Mercredi 2 août : Jour 10 - De Death Valley à Visalia
Le programme du jour dans le roadbook :
La vraie histoire : Ceux qui se faisaient le coup de la panne :
Aujourd’hui, le programme c’est Vallée de la Mort à la fraîche, puis les 6 heures de route pour rallier Visalia en Californie.
Nous avons tellement souffert de la chaleur, que nous prévoyons de partir encore plus tôt que ce qui est prévu dans le roadbook.
Le réveil sonne à 5 heures et Alice a beaucoup de mal. Le soleil se lève à 5h30 (nous observons un splendide lever de soleil sur le parking) et nous quittons l’hôtel à 6h15.
La température est supportable, il fait 85°F.
Nous arrivons à Death Valley avant 7 heures et nous décidons d’aller à Dante View (les commentaires lus sur internet sur l’ascension en voiture et les abeilles m’avaient refroidie). Finalement, la route est bonne et nous ne verrons des abeilles que sur le panneau danger.

Il ne fait encore que 95°F quand nous descendons de voiture et ce sera notre premier contact avec la Vallée de la mort.
Selfie de votre humble narratrice
Nous renonçons en revanche à faire la 20 miles canyon drive devant l’état de la route...
...et nous allons à Zabrisky point. C’est superbe. Par contre, des touristes sont sortis du sentier et gênent tous ceux qui veulent faire des photos.
Comme il fait bien chaud maintenant (il est 8h30, il fait plus de 100°F et l’air est très sec), Denis renonce à attendre et repart à la voiture mais je tiens bon.
Vous les voyez les touristes gênants ? Et moi ?
Nous prenons la route de Badwater basin. C’est impressionnant de marcher sur cette croute de sel sous le niveau de la mer.
Le panneau "sea level"
Ensuite, nous prenons la piste de Devil’s golf course (carrossable mais en roulant tout doucement), où les blocs de sel sont énormes.
Enfin, nous prenons artist drive. Les couleurs sont superbes (et rendent moins bien en photo) mais la sortie sera brève vue la chaleur (112°F).
Nous arrivons au visitor center à 10h, en ayant la chance de trouver une place dans le (petit) parking couvert. Nous y passons une bonne heure, le temps de mériter le badge de Ranger Junior, puis nous reprenons la route.
Il fait tellement chaud que même la clim de la voiture n’arrive pas à vaincre l’impression d’air chaud dans la voiture (il fait entre 116 et 118°F) et le soleil nous brûle à travers les vitres de la voiture.
Nous regardons les dunes de Mesquite Flat sand Dunes de loin et nous décidons de prendre immédiatement la route de Visalia.
Sur la route, des panneaux conseillent de couper la clim pendant 20 miles pour épargner le moteur et c’est vrai que ce sont des faux-plats et que notre voiture est à la peine.
Nous ne nous rendons pas compte tout de suite que le GPS nous fait prendre la route du désert et nous commençons à stresser quand nous réalisons que le GPS indique la prochaine station-service à 200 km alors que l’aiguille de la jauge à essence est juste au-dessus du quart (ce matin l’aiguille était en haut et nous n’avons pas fait beaucoup de miles !).
Nous ne savons pas non plus quand nous pourrons manger et il est déjà 13h30 (nous avons par contre plusieurs gallons d’eau, nous ne sommes pas inconscients !

).
Même avec le stress, j'ai fait des photos de plantes...
Denis qui stresse et me communique son angoisse commence par couper la clim, puis mets le régulateur de vitesse pour tenter de gagner un peu d’autonomie.
Nous attendons d’arriver à la seule ville figurant sur mon roadbook, Olancha, à 50 km où nous espérons qu’il y aura une station non répertoriée par le GPS.
Le paysage volcanique martien où rien ne pousse est angoissant

et sans la clim, on suffoque dans la voiture.
Quand nous arrivons, nous voyons que c’est une ville de 39 habitants : pas sûr qu’il y ait une pompe…
En fait, il y en a une et nous ne regardons pas le prix de l’essence.
Il y a aussi des sandwichs (et des nuggets pour Alice) et nous trouverons que ce sont les meilleurs du monde.
Nous repartons plus sereins, sur une route plus fréquentée.
Très vite, les joshua trees réapparaissent sur le bord des routes et nous rejoignons l’autoroute.
Les gens roulent très vite et nous sommes surpris depuis 3 jours par la quantité de pneus éclatés sur les bords des routes.
Au bout d’un moment, le paysage devient des collines jaunes avec des arbustes, puis nous arrivons au cœur de la Californie avec des vergers gigantesques d’agrumes, kiwis, pêches et amandes. Il y a aussi des fermes de 1000 vaches sans herbe.
J’ai envie de fruits frais et il y a de grandes ventes à la ferme. Pas de chance, le magasin où nous nous arrêtons est spécialisé dans le fruit sec.
Il est possible de tous les goûter, cela fera notre bonheur quand même.
Nous arrivons à Visalia qui est tout sauf une petite ville.
Notre hôtel est situé dans une sorte de ZAC desservie par une 2x2 voies qui s’étend sur des km.
Les gens conduisent vite et doublent par la gauche et par la droite, c’est stressant pour Denis qui conduit.
Notre motel n’est pas terrible surtout au niveau environnement et décoration mais il a tout l’équipement requis et il est calme.
Nous repartons faire le plein et des courses (c’est moi qui conduit

), puis nous allons au drive de chez Wendy’s. Ma commande s’apparente au sketch d’Antony Kavannagh et je dois la passer à la fenêtre. Denis se moque bien de moi…
Après le repas, nous allons à la piscine de l’hôtel. Pas top comme moment, mais c’est la dernière piscine du séjour et j’ai promis à Alice.
La piscine est comme l’hôtel : l’environnement est moche et elle est entourée de barbelés mais elle est éclairée par le fond (il fait nuit) et surtout elle est 2 fois plus profonde que les précédentes.
Nous sommes seules et nous profitons bien.
Paradoxalement, cela sera la seule fois où je n’aurais pas froid.
Il fait toujours près de 100°F.
Après avoir écrit ces lignes, nous éteignons la lumière à 22h.
