Je vous ai dit que cet hôtel était exceptionnel : il le doit beaucoup à son superbe petit déjeuner en terrasse, le soleil brille à 7h30 quand nous nous y posons. La nuit a été très bonne, bien reposante et nous sommes frais et dispos pour une belle journée de visite.
En effet, notre carrosse vient nous chercher à 8h30 pour la visite d'Angkor Wat, le plus grand temple d'Angkor, ville qui fut la capitale de l'Empire Khmer, du 9ème au 15ème siècle.
Attention, il y aura beaucoup, beaucoup de photos !
Un peu d'histoire, sauce Wikipedia :
C'est à partir du milieu du 19ème siècle que des explorateurs français redécouvrent Angkor. Depuis le début du 20e siècle, le site d'Angkor est patiemment réhabilité par des archéologues, notamment par ceux de l'École française d'Extrême-Orient (EFEO).À son apogée, l'Empire Khmer domina une large frange de l'Asie du Sud-Est continentale, de la Birmanie, à l'ouest, au Viêt Nam, à l'est. Sa capitale, Angkor, ne comptait pas moins de 750 000 habitants et couvrait une superficie d'environ 1 000 km2. À la fin du 16e siècle, lorsque des missionnaires portugais découvrirent les tours en forme de lotus d'Angkor Vat - le temple le plus sophistiqué de la cité et le plus vaste monument religieux du monde -, la capitale de l'empire agonisait déjà. Les spécialistes ont avancé de nombreuses explications mais la plus probable est la suivante : Angkor aurait été condamnée d'avance par cette même ingéniosité qui transforma un ensemble de petits fiefs en empire. La civilisation khmère avait appris l'art d'apprivoiser les déluges saisonniers de l'Asie du Sud-Est, en stockant l'eau dans d'immenses bassins (appelés baray) pour éviter les inondations et la restituer en période de sécheresse. Mais elle perdit le contrôle de l'eau, la plus vitale des ressources, entraînant ainsi son déclin. Des sécheresses sévères et prolongées, ponctuées par des pluies torrentielles, auraient anéanti le système hydraulique.
Le pouvoir se déplaça vers Phnom Penh, au 16e siècle, après une période de moussons irrégulières.
Première étape, avant l'entrée sur le site, aller chercher les billets d'entrée au parc au Angkor Park Pass Ticket Counters, bizarrement pas du tout sur le site, même pas sur sa route, mais pourvus de très grands parkings forts utiles vu l'affluence. Heureusement, il ne nous faudra que 10 minutes pour obtenir les précieux sésames.
Puis notre chauffeur nous amène jusqu'à Rainbow Bridge, le pont au-dessus des douves entourant le sanctuaire, qui marque l'entrée de l'enceinte d'Angkor Wat, complexe monumental de 160 hectares qui est tout simplement le plus grand monument religieux du monde.
Nous y entrons à 9 heures, et, comme c'était prévisible, il y a foule :


Il s'y déverse des cars et des cars de touristes, avec au moins plus de la moitié de touristes chinois. On devra faire avec...

Il fait déjà très chaud et le ciel est voilé par une brume de chaleur, comme vous pouvez le voir sur les photos.
Un peu après être entrés dans le temple, effectivement gigantesque (1500m sur 1300m), nous tombons sur ce moine bouddhiste qui nous propose de bénir Charlotte. Il lui noue un bracelet autour du poignet, bracelet qu'elle gardera précieusement plusieurs mois avant qu'il ne se casse.

Chaque mur (et il y en a beaucoup) est décoré de représentations de dieux, d'hommes et d'animaux, mais surtout de nymphes célestes, les apsaras :



Vous noterez que les seins de ces apsaras sont polis à force d'être frottés. En effet, apparemment cela porterait bonheur
Selon la légende, les apsaras émergent des eaux pour séduire les hommes ; ceux qui les repoussent deviennent fous, tandis que ceux qui les acceptent comme maîtresse ou comme épouse gagnent l’immortalité.

A l'intérieur, tout est bâti sur le principe de cours carrées plus ou moins grandes :

Au centre de l'enceinte, la plus grande cour (150m par 200m) est dominée par 5 tours en carré, la tour la plus grande se trouvant au centre du carré :

Pour y monter, des escaliers très raides ont été aménagés :






Et toujours des apsaras :


L'arrière du temple principal :

Les très longs couloirs des galeries faisant le tour du sanctuaire central :

Le sanctuaire central était initialement dédié au dieu hindouiste Vishnou, mais sa statue d'or a été enlevée et on trouve aujourd'hui dans chaque sanctuaire des statues de Bouddha.
Dans la première enceinte, ce qui était la bibliothèque d'Angkor Wat :

Et vue de l'autre côté, sur l'une des cours carrées, exceptionnellement déserte :

Ah ! Est-ce que je vous ai dit qu'il y avait des apsaras sur les murs ?

A mon avis, celui qui caresse les seins de toutes les apsaras d'Angkor doit décrocher un millier d'années de bonheur... et une sacrée tendinite du poignet
Quand nous repartons, sur l'allée centrale reliant le sanctuaire central (derrière nous) au Rainbow Bridge, toujours autant de monde :


Nous prenons donc la tangente en passant par les pelouses pour éviter la foule et aussi trouver d'autres angles de photos :

C'est marrant de voir que dès qu'on s'éloigne du circuit principal, il y a soudain beaucoup moins de monde. Pourtant il y a aussi de très belles choses à voir :




Et des points de vue moins traditionnels :

Surtout quand on s'éloigne du sanctuaire principal et aussi parce que la brume de chaleur s'est dissipée :


J'aime particulièrement ces vues-là :



Nous repassons sur Rainbow Bridge :

... salués par une statue géante de Naga :

... et nous retrouvons notre chauffeur et la très appréciée climatisation de la voiture.
Angkor Wat est très beau, monumentalesque, mais trop grand, avec trop de visiteurs pour que ce soit un vrai coup de cœur. Ce coup de cœur
Pour accéder au Bayon, temple principal d'Angkor Thom, la cité royale construite au 12ème siècle, il faut passer, quelques kilomètres plus au nord d'Angkor Wat par la porte sud, étroite arche suivie d'un pont flanqué de 54 statues :

La cité royale a la forme d'un carré, d'environ trois kilomètres de côté, entouré d'un rempart haut de 8 mètres bordé par des douves. Au centre géographique d'Angkor Thom se situe le Bayon, temple principal de l'Empire Khmer au 12ème et 13ème siècles.
Il est ce qu'on appelle un "temple-montagne" et sa décoration est d'une exceptionnelle richesse, à l'apogée de l'art bouddhique mahāyāna. Dans un périmètre extrêmement réduit d'environ 150 m de côté pour l'enceinte extérieure, il est plus facilement appréciable qu'Angkor Wat. Ce fantastique monument, avec ses tours à visages, fut dédié par le roi Jayavarman VII au Bouddha dont il diffusa la doctrine.
Pas de commentaires, juste des photos de ce temple merveilleux :








Ici aussi, des apsaras :



Je l'avoue, j'ai adoré ce temple. Je le trouve tellement beau, que le Baphuon, autre "temple montagne" situé à 100 mètres, tout aussi exceptionnel qu'il soit, fait pâle figure en comparaison :

Là encore, des marches très raides permettent de monter tout en haut. Charlotte étant un peu fatiguée, ma femme reste avec elle, et je monte en haut seul. La vue est très belle :



Redescendu, je leur demande si elles se sont ennuyées. Pas le moins du monde, elles ont trouvé des amis pour les distraire :


Nous continuons à pied vers la terrasse des éléphants en passant devant plein de petits temples :


La terrasse des éléphants s'étend sur 300 m de longueur et est bordée d'une balustrade en forme de nâga.
Du haut de cette terrasse le roi Jayavarman VII regardait défiler son armée victorieuse de retour de la guerre contre les Chams. Ce sont ces éléphants en hauts-reliefs très découpés décorant les escaliers secondaires (Sud et centraux) qui lui ont donné son nom actuel. De nombreux éléphants harnachés et montés, en bas-reliefs en décorent une grande longueur formant des scènes de chasse :


Notre chauffeur nous ayant rejoint, nous reprenons la route pour visiter d'autres temples à l'est d'Angkor Thom.
Le temple de Ta Keo, "temple-montagne" qui est resté inachevé quand le roi qui le faisait construire est mort, son successeur étant passé à autre chose :


Vous noterez, qu'il n'y a presque plus de visiteurs. En effet, ces temples sont en dehors du circuit des cars de touristes, et c'est tant mieux.
Plus loin, autre coup de cœur
Néanmoins beaucoup de travail a été nécessaire pour stabiliser les ruines et en permettre l'accès, afin de maintenir « cet état de négligence apparente » (Freeman et Jacques).
Vous le verrez dans les photos, on se croirait dans un film avec Lara Croft.
L'entrée, avec encore un grand visage de Bouddha sculpté :

Les arbres géants qui poussaient dans et sur le temple ont été laissés en place :





Même à l'intérieur du temple, ces arbres, des fromagers, poussent partout :




Charlotte aime autant que moi :

Parfois, de manière étonnante, comme à Ayutthaya en Thaïlande, les arbres laissent apparaitre des visages :



Rejoignant notre guide, nous retournons à l'hôtel, les yeux pleins d'étoiles devant tout ce que nous avons vu.
Après nous être reposés un peu au bord de la piscine, nous ressortons dîner au centre-ville. Pour l'occasion, Charlotte a mis une jolie robe :

Laura, je crois qu'elle est comme toi, elle adore les robes
Le centre-ville de Siem Reap est très actif, le soir, et s'y promener est très sympa :

Après un bon dîner khmer, nous rentrons fourbus mais heureux, nous coucher.
C'était une belle journée pour bien débuter les vacances !

