J15-Lundi 25 juillet- Parc du Dovrefjell
Le jour où on a guetté le bœuf musqué
Déjà deux semaines que nous sommes partis ! Nous sommes arrivés la veille dans la région des parcs nationaux de l’est avec une covidée en plus et nos plans légèrement chamboulés puisque nous n’avons pas pu faire la randonnée qui mène au Snøhetta Viewpoint. D’après le roadbook, aujourd’hui nous sommes sensés partir en safari bœufs musqués dans le parc du Dovrefjell. Je n’ai heureusement rien réservé ! En plus de notre malade, la météo est au vent et à la pluie. Nous attendons donc son réveil afin de faire un état des lieux de la situation et nous décider.
Pour ma part, je suis réveillée assez tôt par les meuglements des Highlands que l’on voit brouter depuis la fenêtre. A son réveil, B. ne fait plus de fièvre et semble relativement en forme.

Nous décidons donc de partir faire la randonnée avortée de la veille, un petite ascension de 1,5 kms qui permet d’atteindre le Snøhetta Viewpoint, un observatoire qui permet d’apercevoir des rennes sauvages et qui sert également de centre d’interprétation. On y accède assez vite depuis notre cabine (20 minutes), et un grand parking pratiquement vide sert de point de départ. Nous débutons la balade vers 10h15.
Le vent souffle fort ici et on met les doudounes et les bonnets pour emprunter le beau sentier de gravillons en haut duquel nous attend une bâtisse de bois toute en rondeur nous offrant un magnifique point de vue sur la vallée et le mont Snøhetta, qui est le point culminant du parc du Dovrefjell (2286 mètres). Le bâtiment a été conçu par les mêmes architectes que ceux qui ont fait l’opéra d’Oslo et une partie du Mémorial du World Trade Center (rien que ça !). En montant le long du sentier, on peut suivre à travers une frise chronologique les différentes étapes de la présence de l’homme dans le Dovrefjell.
La montée est facile et agréable, et là-haut nous prenons le temps de profiter du point de vue, à la fois de l’extérieur mais aussi de l’intérieur du centre d’observation, puisqu’une immense baie vitrée nous permet de profiter de la vue saisissante bien au chaud. Je n'ai pas de belles photos du bâtiment, mais pour que vous en profitiez, voici des photos trouvées sur les sites des parcs nationaux:
Nous essayons d’apercevoir des rennes avec les jumelles, mais nous faisons chou blanc. Puis nous amorçons la descente : on a bien fait de partir tôt car nous croisons de nombreux touristes qui grimpent, et le parking commence à se remplir de bus de tourisme.
Le gang des bonnets à pompons vous salue
Nous rentrons déjeuner à la maison, et nous reposons en début d’après-midi. Je ne sens pas d’enthousiasme débordant pour ressortir, mais je trouve ça dommage, d’autant que B. est loin d’être au plus mal. Enfin à 16h00, j’arrive à rompre la léthargie ambiante : certes nous ne ferons pas la randonnée prévue pour voir les bœufs musqués, mais nous pouvons au moins nous rendre au point de départ et marcher une heure ou deux !
Le Dovrefjell est un haut plateau classé parc naturel où vivent le renard arctique, le renne sauvage, mais surtout la star du parc : le bœuf musqué. Le parc est l’un des seuls endroits d’Europe où l’on peut en voir en pleine nature. Il y en a 250 dans le Dovrefjell. Paisible végétarien, il peut néanmoins se montrer menaçant quand il se sent surpris, et une attaque pourrait être dangereuse. Des panneaux nous expliquent la conduite à tenir si nous en croisons.

Et bien, allons y, à nos risques et périls ! (vous noterez que l'attaque de la vache noire la veille ne nous a même pas refroidis

) Après avoir lu ces explications, B a très peur, mais nous la rassurons en lui disant que vue l’heure tardive et la couleur menaçante du ciel, on ne va pas aller bien loin et il serait bien surprenant d’en croiser un !
Nous sommes tout de même très excités et à l’affut ! Nous avançons sur un joli sentier bien marqué, traversons des cours d’eau en sautant sur les rochers (S. en fera d’ailleurs les frais !) et nous montrons attentifs à notre environnement. Parfois, au détour du sentier, nous apercevons une forme sombre et lointaine . Vite, nous saisissons les jumelles…. Mais ce ne sont que des rochers !
Challenge de S.: traverser à cloche pied
Challenge accepted!
Ca va mieux avec un pont....
Il a bon dos, le covid!
Le paysage est ici très différent de ce que l’on a pu voir jusqu’à présent. Le sol est recouvert de mousse et de lichen : c’est la toundra.
Au bout de deux kilomètres, toujours pas l’ombre d’un museau et le ciel s’assombrit de manière inquiétante… Tant pis, nous rebroussons chemin sans avoir vu de bœuf musqué ! Le retour se fait au pas de course car d’énormes nuages noirs foncent dans notre direction. Les premières gouttes tombent à une centaine de mètres de la
voiture, et le retour se fera sous une énorme averse.
L’intégralité de la randonnée fait 12 kilomètres, et permet normalement d’apercevoir les bœufs, d’autant qu’elle peut se faire en compagnie d’un guide qui sait où aller précisément. Cela doit vraiment être sympa à faire car le Dovrefjell est vraiment magnifique avec ses plateaux de toundra et ses torrents. Mais le covid en aura décidé autrement ! En tous cas on ne regrette pas d'avoir fait cette sortie, les filles se sont bien amusées et ce fut très agréable, même sans apercevoir de boeuf.
Demain, on part traquer le renne sauvage. Après le fail des boeufs, le renne se montrera-t-il moins farouche?