Jour 12 Dimanche 13 Août
Journée de route dans l'ouest de l'Islande. La météo s'est trompé et ce qui devait être de nouveau une belle journée ensoleillée se révèle une journée contrastée. Après une matinée ensoleillée, le soleil se voile et le temps tourne même à la pluie (petites averses).
Une longue étape de 330 km entre
Akureyri et
Reylholt, je n'ai à peu près rien prévu d'autre que des paysages, mais j'ai gardé l'option de la piscine de
Borgarnes si la météo est belle l'après-midi. Comme il fera un temps médiocre, cela se terminera au gîte,
Nes Guesthouse où nous avons réservé nos deux dernières nuits en Islande.
Sur la route, le début du trajet est somptueux avec la remontée de l'
Oxnadalur dans la péninsule de
Troll.
Plus en amont, les dernières fermes de la vallée sont surmontées d'une aiguille assez pittoresque, le
Hraundrangar.
Un gros plan montre bien la structure de ces montagnes constituées de l'empilement tabulaire de puissantes coulées de basalte. Nous ne sommes plus dans le Rift. Les épanchement basaltiques se sont accumulés il y a 12 millions d'années et émergent du fond des océans depuis au moins 10 millions d'années. Des
dykes, anciennes cheminées volcaniques résistent mieux à l'érosion et forment des aiguilles comme le
Hraundrangar.
Les volcans de la région sont éteints et le massif (dont l'altitude culmine au
Kerling (1,538 mètres) au-dessus d'
Akureyri) est géologiquement stable aujourd'hui. Les formes de relief actuelles résultent de travail de déblaiement des glaciers quaternaires qui ont creusé de profondes vallées en auge dans le plateau basaltique.
Après avoir franchi un col, la route redescend vers l'ouest par une nouvelle vallée dans laquelle un torrent s'est frayé une gorge.
On débouche ensuite dans la vaste plaine sédimentaire du fleuve
Héradhvötn où se trouve la ferme historique de
Glaumbaer à proximité de
Varmahlidh.
J'avais plus ou moins prévu de faire une visite de
Glaumbaer mais le parking complet et le nombre des autobus s'ajoutent au dédain d'une partie de la famille pour tout ce qui est historique et culturel (hélas !)

pour me dissuader de le faire. Nous faisons donc un arrêt à la station service de
Varmahlidh, l'occasion pour moi d'un dernier salut à la péninsule de
Troll _dont on voit clairement que le massif est en fait un haut plateau entaillé par l'érosion.
Après
Varmahlidh, la
Hringvegur coupe la péninsule de
Skagi en passant par une vallée assez pittoresque à
Hunaver, où l'on peut admirer un magnifique parc à moutons, l'endroit où l'on trie les bêtes après le rassemblement des troupeaux à l'automne.
Nous parvenons de nouveau sur le littoral à
Blonduos sur les rives de la vaste baie
Hunafloi. Il y a une belle rivière qui rejoint l'océan à cet endroit-là.
Il est déjà 13h, et il nous reste encore plus de 170 km à parcourir (2h de conduite) pour rejoindre notre gîte. Le beau temps persistant me fait espérer pouvoir conduire ma petite famille à la piscine de
Borgarnes, donc on ne s'attarde pas et on avance.
Le voyage aurait pu s'arrêter là. Nous repartons et après quelques kilomètres nous retrouvons derrière un gros autocar de ligne qui relie
Akureyri à
Reykjavik. ces autocars roulent généralement à vive allure (100 km/h quand la limitation de vitesse est 90 km/h), mais celui-ci est ralenti par un touriste qui roule doucement. Cela fait donc un petit convoi qu'il est difficile de dépasser quand on conduit prudemmentet que la route sinueuse n'offre que très peu de visibilité avec de multiples courbes et sommets de côte. Je prends patience et notre convoi s'allonge en quelques kilomètres. C'est là qu'arrive une Citroën C4 Cactus rouge qui me double comme une fusée, mais doit se rabattre entre moi et le bus car une autre voiture arrive en face. La voiture passée, le "Cactus" s'élance de nouveau, au mépris du manque de visibilité. Là, c'est de drame, un gros 4x4 surgit du sommet de côte juste en face. Le(la?) conducteur(trice) du "Cactus" panique, pile en plein milieu de la file de gauche en déclenchant les warnings. J'avais décéléré pour remettre de la distance entre le "Cactus" et moi, mais j'ai à peine eu le temps de comprendre que le choc frontal semblait inévitable...

et là, miracle, le conducteur du 4x4 fait preuve d'un sang froid étonnant en se lançant sur le bas côté, il réussit à croiser le "Cactus" fou sans tomber au fossé. Pendant ce temps-là, le bus continue sa route comme si de rien n'était ! J'ai une grosse frayeur rétrospective.

Et je suis très en colère contre le conducteur (la conductrice, je ne saurais jamais) du "Cactus" rouge qui doit être dans un état de décomposition avancé.
Après son "exploit", ce dernier va se ranger sagement derrière le bus et suivre. Je prends mes distance et continue de suivre sur quelques kilomètres à distance respectable. La région est absolument déserte, il n'y a rien d'autre à faire.

D'autres cinglés, plus chanceux que le conducteur du "Cactus" doublent en trombe.
Dès que possible, je bifurque à gauche pour chercher un endroit tranquille pour un pique-nique tardif. C'est comme cela que nous avons fait un bref arrêt à
Laugarbakki et pris un café dans une boutique bric-à-brac très marrante.
Moralité de cette petite mésaventure, nous avons frôlé le carambolage et les imbéciles du "Cactus" ont certainement frôlé la mort.

La "
Hringvegur" n'est pas cool, c'est une route à 2 voies étroite et sinueuse dans cette région. Un dépassement est délicat, surtout quand il faut doubler deux véhicules dont un autobus. De toute manière, ce dépassement n'aurait jamais dû être entrepris car la vitesse est limitée à 90 km/h POUR UNE BONNE RAISON!
Bref, on a eu chaud, et l'incident n'a pas prêté à conséquence, mais j'espère que ces jeunes connards qui devaient rentrer sur
Reykjavik (un Dimanche après-midi) après avoir fait la fiesta du côté de
Dalvik (j'imagine un scénario) auront pris un peu de plomb dans la cervelle. Si c'est des touristes, c'est impardonnable ! Donc avis aux voyageurs en Islande, soyez prudent quand vous conduisez sur la
Hringvegur, surtout en fin de semaine.
Après cette décharge d'émotions négatives, je reprends tout de même la route, il me reste encore près de 120 km à parcourir. Après avoir passé plusieurs baies, la route s'enfonce dans les hautes terres dans la région du
Holtavördhuheidhi. Après un col, la route descend dans la vallée de la rivière
Nordhura, et le paysage devient enfin de nouveau intéressant.
Par contre, le temps se couvre, ce que la météo n'avait pas prévu. Je fais un arrêt au niveau du cratère
Grabok, un joli site que nous escaladons en famille avec les enfants. Les vues sont magnifiques.
Dans cette région
sans grand intérêt de l'Ouest, c'est une halte bienvenue dont de nombreux voyageurs tirent partie.
Après avoir fait le tour du cratère, nous allons quelques kilomètres plus loin admirer les modestes chutes de
Glanni.
Après cette visite, le temps se couvre encore un peu plus, je renonce à passer à
Borgarnes et nous allons directement au gîte, le garnement réclame sa dose de jeux en ligne...
Nes Guesthouse est l'hébergement le moins cher du voyage. Nous nous en tirons pour 510 € pour 2 nuits, soit 51 € par personne et par nuit. Sur le site Internet où je l'ai réservé, le gîte coche toutes les cases, petit déjeuner compris, wifi, machine à laver, cuisine, mais pas toutes ensemble, ce que nous découvrirons sur place. Nous logeons dans la vieille maison des parents (1938) où l'on ne capte pas le wifi, mais on a une cuisine équipée à disposition alors que la maison d'à côté (1956) est bien connectée, mais sa cuisine est notoirement sous équipée. C'est vieillot et un peu délabré. Le gîte est tenu par un très vieux monsieur qui fait des efforts d'amabilité, mais semble avoir dépassé le stade des projets. Dommage, nous aurons donc deux nuits assez inconfortables dans des lits étroits et tout mous, avec une chambre si petite qu'on peine à sortir du lit, le tout dans une maison pouvant loger jusqu'à 8 personnes avec un seul WC (dans la salle de bain, comme toujours en Islande). Quand au buffet de petit-déjeuner, c'est le moins fourni de tout notre circuit. Je ne dirais pas que c'est un mauvais rapport qualité-prix pour l'Islande, mais nous avons été assez déçus tout de même, comme quoi la "bonne affaire", cela n'existe pas et tout a son prix.
Mais qu'allaient-ils faire dans cette galère dans l'obscure vallée de la
Hvita , un coin très peu touristique 2 nuits dans les environs de
Reykholt vous demandez-vous peut-être ?
Réponse dans le prochain épisode...