Jour 3 – 11 septembre 2022
Ce matin, je me réveille à nouveau tôt, et cette fois-ci, je prends le départ avant l’ouverture du petit-déjeuner, car j’ai une grosse journée de prévue. Surtout, je souhaite arriver le plus tôt possible à destination – à la fois pour être sûre d’avoir une place de parking, et essayer de rencontrer le moins de monde possible sur la randonnée. En effet, au programme du jour : Seceda. En combinant, en prévision, le Monte Pic pour faire une boucle et pas un A/R. Avec, bien entendu, la montée à pied et pas en télésiège/téléphérique, je veux mériter la vue !
Je me gare au lever du jour à Cristauta parkplatz (6€ la journée, avec des tarifs à l’heure également, et gratuit à partir d’un certain horaire de la journée. Néanmoins, prévoyez d’y arriver tôt, car le parking n’est pas immense et peut se remplir vite). Lorsque j’arrive, seule une autre
voiture est présente et une autre arrive (mais ils sont montés en
voiture via un chemin privé).
Je démarre la randonnée sans encombre, j’ai noté les infos des chemins que je dois suivre… j’avais enregistré le tracé sur google map, mais là encore une fois hors connexion il a disparu et je n’ai pas pu le récupérer.
J’arrive jusqu’à Baita Gamsblut, le soleil n’a pas encore dépassé les montagnes. Il n’y a quasi personne en vue, seul un couple est à une centaine de mètres derrière moi. Tout est calme, je profite de l’air frais de la montagne, ainsi que des paysages si apaisants. Les télésièges ne fonctionnent pas encore à l’heure-là, le calme est donc total.
En haut à gauche, à noter pour la prochaine fois
Néanmoins, arrivée à cette étape, je commets une erreur d’itinéraire totalement débile (je n’étais franchement pas dans mon assiette pour me tromper de la sorte). J’avais noté de contourner la hutte et de prendre le trail 1a en direction de Col Raiser/Seceda. La logique étant : Seceda est en haut, je suis juste en dessous de la ligne de télésièges pour le Col Raiser, il suffit de monter dans cette direction. Sauf que, face à une série de panneaux où apparaît le sentier 1a, mais sans l’annotation Seceda, je me dis que c’est encore leur signalisation pas toujours logique qui fait des siennes, et je prends quand même ce sentier. Ça me paraît bizarre, puisqu’il redescend, mais je me dis que ça doit simplement faire un contournement.
Je descends, j’encaisse un dénivelé négatif assez raide. Je doute franchement de la direction, mais je n’ai pas envie de revenir sur mes pas… et plus j’avance, plus je me dis que je me suis engagée sur ce sentier donc autant continuer. Bon, clairement, j’étais bien sur le sentier 1a, mais dans la direction opposée à Seceda. D’ailleurs, depuis la hutte, on voyait la chaîne montagneuse, mais n’étant pas dans le bon angle, elle ne se reconnaissait pas. En fait, j’aurais dû contourner un tout petit plus la hutte et j’aurais trouvé l’indication 1a pour Col Raiser/Seceda (je verrai cela au retour).
Malheureusement, ce détour me coûtera cher en énergie et en temps. Je pense avoir perdu quasiment 2 heures et un bon dénivelé. Je profite toutefois de jolis paysages sur ce détour.
J’essaye de me repérer au feeling, car mes indications notées ne correspondent plus du tout à celles que je peux trouver sur les panneaux. Le soleil dépasse les sommets et projette sa luminosité sur l'ensemble de la vallée
Je retrouve petit à petit du monde, c’est bon signe, j’imagine.
Il est quasiment 10 heures lorsque je retrouve le point d’arriver des télésièges de Col Raiser. Cette fois-ci plus vraiment de risque de se tromper (malgré les indications franchement pas toujours bien faites encore une fois), il suffit de suivre la foule.
Je subis très franchement la montée jusqu’au sommet de Seceda. Je ne sais pas si c’est parce que je n’ai pas pris de petit déj, si c’est le gros détour qui m’a cassée dans mon énergie, ou si c’est mon état physique général, mais je trouve la montée vraiment rude. Heureusement, les paysages qui m’entourent permettent de se concentrer sur autre chose. Peu importe la direction vers laquelle mon regard se porte, la scène qui s’offre à mes yeux est sublime. La verdure des pâturages, le relief des arêtes montagneuses, le cachet des chalets de montagne, c’est topissime.
Niveau foule, on est loin de se sentir solitaire, mais on ne se marche quand même pas dessus, c’est déjà ça.
J’arrive au sommet un peu avant 11 heures, et que dire mis à part : wow.
Pas sûre qu'il était autorisé d'aller sur ce petit bloc rocheux... mais vu le temps qu'il y a passé, je n'ai pas attendu qu'il parte pour prendre la photo.
Le seul bémol, si vraiment je dois en trouver un, c’est que la météo est presque trop belle, et Seceda ne fait aujourd’hui pas office de barrière à nuages. L’arête montagneuse n’en reste pas moins absolument magnifique.
Par contre, le vent est glacial et traverse mes vêtements, je grelotte et essaye donc de ne pas m’arrêter trop longtemps sans bouger pour prendre les photos. De toute façon, je le sais déjà à ce moment-là : j’ai pris froid. Pas grave, ça en valait le coup. (Note pour moi-même : décidément, j’ai foiré la préparation de ce voyage en beauté).
Je prends le sentier qui longe le bas de l’arête rocheuse. Je reste en bas de celui-ci. Beaucoup de gens montent jusqu’au sommet de celle-ci, malgré l’interdiction de le faire. D’ailleurs, les fils mis en place ont carrément été arrachés par endroits. Chacun son opinion sur le sujet.
Je redescends un peu et décide de m’isoler un peu pour trouver un endroit où grignoter un petit quelque chose.
Je relis mes notes, afin de prendre une décision quant à la suite de la journée. Comme mentionné plus haut, j’avais prévu de faire la boucle par Monte Pic, que je repère facilement d’où je suis. Néanmoins, je suis réticente :
- je suis déjà bien fatiguée
- dans mes notes, j’ai noté ‘’40 minutes de montée, c’est la partie la plus dure’’ (sur le site où j’ai chopé la rando, le reste était décrit comme ‘’ne représentant aucune difficulté particulière’’ et vu comme j’ai subi la montée pour Seceda…)
- et surtout, j’ai peur de me perdre si je ne retrouve pas correctement les indications sur les panneaux.
Tous ces arguments auront raison de moi, et je décide finalement de redescendre directement en direction du parking – en empruntant si possible le sentier que j’aurais dû suivre le matin.
Cela me permettra de me rendre compte à quel point j’ai fait de la merdé quelques heures auparavant, car il suffisait vraiment de monter tout droit au moment où j’ai commencé à redescendre.
Je me prends une petite averse pas bien méchante sur la dernière portion du sentier. Lorsque je regagne le parking en début d’après-midi, celui-ci est plein, des voitures font demi-tour pour rebrousser chemin, et la personne qui prendra ma place sera très contente. Des voitures sont garées dès que possible le long de la route, et ce pendant un moment. Je n’aurais pas voulu me rajouter ce dénivelé supplémentaire, car la route est franchement pentue et il est impossible de relâcher la pédale de frein plus de quelques secondes.
Je décide de m’arrêter à Ortisei/St Ulrich sur le retour. Je me promène un peu, mais j’en ai très vite marre. En vacances en montagnes, pour moi, c’est 100% nature et 0% ville, je m’en rends bien compte.
Je fais un petit détour et trouve quelques places de parking le long de la route, afin de monter ensuite à pied à Chiesa di San Giacomo. Dédiée au saint patron des pèlerins et voyageurs, elle est connue pour être la plus vieille église de Val Gardena, son origine datant du 12ème siècle.
Le panorama est magnifique, et il y a assez peu de monde en haut, très chouette !
Il n’est pas encore très tard, mais je suis complètement claquée et je décide donc de rentrer à l’auberge pour me reposer. N’en étant qu’au début du voyage, il ne faudrait quand même pas que je me crame complètement.
Le soir, je décide quand même de ressortir et d’aller en bas du village pour manger au restaurant. Le gros point positif du coin, c’est que la restauration reste abordable ici (notamment au niveau de l’alcool, j’ai pris un cocktail qui ne m’aura coûté que 4€, et une pizza à 9€). Je mangerai assez rapidement la moitié de ma pizza, et demanderai le reste à emporter pour le lendemain. Je ne saurais dire pourquoi, mais je ne me suis pas sentie très à l’aise seule au restaurant.
