24 juillet
Réveille tôt, cela change de Las Vegas. Direction petit déjeuner. Il y a du monde et peu de place. Une grande table est occupée par un groupe d’Espagnole. On arrive à se placer à 4 sur une table de 2. Pas pratique, mais bon… Coté nourriture, bon et copieur. Il y a même une machine à pancakes très spéciale… Elle travaille à la chaine. On voit sur un petit affichage led un « tapis roulant » sur chaque case, on peut mettre un pancake… donc si vous appuyez au bon moment, elle peut préparer 5 pancakes à la fois. Ok compris ?
Alors je programme 4 pancakes et au bout de 5 minutes le premier sort, suivit une minute après du deuxième…. Etc. toute la famille est servie. Evidemment, la personne qui me suit, décide de programmer un pancakes sur chaque case… 5 minutes plus tard, il prend SON panecake… et les 4 autres sont sortis… pour rien. Enfin, moi j’en ai récupéré 2 pour nourrir ma progéniture…
Réflexion du matin : La technicité d’une machine est limitée à la capacité de compréhension de son utilisateur. Euh…. Je crois qu’il est temps que je prenne un café !
Lorsque l’on quitte la salle du petit dej, les Espagnoles sont encore là ! Ils n’ont rien à visiter aujourd’hui ? Histoire que d’autres puissent s’assoir.
On vide notre chambre et nous faisons le check-out. Mon épouse me demande si l’on a le temps d’aller à la piscine… bien non… il faut monter jusqu’au Lac Mono et ensuite allez à Body. En plus, Body ferme tôt.
« Et le truc que l’on a lu sur les zones de tournages des films ? » Pas le temps non plus… Cette activité n’était pas prévue. Elle aurait été éventuellement possible en fin de journée la veille, si l’on avait fait la Death Valley tôt le matin et non l’après-midi. Pas facile de changer l’horaire… il y a parfois des répercutions sur les jours suivants.
On quitte l’hôtel et on file vers le nord.

Dites ! C’est de la neige là-haut ?
A première vue oui ! Alors qu’ici, il fait très chaud, là-haut ils auraient de la neige ! Bon ok d’accord mais le matos du ski sur l’affiche, ce n’est pas pour maintenant quand même ?!
On longe toute la Sierra Nevada. Au début, nous avons peu de végétation. Mais au fur et à mesure, elle va changer.
Petit arrêt à Bishop pour faire le plein….
Nous arrivons au Mono Lake. Il faut présenter le badge annuel au garde. Il vous donne un ticket qu’il faut placer dans la voiture…. Rien de compliqué.

La promenade est bien indiquée. Des panneaux donnent plein d’informations…
Avec sa concentration de carbonate de calcium et de sel, on devrait lui donner le nom de mer plutôt que Lac. Ce qui est juste par contre, c’est son nom : Mono qui veut dire mouche. Il y en a des millions de milliards !
Heureusement, elles ne font pas partie de la famille de celles qui nous tournent autour. Elles forment un tapis sur les bords du lac où elles vont pondre. Leurs larves, ainsi qu’une espèce de mini-crevette se nourrissent des bactéries proliférant dans cette eau hyper salée.
Toutes ces petites bêbettes sont un régal pour les oiseaux et particulièrement pour les oiseaux migrateurs. C’est donc un écosystème de toute grande importance.
Problème, le lac s’assèche ! Bien oui, c’est que les habitants de Los Angeles ont soif alors, on a détourné 4 des 7 rivières qui se jetaient dans le lac.

Du coup, les dépôts (Tufa) sortent de l’eau pour former un paysage superbe. Dommage que ceux-ci annonce la mort d’un des plus vieux lacs au monde (700.000 ans !) Des panneaux informent les visiteurs où se trouvaient les rives les années antérieures.

Je trouve ce lac magnifique. Tout en faisant notre balade, je n’arrive pas à me retirer cette idée de l’esprit. Est-ce qu’ils se rendent compte que pour une piscine bien remplie, ils sont en train de détruire un écosystème complexe ?
A première vue oui, puisqu’il y a déjà des organisations qui essaient d’inverser le phénomène.
J’espère qu’ils s’y arriveront. Déjà simplement arriver à ce que l’eau ne recule plus…
Nous reprenons la voiture, direction Bodie. La route nous emmène au sommet d’une colline. Comme prévu, les derniers milles se font sur un chemin de terre.
A l’entrée, le gardien nous remet le plan de la ville après que nous ayons payé 25$. (Or normalement, les prix sont 7$ par adulte et 5$ par enfants.)
Du parking nous voyons tout le village. Deux sentiments contradictoires m’envahissent : c’est beau et c’est triste.

Sur le plan reçu, nous avons une proposition de parcours avec une description de chaque maison. En bons élèves, nous suivons le chemin. Comme le dit le guide, les maisons ont été restaurées.
C’est marrant, j’avais presque oublié qu’à l’époque les toilettes étaient dehors. Question d’hygiène évidement. Très discret lorsque l’on sortait en même temps que son voisin….

Cela se voit que les américains sont en manque d’Histoire. Nous nous avons nos châteaux et nos vielles villes, parfois âgés de plusieurs siècles. Chez eux, tout a évolué sans conservation (ou presque) donc ce qui peut devenir Historique le devient.
Car il faut le reconnaître, l’histoire de bodie est assez banale : une ville sans ressources après l’épuisement de la mine, se retrouve détruite par un gamin jouant avec des allumettes. Dans toute l’Europe il y a plein de village ayant subi l’exode rural. Certains sont réhabilités d’autres tout simplement abandonné. Il ne nous viendrait pas à l’idée d’en faire un monument.
Pour ceux qui ont aimé, comme moi, la série télévisée « L’inspecteur Murdoch », cela fait drôle d’être dans une rue de la même époque. Car nous ne sommes pas dans un village de Western…
Une guide crie à qui veut l’entendre qu’elle va donner des explications sur l’histoire du village. Nous la rejoignons. Bon on n’aurait peut-être pas du car, nous aurons quand même du mal à comprendre tout ce qu’elle raconte. Elle parle vite.
On comprend quand quelques anecdotes. comme celle des deux poivrots voulant « régler leur compte ». Ils se sont battu en duel. Ils étaient tellement entamé qu’ils vidèrent tous les deux un chargeur sans se toucher. Ce fait donna la réputation que bodie est dangereux et les habitants très mal adroit !
Après avoir entendu les propos de la dame, nous décidons de ne visiter que les bâtiments particuliers. Il y a même un musée. Très surprenant de voir les registres, les revolvers, les outils et certains habits. J’imagine parfaitement les hommes et femmes de l’époque les utilisant… tout en me disant qu’eux ne savaient pas que nous lirons les lignes qu’ils ont écrites !
L’école montre une classe bien rangée et abandonné comme telle. Les calculs au tableau font un peu trop.
Il n’est pas possible de visiter la mine… dommage, Jonathan était persuadé qu’il allait retrouver encore de l’or ! D’ailleurs, on s’est demandé comment ils choisissaient où creuser. Qui dit que dans une autre colline ne se trouve pas un autre gisement ?
On termine par un tour au cimetière. Cela fout le moral en l’air. On trouve la tombe d’une dame qui a été enterré par son fils des années après l’abandon de la ville. On suppose pour reposer près de son mari.
Les enfants trouvent que cela devient trop du voyeurisme… le fils est peut-être encore vivant. On approuve. En plus, le parc va bientôt fermer.
On reprend la route pour rejoindre notre hôtel : le Virginia Creek Settlement. Il ne se trouve vraiment pas loin ! Marrant… il est sur la même route que l’hôtel que l’on a quitté le matin….
Cet hôtel est idéalement situé pour ceux, comme nous, qui ont visité Bodie et veulent poursuivre par Yosemite. Il n’y a pas beaucoup de chambre dans le bâtiment. Mais notre choix c’est porté pour une chambre dans l’annexe. Confortable mais sans air-co. Nous aérons au maximum car il fait très chaud.
Ensuite nous allons manger car nous avons très très faim. On aurait bien pris un sandwich avant la visite de bodie, mais il n’y a aucune échoppe sur le site. (Bien que je pense qu’ils construisent quelque chose dans ce sens sur le parking).
La commande fût épique car nous ne comprenions pas toutes les options que l’on nous proposait pour chaque plat. Le repas fut délicieux…. Et surtout très marrant car nous n’avons pas arrêté de regarder les différentes maximes affichées sur le mur.
« J’adorerai mourir dans mon sommeil comme mon grand-père. Et non, criant d’horreur comme les passagers de sa voiture »
Ensuite soirée calme dans la chambre et dodo toutes fenêtres ouvertes !