Rock the Blues Away
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Jo89
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Re: Rock the Blues Away
On est de nouveau au top dans les jeux de mots 
Mes carnets:
D'Est en Ouest en passant par le centre
USAmazing, 6200 km à l'Ouest
Washington, j'aurais voulu dormir chez Potus et Flotus
USAmazing le retour, 7800 km à l'Ouest
USAmazing clap 3ème... 4200 km à l'Ouest
New Amsterdam février 2015 (New-York City)
D-Day 75th Anniversary - une semaine en Normandie autour du 6 juin et une rencontre avec les Rossies
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Siana
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Re: Rock the Blues Away
Peut-être qu'ils sentent que je suis végétarienne et qu'ils n'ont rien à craindre avec moiLorax a écrit : ↑21 févr. 2021, 17:15 Mais non.... cest quoi ce mojo animal ????
Wow.... magnifique![]()
![]()
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Entendre les loups je te comprends. Ca doit être magnifique !
Notre premier Ours ce fut a Tower Junction aussi. Peut-être le même![]()
Je n'aime pas retourner 2 fois au même endroit. Le monde est si vaste. Mais Yellowstone jy retournerais cest sur !!!
Encore maintenant quand je repense au moment où j'ai entendu les loups j'en ai des frissons. J'ai même eu les yeux mouillés en écrivant ce passage et en me replongeant dans l'instant.
J'aime autant retourner à un même endroit qu'en découvrir de nouveaux.... Je trouve qu'on voit les choses différemment quand on retourne un lieu pour la seconde fois. Cela dit tu as bien raison, le même est tellement vaste qu'il faut forcément faire des choix !
Haha, franchement, les hurlements des loups c'était "juste" du bruit, alors que les bisons il y a la proximité... Du coup je ne sais pas ce qui peut être le plus angoissant quand tu réfléchis un peu aux risquesbison84 a écrit : ↑21 févr. 2021, 17:42 Vraiment beaux ces bisons.... et moins angoissants que le hurlement des loups!!!![]()
Non, mais le bison, c'est ce qu'il y a de mieux... tu peux me croire!
Ceci dit, en 1988 quand il tournait autour de notre tente....![]()
...on était derrière la table.....!
Bonne fin de week end et bonne reprise!!!![]()
Impressionnant de se retrouver avec cette bête au milieu du camping, j'imagine que t'espères juste qu'il reste calme à ce moment
Oui ! J'avais à nouveau un peu d'inspiration pour ce petit bout d'épisode
Anaïs
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Les classiques de l'Ouest en 3 semaines pour un premier road trip entre amies : 3 semaines dans l'Ouest - L'aventure en camping - Septembre 2017
51 jours en solo dans l'Ouest : Rock the Blues Away
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Dolomites septembre 2022 : Au pays de la Fiat Panda et du poker routier
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stseiya
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Re: Rock the Blues Away
j'ai pas de mots ! c'est la premiere fois que je lis quelqu'un qui voit tant de diversité animal. La chance
Pour le tronc tout à fait d'accord avec toi, mais bon le détour n'est pas très long alors pourquoi pas !
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Siana
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Re: Rock the Blues Away
J'ai eu une chance incroyable, encore aujourd'hui je n'en reviens pas de tout ce que j'ai pu observer en une matinée !
Oui, pour l'arbre pétrifié si on a 20 minutes devant soi pourquoi pas (surtout si on n'a pas vu d'autre spécimen avant), mais comparé à Petrified Forest... c'était forcément moins impressionnant
Anaïs
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danisa
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Re: Rock the Blues Away
Je viens de terminer ton récit de voyage, il est addictif et il donne toujours envie de passer à la Page suivante
Ton ecriture est authentique et pleine d'émotions, que dire des photos ; elles sont superbes et j'adore ton humour pour leurs titres.
Donc une grand merci pour ce carnet de voyage, il m'a donné des idées de randonnées et aussi confirmé que Angel landing n'est toujours pas pour moi
Encore merci pour ce récit et j'attends la suite de ton aventure
Bon Week-end,
Isabelle
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Siana
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Re: Rock the Blues Away
danisa a écrit : ↑26 févr. 2021, 16:04,
Je viens de terminer ton récit de voyage, il est addictif et il donne toujours envie de passer à la Page suivante.
Ton ecriture est authentique et pleine d'émotions, que dire des photos ; elles sont superbes et j'adore ton humour pour leurs titres.
Donc une grand merci pour ce carnet de voyage, il m'a donné des idées de randonnées et aussi confirmé que Angel landing n'est toujours pas pour moi( vertige quand tu nous tient ). En 2022 nous ne ferons que les parcs classiques (c'est une découverte pour mon conjoint) mais je pense que nous retournerons dans l'ouest et que nous approfondirons ce grand ouest en faisant des parcs comme Snow Canyon.
Encore merci pour ce récit et j'attends la suite de ton aventure
Bon Week-end,
Isabelle
Merci de ton passage sur mon carnet, ça fait plaisir
C'est sûr qu'Angel's Landing en cas de vertige ce n'est sans doute pas la meilleure idée
C'est sûr que pour un premier passage on a tendance à privilégier les parcs classiques, à juste titre d'ailleurs parce qu'ils n'ont pas leur réputation pour rien, ils sont tous magnifiques. Néanmoins, je trouve que ça fait du bien de caser 2 ou 3 parcs un peu plus petits, ne serait-ce que pour expérimenter une solitude (relative) au milieu de l'immensité de la nature. Cela dépend aussi de combien de temps sur place vous prévoyez, mais par exemple un petit tour à Valley of the Gods juste avant Monument Valley ne fait pas "perdre" de temps.
Je posterai un récap à la fin du voyage, avec mon ressenti sur les différents parcs et le temps à y consacrer pour en avoir une bonne approche, si ça peut aider (il me semble que ça avait bien plu sur le premier carnet).
Je vais essayer de poster une petite suite dans la journée
Anaïs
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Siana
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Re: Rock the Blues Away
Jour 43 - Mardi 28 mai (suite)
Laissez-moi vous prévenir... on arrive officiellement à la partie du carnet où le ration photo/texte devient sacrément inégal. Dur de faire des choix, je me retrouve soit avec trop de photos, soit un tri ultra sélectif avec quasiment plus aucun cliché. Je prends donc le risque d'un mettre trop
J’arrive aux sites des terrasses quelques minutes après avoir quitté Lamar Valley (j'en avais assez) et pour la première fois depuis mon arrivée à Yellowstone, j’ai du mal à trouver une place où me garer. Après avoir tourné un peu en rond, une place se libère sur le petit parking un peu plus au nord. Je me gare et mange un petit sandwich avant d’attaquer mon exploration quelques minutes après 13 heures.
Ce site géothermique recense le plus grand nombre de terrasses formées par des sources chaudes au monde. Celles-ci sont formées par des eaux chaudes chargées en calcaire qui, lorsqu’elles atteignent la surface, déposent ce calcaire en formant les fameuses sculptures aux formes diverses. Ici, les eaux traversent les roches et ne sont pas expulsées dans les airs comme pour les geysers, ce qui permet de former ces formations de travertins caractéristiques… en quelques milliers d’années. La coloration rougeâtre de certaines terrasses s’explique par les traces d’oxyde de fer qui suit le même trajet que l’eau. Il faut savoir que plus de 2 tonnes d’eau coulent dans les terrasses chaque jour. L’eau chaude provient de Norris Geyser Basin et suit une faille quasi-parallèle à la route rejoignant Norris et Mammoth. Les algues vivant dans les bassins leur confèrent leurs couleurs brunes, orangées et rougeâtres.
Le calcaire et d'autres roches sédimentaires se trouvent sous Mammouth, et non de la Rhyolite. Il faut savoir que des terrasses inactives se trouvent dans la majeure partie de cette zone, y compris sous l'hôtel et le Visitor Center d’Albright. Ainsi, il y a quelques milliers d’années, la localisation des terrasses était bien différente ! La température maximale de l'eau dans la zone est de 73 °C.
Pendant des centaines d'années, les Shoshones et les Bannock ont collecté des minéraux des sources thermales de Mammoth pour fabriquer de la peinture blanche. Ces minéraux contribuent à la beauté des terrasses ; la chaleur, un système de "plomberie" naturel, l'eau et le calcaire s’ajoutent à l’équation complexe formant ce résultat. La source de chaleur volcanique des Mammoth Hot Springs reste un peu un Mystère. Les scientifiques ont proposé deux sources, dont la grande chambre magmatique qui se trouve sous la caldeira de Yellowstone, ou peut-être une source de chaleur plus petite, plus proche de Mammoth.
À Mammoth, comme dans une grande partie du parc, un réseau de fractures et de fissures forme le système de plomberie qui permet à l'eau chaude provenant du sous-sol d'atteindre la surface. L'eau provient de la pluie et de la neige qui tombe sur les montagnes environnantes et s'infiltre profondément dans la terre, où elle y est chauffée. De petits tremblements de terre peuvent maintenir les conduits ouverts, ou au contraire les bloquer.
Le calcaire, déposé ici il y a des millions d'années lorsqu'une vaste mer recouvrait cette région, fournit l'ingrédient final. L'eau chaude et le dioxyde de carbone dissous forment une solution d'acide carbonique faible. Lorsque la solution remonte à travers la roche, elle dissout sur son passage le carbonate de calcium, le principal composé du calcaire. À la surface, le carbonate de calcium est déposé sous forme de travertin, la roche qui forme les terrasses des sources thermales de Mammoth.
Les thermophiles incolores et jaunes poussent dans les eaux les plus chaudes ; les thermophiles oranges, bruns et verts prospèrent dans les eaux plus fraîches. Les couleurs changent également avec les saisons, en fonction de la quantité de lumière du soleil.
Ces terrasses sont comme des sculptures vivantes, façonnées par le volume d'eau, la pente du sol et les divers obstacles qui se trouvent sur le chemin de l'eau. Le travertin s'accumule en un rien de temps et fait que les caractéristiques visuelles changent rapidement et constamment. Certains conduits se bouchent complètement, de nouveaux conduits peuvent se former et d'anciens conduits peuvent se rouvrir. Parfois, l'eau est concentrée dans quelques sources, tandis qu'à d'autres moments, elle peut se répandre dans nombreuses d’entre elles. Dans tous les cas, l'eau suit le chemin de moindre résistance, qui peut être en surface ou souterrain. Les scientifiques estiment qu'à tout moment, environ 10 % de l'eau du système Mammoth Hot Springs se trouve à la surface, les 90 % restants se trouvant sous terre.
Pour plus de facilité d’approche, le site est découpé en deux parties : les Lower et les Upper terraces. Je démarre par les lowers, qui se parcourent à pied en marchant sur des petits pontons de bois aménagés serpentant au milieu des curiosités géothermiques. On peut y voir d’immenses formations calcaires, dont Palette Spring, Minerva Terrace, Jupiter terrace, Canary spring, et Liberty cap, un énorme menhir naturel.
Depuis le départ du parking où je suis garée, je décide de débuter par la gauche, vers le Mont Jupiter et sa terrasse, afin de pouvoir ensuite redescendre les petits pontons jusqu’au parking principal.

La source de Jupiter a d'abord bouillonné dans un paysage d'arbres épars et de travertin créé par des sources plus anciennes. Au fur et à mesure de la croissance de Jupiter Terrace, de l'eau minérale chaude s'est écoulée en aval, enterrant l'herbe et les arbres qui y poussaient. En 1872, lorsque William Henry Jackson a photographié la formation, les arbres ont été engloutis par le travertin. La source de Jupiter coula abondamment en 1923, et des bassins colorés ornèrent ses terrasses. En 1998, Jupiter Spring était entrée en sommeil depuis plusieurs années. Si elle reste inactive, de la terre finira par se former sur le travertin qui s'effrite, et redeviendra un sol propice à la pousse d’arbres et de fleurs.
À plusieurs kilomètres de l'endroit où se trouve Jupiter Spring, des dépôts massifs de travertin ont été trouvés, la plupart recouverts de terre. Preuve d'anciennes sources chaudes, ce travertin peut être vieux de plusieurs milliers d'années !
Inondés par l'eau des sources chaudes, les arbres ont absorbé du carbonate de calcium. Il a durci leurs "veines", bloquant fatalement l'absorption de l'eau et des nutriments. La cime des arbres exposés, solide comme de la roche grâce à des minéraux durcis, peut tenir ainsi pendant des décennies avant de tomber.


Les Terrasses de Jupiter présentent des cycles d'activité typiques des sources thermales de Mammoth. En 1937, Mound Terrace a été appelée "la source la plus belle et la plus colorée". Inactif pendant des décennies, son travertin altéré par les intempéries présente de nouveaux motifs là où des morceaux de roche tendre se sont brisés ou sont tombés. Récemment, Mound Terrace a recommencé à couler. Dans les années 1980, Jupiter Terrace a coulé abondamment et a inondé les pontons de bois à plusieurs reprises.

Pour la découverte de ma première terrasse, je suis déjà sous le charme. Le paysage se révèle de manière crescendo, d’abord le Mont Jupiter avec ses couleurs de pierre où l’on peut observer des détails géométriques. Si l’on ne fait pas attention, ce lieu donne l’impression de n’être qu’un gros bloc de pierre, alors qu’en réalité, on distingue bien les reliefs d’une activité passée. Les dépôts blancs donnent presque l’impression d’une fine couche neigeuse. J’ai l’impression d’avoir été téléportée sur une autre planète.
Téléportée littéralement, puisque nous sommes sur Jupiter

Même si Tiphaine aurait préféré Jupiler sans doute

Si on fait demi-tour, on se retrouve sur Satourne ?

Le chemin contourne le mont pour révéler les premières terrasses colorées. Je suis surprise par la délimitation nette entre les couleurs qui ne semble quasiment pas se mélanger.
Quand t'étales pas correctement la crème solaire





Sur la droite du ponton se trouvent des bébés terrasses en cours de formation, faisant pour l’instant penser à de petits bassins. Il faudra y revenir dans quelques milliers d’années pour voir si elles sont devenues aussi grandes leurs voisines ; le rendez-vous est pris !



Sur la gauche, l’impressionnant canevas de couleurs et d’étage se déroule sous mes yeux. Tantôt lisses et au flot régulier, tantôt aux marches abruptes avec un débit plus timide, les terrasses de Jupiter sont un véritable spectacle de haute voltige pour la rétine. Je prends plaisir à contempler à la fois l’ensemble et les moindres détails, laissant les reflets du soleil m’éblouir sur l’eau et raviver les couleurs bactériennes. La hauteur et superficie des différentes parties de terrasse varient d’un centimètre carré à l’autre, laissant le regard s’accrocher au moindre élément de décors.




Je reste de nombreuses minutes sur place, quasiment sans bouger d’endroit, tant il y a de beauté à explorer des yeux. Je balaye le lieu du regard de gauche à droit, mais aussi de haut en bas, faisant varier les perspectives.














Malgré tout, j’avance sur les pontons pour poursuivre ma visite. Je grimpe un petit peu, jusqu’à la limite avec la partie des Upper Terraces, et arrive devant New Blue Spring. Le paysage ici est lunaire, offrant des petits cratères aux tons blanchâtres et dirigeant le regard vers une source quasi-invisible au bout de ce pan de terre. En arrière-plan, les montagnes se dessinent, donnant l’impression que la source surplombe la vallée.
Moins de couleurs ici, le paysage n’en reste pas moins intéressant avec contours tantôt doux, tantôt acérés.



Pas besoin de faire beaucoup d'efforts pour la photo ici; ça coule de source



Un peu plus bas, j’arrive aux Cleopatra Terraces, dont les reliefs sont voluptueux et donnent l’impression d’une chevelure d’or tombante.
Terrasses Clés en main

Si tu tombes, ce sont des clés au patatra



Çà et là on peut observer d’autres formations géothermiques, avec des bassins aux couleurs éclatantes, bordés de zones qui semblent éteintes.










J’arrive progressivement à Minerva Terrace autour de laquelle l'activité se déplace de façon spectaculaire. Les cascades de travertin à côté des pontons ont été formées dans les années 1990. Certaines années, elles sont complètement sèches. Cette terrasse a été nommée d'après la déesse romaine des artistes et des sculpteurs. Ses formations de travertin ornées donnent l'impression d’un travail de dentelle. Dans les zones sèches, on peut voir plus clairement les nombreuses couches et les différentes profondeurs.


Heureusement, je suis de nature plutôt zen. Ainsi, alors que je déambulais parmis le monde, celui ci ne Minerva pas



Tout au bas de la zone se trouve Palette Spring. L'eau s'écoule en s'entrecroisant le long d'une crête abrupte où des thermophiles colorés créent une palette changeante, dominée par des teintes d'orange et de brun. Cet effet est semblable à celui qu'un artiste obtiendrait en laissant ses aquarelles s’écouler sur une surface verticale.
Les zones d’un blanc éclatant se détachent des tons dorés avoisinants. Quelques braves arbres morts se dressent fièrement dans les reliefs de la terrasse, agrémentant le paysage.
























Au centre de la terrasse, un amas rocheux perce la surface : Devil’s Thumb.

Malgré sa curiosité, il fait pâle figure face à Liberty Cap, haut de 11 mètres, qui a été créé par une source d'eau chaude ayant été active à un endroit fixe pendant longtemps. La pression interne était suffisante pour faire monter l'eau à une grande hauteur, permettant aux dépôts minéraux de se former lentement et continuellement pendant des centaines d'années. Liberty Cap a été nommée en 1871 par le Hayden Survey parce qu'il ressemblait aux bonnets phrygiens qui symbolisaient la liberté pendant la Révolution française.


Opal Terrace se trouve de l’autre côté de la route et des sentiers principaux ; je ne pourrai pas l’approcher, car un bison en bloque l’accès et les rangers contrôlent l’afflux de touristes trop curieux qui s’approchent inconsciemment de la bête (un monsieur était à moins de 2 mètres pour faire un selfie…). Elle joue un rôle inhabituel chez Mammoth. En 1926, Opal a commencé à déposer jusqu'à 30 cm de travertin par an. Sa croissance périodique menace la maison historique voisine, conçue par Robert Reamer et construite en 1908 comme un exemple de l'architecture de style prairie de Frank Lloyd Wright. Le NPS s'efforce de protéger à la fois les ressources historiques et naturelles - un défi à relever.


Je profite d’être à côté des infrastructures pour faire une petite pause besoin naturel puis reprend le sentier aménagé pour regagner la voiture et faire la partie des Upper Terraces.

Laissez-moi vous prévenir... on arrive officiellement à la partie du carnet où le ration photo/texte devient sacrément inégal. Dur de faire des choix, je me retrouve soit avec trop de photos, soit un tri ultra sélectif avec quasiment plus aucun cliché. Je prends donc le risque d'un mettre trop
J’arrive aux sites des terrasses quelques minutes après avoir quitté Lamar Valley (j'en avais assez) et pour la première fois depuis mon arrivée à Yellowstone, j’ai du mal à trouver une place où me garer. Après avoir tourné un peu en rond, une place se libère sur le petit parking un peu plus au nord. Je me gare et mange un petit sandwich avant d’attaquer mon exploration quelques minutes après 13 heures.
Ce site géothermique recense le plus grand nombre de terrasses formées par des sources chaudes au monde. Celles-ci sont formées par des eaux chaudes chargées en calcaire qui, lorsqu’elles atteignent la surface, déposent ce calcaire en formant les fameuses sculptures aux formes diverses. Ici, les eaux traversent les roches et ne sont pas expulsées dans les airs comme pour les geysers, ce qui permet de former ces formations de travertins caractéristiques… en quelques milliers d’années. La coloration rougeâtre de certaines terrasses s’explique par les traces d’oxyde de fer qui suit le même trajet que l’eau. Il faut savoir que plus de 2 tonnes d’eau coulent dans les terrasses chaque jour. L’eau chaude provient de Norris Geyser Basin et suit une faille quasi-parallèle à la route rejoignant Norris et Mammoth. Les algues vivant dans les bassins leur confèrent leurs couleurs brunes, orangées et rougeâtres.
Le calcaire et d'autres roches sédimentaires se trouvent sous Mammouth, et non de la Rhyolite. Il faut savoir que des terrasses inactives se trouvent dans la majeure partie de cette zone, y compris sous l'hôtel et le Visitor Center d’Albright. Ainsi, il y a quelques milliers d’années, la localisation des terrasses était bien différente ! La température maximale de l'eau dans la zone est de 73 °C.
Pendant des centaines d'années, les Shoshones et les Bannock ont collecté des minéraux des sources thermales de Mammoth pour fabriquer de la peinture blanche. Ces minéraux contribuent à la beauté des terrasses ; la chaleur, un système de "plomberie" naturel, l'eau et le calcaire s’ajoutent à l’équation complexe formant ce résultat. La source de chaleur volcanique des Mammoth Hot Springs reste un peu un Mystère. Les scientifiques ont proposé deux sources, dont la grande chambre magmatique qui se trouve sous la caldeira de Yellowstone, ou peut-être une source de chaleur plus petite, plus proche de Mammoth.
À Mammoth, comme dans une grande partie du parc, un réseau de fractures et de fissures forme le système de plomberie qui permet à l'eau chaude provenant du sous-sol d'atteindre la surface. L'eau provient de la pluie et de la neige qui tombe sur les montagnes environnantes et s'infiltre profondément dans la terre, où elle y est chauffée. De petits tremblements de terre peuvent maintenir les conduits ouverts, ou au contraire les bloquer.
Le calcaire, déposé ici il y a des millions d'années lorsqu'une vaste mer recouvrait cette région, fournit l'ingrédient final. L'eau chaude et le dioxyde de carbone dissous forment une solution d'acide carbonique faible. Lorsque la solution remonte à travers la roche, elle dissout sur son passage le carbonate de calcium, le principal composé du calcaire. À la surface, le carbonate de calcium est déposé sous forme de travertin, la roche qui forme les terrasses des sources thermales de Mammoth.
Les thermophiles incolores et jaunes poussent dans les eaux les plus chaudes ; les thermophiles oranges, bruns et verts prospèrent dans les eaux plus fraîches. Les couleurs changent également avec les saisons, en fonction de la quantité de lumière du soleil.
Ces terrasses sont comme des sculptures vivantes, façonnées par le volume d'eau, la pente du sol et les divers obstacles qui se trouvent sur le chemin de l'eau. Le travertin s'accumule en un rien de temps et fait que les caractéristiques visuelles changent rapidement et constamment. Certains conduits se bouchent complètement, de nouveaux conduits peuvent se former et d'anciens conduits peuvent se rouvrir. Parfois, l'eau est concentrée dans quelques sources, tandis qu'à d'autres moments, elle peut se répandre dans nombreuses d’entre elles. Dans tous les cas, l'eau suit le chemin de moindre résistance, qui peut être en surface ou souterrain. Les scientifiques estiment qu'à tout moment, environ 10 % de l'eau du système Mammoth Hot Springs se trouve à la surface, les 90 % restants se trouvant sous terre.
Pour plus de facilité d’approche, le site est découpé en deux parties : les Lower et les Upper terraces. Je démarre par les lowers, qui se parcourent à pied en marchant sur des petits pontons de bois aménagés serpentant au milieu des curiosités géothermiques. On peut y voir d’immenses formations calcaires, dont Palette Spring, Minerva Terrace, Jupiter terrace, Canary spring, et Liberty cap, un énorme menhir naturel.
Depuis le départ du parking où je suis garée, je décide de débuter par la gauche, vers le Mont Jupiter et sa terrasse, afin de pouvoir ensuite redescendre les petits pontons jusqu’au parking principal.

La source de Jupiter a d'abord bouillonné dans un paysage d'arbres épars et de travertin créé par des sources plus anciennes. Au fur et à mesure de la croissance de Jupiter Terrace, de l'eau minérale chaude s'est écoulée en aval, enterrant l'herbe et les arbres qui y poussaient. En 1872, lorsque William Henry Jackson a photographié la formation, les arbres ont été engloutis par le travertin. La source de Jupiter coula abondamment en 1923, et des bassins colorés ornèrent ses terrasses. En 1998, Jupiter Spring était entrée en sommeil depuis plusieurs années. Si elle reste inactive, de la terre finira par se former sur le travertin qui s'effrite, et redeviendra un sol propice à la pousse d’arbres et de fleurs.
À plusieurs kilomètres de l'endroit où se trouve Jupiter Spring, des dépôts massifs de travertin ont été trouvés, la plupart recouverts de terre. Preuve d'anciennes sources chaudes, ce travertin peut être vieux de plusieurs milliers d'années !
Inondés par l'eau des sources chaudes, les arbres ont absorbé du carbonate de calcium. Il a durci leurs "veines", bloquant fatalement l'absorption de l'eau et des nutriments. La cime des arbres exposés, solide comme de la roche grâce à des minéraux durcis, peut tenir ainsi pendant des décennies avant de tomber.


Les Terrasses de Jupiter présentent des cycles d'activité typiques des sources thermales de Mammoth. En 1937, Mound Terrace a été appelée "la source la plus belle et la plus colorée". Inactif pendant des décennies, son travertin altéré par les intempéries présente de nouveaux motifs là où des morceaux de roche tendre se sont brisés ou sont tombés. Récemment, Mound Terrace a recommencé à couler. Dans les années 1980, Jupiter Terrace a coulé abondamment et a inondé les pontons de bois à plusieurs reprises.

Pour la découverte de ma première terrasse, je suis déjà sous le charme. Le paysage se révèle de manière crescendo, d’abord le Mont Jupiter avec ses couleurs de pierre où l’on peut observer des détails géométriques. Si l’on ne fait pas attention, ce lieu donne l’impression de n’être qu’un gros bloc de pierre, alors qu’en réalité, on distingue bien les reliefs d’une activité passée. Les dépôts blancs donnent presque l’impression d’une fine couche neigeuse. J’ai l’impression d’avoir été téléportée sur une autre planète.
Téléportée littéralement, puisque nous sommes sur Jupiter

Même si Tiphaine aurait préféré Jupiler sans doute

Si on fait demi-tour, on se retrouve sur Satourne ?

Le chemin contourne le mont pour révéler les premières terrasses colorées. Je suis surprise par la délimitation nette entre les couleurs qui ne semble quasiment pas se mélanger.
Quand t'étales pas correctement la crème solaire





Sur la droite du ponton se trouvent des bébés terrasses en cours de formation, faisant pour l’instant penser à de petits bassins. Il faudra y revenir dans quelques milliers d’années pour voir si elles sont devenues aussi grandes leurs voisines ; le rendez-vous est pris !



Sur la gauche, l’impressionnant canevas de couleurs et d’étage se déroule sous mes yeux. Tantôt lisses et au flot régulier, tantôt aux marches abruptes avec un débit plus timide, les terrasses de Jupiter sont un véritable spectacle de haute voltige pour la rétine. Je prends plaisir à contempler à la fois l’ensemble et les moindres détails, laissant les reflets du soleil m’éblouir sur l’eau et raviver les couleurs bactériennes. La hauteur et superficie des différentes parties de terrasse varient d’un centimètre carré à l’autre, laissant le regard s’accrocher au moindre élément de décors.




Je reste de nombreuses minutes sur place, quasiment sans bouger d’endroit, tant il y a de beauté à explorer des yeux. Je balaye le lieu du regard de gauche à droit, mais aussi de haut en bas, faisant varier les perspectives.














Malgré tout, j’avance sur les pontons pour poursuivre ma visite. Je grimpe un petit peu, jusqu’à la limite avec la partie des Upper Terraces, et arrive devant New Blue Spring. Le paysage ici est lunaire, offrant des petits cratères aux tons blanchâtres et dirigeant le regard vers une source quasi-invisible au bout de ce pan de terre. En arrière-plan, les montagnes se dessinent, donnant l’impression que la source surplombe la vallée.
Moins de couleurs ici, le paysage n’en reste pas moins intéressant avec contours tantôt doux, tantôt acérés.



Pas besoin de faire beaucoup d'efforts pour la photo ici; ça coule de source



Un peu plus bas, j’arrive aux Cleopatra Terraces, dont les reliefs sont voluptueux et donnent l’impression d’une chevelure d’or tombante.
Terrasses Clés en main

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Çà et là on peut observer d’autres formations géothermiques, avec des bassins aux couleurs éclatantes, bordés de zones qui semblent éteintes.










J’arrive progressivement à Minerva Terrace autour de laquelle l'activité se déplace de façon spectaculaire. Les cascades de travertin à côté des pontons ont été formées dans les années 1990. Certaines années, elles sont complètement sèches. Cette terrasse a été nommée d'après la déesse romaine des artistes et des sculpteurs. Ses formations de travertin ornées donnent l'impression d’un travail de dentelle. Dans les zones sèches, on peut voir plus clairement les nombreuses couches et les différentes profondeurs.


Heureusement, je suis de nature plutôt zen. Ainsi, alors que je déambulais parmis le monde, celui ci ne Minerva pas



Tout au bas de la zone se trouve Palette Spring. L'eau s'écoule en s'entrecroisant le long d'une crête abrupte où des thermophiles colorés créent une palette changeante, dominée par des teintes d'orange et de brun. Cet effet est semblable à celui qu'un artiste obtiendrait en laissant ses aquarelles s’écouler sur une surface verticale.
Les zones d’un blanc éclatant se détachent des tons dorés avoisinants. Quelques braves arbres morts se dressent fièrement dans les reliefs de la terrasse, agrémentant le paysage.
























Au centre de la terrasse, un amas rocheux perce la surface : Devil’s Thumb.

Malgré sa curiosité, il fait pâle figure face à Liberty Cap, haut de 11 mètres, qui a été créé par une source d'eau chaude ayant été active à un endroit fixe pendant longtemps. La pression interne était suffisante pour faire monter l'eau à une grande hauteur, permettant aux dépôts minéraux de se former lentement et continuellement pendant des centaines d'années. Liberty Cap a été nommée en 1871 par le Hayden Survey parce qu'il ressemblait aux bonnets phrygiens qui symbolisaient la liberté pendant la Révolution française.


Opal Terrace se trouve de l’autre côté de la route et des sentiers principaux ; je ne pourrai pas l’approcher, car un bison en bloque l’accès et les rangers contrôlent l’afflux de touristes trop curieux qui s’approchent inconsciemment de la bête (un monsieur était à moins de 2 mètres pour faire un selfie…). Elle joue un rôle inhabituel chez Mammoth. En 1926, Opal a commencé à déposer jusqu'à 30 cm de travertin par an. Sa croissance périodique menace la maison historique voisine, conçue par Robert Reamer et construite en 1908 comme un exemple de l'architecture de style prairie de Frank Lloyd Wright. Le NPS s'efforce de protéger à la fois les ressources historiques et naturelles - un défi à relever.


Je profite d’être à côté des infrastructures pour faire une petite pause besoin naturel puis reprend le sentier aménagé pour regagner la voiture et faire la partie des Upper Terraces.

Anaïs
USA :
Les classiques de l'Ouest en 3 semaines pour un premier road trip entre amies : 3 semaines dans l'Ouest - L'aventure en camping - Septembre 2017
51 jours en solo dans l'Ouest : Rock the Blues Away
Around the world :
Dolomites septembre 2022 : Au pays de la Fiat Panda et du poker routier
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bison84
- Vieux loup de Yellowstone NP
- Messages : 823
- Inscription : 16 août 2016, 19:12
Re: Rock the Blues Away
En 1988 comme en 2016 le spectacle est toujours aussi beau, encore mieux la deuxième fois, ils ont aménagé des sentiers!!
Difficile de se contenter de quelques photos... c'est toujours différent à chaque pas!!!
Visite sans commentaire!!
Difficile de se contenter de quelques photos... c'est toujours différent à chaque pas!!!
Visite sans commentaire!!
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SylandCo
- Bison fougueux

- Messages : 3030
- Inscription : 16 déc. 2013, 08:44
Re: Rock the Blues Away
Hello,
Mais quelle matinée tu nous offres là avec tes nombreuses rencontres animalières, qui même si une fut triste, les autres furent de toute beauté et d'une variété incroyable. Quelle chance pour toi avec, en plus, une météo des plus clémente
Quant à Mammoth Hot Springs, il n'y a jamais assez de photos. Un vrai plaisir de refaire la visite de cet endroit à travers tes photos, même si je ne suis toujours pas fan des roches blanches, surtout si on les compare avec les colorées.

Mais quelle matinée tu nous offres là avec tes nombreuses rencontres animalières, qui même si une fut triste, les autres furent de toute beauté et d'une variété incroyable. Quelle chance pour toi avec, en plus, une météo des plus clémente
Quant à Mammoth Hot Springs, il n'y a jamais assez de photos. Un vrai plaisir de refaire la visite de cet endroit à travers tes photos, même si je ne suis toujours pas fan des roches blanches, surtout si on les compare avec les colorées.
+1
Sylvie
USA :
L.A. - S.F., été 2014
Washington DC - Floride - NYC, été 2016
Denver - Moab - Yellowstone - Denver, été 2018
Washington State - Oregon (et un petit peu de SF), été 2025
Ailleurs :
La Croatie, ça vous tente ? été 2019
Athènes - Péloponnèse - Cyclades, été 2022
Tenerife, nov 2023
Projet :
Octobre 2026 : le Japon
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Lorax
- Séquoia géant
- Messages : 8466
- Inscription : 23 mai 2015, 20:25
Re: Rock the Blues Away
Mamoth hot springs ... ce lieu est un des plus mystérieux que j'ai visité de ma vie! C'est si étrange, si unique. On y ressent tellement fort le poids de l'intemporalité. Ces formations qui ont nécessité des siècles et des siècles. Ici aussi je me demande ce qu'on dit penser les premiers hommes à avoir vu cela. La magie de Yellowstone 
Par contre, ça vient de faire tilt ds ma tête et ce n'est que l'après midi d'une journée, avec la Lamar le matin et les rencontres animalières
Quelle intensité !!!
Par contre, ça vient de faire tilt ds ma tête et ce n'est que l'après midi d'une journée, avec la Lamar le matin et les rencontres animalières
Le Grand Cercle pour un premier voyage aux USA
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