Musées et maisons historiques
Au cœur de son quartier historique classé, Savannah dévoile une concentration exceptionnelle de demeures d'époque transformées en musées, offrant aux visiteurs bien plus qu'une simple promenade architecturale. Pousser la porte de ces résidences majestueuses, c'est s'inviter dans l'intimité de l'aristocratie du Vieux Sud et toucher du doigt le raffinement, mais aussi les contradictions d'une société disparue. Chaque maison possède sa propre âme et raconte une facette singulière de la ville : ici la grandeur néo-classique d'un riche banquier, là le charme romantique d'une demeure sauvée de la démolition par des passionnés, ou encore l'élégance gothique qui séduisit le général Sherman lors de sa marche vers la mer.
Ces capsules temporelles ne sont pas de simples décors figés : elles sont le théâtre vivant de l'histoire locale, où le mobilier d'origine, les œuvres d'art et les objets du quotidien racontent les destins croisés de leurs occupants, des maîtres des lieux aux personnes réduites en esclavage qui assuraient le fonctionnement de ces vastes domaines urbains. Des institutions prestigieuses veillent sur ce patrimoine inestimable, permettant d'explorer aussi bien des chefs-d'œuvre de l'art américain que des quartiers d'esclaves préservés avec soin, offrant ainsi une lecture nuancée et complète du passé.
Mais la richesse culturelle de Savannah ne se limite pas à ses intérieurs cossus. La ville propose également une palette variée de musées thématiques qui captiveront tous les curieux. Les passionnés de technique s'émerveilleront devant les locomotives à vapeur de Georgia State Railroad Museum, tandis que American Prohibition Museum vous plongera dans l'effervescence des années folles et des speakeasies.

À voir, à faire
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Maisons historiques
Davenport House Museum

Davenport House Museum est un monument fondateur de l'histoire de Savannah, non seulement pour sa valeur architecturale intrinsèque, mais surtout pour le rôle crucial qu'elle a joué dans la sauvegarde du patrimoine de la ville. C'est en effet la menace de destruction de cette maison en 1955 qui a déclenché la création de la Historic Savannah Foundation et lancé le mouvement de préservation qui fait aujourd'hui la renommée mondiale de la cité.
Située au 324 East State Street, la maison occupe l'angle Nord-Ouest de Columbia Square. Ce square paisible, orné d'une fontaine, offre un cadre idéal pour admirer l'architecture fédérale de la demeure. L'entrée pour les visiteurs se fait désormais par la boutique du musée, située au Nord de la maison, dans l'ancienne pharmacie Kennedy, au 323 East Broughton Street.

La maison a été construite en 1820 par Isaiah Davenport, un maître charpentier originaire de Nouvelle-Angleterre. Il conçut cette demeure pour sa famille grandissante (sa femme Sarah et leurs enfants) mais aussi comme une vitrine de son savoir-faire professionnel. Davenport mourut prématurément en 1827, laissant sa veuve transformer la maison en pension de famille pour subvenir à ses besoins, une fonction qu'elle garda jusqu'en 1840 avant d'être vendue à la famille Baynard qui la conserva pendant plus d'un siècle.
Au milieu du 20ème siècle, la maison, devenue vétuste et située dans un quartier alors dégradé, était promise à la démolition pour laisser place à un parking. C'est alors qu'un groupe de citoyennes déterminées s'est mobilisé pour racheter la propriété in extremis. Après une restauration exemplaire, elle a ouvert ses portes au public en 1963, devenant le tout premier musée géré par la Historic Savannah Foundation.
La visite de Davenport House se fait principalement sous forme de visite guidée d'environ 70 minutes, disponible du lundi au samedi. Les guides vous emmènent à travers les étages pour découvrir la vie quotidienne des années 1820. Le samedi, il est également possible de visiter la maison à son propre rythme (self-guided tour) entre 13h et 16h, idéal pour ceux qui préfèrent flâner. L'achat de billets en ligne est recommandé pour garantir sa place.
Le point de départ de toute visite est Kennedy Pharmacy Building, situé au coin de Broughton Street et Habersham Street, adjacent à la maison historique. Ce bâtiment victorien de 1890, récemment restauré, abrite la billetterie et la boutique du musée. Il sert de sas d'accueil et permet de contextualiser la visite avant de pénétrer dans la propriété Davenport elle-même.
D'un point de vue architectural, Davenport House est considérée comme l'un des plus beaux exemples de style Fédéral aux États-Unis. Sa façade en brique rouge et brownstone (grès brun) se distingue par sa symétrie rigoureuse et son élégance sobre. L'élément le plus remarquable est son escalier d'entrée à double volée incurvée en fer forgé, qui mène à la porte principale surélevée, une signature du style qui permettait de protéger les pièces de vie de la poussière et de l'humidité de la rue.
La maison présente une structure avec cinq ouvertures en façade, typique des demeures cossues de l'époque. Les détails extérieurs, comme les lucarnes de toit et les cheminées, témoignent du soin apporté par Davenport à la construction. Contrairement à beaucoup de maisons de Savannah qui ont été remaniées avec des éléments victoriens plus tardifs, celle-ci a conservé (ou retrouvé grâce à la restauration) son apparence purement fédérale des années 1820.

L'intérieur de la maison est un véritable chef-d'œuvre de menuiserie, ce qui n'est pas surprenant vu le métier de son constructeur. Le hall d'entrée est dominé par une magnifique arche elliptique en bois soutenue par des colonnes ioniques, et par un escalier suspendu qui semble flotter sans support visible, prouesse technique pour l'époque.

Les pièces ont été restaurées et meublées selon un inventaire précis dressé après la mort d'Isaiah Davenport en 1827. On y découvre des papiers peints aux motifs d'époque (notamment des motifs français très colorés), des tapis tissés et des meubles de style Sheraton et Hepplewhite. La salle à manger, le salon (drawing room) et les chambres à l'étage sont présentés comme si la famille venait de quitter les lieux, avec des objets du quotidien (jouets, nécessaire à couture, vaisselle) qui rendent l'atmosphère vivante.

Le jardin de Davenport House, situé à l'arrière, est une reconstitution soignée d'un jardin urbain du 19ème siècle. Conçu à l'origine par le Trustees' Garden Club lors de la restauration, il a été redessiné plus récemment sous la houlette de la paysagiste anglaise Penelope Hobhouse. C'est un espace clos et intime, typique des cours intérieures de Savannah, où l'on trouve des plantes adaptées au climat local, des allées de briques et des bancs invitant à la contemplation.

Enfin, le musée ne se contente pas de montrer la vie des propriétaires : une exposition permanente, installée dans le sous-sol (rez-de-chaussée bas) et dans les espaces annexes, met en lumière l'histoire des personnes réduites en esclavage qui vivaient et travaillaient dans la maison. Grâce à des recherches approfondies, le musée redonne une identité et une voix à ces hommes et femmes (cuisiniers, domestiques, artisans) dont le travail a permis le fonctionnement de la maisonnée, offrant ainsi une vision plus complète et honnête de la société savannahienne du début du 19ème siècle.
- 324 East State Street (entrée au 323 East Broughton Street)
- Du lundi au samedi, de 11h (10h le samedi) à 17h
- 15$ par adulte, 10$ par enfant de 6 à 17 ans
- davenporthousemuseum.org

Owens-Thomas House & Slave Quarters

Owens-Thomas House & Slave Quarters est sans conteste l'un des sites patrimoniaux les plus importants et les plus aboutis de Savannah. Classé National Historic Landmark, ce musée offre une vision complète et nuancée de la vie urbaine dans le Sud antebellum, en mettant sur un pied d'égalité l'histoire des riches propriétaires et celle des personnes réduites en esclavage qui ont vécu et travaillé entre ces murs.
Située au 124 Abercorn Street, la propriété occupe tout l'angle Nord-Est de Oglethorpe Square. Sa façade ocre caractéristique et son portique monumental en font un point de repère visuel majeur dans le quartier. Le site comprend non seulement la maison de maître, mais aussi des dépendances historiques rares, un jardin et une remise à calèches, formant un ensemble architectural remarquablement préservé en plein cœur du Historic District.
L'histoire de la maison débute en 1816, lorsque l'architecte anglais William Jay, alors âgé de seulement 21 ans, conçoit les plans de cette demeure pour Richard Richardson, un riche marchand de coton, banquier et négociant d'esclaves. Achevée en 1819, la maison symbolise alors la réussite fulgurante de Richardson, mais ce dernier subit des revers financiers et doit vendre la propriété quelques années plus tard.
En 1830, elle est acquise par George Welshman Owens, un avocat et homme politique influent, dont la famille (puis sa petite-fille Margaret Gray Thomas) conservera la demeure jusqu'en 1951, date de son legs au Telfair Museums. C'est Margaret Gray Thomas qui a assuré la préservation de la maison en l'état, permettant ainsi aux générations futures de découvrir ce chef-d'œuvre architectural intact.
Ce qui rend ce site unique aujourd'hui, c'est son approche muséale moderne et inclusive. Depuis une réinterprétation majeure en 2018, le musée a officiellement changé de nom pour inclure "Slave Quarters", soulignant sa volonté de raconter l'histoire complète du lieu. Les recherches ont permis de redonner une identité aux nombreuses personnes asservies (comme la nourrice, le cuisinier, le majordome) qui ont assuré le fonctionnement de cette maison luxueuse.
La visite se fait exclusivement par visite guidée, d'une durée d'environ 45 à 60 minutes. Les départs ont lieu régulièrement et il est possible d'acheter ses billets en ligne ou sur place. Le ticket d'entrée est un "pass combiné" très avantageux, valable 7 jours : il donne accès non seulement à Owens-Thomas House, mais aussi aux deux autres sites de Telfair Museums : Telfair Academy (musée d'art historique) et Jepson Center (musée d'art contemporain), tous situés à quelques minutes de marche.
Owens-Thomas House est considérée comme l'un des plus beaux exemples d'architecture Regency anglais en Amérique. Conçue par le jeune architecte anglais William Jay, la maison se distingue par sa façade asymétrique et son portique d'entrée monumental soutenu par quatre colonnes ioniques en pierre ambrée, auquel on accède par un escalier double sinueux particulièrement gracieux.

Un élément architectural unique attire l'œil sur la façade Sud donnant sur le jardin : un magnifique balcon en fer forgé aux motifs d'inspiration grecque. Ce balcon, attribué à la fonderie locale, est un chef-d'œuvre de délicatesse qui semble flotter contre le mur, soutenu par des consoles en fonte richement décorées de feuilles d'acanthe.
La construction elle-même est une prouesse technique et esthétique : les murs de la maison sont bâtis en tabby, un béton local composé de chaux, de sable, d'eau et de coquilles d'huîtres broyées. Ce matériau brut a été recouvert d'un stuc lisse teinté dans la masse d'une couleur ocre rose, imitant parfaitement la pierre de taille européenne et donnant à l'édifice une allure noble.

Le toit de la maison est dissimulé derrière un parapet à balustres, renforçant l'aspect cubique et monumental de l'édifice. Les fenêtres, hautes et étroites au rez-de-chaussée, s'élargissent à l'étage noble, respectant la hiérarchie classique des niveaux. L'ensemble dégage une impression de solidité et de raffinement, typique des villas palladiennes anglaises.
À l'intérieur, le génie de William Jay se manifeste dès le hall d'entrée avec un escalier central spectaculaire qui semble défier la gravité. Mêlant acajou, fer forgé et incrustations de laiton sur les marches, cet escalier courbe relie les étages avec une fluidité remarquable, baigné de lumière naturelle provenant d'un puits de lumière zénithal innovant.

Les plafonds de la maison sont des œuvres d'art à part entière, ornés de plâtres décoratifs d'une finesse exceptionnelle. Ils reprennent des motifs classiques comme les feuilles d'acanthe, les grecques ou les chèvrefeuilles, soulignant les volumes et les proportions des pièces avec une élégance rare.

La maison était également à la pointe de la technologie domestique de l'époque, disposant de l'un des tout premiers systèmes de plomberie intérieure avec eau courante aux États-Unis. Des citernes situées dans les combles recueillaient l'eau de pluie pour alimenter par gravité les robinets de la maison, y compris une salle de bain à l'étage avec baignoire et douche, un luxe inouï pour 1819.
Les pièces de réception, comme le double salon et la salle à manger, sont meublées avec une collection exceptionnelle de mobilier Regency et Fédéral (1790-1840). On y trouve des pièces de la famille Owens, des porcelaines chinoises et de l'argenterie anglaise. La salle à manger se distingue par une niche incurvée conçue pour un buffet et par un plafond dont la corniche reprend des motifs de chèvrefeuille.

Les jardins de la propriété, situés entre la maison principale et les quartiers des esclaves, sont conçus comme un parterre formel dans le style anglais-américain de 1820. Cet espace vert offre une géométrie apaisante avec ses allées de gravier et ses bordures de buis soigneusement taillées.
Redessiné en 1954 par l'architecte paysagiste Clermont Huger Lee, ce jardin respecte l'esprit d'origine tout en s'adaptant aux contraintes urbaines modernes. Il servait autrefois d'espace d'agrément visuel depuis les balcons de la maison, mais aussi de zone tampon entre la vie des maîtres et celle des domestiques.
Aujourd'hui, c'est un lieu de transition calme lors de la visite, permettant de passer de l'opulence de la maison principale à la réalité plus brute des dépendances. On y trouve des plantes adaptées au climat local qui fleurissent au fil des saisons, ajoutant une touche de couleur à l'austérité minérale des bâtiments.
Au fond de la cour se trouve la Carriage House, qui abrite les Slave Quarters, les quartiers des esclaves, sans doute la partie la plus émouvante de la visite. C'est l'un des rares exemples de quartiers d'esclaves urbains encore intacts à Savannah, préservant la mémoire des hommes, femmes et enfants asservis qui y ont vécu.

Le rez-de-chaussée servait de remise pour les voitures à cheval, tandis que l'étage, aux plafonds bas, abritait les chambres communes où s'entassaient entre 9 et 15 personnes. Les murs conservent encore des traces de peinture "haint blue" d'origine, une couleur censée repousser les mauvais esprits selon les croyances Gullah-Geechee.

L'espace a été restauré pour montrer la réalité crue de la vie domestique : paillasses au sol, objets rudimentaires, manque d'intimité. C'est ici que commence souvent la visite guidée, par une immersion directe dans cette réalité historique longtemps occultée, rendant hommage à ceux qui ont bâti et entretenu cette richesse.
- 124 Abercorn Street (entrée sur President Street)
- Du mardi au dimanche, de 10h à 17h
- 30$ pour les personnes de plus de 13 ans, 10$ par enfant de 6 à 12 ans
- telfair.org
Juliette Gordon Low Birthplace Museum

Juliette Gordon Low Birthplace est un lieu de pèlerinage historique unique à Savannah, célébrant la vie et l'héritage d'une femme exceptionnelle : Juliette Gordon Low, affectueusement surnommée "Daisy", la fondatrice des Girl Scouts of the USA. Bien plus qu'une simple maison-musée, ce site incarne l'esprit d'indépendance et d'innovation de sa célèbre occupante, tout en offrant un témoignage précieux sur la vie aristocratique du 19ème siècle dans le Sud. Première propriété de Savannah classée National Historic Landmark en 1965, elle est aujourd'hui détenue et gérée par l'organisation des Girl Scouts, accueillant des visiteurs du monde entier.
Située au 10 East Oglethorpe Avenue, la maison bénéficie d'une localisation centrale privilégiée, à l'intersection avec Bull Street. Elle fait face à Independent Presbyterian Church et se trouve à quelques pas de Wright Square et de Chippewa Square. Son imposante façade et ses jardins latéraux en font un repère visuel immanquable lors d'une exploration du quartier historique.

L'histoire de la demeure remonte à 1818-1821, date de sa construction pour James Moore Wayne, maire de Savannah et futur juge à la Cour suprême des États-Unis. En 1831, la maison fut acquise par la famille Gordon. C'est ici, le 31 octobre 1860, que naquit Juliette Magill Kinzie Gordon. La maison fut le témoin de son enfance privilégiée, marquée par la Guerre de Sécession, mais aussi de ses retours fréquents à l'âge adulte, notamment après son mariage avec William Mackay Low.
C'est dans ce cadre familial que Juliette Gordon Low puisa l'inspiration et le soutien nécessaires pour lancer, en 1912, le mouvement des Girl Scouts, qui allait transformer la vie de millions de jeunes filles américaines. Après sa mort en 1927, la maison resta dans la famille jusqu'en 1953, date à laquelle elle fut menacée de démolition pour laisser place à un projet commercial. Les Girl Scouts of the USA se mobilisèrent alors pour racheter la propriété, la sauvant in extremis et la transformant en musée ouvert au public dès 1956.
Aujourd'hui, la maison continue d'être un centre vivant d'éducation et de mémoire. Elle a bénéficié de plusieurs campagnes de restauration pour préserver son intégrité architecturale et adapter ses espaces à l'accueil du public, tout en conservant l'atmosphère chaleureuse d'une maison de famille. Les collections présentées incluent de nombreux objets personnels de Daisy, ses œuvres d'art et des souvenirs liés aux débuts du scoutisme.
La visite de la maison s'effectue principalement par des visites guidées d'une durée d'environ 60 minutes, animées par des guides passionnés qui retracent la vie de Juliette Gordon Low et l'histoire de la maison. Pour ceux qui préfèrent une découverte plus libre, des créneaux de visite autonome (self-guided tours) sont proposés en fin d'après-midis, à partir de 15h30. Il est vivement recommandé d'acheter ses billets en ligne à l'avance.
D'un point de vue architectural, Juliette Gordon Low Birthplace est un superbe exemple de style Regency anglais (ou Fédéral tardif), attribué à l'architecte anglais William Jay, qui a marqué le paysage de Savannah. La maison se distingue par sa structure en brique recouverte d'un stuc incisé pour imiter la pierre de taille, une technique courante à l'époque pour allier esthétique et économie.
La façade principale présente une symétrie rigoureuse, typique du style classique, mais avec des touches d'originalité propres à William Jay. L'élément le plus marquant est son portique d'entrée en saillie, accessible par deux escaliers latéraux en grès brun qui encadrent une porte centrale en retrait. Ce dispositif, flanqué de colonnes toscanes modifiées, confère une grande noblesse à l'entrée tout en protégeant les visiteurs des intempéries.

La maison est assise sur un sous-sol surélevé, caractéristique des maisons de Savannah pour se prémunir des inondations et favoriser la ventilation. Les larges fenêtres à guillotine, réparties harmonieusement sur les deux niveaux principaux, inondent l'intérieur de lumière. Le toit en croupe est discret, laissant la vedette à la corniche et aux détails de la façade.
À l'arrière et sur les côtés, la maison s'ouvre sur des espaces extérieurs qui ont évolué avec le temps, intégrant des dépendances comme la remise à calèches (carriage house), aujourd'hui utilisée pour l'accueil et la boutique du musée. L'ensemble architectural forme un complexe cohérent qui témoigne de l'organisation d'une grande demeure urbaine du 19ème siècle.

L'intérieur de la maison reflète le goût et le statut social de la famille Gordon, restauré pour évoquer l'année 1886, époque de la rénovation majeure entreprise par la famille. Dès le hall d'entrée, le visiteur est accueilli par un magnifique escalier central avec une rampe en acajou courbée, pièce maîtresse de la circulation verticale. Les plafonds sont ornés de moulures en plâtre décoratif et de boiseries sculptées d'une grande finesse.
Le rez-de-chaussée abrite les pièces de réception formelles : le double salon et la salle à manger. Ces espaces sont meublés avec de nombreuses pièces d'origine de la famille Gordon, notamment des meubles de style classique, des portraits de famille et des objets d'art, dont certains réalisés par Juliette elle-même (qui était une artiste talentueuse). Les cheminées en marbre noir d'Égypte ajoutent une touche de luxe exotique à ces pièces de vie.
À l'étage, les chambres à coucher offrent un aperçu plus intime de la vie quotidienne. On y découvre des lits à baldaquin, des malles de voyage et des objets personnels qui racontent les nombreux voyages de Daisy. La bibliothèque, lieu d'étude et de lecture, conserve l'atmosphère intellectuelle qui régnait dans la maison. Une curiosité technologique mérite d'être signalée : la maison disposait d'une salle de bain avec eau courante, alimentée par une citerne de 500 gallons située dans les combles, un confort rare pour l'époque.
Les espaces de service, situés au rez-de-chaussée bas, contrastent par leur simplicité fonctionnelle avec l'opulence des étages supérieurs. Cuisine, garde-manger et zones de travail permettent d'évoquer le labeur des domestiques et des personnes asservies qui assuraient le bon fonctionnement de la maison, offrant une vision plus complète de la vie domestique d'antan.
Les jardins de Juliette Gordon Low Birthplace sont une création du 20ème siècle, conçus entre 1953 et 1956 par la célèbre architecte paysagiste de Savannah, Clermont Huger Lee. Elle a imaginé un jardin de style parterre victorien, inspiré des jardins des années 1850-1860, pour compléter harmonieusement la maison restaurée. Ce jardin clos, situé sur le côté et à l'arrière de la maison, est délimité par une grille en fer forgé élaborée.

Le tracé géométrique des allées de gravier, bordées de tuiles, serpente entre des parterres de fleurs et d'arbustes choisis parmi les espèces populaires à l'époque de l'enfance de Juliette (camélias, azalées, plantes vivaces). Des statues ornementales ponctuent la promenade. Ce jardin n'est pas seulement décoratif : il a été pensé comme un espace d'interprétation, incarnant les valeurs de nature et de beauté chères aux Girl Scouts, et offrant un havre de paix pédagogique au cœur de la ville.
- 10 East Oglethorpe Avenue
- Tous les jours, de 10h à 17h
- 15$ par personne de plus de 4 ans
- juliettegordonlowbirthplace.org
Green-Meldrim House

Green-Meldrim House est l'un des joyaux les plus éblouissants de l'architecture résidentielle du Sud des États-Unis. Classée National Historic Landmark, cette demeure majestueuse incarne à elle seule l'opulence et le raffinement de l'élite de Savannah au milieu du 19ème siècle. Elle est également célèbre pour avoir été le quartier général du général William T. Sherman à la fin de sa marche vers la mer pendant la Guerre de Sécession, un événement qui a paradoxalement contribué à sa préservation.
Située au 14 West Macon Street, la maison bénéficie d'une position privilégiée sur le côté Ouest de Madison Square, juste à côté de l'église épiscopale St. John's. Son architecture gothique distinctive contraste avec les autres bâtiments du square, et son imposante grille en fer forgé en fait un point de repère incontournable pour les visiteurs qui flânent dans ce quartier historique très prisé.
L'histoire de la maison commence en 1850, lorsque Charles Green, un riche marchand de coton et armateur anglais arrivé à Savannah en 1833, commande à l'architecte new-yorkais John S. Norris une résidence à la mesure de sa fortune. Achevée en 1853 pour la somme colossale de 93.000 dollars (l'une des maisons les plus chères de Savannah à l'époque), elle devint un centre de la vie sociale.
Le moment le plus marquant de son histoire survient en décembre 1864, lorsque le général Sherman, après avoir pris Savannah, accepte l'invitation de Charles Green d'utiliser sa maison comme quartier général. C'est depuis cette demeure que Sherman envoya son célèbre télégramme au président Lincoln, lui offrant la ville de Savannah comme "cadeau de Noël". Cette occupation a probablement sauvé la maison du pillage et de la destruction qui ont frappé d'autres propriétés.
En 1892, la propriété fut achetée par Peter Meldrim, un éminent juge et homme politique local, dont la famille l'occupa pendant plusieurs décennies avant de la vendre en 1943 à l'église voisine, St. John's Episcopal Church. Aujourd'hui, la maison sert de maison paroissiale mais reste ouverte au public pour des visites, permettant de financer son entretien et de partager son histoire exceptionnelle.

La visite de Green-Meldrim House s'effectue par des visites guidées d'une durée d'environ 30 à 40 minutes, menées par des guides passionnés. Les billets s'achètent directement sur place (pas de réservation en ligne), à l'entrée de la maison. Les horaires peuvent varier en fonction des événements de l'église, il est donc prudent de vérifier avant de venir.
D'un point de vue architectural, Green-Meldrim House est un chef-d'œuvre de style Gothic Revival (néo-gothique), un style rare pour une résidence privée dans le Sud. La façade en brique est recouverte d'un stuc imitant la pierre, et l'ensemble est couronné par un parapet crénelé qui donne à la maison des allures de petite forteresse médiévale ou de château anglais.
L'élément le plus spectaculaire est sans doute le portique d'entrée en fonte, unique aux États-Unis. Il présente des arches brisées gothiques soutenues par des colonnes octogonales fines, créant une entrée aérienne et élégante. La maison est également entourée sur trois côtés par une galerie en fer forgé aux motifs complexes, invitant à la détente à l'extérieur tout en restant protégé du Soleil.
Les détails extérieurs abondent : on remarque les fenêtres en oriel sur la façade Est, qui permettent de capter la lumière et d'offrir des vues panoramiques sur le square. Les gouttières elles-mêmes sont dissimulées ou traitées comme des éléments décoratifs, et les cheminées en stuc ajoutent à la verticalité de la silhouette gothique.

L'entrée principale est une curiosité à elle seule : elle comporte trois jeux de portes successifs. Les lourdes portes extérieures se replient pour former des placards latéraux, laissant place à des portes vitrées pour l'hiver ou des portes à persiennes pour l'été, un système ingénieux de climatisation naturelle avant l'heure.
À l'intérieur, l'opulence est omniprésente. Le plan s'organise autour d'un hall central, mais c'est l'escalier autoportant en colimaçon qui attire tous les regards. Baigné de lumière par un puits de lumière zénithal situé au sommet, il dessert les étages avec une grâce aérienne, sans pilier de soutien visible, une prouesse technique signée John S. Norris.
Les pièces de réception du rez-de-chaussée (double salon, salle à manger) présentent des plafonds vertigineux de près de 4.5 mètres de haut, ornés de moulures en stuc d'une richesse inouïe. Les boiseries sont en noyer noir américain, sculptées avec finesse. Détail de luxe ultime : toute la quincaillerie (poignées de porte, serrures, gonds) est en argent plaqué, pour ne jamais ternir sous l'effet de l'humidité locale.
Le mobilier présenté aujourd'hui, bien que n'étant pas intégralement celui d'origine de la famille Green (qui a été dispersé), comprend des pièces d'époque exceptionnelles, dont des miroirs à la feuille d'or et des lustres en cristal autrichiens qui sont, eux, d'origine. Les manteaux de cheminée en marbre de Carrare (dont deux identiques dans le double salon) témoignent du goût pour les matériaux nobles importés d'Europe.
La maison a conservé sa configuration d'origine, permettant de comprendre la vie domestique de l'époque. Les larges portes coulissantes entre les salons permettaient de moduler l'espace pour les grandes réceptions. L'attention portée à la ventilation et à la lumière naturelle (grâce aux oriels et au skylight) montre que le confort n'était pas sacrifié à l'esthétique gothique.

Les jardins de Green-Meldrim House, bien que plus modestes aujourd'hui qu'à l'origine, ont été soigneusement restaurés dans les années 1950 par la célèbre architecte paysagiste Clermont Huger Lee. En se basant sur des fouilles et des documents d'époque, elle a recréé les parterres de fleurs originaux, redonnant à la maison son écrin de verdure.
Le jardin est visible depuis la galerie qui entoure la maison, créant une continuité entre l'intérieur et l'extérieur. On y trouve des plantations typiques du 19ème siècle, adaptées au climat de Savannah. Cet espace offre une respiration bienvenue et met en valeur les façades latérales de la maison, souvent négligées dans les alignements urbains plus denses.
Enfin, bien que les anciennes cuisines, écuries et quartiers des domestiques aient été transformés pour les besoins de l'église (servant aujourd'hui de presbytère et de bureaux), la cour arrière conserve la trace de cette organisation domestique complexe, rappelant que cette "villa gothique" était une véritable petite entreprise nécessitant un personnel nombreux pour fonctionner.
- 14 West Macon Street
- Du mardi au samedi, de 10h à 16h
- 15$ par personne de plus de 7 ans
- greenmeldrimhouse.org
Harper Fowlkes House

Savannah regorge de maisons historiques magnifiques, mais Harper Fowlkes House se distingue par une élégance masculine et robuste qui contraste avec le style souvent plus ornementé de ses voisines. Moins connue que les autres maisons-musées de la ville, elle n'en reste pas moins un exemple magistral du renouveau grec, conservée dans un état exceptionnel grâce à la passion d'une femme visionnaire. C'est une plongée intime dans l'univers de la haute société de Savannah, mais aussi dans l'histoire de la préservation du patrimoine de la ville.
La maison se situe au 230 Barnard Street. Elle occupe une place de choix sur Orleans Square, l'un des squares les plus paisibles et charmants de la ville. Cette position centrale permet de l'intégrer facilement à une promenade à pied dans le centre-ville.
Construite en 1842, la maison a connu plusieurs propriétaires, mais son histoire est indissociable de trois noms majeurs. Elle fut d'abord érigée pour Stephen Gardner, mais achevée par le banquier Aaron Champion en 1844, qui l'offrit plus tard à sa fille et son gendre. La conception est attribuée au célèbre architecte Charles B. Cluskey, figure majeure de l'architecture locale.
Cependant, c'est au 20ème siècle que la maison trouve sa véritable gardienne en la personne d'Alida Harper Fowlkes. Cette pionnière de la restauration architecturale à Savannah rachète la propriété en 1939 pour la sauver de la décrépitude. Alors que beaucoup de bâtisses historiques étaient démolies, elle a consacré sa vie et sa fortune (gagnée grâce à son magasin d'antiquités) à restaurer cette demeure, y vivant jusqu'à sa mort en 1985.
Dans son testament, Alida Harper Fowlkes légua la maison à la Society of the Cincinnati de l'État de Géorgie, l'une des plus anciennes organisations patriotiques du pays, avec pour condition expresse qu'elle ne soit jamais vendue. Aujourd'hui gérée par la Coastal Heritage Society, la maison est un musée qui rend hommage à la fois à ses bâtisseurs du 19ème siècle et à celle qui l'a sauvée de l'oubli.

La découverte de la maison se fait uniquement par le biais de visites guidées d'une durée d'environ 45 minutes. Ces tours, menés par des guides passionnés permettent de comprendre les détails architecturaux et les anecdotes familiales. Il est possible d'acheter ses tickets en ligne à l'avance pour garantir sa place, surtout en haute saison.
De l'extérieur, Harper Fowlkes House impose le respect par sa façade en briques grises (connues sous le nom de "Savannah Grey Brick"), enduites pour imiter la pierre de taille. Le style Greek Revival est ici exprimé avec une puissance rare, sans fioritures excessives, donnant au bâtiment une allure massive et statutaire.
L'élément le plus spectaculaire est sans conteste le portique d'entrée. Il est soutenu par quatre colonnes corinthiennes monumentales inspirées de la Tour des Vents d'Athènes. Ces colonnes cannelées s'élèvent sur deux niveaux, créant une verticalité impressionnante qui attire immédiatement le regard depuis le square.
La maison possède également une particularité architecturale au niveau du toit : une ouverture elliptique surmontée d'un petit dôme. Ce système ingénieux permettait non seulement d'éclairer le centre de la maison, mais aussi de créer une circulation d'air naturelle, essentielle durant les étés étouffants de Géorgie avant l'invention de la climatisation.
L'accès à la maison se fait par un double escalier en grès incurvé, typique des grandes demeures du Sud, qui mène à une porte d'entrée encadrée de fenêtres latérales et d'une imposte, laissant deviner la richesse de l'intérieur dès le seuil franchi. Les grilles en fer forgé qui entourent la propriété ajoutent une touche de finesse à cet ensemble robuste.

À l'intérieur, la maison a conservé une atmosphère "habitée", très différente des musées plus froids. Le hall central est spectaculaire avec son sol en marbre à damier noir et blanc et surtout, son escalier hélicoïdal qui monte vers la lumière zénithale du dôme. Cette ouverture elliptique crée un puits de lumière fascinant qui traverse les étages.
Les doubles salons du rez-de-chaussée sont séparés par des portes coulissantes monumentales. Ils sont meublés avec les antiquités collectionnées par Alida Harper Fowlkes elle-même pendant plus de 40 ans. On y admire des lustres à gaz d'origine (convertis à l'électricité), des miroirs dorés imposants et des portraits à l'huile des anciens propriétaires, donnant l'impression que les habitants viennent juste de quitter la pièce.
La salle à manger est particulièrement remarquable pour ses finitions en faux bois. Cette technique décorative, très en vogue au 19ème siècle, consiste à peindre le plâtre pour imiter les essences de bois précieux. C'est un témoignage rare et parfaitement conservé du goût de l'époque pour les décors en trompe-l'œil.
À l'étage, les chambres dévoilent un mobilier Empire et des lits à baldaquin, rappelant le confort bourgeois du milieu du 19ème siècle. Contrairement aux niveaux inférieurs très classiques, le troisième étage ajouté plus tardivement présente des détails de style Empire et un toit mansardé, une modification apportée par la famille McAlpin pour agrandir l'espace habitable.
À l'arrière de la maison se cache un jardin de ville typiquement sudiste, véritable oasis de calme loin de l'agitation urbaine. Bien que de taille modeste comparé aux grandes plantations, il est aménagé avec un soin exquis, mêlant allées de briques anciennes et parterres géométriques.
On y trouve une végétation luxuriante composée d'azalées, de camélias et de buis taillés. Une anecdote historique lie ce jardin à la fondation des États-Unis : on dit qu'il abrite un érable rouge issu d'une bouture provenant directement de la propriété de George Washington en Virginie, un lien symbolique fort avec la Society of the Cincinnati.
C'est l'endroit idéal pour terminer la visite, en s'imaginant les réceptions mondaines qui s'y déroulaient autrefois. L'atmosphère y est si paisible que le jardin est aujourd'hui très prisé pour les séances photos et les petits événements privés, offrant un cadre romantique et intemporel.
- 230 Barnard Street (entrée sur West McDonough Street)
- Du lundi au samedi, de 10h à 15h
- 15$ par personne de plus de 13 ans, 10$ par enfant de 3 à 12 ans
- chsgeorgia.org
Sorrel-Weed House

Sorrel-Weed House est bien plus qu'une simple demeure historique : c'est l'un des joyaux architecturaux de Savannah et, selon beaucoup, l'un des lieux les plus hantés d'Amérique. Cette imposante résidence, qui fut la première maison de Géorgie classée monument historique par l'État, attire les visiteurs autant pour son architecture novatrice que pour les histoires tragiques qui hantent ses murs.
Située au 6 West Harris Street, la maison bénéficie d'une position privilégiée à l'angle Nord-Ouest de Madison Square. Ce quartier, réputé pour son élégance, place Sorrel-Weed House en excellente compagnie, face au monument du Sergent Jasper et à proximité de Green-Meldrim House. Son entrée majestueus est un point de repère incontournable pour les promeneurs explorant le cœur de Savannah Historic District.
L'histoire de la maison commence en 1837, lorsque le riche marchand Francis Sorrel commande à l'architecte irlandais Charles B. Cluskey une demeure digne de son rang. Sorrel, né à Saint-Domingue (Haïti) et sauvé enfant des révoltes d'esclaves, a fait fortune à Savannah dans le commerce maritime. La maison fut achevée vers 1840 (ou 1841 selon les sources) et devint un centre de la vie sociale, accueillant des figures comme le général Robert E. Lee. En 1859, la propriété fut vendue à Henry D. Weed, un autre homme d'affaires prospère, dont la famille conserva la maison pendant près d'un siècle, jusqu'en 1914.
Mais l'histoire de la maison est aussi marquée par le drame. La légende (et les récits touristiques) raconte que Matilda, la femme de Francis Sorrel, se serait suicidée en se jetant du balcon du deuxième étage (ou plus exactement du troisième niveau actuel) après avoir découvert l'infidélité de son mari avec une esclave nommée Molly. Molly elle-même aurait été retrouvée pendue dans la remise à calèches quelques semaines plus tard. Bien que les historiens débattent de la véracité exacte de ces faits, ces tragédies forment le socle de la réputation paranormale de la demeure.
Pour découvrir la maison, des visites guidées sont organisées, d'une durée d'environ 45 minutes. Elles permettent d'explorer le rez-de-chaussée, l'étage noble et le sous-sol, tout en découvrant l'histoire des familles Sorrel et Weed. Il est vivement conseillé de réserver ses billets en ligne, surtout en haute saison, car les groupes sont limités pour préserver l'intimité des lieux.
Architecturalement, Sorrel-Weed House est un chef-d'œuvre de style Greek Revival (néo-grec) mâtiné d'influences Regency. La façade principale frappe par sa symétrie et sa couleur ocre jaune caractéristique, une teinte "Savannah Gold" obtenue par un stuc appliqué sur la brique. L'élément le plus distinctif est son portique d'entrée semi-circulaire, souligné par une ferronnerie élégante, qui adoucit la rigueur des lignes classiques.
La maison présente une innovation majeure pour l'époque : un toit plat caché derrière un parapet (dissimulant en réalité un toit en pente faible), qui accentue sa silhouette cubique et monumentale. Les larges corniches et les hautes fenêtres à guillotine renforcent cette impression de grandeur. C'était l'une des premières maisons de Savannah à adopter ce style audacieux, rompant avec les toits en pente plus traditionnels.

L'aménagement intérieur reflète lui aussi l'ingéniosité de l'architecte Cluskey. Contrairement au plan central classique, l'entrée se fait par un hall latéral qui mène à un double salon de réception spectaculaire, séparé par des colonnes corinthiennes et des portes coulissantes monumentales. Cette disposition permettait d'ouvrir les deux pièces pour créer une immense salle de bal lors des réceptions mondaines.

Les pièces sont meublées avec un mélange de mobilier d'époque (Empire américain et Regency), de tapis orientaux et de lustres en cristal qui recréent l'atmosphère opulente des années 1840. On remarque particulièrement les plafonds décorés de médaillons en plâtre et les cheminées en marbre noir d'Égypte, symboles de luxe extrême pour l'époque. Le sous-sol, où se trouvaient les cuisines et les espaces de travail des domestiques, offre un contraste saisissant avec la richesse des étages supérieurs.

À l'extérieur, la maison s'ouvre sur une cour intérieure pavée, typique des résidences urbaines du Sud, qui sépare la maison principale de la remise à calèches située à l'arrière. Cet espace, agrémenté aujourd'hui de plantes en pots et de bancs, servait autrefois de zone de travail domestique, invisible depuis la rue. C'est un lieu chargé d'histoire, souvent cité comme point chaud lors des enquêtes paranormales.
Enfin, impossible de parler de Sorrel-Weed House sans évoquer ses visites nocturnes (Ghost Tours). Dès la tombée de la nuit, l'ambiance change radicalement. Des guides spécialisés emmènent les visiteurs courageux explorer les recoins sombres de la maison et de la carriage house.
Ces tours, réputés pour être parmi les plus effrayants de Savannah, se concentrent sur les récits de Matilda et Molly, ainsi que sur les témoignages de phénomènes inexpliqués (ombres, voix, sensations de froid). Que l'on soit sceptique ou croyant, l'expérience de déambuler dans cette demeure historique à la lueur des lampes torches reste un moment fort, mêlant frissons et histoire locale.
- 6 West Harris Street (entrée sur Bull Street)
- Du jeudi au lundi, de 11h à 17h
- 15$ par personne de plus de 6 ans
- sorrelweedhouse.com
Andrew Low House Museum

Andrew Low House Museum est une étape incontournable pour quiconque souhaite comprendre la vie aristocratique du Savannah du 19ème siècle. Bien plus qu'une simple demeure historique, elle incarne la réussite sociale, les drames familiaux et l'histoire nationale, ayant été le foyer de la famille Low pendant des générations, dont la célèbre Juliette Gordon Low, fondatrice des Girl Scouts of the USA. Préservée dans un état exceptionnel, elle offre une immersion rare dans le luxe domestique d'avant la guerre de Sécession.
Située au 329 Abercorn Street, la maison trône fièrement sur Lafayette Square, juste en face de la Cathédrale Saint-Jean-Baptiste, créant ainsi l'un des carrefours architecturaux les plus impressionnants de la ville. Son emplacement au cœur de Savannah Historic District la rend très facile d'accès lors d'une promenade à pied.

L'histoire de la maison débute en 1848, lorsque Andrew Low II, un riche marchand de coton d'origine écossaise arrivé à Savannah à l'âge de 17 ans, commande cette demeure pour y installer sa famille. Malheureusement, le drame frappe peu après : son jeune fils et sa femme décèdent tragiquement avant même que la vie de famille ne puisse s'y épanouir pleinement. Low se remarie plus tard avec Mary Cowper Stiles, et c'est leur fils, William Mackay Low, qui épousera Juliette Gordon ("Daisy"), la future fondatrice des éclaireuses.
La maison a traversé les turbulences de l'histoire américaine, accueillant des hôtes illustres tels que le général Robert E. Lee ou l'écrivain William Makepeace Thackeray. Après la mort de Juliette Gordon Low en 1927, la propriété est restée dans la famille jusqu'à son achat par la National Society of The Colonial Dames of America in the State of Georgia en 1928. Ouverte au public en 1952, elle est depuis gérée comme un musée voué à la préservation de cet héritage.
La visite de la maison se fait uniquement par visite guidée, d'une durée d'environ 40 à 45 minutes. Les départs ont lieu toutes les demi-heures et il est possible (et recommandé) d'acheter ses billets en ligne à l'avance. Le billet inclut non seulement la visite intérieure menée par un guide passionné, mais donne aussi accès aux jardins, où vous pouvez flâner librement avant ou après votre tour pour profiter du calme des lieux. Sur place, l'accès à la propriété ne se fait pas par l'entrée principale de la maison, mais par une porte secondaire sur Macon Street, donnant sur le jardin.
D'un point de vue architectural, l'extérieur de la maison est un superbe exemple de style italianisant, conçu par l'architecte new-yorkais John S. Norris. La façade en brique est recouverte de stuc, une technique courante à Savannah pour imiter la pierre de taille et protéger les murs de l'humidité. La symétrie est parfaite, avec un perron surélevé qui marque l'entrée principale, gardée par deux lions en fonte, et confère à l'édifice une allure noble et détachée de la rue.

Les détails extérieurs sont soignés : on remarque les balcons en fonte ouvragée qui ornent les fenêtres, typiques de l'architecture sudiste, ainsi que les corniches prononcées qui soulignent le toit. La couleur ocre jaune des murs, associée aux volets sombres, s'intègre harmonieusement dans la palette chromatique du quartier. L'entrée se distingue par deux colonnes ioniques supportant un petit portique, invitant le visiteur à pénétrer dans cet univers préservé.

L'intérieur de la maison révèle un aménagement conçu pour la réception et le confort d'une famille aisée. Les plafonds, très hauts pour favoriser la circulation de l'air, sont ornés de moulures en plâtre complexes et de rosaces centrales d'où pendent des lustres en cristal scintillants. Les sols sont couverts de parquets d'époque ou de tapis orientaux qui étouffent les pas et réchauffent l'atmosphère.

La maison dispose de pièces de réception formelles, comme le double salon (parlor) où les Low recevaient leurs invités de marque, et de pièces plus intimes comme la bibliothèque, garnie d'ouvrages anciens. La salle à manger est dressée comme pour un dîner du 19ème siècle, avec de la porcelaine française, de l'argenterie de famille et de la verrerie fine, témoignant de l'art de vivre de l'époque.

À l'étage, les chambres à coucher sont meublées avec des lits à baldaquin imposants (dont un lit traîneau en acajou) et des commodes d'époque. On y découvre aussi l'une des premières salles de bain avec plomberie intérieure de Savannah, une innovation technologique majeure pour l'époque, qui disposait d'une citerne de 500 gallons dans les combles pour alimenter les robinets.

Les jardins de Andrew Low House sont un trésor à part entière. Conçus à l'origine dans les années 1840, ils sont l'un des rares exemples de jardins du 19ème siècle conservés dans district. Leur plan en forme de sablier est inspiré des "knot gardens" élisabéthains, créant des motifs géométriques élégants avec des bordures de buis taillés.

On y trouve des plantations historiques typiques du Sud, comme des camélias, des azalées et des palmiers sagou, qui apportent couleur et texture tout au long de l'année. Le jardin est un havre de paix, protégé de l'agitation urbaine par de hauts murs de brique, où il fait bon s'asseoir sur un banc pour admirer l'arrière de la maison et ses dépendances.
C'est d'ailleurs dans la remise (carriage house) attenante au jardin que Juliette Gordon Low a tenu les premières réunions des Girl Scouts, bien que le musée se concentre davantage sur l'histoire domestique de la famille Low dans la maison principale. Le jardin sert de lien vivant entre ces différentes époques, offrant un espace de respiration au cœur de la visite.
- 329 Abercorn Street (entrée sur Macon Street)
- Tous les jours, de 10h (midi le dimanche) à 17h
- 18$ par personne de plus de 6 ans
- andrewlowhouse.com
Mercer Williams House Museum

Mercer Williams House est sans doute l'une des demeures les plus célèbres et les plus photographiées de Savannah, un véritable symbole de l'élégance italianisante sudiste et un monument à la passion d'un homme pour la préservation du patrimoine. Rendue mondialement connue par le best-seller Midnight in the Garden of Good and Evil de John Berendt (1994) et son adaptation cinématographique, cette demeure majestueuse attire chaque année des milliers de visiteurs fascinés autant par son architecture somptueuse que par son histoire tumultueuse.

Mercer Williams House est située au 429 Bull Street, occupant tout le bloc civique Sud-Ouest de Monterey Square, l'un des squares les plus élégants et les plus prisés de Savannah Historic District. Cette position privilégiée, face au monument au général Pulaski qui trône au centre du square, confère à la demeure une visibilité exceptionnelle et une place de choix dans le paysage urbain de Savannah. C'est d'ailleurs la seule propriété privée de la ville à occuper un "trust lot" complet, témoignant de son statut unique.
La construction de la maison débuta en 1860, commandée par le général Hugh Weedon Mercer, arrière-grand-père du célèbre parolier Johnny Mercer. L'architecte new-yorkais John S. Norris, connu pour ses réalisations élégantes, fut chargé de concevoir cette villa dans le style italianisant alors en vogue. Mais les travaux furent brutalement interrompus par le déclenchement de la Guerre de Sécession en 1861 : les soldats de l'Union occupant Savannah utilisèrent même les matériaux du chantier pour construire des abris sur Monterey Square. Le général Mercer, confronté à des difficultés financières, fut contraint de vendre la propriété inachevée, sans jamais y avoir habité.

C'est John R. Wilder qui acquit la maison et en acheva la construction vers 1868, une fois la paix revenue. Durant le 20ème siècle, la demeure connut plusieurs propriétaires et usages, servant même de temple pour les Shriners (Alee Temple) pendant une bonne partie du siècle. En 1969, alors que le bâtiment était vacant et en mauvais état, Jim Williams, antiquaire réputé et l'un des tout premiers restaurateurs privés de Savannah, tomba sous le charme de cette villa et l'acheta. Il entreprit alors une restauration minutieuse de deux ans, faisant de cette demeure l'une des plus de cinquante propriétés historiques qu'il sauva au cours de sa carrière de trente ans.
La visite de Mercer Williams House se fait exclusivement sous forme de visite guidée, d'une durée d'environ 35 à 40 minutes. Les billets s'achètent directement sur place, dans la boutique du musée (Carriage Shop) située au 430 Whitaker Street, à l'arrière de la maison principale. Aucune réservation n'est possible : les départs de visite s'organisent en continu tout au long de la journée selon l'ordre d'arrivée.
L'extérieur de Mercer Williams House frappe immédiatement par sa majesté et son élégance. La demeure s'élève sur trois niveaux, occupant une surface d'environ 650 mètres carrés. Elle est construite en Philadelphia Red Brick, une brique rouge de Philadelphie réputée pour sa qualité et sa teinte chaleureuse, qui donne à la façade sa couleur caractéristique et intemporelle. Cette brique rouge contraste magnifiquement avec les éléments décoratifs en fonte et le blanc des encadrements de fenêtres.

L'architecture extérieure se caractérise par un style italianisant affirmé, mêlé de touches de Regency victorien. La façade est parfaitement symétrique, rythmée par de hautes fenêtres cintrées (quarante au total) qui inondent l'intérieur de lumière. Ces fenêtres sont ornées de moulures en fonte aux lignes élégantes qui couronnent chaque ouverture. La maison compte pas moins de huit balcons en fer forgé répartis sur les différentes façades, ajoutant à la fois légèreté et raffinement à l'ensemble. Ces balcons, aux garde-corps finement ouvragés, sont typiques de l'architecture sudiste et invitent à imaginer les occupants profitant de l'air frais en soirée.

L'ensemble de la propriété est entouré d'une grille en fer forgé noir sur les côtés Nord, Est et Sud, créant une frontière élégante avec le square. Entre la maison principale et la carriage house (remise à calèches) au fond du terrain, un mur de brique assure l'intimité de la cour intérieure. Ce mur, d'ailleurs, a été rehaussé au fil du temps pour mieux protéger la vie privée des occupants. La disposition générale du terrain comprend un jardin de devant donnant sur Bull Street, la maison elle-même, puis une cour intérieure et enfin la carriage house, formant un ensemble cohérent et harmonieux.

La façade principale, donnant sur Monterey Square, est sans doute l'une des plus photographiées de Savannah, particulièrement belle au lever du Soleil lorsque la lumière dorée caresse la brique rouge et fait ressortir les détails en fonte. L'escalier d'entrée, les persiennes sombres et la végétation qui encadre la propriété ajoutent encore à l'atmosphère romantique et aristocratique de ce joyau architectural.

L'intérieur de Mercer Williams House est tout aussi spectaculaire que son extérieur. Jim Williams y déploya tout son talent de collectionneur et de restaurateur, rassemblant dans ces pièces une collection exceptionnelle de meubles anciens, de portraits et d'objets d'art qui en firent l'une des demeures privées les plus richement meublées de Savannah. Comme l'écrivit John Berendt dans son livre : "Si la Mercer House n'était pas tout à fait la plus grande maison privée de Savannah, elle était certainement la plus somptueusement meublée."
Le grand foyer d'entrée constitue le cœur de la maison et donne le ton dès le seuil franchi. Avec ses hauts plafonds, ses moulures élaborées et sa symétrie parfaite, il témoigne du goût classique de Williams. On y trouvait notamment une grande tapisserie, devant laquelle était disposée une console en acajou de style Regency datant du début du 19ème siècle, encadrée de deux torchères dorées de style George III. Dès l'entrée, à gauche, se dressait une armoire à linge en acajou George III. Le sol, les plafonds et les détails architecturaux intérieurs ont été restaurés avec une attention méticuleuse, Williams réalisant lui-même une partie des travaux, notamment les plafonds ornementaux.
La salle à manger, pièce de réception par excellence, était meublée avec raffinement : une grande table en acajou Regency du début du 19ème siècle en deux parties, entourée de huit chaises de style George II laquées rouge et dorées. Un piédestal Regency en métal doré (vers 1815), inspiré de Thomas Hope, complétait l'ensemble. Cette pièce, comme toutes les autres, était ornée de portraits anglais et américains du 18ème siècle, ainsi que de dessins du 17ème siècle et d'une importante collection de porcelaines chinoises d'exportation, témoignant de l'éclectisme et de l'érudition de Williams.
Le bureau de Jim Williams, où il passait une grande partie de son temps à travailler sur ses restaurations et sa collection, est également visité lors des tours guidés de quarante minutes qui permettent d'explorer le premier niveau de la maison. Les chambres, situées aux étages supérieurs (non accessibles au public), comprenaient une chambre de maître au deuxième étage côté sud, et plusieurs chambres d'amis meublées de lits à baldaquin sculptés (dont un lit en acajou de Grenade du 19ème siècle, sculpté de motifs floraux) et de meubles anciens du 19ème siècle provenant du Guatemala.
La propriété comprend également une cour intérieure protégée des regards, située entre la maison principale et la carriage house. Cet espace extérieur privé, typique des grandes demeures de Savannah, offrait à Jim Williams un refuge verdoyant au cœur de la ville. Elle est conçue dans l'esprit des jardins clos sudistes, avec des plantations d'arbustes, de plantes grimpantes et peut-être de fontaines ou d'éléments décoratifs, créant une transition élégante entre l'espace domestique et la carriage house.
Le jardin de devant, donnant sur Monterey Square, participe pleinement à la mise en scène de la maison. Bien qu'il soit relativement sobre (conformément aux codes urbains de Savannah où les maisons sont souvent construites près de la rue), il est soigneusement entretenu avec une pelouse verte, des plantations d'arbustes et des massifs de fleurs saisonnières qui adoucissent la rigueur de la grille en fer forgé. Les chênes verts du square, avec leurs branches chargées de mousse espagnole, encadrent naturellement la vue sur la maison depuis Bull Street, créant un tableau vivant qui change au fil des saisons et des heures du jour.

La carriage house, située au fond de la propriété, abrite aujourd'hui la boutique du musée où les visiteurs peuvent acquérir des souvenirs et des objets en rapport avec la maison et son histoire. Cette remise à calèches, typique des grandes demeures du 19ème siècle, a été restaurée avec le même soin que la maison principale et participe à l'authenticité de l'ensemble architectural. C'est par cette boutique que se termine généralement la visite guidée, permettant aux visiteurs de prolonger leur immersion dans l'univers raffiné de Jim Williams et de l'âge d'or de Savannah.
- 429 Bull Street (entrée au 430 Whitaker Street)
- Tous les jours, de 10h (11h30 le dimanche) à 17h
- 16$ par personne de plus de 6 ans
- mercerhouse.com
Musées
American Prohibition Museum

American Prohibition Museum est une attraction unique en son genre, revendiquant le titre de seul musée aux États-Unis entièrement consacré à l'histoire de la Prohibition. Loin d'être un simple enchaînement de vitrines poussiéreuses, ce musée immersif plonge les visiteurs dans les "Roaring Twenties", cette période bouillonnante où l'alcool était interdit mais coulait à flots dans l'ombre. À travers des décors soignés, des personnages en cire plus vrais que nature et une ambiance sonore travaillée, il raconte comment le 18ème amendement a transformé l'Amérique, favorisant involontairement l'essor du jazz, du crime organisé et des droits des femmes.
Le musée est situé au 209 West Saint Julian Street, en plein cœur du quartier animé de City Market. L'entrée se trouve dans la zone piétonne, nichée entre le pub irlandais Wexford et la boutique Byrd's Cookies, à deux pas d'Ellis Square. Cette localisation centrale en fait une étape parfaite au milieu de votre découverte du quartier, d'autant que le musée lui-même abrite un speakeasy caché, prolongeant l'expérience historique jusqu'au verre.

L'exposition s'étend sur deux niveaux et treize galeries thématiques qui retracent chronologiquement l'épopée de la Prohibition. Dès l'entrée, vous êtes accueilli par un camion de bière de 1918 et plongé dans les débats houleux du début du 20ème siècle entre les "Wets" (anti-prohibition) et les "Drys" (pro-interdiction). Des scènes grandeur nature, peuplées de plus de 30 figures de cire réalistes, illustrent les rassemblements de la Temperance League, où des militantes armées de haches (comme la célèbre Carrie Nation) prêchaient contre les ravages de l'alcool.

Au fil de la visite, vous découvrez l'ingéniosité des contrebandiers ("rum runners" et "bootleggers") pour contourner la loi. Le musée expose une collection impressionnante de plus de 200 objets d'époque, dont la plus grande collection de alambics en cuivre (copper stills) du pays, utilisés pour fabriquer le fameux "moonshine". Vous apprendrez comment des moteurs de voitures étaient modifiés pour échapper à la police, donnant naissance aux premières courses de stock-car, ancêtres directs de la NASCAR. Des véhicules d'époque restaurés, dont une Ford Model T, trônent au milieu des salles.
L'aspect sombre de cette période n'est pas oublié, avec une section dédiée à la montée du grand banditisme. Des expositions interactives et des hologrammes vous mettent face à face avec des gangsters légendaires comme Al Capone ou Machine Gun Kelly. Le musée explique comment la soif d'alcool de l'Amérique a financé les empires criminels et conduit à une explosion de violence, illustrée par des armes d'époque et des récits de règlements de comptes.

Mais la Prohibition, c'était aussi la fête et la libération des mœurs. Une partie du musée recrée l'ambiance des années folles, avec le charleston, les flappers (garçonnes) et l'explosion du jazz. Des guides en costumes d'époque déambulent dans les galeries, partageant anecdotes et "potins" de 1920, rendant l'histoire vivante et accessible. Des installations multimédias permettent même d'apprendre quelques pas de danse de l'époque.
Le clou de la visite est sans doute le speakeasy "Congress Street Up", un bar clandestin authentique situé à la fin du parcours (et accessible séparément le soir depuis Congress Street).

Contrairement aux décors de musée habituels, c'est un véritable bar fonctionnel où des barmen experts servent des cocktails d'époque (comme le Mary Pickford ou le French 75) préparés selon les règles de l'art, avec des ingrédients et une verrerie fidèles aux années 1920. C'est l'endroit idéal pour "goûter" littéralement à l'histoire après l'avoir découverte.
- 209 West Saint Julian Street
- Tous les jours, de 10h à 18h (17h d'août à mars)
- 19$ par personne de plus de 13 ans, 10$ par enfant de 4 à 12 ans
- americanprohibitionmuseum.com
Telfair Academy

Telfair Academy occupe une place unique dans le paysage culturel américain : inaugurée en 1886, elle est le plus ancien musée d'art public du Sud des États-Unis et le premier du pays à avoir été fondé par une femme. Installée dans un splendide manoir de style Regency transformé en temple des arts, elle offre une expérience de visite à la croisée des chemins, mi-maison historique, mi-galerie d'art classique, où l'architecture rivalise de beauté avec les œuvres exposées.
Le musée se dresse majestueusement au 121 Barnard Street, sur le côté Ouest de Telfair Square (anciennement St. James Square, renommé en l'honneur de la famille Telfair en 1883). Sa façade imposante et ses escaliers latéraux en font l'édifice le plus remarquable du square. Il fait partie intégrante du complexe de Telfair Museums, situé juste en face de Jepson Center for the Arts (art contemporain) et à quelques minutes de Owens-Thomas House, formant ainsi un véritable quartier des musées au cœur de Savannah Historic District.

À l'intérieur, Telfair Academy propose un voyage fascinant à travers l'art américain et européen des 19ème et 20ème siècles. La collection permanente est riche de plus de 6000 œuvres, incluant peintures, sculptures et arts décoratifs. On y découvre des toiles de maîtres américains comme Childe Hassam, Gari Melchers ou Robert Henri, ainsi que des œuvres d'artistes de l'école impressionniste américaine qui ont séjourné à Savannah. L'accrochage, souvent dense, respecte l'esprit des musées du 19ème siècle, invitant le visiteur à flâner d'une œuvre à l'autre dans une atmosphère feutrée.

L'une des pièces maîtresses du musée, devenue une véritable icône de Savannah, est la statue de Bird Girl ("La Fille aux Oiseaux"). Rendue célèbre par la photographie de Jack Leigh en couverture du best-seller Minuit dans le jardin du bien et du mal, cette sculpture en bronze de Sylvia Shaw Judson se trouvait autrefois au cimetière de Bonaventure. Pour la protéger de l'afflux de curieux, elle a été déplacée au musée où une salle lui est désormais consacrée, permettant de l'admirer de près tout en découvrant son histoire et son contexte artistique.

Au-delà des tableaux, l'architecture intérieure elle-même vaut le détour, notamment la spectaculaire Rotonde. Ajoutée lors de la transformation de la maison en musée en 1886 par l'architecte Detlef Lienau, cette galerie de sculptures baignée de lumière zénithale abrite des moulages en plâtre de grandes statues antiques (Vénus de Milo, Apollon du Belvédère...), comme il était d'usage dans les académies d'art de l'époque pour l'éducation des artistes. Cet espace monumental, avec son balcon et son dôme vitré, constitue le cœur artistique du bâtiment.

Le musée conserve également plusieurs Period Rooms restaurées, qui témoignent du mode de vie de la famille Telfair au début du 19ème siècle. On peut ainsi visiter la salle à manger aux extrémités arrondies et le double salon (drawing room) octogonal, meublés avec des pièces d'origine de la famille, de l'argenterie et des porcelaines fines. Ces espaces permettent de comprendre la double identité du lieu : une résidence aristocratique devenue un sanctuaire public pour les arts.

Enfin, Telfair Academy s'enrichit régulièrement de nouvelles perspectives, comme en témoigne l'ouverture d'une galerie permanente dédiée à l'art afro-américain (Walter and Linda Evans Gallery). Cette initiative vise à mettre en lumière les contributions majeures d'artistes afro-américains, locaux et nationaux, longtemps sous-représentés, enrichissant ainsi le dialogue entre les collections historiques du 19ème siècle et les enjeux culturels plus larges du Sud.

Notez que le billet d'entrée pour Telfair Academy vous donne également accès aux deux autres sites gérés par Telfair Museums : Jepson Center for the Arts (juste en face, dédié à l'art contemporain) et Owens-Thomas House & Slave Quarters (à quelques minutes de marche). Ce billet est valable une semaine, ce qui vous permet de répartir tranquillement les visites sur plusieurs jours sans courir.
- 121 Barnard Street
- Du mardi au dimanche, de 10h à 17h
- 30$ pour les personnes de plus de 13 ans, 10$ par enfant de 6 à 12 ans
- telfair.org

Jepson Center for the Arts

Jepson Center for the Arts représente le visage résolument moderne de Telfair Museums et de Savannah. Inauguré en 2006, ce bâtiment audacieux contraste avec les demeures historiques environnantes, offrant un écrin lumineux et contemporain dédié à l'art d'aujourd'hui. C'est un lieu dynamique qui prouve que Savannah, bien que profondément attachée à son passé, est aussi une ville tournée vers la création actuelle et l'innovation architecturale.
Le musée se situe au 207 West York Street, occupant le côté Sud de Telfair Square, juste en face de Telfair Academy. Cette proximité permet un dialogue visuel saisissant entre le classicisme du 19ème siècle et la modernité du 21ème siècle. Conçu par l'architecte de renommée internationale Moshe Safdie, le bâtiment se distingue par sa façade en pierre calcaire blanche du Portugal et ses grandes parois vitrées qui inondent l'atrium central de lumière naturelle, créant une ouverture sur la ville et le square.

À l'intérieur, les vastes galeries de Jepson Center accueillent des expositions temporaires majeures qui changent régulièrement. Le musée n'hésite pas à présenter des artistes de renommée mondiale, allant des maîtres modernes aux créateurs contemporains les plus avant-gardistes. Les thématiques abordées sont variées, explorant la peinture, la sculpture, la photographie, mais aussi les installations multimédias et l'art numérique, offrant aux visiteurs une programmation toujours renouvelée et stimulante.

La collection permanente d'art moderne et contemporain de Telfair Museums trouve ici sa place. On y découvre des œuvres d'artistes américains et internationaux du 20ème et 21ème siècles, illustrant les grands mouvements artistiques récents. Le musée met notamment en avant des œuvres qui dialoguent avec les enjeux sociétaux actuels, ainsi que des pièces d'artistes du Sud qui revisitent les traditions régionales avec un regard neuf. Jepson Center reste un lieu privilégié pour voir comment l'art continue de s'écrire aujourd'hui à Savannah.

Une part importante du Jepson Center est consacrée à la jeunesse avec Telfair Children's Art Museum (CAM). Ouvert en 2023 pour remplacer l'ancien "ArtZeum", ce nouvel espace moderne est entièrement dédié aux enfants et aux familles. Il propose des installations interactives et technologiques qui permettent aux plus jeunes d'explorer l'art de manière ludique, comme l'exposition immersive actuelle sur l'artiste maritime William O. Golding. C'est l'endroit idéal pour une pause créative où il est enfin permis de toucher et d'expérimenter !

L'architecture même du lieu offre une expérience de visite à part entière. L'atrium central, avec son grand escalier qui semble flotter et ses ponts de verre, est une œuvre d'art en soi. Il dessert non seulement les galeries, mais aussi un auditorium de 200 places, une boutique de musée et un café lumineux, faisant de Jepson Center un véritable lieu de vie et de rencontre culturel au cœur de Savannah.
Notez que le billet d'entrée pour Jepson Center for the Arts vous donne également accès aux deux autres sites gérés par Telfair Museums : Telfair Academy et Owens-Thomas House & Slave Quarters. Ce billet est valable une semaine, ce qui vous permet de répartir tranquillement les visites sur plusieurs jours sans courir.
- 207 West York Street
- Du mardi au dimanche, de 10h à 17h
- 30$ pour les personnes de plus de 13 ans, 10$ par enfant de 6 à 12 ans
- telfair.org
SCADstory

SCADstory est une expérience immersive unique à Savannah, loin du musée traditionnel. C'est une attraction 4D qui raconte l'histoire fulgurante du Savannah College of Art and Design (SCAD), l'université qui a métamorphosé la ville depuis sa fondation en 1978. À travers un spectacle technologique mêlant magie, émotion et effets spéciaux, le visiteur plonge dans le rêve un peu fou de Paula Wallace et de sa famille : créer ex nihilo une école d'art dans une ville du Sud alors endormie. C'est un hommage à la créativité, à l'audace et à la résilience.
L'attraction est située au 342 Bull Street, à l'intérieur de Poetter Hall, un bâtiment emblématique en briques rouges qui fait face à Madison Square. Ce lieu est hautement symbolique : construit en 1892 comme armurerie (Savannah Volunteer Guards Armory), c'est le tout premier bâtiment acquis par le SCAD en 1979. Sa restauration exemplaire a marqué le début d'une longue série de sauvetages architecturaux par l'université.
L'expérience commence dès l'accueil, conçu comme une sorte de "cabinet de curiosités" ou de lobby fantastique. On y découvre des objets hétéroclites et des détails décoratifs qui évoquent l'esprit créatif du SCAD. Les visiteurs sont ensuite invités à entrer dans une salle de projection intimiste, où la magie opère. Le spectacle ne dure qu'environ 15 à 20 minutes, mais il est intense et rythmé.
Le cœur de SCADstory est un film en 4D, ce qui signifie que la projection est accompagnée d'effets physiques réels synchronisés avec l'image. Les sièges bougent, du vent souffle, des odeurs sont diffusées, et des effets de lumière envahissent la salle pour immerger totalement le spectateur dans le récit. On "vit" littéralement les moments clés de l'histoire de l'école, des premiers cours donnés dans des conditions précaires jusqu'au rayonnement international actuel.
Le récit met en scène 25 disciplines enseignées au SCAD, de l'animation à l'architecture en passant par la mode. Les murs se transforment grâce au mapping vidéo (projection à 360 degrés), effaçant les limites de l'écran. On voit défiler des créations d'étudiants, des projets visionnaires et des témoignages, le tout orchestré par une narration inspirante (portée par la voix et l'avatar de la fondatrice Paula Wallace) qui célèbre le pouvoir des rêves.
Au-delà de l'histoire institutionnelle, SCADstory est une ode à l'esprit d'entreprise. On y découvre comment une idée simple, "pourquoi pas ici ?", a permis de sauver des dizaines de bâtiments historiques de Savannah et de revitaliser l'économie locale par la culture. Le spectacle montre comment l'art et le design peuvent transformer non seulement des carrières individuelles, mais aussi toute une communauté urbaine.
Enfin, ne manquez aps shopSCAD, la boutique-galerie de l'université. C'est le prolongement concret de l'expérience : on peut y voir (et acheter) les travaux réels des étudiants, anciens élèves et professeurs. Bijoux, œuvres d'art, accessoires de mode, livres... C'est une vitrine du talent "made in SCAD" qui permet de repartir avec un morceau de cette créativité foisonnante célébrée quelques minutes plus tôt dans le spectacle.
- 342 Bull Street
- Tous les jours, de 10h (midi le dimanche) à 17h
- Gratuit
- scadstory.com
SCAD Museum of Art

SCAD Museum of Art est bien plus qu'un simple musée universitaire : c'est une institution culturelle de premier plan qui redéfinit le paysage artistique de Savannah. Installé dans un bâtiment primé qui fusionne histoire et modernité, ce musée d'art contemporain et de design incarne l'excellence et le dynamisme du Savannah College of Art and Design, offrant une vitrine prestigieuse aux artistes internationaux tout en servant de laboratoire pédagogique pour les étudiants.
Le musée est situé au 601 Turner Boulevard, à l'orée Ouest de Savannah Historic District, dans une zone autrefois industrielle liée au chemin de fer. Son architecture est spectaculaire : elle intègre les ruines du plus ancien dépôt ferroviaire d'avant-guerre encore debout aux États-Unis (Central of Georgia Railway, datant de 1853) dans une structure contemporaine en béton et verre. Ce mariage audacieux entre les briques grises historiques et la "Lanterna", une tour lanterne lumineuse, symbolise parfaitement la renaissance créative de la ville menée par le SCAD.

Les espaces d'exposition, vastes et modulables, accueillent chaque trimestre de nouvelles expositions temporaires d'envergure internationale. Le musée ne possède pas d'exposition permanente figée, mais fait tourner sa collection et invite des artistes contemporains majeurs (comme Kehinde Wiley, Yinka Shonibare ou Alfredo Jaar) à créer des installations in situ. La programmation est éclectique et provocatrice, couvrant la peinture, la sculpture, la photographie, l'art numérique et les installations multimédias, avec pour mission de "défier" et d'inspirer les visiteurs.

Une place d'honneur est réservée à Walter O. Evans Collection of African American Art, l'une des plus importantes collections d'art afro-américain du pays. Une aile entière du musée, Walter O. Evans Center for African American Studies, est dédiée à la présentation et à l'étude de ces œuvres, qui vont du 18ème siècle à nos jours. On y trouve des chefs-d'œuvre de figures historiques comme Jacob Lawrence, Romare Bearden ou Elizabeth Catlett, souvent mis en dialogue avec des artistes contemporains pour explorer les questions d'identité et d'histoire.

Le musée est également célèbre pour ses expositions de mode, qui rivalisent avec celles des grands musées de New York ou Paris. Sous l'influence de mentors comme le regretté André Leon Talley (figure légendaire de Vogue et ami du SCAD), le musée présente régulièrement des rétrospectives de grands couturiers (Oscar de la Renta, Guo Pei, Vivienne Westwood) ou des expositions thématiques comme Style Is Forever. Ces présentations sont souvent spectaculaires, mettant en scène des vêtements de haute couture comme de véritables sculptures vivantes.

Enfin, le musée joue un rôle clé dans la mise en valeur des talents émergents. La section Alumni Gallery est souvent consacrée aux travaux des anciens élèves du SCAD qui ont percé sur la scène internationale, bouclant ainsi la boucle pédagogique. De plus, les coursives extérieures et les "Jewel Boxes" (vitrines donnant sur la rue) permettent d'apercevoir de l'art même sans entrer, intégrant le musée à la vie du quartier et invitant les passants à la découverte.

À côté du musée, ne manquez pas d'admirer la magnifique façade du Clark Hall, un bâtiment emblématique de l'architecture victorienne de Savannah, construit en 1896. Ce bâtiment de brique rouge à trois étages était à l'origine une école publique pour les enfants afro-américains, dans une époque où la ségrégation raciale imposait des établissements séparés. Il a fonctionné comme école jusqu'en 1974.

Aujourd'hui propriété du SCAD, Clark Hall a été restauré et sert de salle de spectacle et d'événements pour l'université. Sa façade se distingue par ses arcs en plein cintre au rez-de-chaussée, ses fenêtres géminées aux étages supérieurs et ses corniches saillantes, typique du style Second Empire/Renaissance.
- 601 Turner Boulevard
- Du mercredi au lundi, de 10h (midi le dimanche) à 17h (20h le jeudi)
- 10$ par personne de plus de 14 ans
- scadmoa.org
Savannah History Museum

Si vous cherchez à comprendre l'histoire complexe de Savannah en un seul lieu, Savannah History Museum est le point de départ idéal. Situé à l'intérieur d'un bâtiment historique remarquable, ce musée offre un panorama complet de l'évolution de la ville, de sa fondation en 1733 jusqu'à nos jours. C'est une introduction parfaite pour saisir les grandes étapes qui ont façonné l'identité locale avant d'explorer les sites historiques dispersés dans la ville.
Le musée est installé au 303 Martin Luther King Jr. Boulevard, à côté du MLK Visitor Center. Le bâtiment lui-même est un trésor patrimonial : il s'agit de l'ancien dépôt de passagers et hangar ferroviaire de la Central of Georgia Railway, construit dans les années 1850 et 1870. Ce hangar est classé National Historic Landmark en tant que plus ancien hangar ferroviaire en brique encore existant aux États-Unis, offrant un cadre monumental et authentique aux collections.

Les expositions permanentes couvrent un large spectre chronologique. On y découvre l'histoire militaire de la ville, depuis la Révolution américaine et la célèbre bataille de Savannah (dont le champ de bataille est situé juste à côté, au Battlefield Memorial Park) jusqu'à la Guerre de Sécession. Des uniformes, des armes et des objets du quotidien permettent de visualiser la vie des soldats et des civils pris dans ces conflits majeurs.

L'une des pièces les plus populaires du musée, véritable aimant à visiteurs, est le banc de Forrest Gump. Bien que la scène mythique du film ait été tournée sur Chippewa Square, le banc utilisé a été déplacé ici pour être préservé. C'est l'occasion unique de se prendre en photo cet objet devenu culte pour certains.

Le musée rend également hommage à l'histoire culturelle et sociale de Savannah. Une section importante est dédiée à Juliette Gordon Low et à la fondation des Girl Scouts en 1912, avec des objets personnels et des souvenirs des débuts du mouvement. L'histoire musicale n'est pas oubliée, avec des expositions sur le célèbre parolier Johnny Mercer, natif de la ville, qui a marqué la chanson américaine avec des titres comme Moon River.

Une autre partie fascinante concerne l'histoire industrielle et ferroviaire, en lien direct avec le bâtiment. On peut y voir des locomotives et des wagons historiques, ainsi que des artefacts liés au chemin de fer qui a fait la prospérité de Savannah au 19ème siècle. Le musée explique comment le transport du coton et des marchandises a transformé le port en une plaque tournante mondiale.

Enfin, le musée propose régulièrement des programmes interactifs et des expositions temporaires, comme American Revolution Experience, qui utilisent la technologie pour rendre l'histoire vivante.
Profitez de la visite du musée pour découvrir Battlefield Memorial Park, situé juste en face du musée (accès gratuit). Ce parc commémoratif marque le site exact de la bataille de Savannah (9 octobre 1779), l'un des affrontements les plus sanglants et décisifs de la Révolution américaine.

C'est ici que plus de 8000 soldats, une coalition hétéroclite de troupes américaines, françaises (envoyées par Louis XVI) et haïtiennes (les Chasseurs-Volontaires de Saint-Domingue), tentèrent en vain de reprendre la ville aux Britanniques.

En vous promenant sur les redoutes reconstituées, vous pourrez visualiser les positions des armées et rendre hommage aux centaines de soldats tombés ce jour-là pour l'indépendance, tout en profitant d'un espace vert paisible chargé d'histoire.
- 303 Martin Luther King Jr. Boulevard
- Tous les jours, de 9h à 16h
- 12$ par personne de plus de 13 ans, 8$ par enfant de 3 à 12 ans
- chsgeorgia.org
Georgia State Railroad Museum

Georgia State Railroad Museum est un site incontournable pour les passionnés de trains et d'histoire industrielle, mais aussi pour toute la famille. Classé National Historic Landmark, ce musée à ciel ouvert est considéré comme le complexe de réparation ferroviaire d'avant-guerre le plus complet et le mieux préservé des États-Unis. Il offre une plongée fascinante dans l'âge d'or du chemin de fer, à l'époque où Savannah était un hub logistique majeur pour le transport du coton et des marchandises vers l'intérieur des terres.
Le musée est situé au 655 Louisville Road, au sein du Tricentennial Park, à l'Ouest de Savannah Historic District. Il jouxte Savannah History Museum et Battlefield Memorial Park, formant un pôle culturel dense. Le site occupe les anciens ateliers de la Central of Georgia Railway, un vaste ensemble de bâtiments en brique rouge dominé par une cheminée industrielle de près de 40 mètres de haut, visible de loin.

Le cœur du musée est sans conteste la Roundhouse (rotonde) et sa plaque tournante opérationnelle. C'est ici que les locomotives étaient dirigées vers les différentes baies de réparation. Aujourd'hui encore, les visiteurs peuvent voir cette plaque tournante en action, pivotant pour aligner les trains sur les voies, une démonstration de mécanique simple mais impressionnante qui ravit petits et grands.

La collection de matériel roulant est exceptionnelle. On y admire des locomotives à vapeur et diesel historiques, dont certaines sont encore en état de marche. Parmi les pièces maîtresses, on trouve la locomotive à vapeur n°30, qui a réellement servi sur le réseau local, ainsi que des voitures de passagers luxueuses et des wagons de marchandises. Monter à bord de ces géants d'acier permet de ressentir physiquement la puissance et l'échelle de cette industrie passée.

L'une des attractions phares est la possibilité de faire un tour en train (selon les jours et la météo). Ces trajets courts (environ 20-30 minutes) se font soit à bord d'un train tiré par une locomotive diesel d'époque, soit, plus rarement, par une locomotive à vapeur, ou même à bord d'un autorail (doté d'un moteur de bus !). Le parcours reste dans l'enceinte du site mais offre un point de vue unique sur les bâtiments et permet d'expérimenter le voyage ferroviaire d'antan, avec ses bruits et ses odeurs caractéristiques.
Les bâtiments eux-mêmes sont des expositions à part entière. On peut visiter les anciens ateliers (Machine Shop, Blacksmith Shop) où sont exposés des machines-outils historiques entraînées par des arbres de transmission et des courroies au plafond. Ces espaces montrent les coulisses de la maintenance ferroviaire : forge, menuiserie, mécanique de précision. C'est un témoignage rare du savoir-faire ouvrier du 19ème siècle.

Enfin, le musée propose des activités interactives pour les plus jeunes, notamment un voiture à bras (handcar) que les visiteurs peuvent actionner eux-mêmes pour avancer sur les rails, une expérience physique amusante qui rencontre toujours un grand succès. Des maquettes de trains et des espaces de jeux thématiques complètent l'offre, faisant de ce musée un lieu vivant où l'on apprend en s'amusant.
- 655 Louisville Road
- Tous les jours, de 9h à 16h
- 20$ par personne de plus de 13 ans, 14$ par enfant de 3 à 12 ans
- chsgeorgia.org
Photos
Cartes
Carte interactive de Savannah
Carte de Savannah
Par dommm063
Mis à jour le 27 fĂ©vrier 2026




