaircit et le vent diminue. La route nous berce dans la tiédeur de l'après-midi, mais sans doute un peu trop. Il y a beaucoup de monde sur la route. Depuis tout petit j'ai toujours gardé un oeil attentif sur la route, mon père conduisait trop vite à mon goût. Sur la droite nous longeons un terrain bien pentu qui s'ouvre sur un magnifique paysage verdoyant en contre-bas. Mon regard revenant sur la route, l'alerte rouge se déclenche en moi, Phil est en train de s'endormir et nous sommes les roues en dehors de la chaussée côté ravin. Je l'appelle et lui dit que nous quittons la route. Il rectifie la trajectoire. Dans ces cas je préfère ne pas surprendre en criant. Je lui demande de s'arrêter dès que possible. On convient que je prends désormais la suite de la route, les boissons Monster ne faisant plus leur effet énergisant tant notre fatigue devient grande.
Nous atteignons le secteur Tower Fall – Calcite Springs.
Assez impressionnant ce décor rocheux qui longe la route.
Dans la partie suivante nous aurons peut-être de la chance avec les ours. En tout cas de forts ralentissements de circulation pour une première tentative, puis une deuxième mais se concluant sans succès.
La troisème fût la bonne avec un sacré bouchon dans les deux sens.
C'est qu'il aime à se montrer, gambader dans les hautes herbes rien que pour notre plaisir. Il n'est pas tout proche non plus et la photo n'est pas géniale, mais on l'a quand même bien vu de nos yeux vus.
Nous repartons pour la dernière fois à travers les plaines magnifiques de
Yellowstone, qui auraient sans doute inspirées Léonard De Vinci.
Nous repassons par Mammoth Hot Spring et la vue par la route en arrivant est superbe.
Nous faisons une courte pause à Roosevelt Arch de Gardener pour dire au revoir à
Yellowstone. Vers le sud tout va bien. Mais vers le nord ça me semble de plus en plus sombre.
Nous traversons des zones étranges, des nappes blanchâtres recouvrent les collines en ce 20 juin. La circulation est dense sur cette route où les automobilistes semblent bien pressés.
La plaine est parsemée de belles maisons, ce qui tranche avec les modestes mobilhome que l'on avait pu croiser dans l'
Arizona.
Et à nouveau des collines saupoudrées de neige fraîche. On regarde un peu halluciné en cette période de l'année. On n'aurait jamais cru finir le voyage sous la neige. Et la situation va se corser. Il n'y aura aucune photo de ce moment où un déluge s'abat sur la route. Je ralentis à 65 mph mais ça ne semble pas plaire à la file de voitures derrière. Plusieurs voitures nous doublent et une autre venant de plus loin remonte toute la file de gauche alors qu'une
voiture en face arrive sur cette route pas très large. Grands coups de phares et klaxon, la
voiture d'en face de jette sur le côté pour laisser passer le bolide intrépide. Phil me demande de m'arrêter sur le côté pour les laisser passer. Je veux bien mais où ? À cette vitesse et sous la pluie battante impossible de voir à temps un espace de parking au risque de piler pour m'arrêter. Pour moi c'est trop risqué et je préfère continuer.
La route est interminable et il faudra attendre d'arriver à Livingston pour quitter cette Hwy 89 pour prendre l'interstate 90 E à double voix. La pluie se calme un peu, ouf, nous en sortons et les différents trains que nous croisons nous distraient pour quelques instants.
Ah zut, voilà la neige maintenant. Des camions nous dépassent à vive allure, pourtant je suis pas loin de la limite autorisée.
Décidément on n'y arrivera jamais à Bozeman ! Ca m'a rappelé le film les visiteurs quand cousin Hube et sa petite fillotte s'approchent en
voiture du château avec un ciel de plus en plus menaçant, sous l'effet du rapprochement des deux bagues, l'une dans le château, l'autre au doigt de Hube. Allons nous à la rencontre de notre histoire ? Lol.
Il est 18h46. C'est interminable, j'en ai plein les pattes et j'espère que nous allons pouvoir arriver à bon port dans ces conditions incertaines. Mais où se trouve donc Bozeman ??
Il semble que l'on redescende dans la plaine ... je n'avais pas prévu qu'on s'élèverait en altitude dans ces montagnes.
C'est véritablement vannés que nous arrivons à l'
hôtel Super 8 de Belgrade. La jeune fille à l'accueil est très désagréable et cette zone commerciale est très moche (sans doute encore le bad mood du temps du retour).
On vide la
voiture de toutes nos affaires, puis direction l'aéroport pour la restituer. L'aéroport est à 4,5 km de l'
hôtel, nous pourrons revenir à pied.
A la station essence proche où nous faisons le plein je m'aperçois qu'il y a un peu partout de costauds gabarits très barbus avec des bières à la main, ils n'ont pas l'air tendre. Le retour de la
voiture chez
Alamo s'effectue sans aucun problème.
Avant de repartir nous allons jeter un oeil dans l'aéroport pour voir un peu comment ça se passe. Il n'est pas très grand et je pense que tout ira bien pour demain.
N'ayant pas suffisamment d'expérience dans l'enchaînement restitution
voiture et envol dans la foulée, afin de réduire le stress nous avions préféré décomposer les étapes. Certains trouveront sans doute cela ridicule mais bon ça n'a pas été compliqué non plus.
Nous aurons toutefois notre dernière sueur froide de la journée avec ce qui suit. On ne se sent pas de rentrer à pied à l'
hôtel et j'ai hâte qu'on boucle les bagages car je sens que ça va prendre du temps pour tout caser. Alors on prend un taxi, le seul, qui attend devant l'aéroport.
L'homme, descendu directement de la montagne du Montana, costaud, barbu, certainement copain avec ceux de la station essence, nous fait signe de monter dans son ... comment dire, estafette ? non c'est trop classe ça. Dans sa carriole il y a absolument de tout qui jonche le sol. On ne sait où poser les pieds. Je regarde l'espèce de boîtier faisant office de compteur pour payer, invraisemblable. A peine lui ai je donné le nom de
Super 8 que .. nous voilà parti sur le manège
Super 8. Virage à droite, virage à gauche, avant toute ! Feu rouge en vue, accélération maximale alors que les voitures transversales s'engagent sur le carrefour. Arg ! Phil est vert et moi je veux faire pipi. Perdre la vie si prêt de la fin de ce magnifique roadtrip dans un bad trip, c'est pas cool ça l'oncle Sam.
La course s'est terminée en un temps record, et pendant qu'on avale un dernier coup de frein "Hey guys it's 20 dollars".
Alors je pense qu'en France le taxi nous aurait facturé le même prix en prenant bien le temps de passer par les rues avec les feux rouges les plus longs alors que lui nous a facturé à la hauteur de son exploit.
Revenu dans la chambre, nous nous attelons à la tâche des valises. Le troisième gros sac que nous avions acheté à
Las Vegas va trouver tout son sens lorsque nous rangeons les affaires. La toile de tente, les deux duvets achetés à
San Francisco, les deux matelas, le matériel remplissent la valise à coque. Nous étions partis de Paris sans espace libre, il était donc évident que le retour nous serions overful. Les 3 valises sont désormais bien lourdes.
On finit vraiment les restes cette fois-ci, chips, céréales, gâteaux, jus de fruit, on cale le réveil et hop au dodo. Comme d'habitude la chambre d'
hôtel remplit son office. Nous n'avons jamais trouvé à redire dans ces
hôtels alors que j'ai vu tant de commentaires d'américains scandalisés sur l'état des chambres.
Cette fois-ci c'est vraiment la fin du voyage.
Déjà la réjouissance d'un lendemain de découvertes semble appartenir à l'histoire. Cette soirée pluvieuse sera propice à parcourir dans nos têtes les aventures de ce voyage extraordinaire que nous nous sommes offert.
Et peu à peu, dans l'ombre de l'endormissement, je perçois une lueur indicible, une projection, un désir. Et si nous recommencions ?