Jour 3 – 18 avril 2019
Musique du jour (forcément...)
Réveil à 4 h 30 ce matin, j’ai bien dormi pour cette première nuit en tente du voyage. Cette année, avec toutes les nuits en
camping initialement prévues, j’avais acheté un vrai oreiller et ça fait une réelle différence

. Je remballe mes affaires en silence et je décide de quitter le parc. J’ai une longue route qui m’attend et j’ai le sentiment d’avoir bien profité du lieu la veille. Je fais donc mes adieux à
Valley of Fire, en étant reconnaissante de toutes les merveilles que j’ai déjà pu y voir

.
On the road again
La première étape de la route se situe 300km plus loin, à Amboy, à laquelle j’arriverai vers 8 heures.
''Cette petite ville fantôme, localisée entre Barstow et Needles, a été fondée en 1883. C’était une station ferroviaire, alphabétiquement la première d’une série, avec Chambless, Danby et d’autres. Avant la construction en 1973 de l’I-40 qui la contourne, Amboy était une ville très vivante et un arrêt populaire parmi les voyageurs qui y trouvaient une petite oasis dans le désert. L’endroit le plus connu d’Amboy est sans doute le Roy’s motel and Cafe. Aujourd’hui, il ne reste qu’une ville fantôme, avec le vieux panneau d’entrée de l’école et de petites habitations désertées.
Pour la petite anecdote : sur l’un des murs d’une chambre, on peut voir des traces de sang. Son origine en est inconnue et participe au Mystère de la ville : vrai ou faux sang ? décors de film ou meurtre ? Les réponses sont laissées à l’imagination de chacun…"
Malheureusement, aujourd’hui il y a des grillages tout autour du
motel délaissé et on ne peut plus s’approcher des chambres.
Rester studieuse, même en vacances
Blood: missing
GPS version USA.
Cet arrêt sympathique permet surtout de se dégourdir les jambes et je reprendrai la route peu de temps après pour la dernière centaine de kilomètres qui me mènera à celui qu’on n’a (presque) plus besoin de présenter : j’ai nommé le majestueux
Joshua Tree.
Bien-sûr, U2 est à fond de la
voiture.
J’arrive à l’entrée Nord du parc peu avant 10 h 30 et il fait déjà bien chaud ! L’objectif, comme la veille, est de trouver un emplacement de
camping puisque là encore, aucune réservation n’a été faite à l’avance. Malheureusement, j’ai moins de chance que la veille et tous les
campings sont déjà remplis

.
J’ai un gros coup de stress, d’autant plus que je ne capte pas de réseau Internet. Ne voulant pas commencer mon exploration du parc sans avoir un logement pour la nuit, je retourne à TwentyNine Palms pour capter de la 4G
(petite note : j’avais une option roaming dans mon forfait, qui me permettait d’avoir 15 Go d’Internet par mois aux US, ce qui était vraiment très pratique et m’a évité de devoir prendre une autre carte SIM pour le voyage). Bien sûr, tous les
motels de la région sont assez chers. Je cherche les airbnb du coin, mais aucun n’est en réservation instantanée… Je tente quand même d’envoyer un message à une hôtesse, mais la réponse se fait attendre et je n’ai pas envie de perdre la journée. Finalement, je décide de lâcher un peu prise sur le budget : tant pis s’il faut débourser plus que prévu, je ne suis qu’au début du voyage et le but est de jouer la sécurité et un minimum de confort pour ne pas m’épuiser – autant physiquement que mentalement – dès le début. Du coup, je réserve deux nuits au
motel 6 de Twentynine Palms (jaurais pu n'en réserver qu'une seule et tenter d'avoir une place de
camping le lendemain matin, mais je n'avais aucunement envie de revivre le même coup de pression et j'aurais sans doute stressé toute la nuit).
Moi qui aime l’organisation, ce coup de stress et ce changement de plan m’ont un peu démotivés et je n’ai pas très envie de randonner. Il est encore trop tôt pour faire le check-in au
motel, je décide donc de rouler jusqu’à la ville de
Joshua Tree pour prendre l’entrée ouest du parc et de m’arrêter au feeling. Cette fois-ci, les rangers sont présents à la guérite d’entrée, ce qui me permet d’acheter le précieux sésame.
Petit point historique et géologique :
"Le parc en chiffres : Date de création – 1994. Superficie – 3 200 km². Visiteurs par an : 1,4 millions
Le parc de Joshua Tree est situé au sud de la Californie. Il signe la rencontre entre deux déserts : celui de Mojave et celui du Colorado, ayant tous deux des écosystèmes bien différents. C’est dans le désert de Mojave que l’on retrouve les fameux Joshua Trees qui ont donné son nom au parc. Outre cet emblème du parc, on peut également y trouver des cactus, chênes et autres plantes capables de survivre dans le climat estival très chaud du désert. Le désert du Colorado nous permet quant à lui de découvrir les Yucca et les cactus Cholla. La géologie du parc offre des collines de roches permettant aux adeptes d’escalade d’apprécier tout particulièrement cet environnement.
De nombreux animaux peuplent le parc. En journée, on pourra y rencontrer oiseaux, lézards, écureuils… Toutefois, c’est pendant la nuit que le parc s’éveille avec entre autres serpents, coyotes, lynx, lièvres de Californie, tarentules, aigle royal, des bip-bip (roadrunners) et même des mouflons canadiens.
La nuit, Joshua Tree ravira également les amateurs d’astronomie en offrant un ciel dépourvu de toute pollution lumineuse.
Pour trouver les premières traces de résidents, il faut remonter entre 8 000 et 4 000 avant J-C avec la population de la culture Pinto. Plus tard, des membres des cultures Serrano, Cahuilla et Chemehuevi établirent leurs habitations dans l’Oasis de Mara aujourd’hui connue sous le nom de Twentynine Palms. Un quatrième groupe profitait également des ressources de la région, les Mojaves. Aujourd’hui, quelques descendants de ces cultures vivent encore aux abords du parc.
Des années 1860 aux années 1940 le parc a souffert de l’exploitation minière avant d’être protégé par le président Franklin D. Rossevelt qui en fit un National Monument en 1936. Grâce au statut de parc National, le parc gagna près de 1000 km².
Dans les années 70, le parc était un lieu de rassemblement privilégié pour le milieu hippie de Los Angeles. Plusieurs artistes se sont inspirés de ses paysages : The Byrds, Stills & Nash, Neil Young, The Eagles et bien sûr U2…). "
Premier arrêt au bord de la route. Ce qui est assez exceptionnel dans ce parc, c’est qu’on peut faire à peine 10 pas et se retrouver dans un paysage absolument extraordinaire. Le ciel est très légèrement couvert, ça claque pour les photos !
Cadre naturel
Rapidement, malgré le coup de mou et la fatigue qui arrive, j’ai envie d’explorer un peu plus le coin. Je me dirige donc en direction du parking de Barker Dam. Ce qui est top, c’est que le parc est encore très fleuri à cette période l’année. Les températures sont déjà chaudes, mais restent supportables. Un grand groupe de plusieurs voitures arrive en même temps que moi sur le parking de Barker Dam, je décide donc d’aller marcher en direction de Wall Street Mill, qui est prévue au programme de demain normalement. Bonne surprise, il y a plein de petits sentiers qui partent dans tous les sens et qui me permettent de me retrouver seule très rapidement. J’active ViewRanger et pars là où mon regard me porte.
Lui, il n'a pas écouté les #Roadtrippers... de la piste sans SUV ? Voilà ce qui arrive...
Très peu d'informations en ligne sur ces ruines. Le Wonderland Ranch, aussi appelé Ohlson Ranch, a été construit par la famille du même nom, venue s'installer dans la région à la recherche d'or.
Le voilà mon motel !
Chambre avec vue.
Prendre la porte
Au bout d’un moment, je décide de regagner le parking et faire la courte marche de Barker Dam, c’est quand même pour cela que je suis venue !
Bonne surprise lorsque j’arrive au barrage : il n’est pas asséché. J’y verrai même deux canards !
Sur le chemin, je croise une Ranger qui me complimente sur me cheveux, ce sera récurrent lors du voyage… Juste avant le départ, j’avais laissé ma petite sœur me teindre les pointes en… bleu !
L'enchantement de la rencontre n'est pas réciproque
Peu avant la fin de la boucle, un petit détour permet d’accéder à une petite cavité présentant des peintures indiennes. Malheureusement, le lieu a été pas mal vandalisé et plusieurs de ces peintures ne sont pas des originales. Pour quelqu’un de novice comme moi, il est compliqué de différencier les peintures historiques de celles issues du vandalismes.
La courte randonnée terminée, je me rends à Skull Rock. Pas mal de personnes sont présentes sur le site, il est compliqué de prendre la roche en question en photo sans personne dessus.
Quel crâneur
Je profite des rochers alentours pour faire un peu de grimpette, on arrive à avoir une belle vue en prenant légèrement de la hauteur !
Il n’est que 16 h, mais la fatigue se fait grandement ressentir, et avec elle arrive la flemme. Du coup, ma motivation à attendre le sunset retombe et je décide de me rendre directement au
motel pour faire le check-in.
Sur l’ensemble de la journée, j’ai eu l’impression d’être plutôt ‘’off’’, avec le sentiment de devoir me forcer à réellement apprécier ce que je vois. Sans doute la faute au jetlag (qui joue aussi en ma faveur il faut dire, car je peux démarrer mes journées assez tôt, mais j’ai souvent un coup de mou en milieu d’après-midi).
La solitude est également un peu plus compliquée à encaisser que je ne le pensais, notamment dans les moments de stress comme le matin-même où la recherche de solution en dernière minute ne repose que sur nos propres épaules. Mon rythme de repas est également complètement à côté de la plaque : je n’ai pas faim, du coup, je grignote plus que je ne mange, ce qui n’aide sans doute pas le manque d’énergie !
J’arrive au
motel et fais le check-in sans encombre, c’est chouette, j’ai une chambre au rez-de-chaussée et je peux donc garer la
voiture juste devant la porte de la chambre

. Il y a une piscine, mais je n’ai pas prévu de maillot, de toute façon elle est petite et une famille avec des enfants en bas âge est présente… Du coup aucune envie d’y aller de toute façon !
Je me pose dans la chambre pour me reposer un peu, je profite d’avoir une salle de bain pour moi toute seule pour faire ma première ‘’lessive’’.
J’allume la télé, j’adore regarder des programmes US (là, ce sera Shark Tank, une émission avec des inventeurs qui présentent leur invention à de potentiels investisseurs). Je m’endormirai assez tôt, en relativisant sur l’explosion de budget et en me disant que ces deux nuits en
motel me permettront de me reposer et de bien me caler au fuseau horaire avant d’attaquer la suite du roadtrip !