Jour 14 - Suite et fin
Je vous avais donc quitté à la fin de la Valley drive et sous la pluie... et bien le temps ne s'arrange pas. On va d'ailleurs se réfugier au Visitor center dès notre remontée de la piste. On prend notre temps pour faire le tour du petit magasin mais les tarifs sont exorbitants. On va ensuite au petit musée attenant pour en découvrir un peu plus sur l'histoire du peuple Navajo, qui comptait en l'an 2000, 165 673 individus au sein de leur nation.
Une chose qui ressort, c'est que c'est une population assez pauvre. En effet, 32% vivent dans des maisons dépourvues de toute plomberie, et 40% vivent en dessous du seuil de pauvreté.
Les Navajos ont eu un rôle important pendant la guerre car ils avaient un code de communication qui leur a permis de faire passer des messages sans que les ennemis ne puissent les décrypter.
Je ferme la parenthèse culture
Après avoir passé un bon moment dans le bâtiment, on songe quand même à retourner vers le camping. Une vraie tempête s'est levée et on veut se rapprocher de le tente au cas où. La veille, les cailloux posés tout autour de la tente avaient bien aidés, mais aujourd'hui le vent a doublé d'intensité... Quand on sort, la pluie est très froide et avec la puissance du vent on a l'impression de se faire lancer des aiguilles dessus. Les températures ont bien chuté, on grelotte !
Je viens de me rendre compte que je vous ai raconté des bêtises dans un précédent poste, on avait l'emplacement numéro 30. Petite vue du "sunset" de la veille, qui vous donne surtout une idée de l'emplacement de la tente face aux buttes :
On entre donc dans la voiture, mettons le chauffage à fond et on va se garer sur le petit parking au dessus des tentes. Il pleut, on ne voit quasiment rien dehors. Pour vous donner une idée (les essuie-glaces étaient en marche) :
On regarde par la fenêtre un peu désespérées en espérant ne pas devoir passer la nuit dans la voiture... Quand tout à coup je vois un couple se démener avec une tente. Je me tourne vers Julia et lui lance un "Julia, c'est pas la notre qui s'envole là ?".
Ni une ni deux, on sort de la voiture, je pense rapidement à refermer à clé et je cours en ligne droite vers la tente, sautant par dessus roches et arbustes telle une coureuse olympique sur un parcours de saut. Je prends de la vitesse, j'esquive un piquet, je maîtrise à la perfection une glissade dans le sable, je m'envole pour la médaille d'or, je tends les bras et j'attrape le Graal : un pan de la tente ! (bon, en vrai, j'ai failli me casser la figure 15 fois en 10 mètres, mais chut!)
Nous ne serons pas trop de 4 pour maintenir la toile de la tente sur la tente. La moitié des piquets sont arrachés, les cailloux ont volé, 3 personnes tiennent la tente pendant que la dernière cherche des rochers (oui oui, des rochers ! vous voyez les deux gros cailloux sur la gauche de la tente sur la photo un peu plus haut ? On en a cherché du double de cette taille pour entourer la toile de la tente. Une vraie forteresse au final !)
On remercie nos sauveurs de tente chaleureusement (vous nous auriez vues rechercher la tente envolée dans la vallée ?

).
On retourne dans la voiture, trempées, transies de froid et oranges de la tête aux pieds. On attendra patiemment que ça se calme un peu dehors pour aller vérifier les dégâts à l'intérieur de la tente.
Au final, nos sauveurs de tente ont du réagir assez vite car à part quelques gouttes et du sable, tout va bien, pas d'inondation ou d’ensevelissement en vue
On décide d'aller prendre une douche pour se débarrasser de notre nouvelle couleur, après tout le orange est réservé à l'élite de se pays

(parenthèse politique fermée)
Quand on ressort de la salle des douches, une bonne surprise nous attend : le soleil a refait son apparition dans une trouées de nuages derrière nous. Nous aurons donc un semblant de sunset ce soir
Les couleurs sont magnifiques

et un arc-en-ciel fait son apparition :
On a même droit à 1 minutes 22 top chrono de ciel bleu à l'horizon (ok, je viens d'inventer le timing, mais vous comprenez l'idée)
Après quelques minutes, ce n'est non pas à un, mais à deux arc-en-ciel auxquels nous aurons droit !
En bonus, je vous laisse un petit cadeau de la part de Julia (je ne connaissais pas avant, mais je l'ai en tête à chaque fois que que je vois un arc-en-ciel maintenant). De rien, ça me fait plaisir
(Pour la petite histoire, ce remix a été fait à partir d'une "reaction vid" d'un jeune homme face à un double arc-en-ciel à Yosemite, vous pouvez trouver l'original en tapant "double rainbow" sur youtube

)
Le temps commence à s'éclaircir à nouveau et le vent se calme. On profite encore un peu de la vue :
Et de l'autre côté :
Le vent s'est calmé, on en profite pour allumer rapidement le réchaud pour pouvoir manger chez ce soir. Je fais bouillir un peu d'eau pour manger mes premières Mac & Cheese en boite du séjour histoire de me plonger pleinement dans la culture américaine. A peine l'eau commence à frémir, que le vente recommencer à souffler. J'enlève ma casserole pour que Julia puisse réchauffer ses pâtes à la sauce tomate, mais la pluie sera plus rapide que nous. En 2 minutes une nouvelle averse s'abat sur nous, avec des rafales de vent nous faisant une fois de plus nous replier dans la voiture. La pluie après le beau temps après la pluie... m'voyez
D'après la page Roadtrippin sur Monument Valley, en septembre on compte 2 jours avec de la pluie. Sachez que cette année, on aura eu le deux
Heureusement, comme la veille, au moment d'aller se coucher le mauvais temps s'est éloigné. Il fait toujours couvert, mais au moins la pluie et le vent ne sont plus de la partie. En espérant que cela continue pour le restant de la nuit.
C'est tout de même avec de magnifiques paysages plein la tête que l'on s'endormira, prêtes à se lever encore une fois aux aurores pour réitérer le spectacle de la veille.
