Here we are. Le D-Day est arrivé. Voici quatre jours que nous nous agitons en tous sens, inventorions nos placards pour être sûrs de ne rien oublier de crucial (des vêtements légers ET chauds, des chaussures de ville ET de rando, des grosses valises ET des petits sacs à dos, mais surtout...surtout...tout le matériel indispensable à notre survie dans cette contrée résolument hostile vers laquelle nous nous dirigeons :??: )
Nous nous limiterons finalement à un GPS (équipé d'une carte des US, ça aide), un grand Atlas prêté par des copains qui ont fait le voyage quelques mois plus tôt (outil qui s'avérera le complément idéal au TomTom), une lampe de poche solaire et notre couteau suisse, fidèle compagnon d'échappée depuis 10 ans. Il a du servir une fois.
Pour décapsuler une bière.
Lucile est excitée comme une puce. Il s'agit de son premier voyage aux Etats-Unis, autant dire qu'elle inaugure son ESTA par du lourd. Pour ma part, je suis également très impatient, car je n'ai jusqu'à présent connu que la côte Est: New York, et une partie de la Nouvelle-Angleterre (Massachusetts, New Hampshire, Vermont, et Maine). D'ailleurs, curieux hasard du calendrier, je reviens trois jours plus tôt d'un déplacement professionnel à Boston. Le décalage de 6 heures commence à peine à s'estomper, que je m'apprête à me prendre le deuxième effet kiss cool...9 heures cette fois. Je me mets à espérer sans le moindre argument physiologique recevable que peut-être, si l'on accumule vraiment beaucoup d'heures de jet-lag, l'effet de fatigue s'annule. Cherchez pas, c'est nul
Arrivée à l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle, Terminal 2E si je ne m'abuse. Nous voyageons avec Air France, qui m'a permis de payer l'un des billets avec des miles. Sur 800 euros, il en reste 300 de taxes incompressibles, mais ça vaut quand même bien le coup.
L'A380 est toujours aussi énorme. Au décollage, nous voyons ce monstre des airs peiner à soulever sa masse. Mais tout compte fait, l'on s'y sent plutôt bien une fois le rythme de croisière atteint. La bête est relativement silencieuse, les secousses se font discrètes. Après 12 heures d'un vol serein qui nous ne nous a pas semblé long pour un sou (et ce n'est pas grâce aux films que nous avons regardés), nous atterrissons à 16h30 à LAX un peu groggys, un peu chiffons, mais toujours chauds comme des beignets et prêt à embrasser le reste du jour.
Direction les douanes et tout le toutim. Pas de souci majeur, l'attente est syndicale, dirons-nous, une heure et demi au total (comprenant la séance photo/empreintes de doigts et la récupération des bagages). Nous nous dirigeons alors vers la sortie, où se trouvent toutes les navettes des loueurs de voiture. Nous prenons celle d'Alamo. Je devine que selon la saison, selon l'heure à laquelle on se pointe, ou selon la vitesse à laquelle on descend du bus (nous avons été au taquet sur ce coup-là), il y a moyen de poireauter un peu car la file d'attente grossit vite. Dans le cas présent, en dix minutes nous réglons les formalités, refusons une proposition malicieuse d'upgrade vers un 4x4 qui nous aurait coûté la bagatelle de 300$ en plus, et rejoignons le parking des SUV. Ici, pas d'employés ou très peu, on fait simplement son marché, on teste les sièges, on ouvre le coffre, on choisit son compagnon de route pour les 15 jours à venir, on chope les clés laissés sur la porte conducteur, et taïaut.
Alors laquelle? Jeep? Dodge? Chevrolet? On adore Chevrolet! Oui mais elle est blanche, c'est salissant, vu où l'on va ce petit bijou va se retrouver tout pourri au bout de trois jours. On s'en fout c'est le moteur qui compte! Oui mais non. C'est le look (on est bête hein?).
Nous optons finalement pour un Ford Escape noir flambant neuf, vitres teintées, qui s'est avéré très satisfaisant, tant pour l'esthétique que les performances.

J'argumente quelques minutes avec mon épouse pour la convaincre que peut-être, étant donné que j'ai déjà conduit sur une automatique une semaine avant à Boston, je suis éventuellement plus à même de commencer à prendre le volant, que Los Angeles ça circule, qu'elle pourra prendre le relai à partir de Joshua Tree, que j'ai tout à fait confiance en sa conduite, que [...]. Elle accepte.
Et c'est parti!
(La conduite auto, c'est définitivement un truc de fainéants, mais qu'est-ce que c'est bon!!)










