Bonjour tout le monde.
Ce matin nous sommes donc à Tusayan et le réveil, comme je vous l'indiquais, est difficile. J'ai passé une nuit que d'aucuns qualifieraient d'épouvantable, où mes rêves de grands espaces se sont mêlés à des scènes délirantes mettant en scène animaux chimériques et autres collègues de travail. Vive la fièvre.
Mais ça va quand même mieux (relativement). Nous dormons ce soir à Page, et d'ici là sont prévus au programme le Glen Canyon Dam, les rives du Lake Powell et Horseshoe Bend. Le menu du jour se veut léger, à l'inverse de celui du petit déj du Grand Hotel. J'ai beau être malade, je n'en suis pas moins ventre. A sept heures pétantes, nous sommes les premiers au restaurant et nous nous plâtrons l'estomac de pancakes au sirop d'érable. Un régal, comme tous les pancakes (du diamètre de la Lune environ) que nous avons goûté aux US.
Au niveau des kilomètres, c'est raisonnable. 185 miles à engloutir selon nos estimations, sachant que nous pâtissons de la fermeture de l'UT89 au sud de Page, suite à l'effondrement que vous savez.
Mais n'allons pas trop vite, l'heure est encore au spectacle du Grand Canyon, car rappelez-vous, nous repartons vers l'Est en empruntant la Desert View Road. Depuis hier, le gouffre n'a pas changé, toujours aussi remarquable, comme en témoignent les Grandview, Moran et Navajo Points où nous faisons nos arrêts-photos.


Nous visitons également les Tusayan Ruin & Museum, pour varier les plaisirs, et apprenons à cette occasion ce qu'est une kiva (espace circulaire prévus le plus souvent pour les rituels sacrés) et comment les tribus indiennes stockaient leur nourriture. A ma grande déception, aucun serpent à l'horizon malgré les panneaux de mise en garde...
Avant de repartir, Lucile nous fait sa crise quotidienne de lavage de vitres et sort les lingettes bébé pour faire sa fête au pare-brise. Le Ford Escape redémarre fier comme Artaban, le verre impeccable.
J'en reviens à des considération plus prosaïques: au croisement de la Desert View Rd et de l'UT89, il n'y a aucun problème vous pouvez tourner à gauche. C'est un peu plus au nord, lorsque la 89 rencontre la 160, que vous devrez bifurquer.

La bonne surprise dans tout ça, c'est qu'il n'est pas obligatoire de pousser jusqu'au croisement de la 98, comme on le voit sur l'image ci-dessus. Lorsque vous arrivez à Tonalea, il y a une route qui part à gauche, l'Indian Route 21, qui bien qu'en travaux demeure très praticable, y compris sur ses tronçons non pavés. Le raccourci permet tout de même une économie d'une trentaine de miles. Ce fut d'ailleurs un moment très plaisant, car rouler sur les pistes procure toujours un petit sentiment d'aventure (oui il nous en faut peu et alors???).
La route, d'une manière générale, est sympa.

Arrivés à Page, qui est à peu près la seule ville à la ronde et qui n'est pas très jolie il faut bien le dire, nous cherchons notre hôtel, qui est le Lake Powell Resort (lien Tripadvisor). Nous avons eu un peu de mal car il se trouve à la Marina, qui elle-même est située en dehors de la ville, à quelques kilomètres au Nord-Ouest.
L'établissement est d'un abord assez tristoune en cet hors-saison, avec sa parure de gris qui ceci dit, est assortie au ciel. J'ai oublié de préciser qu'il faisait assez lourd aujourd'hui, et que le soleil avait du mal à percer. Mais la vue sur la Marina que nous avons de notre chambre est plutôt sympa, la chambre aussi d'ailleurs, donc tout va bien. Le prix à la nuitée: 90 €.
A peine les valises posées, nous voici repartis en sens inverse, dévolus à notre grand Dam, que nous avons déjà croisé à l'aller et qui nous a fortement impressionnés.
J'ai vu quelque part une photo encore plus édifiante, prise de l'autre côté, où l'on voit très nettement la différence de niveau d'eau de part et d'autre du barrage. Hallucinant!

Comme souvent durant notre voyage, nous nous sentons tout petits devant ce monstre. Mais à la différence de d'habitude, il s'agit là d'une œuvre humaine et non naturelle. Il n'empêche, ces roches ocres et flamboyantes qui bordent le lac n'ont rien d'artificiel, et sont réellement superbes. L'eau a des reflets bleu pétrole. Avec ce ciel menaçant, le décor d'ensemble a des airs de...de...de quelque part qui ne serait pas sur Terre!

Quelques scenic overlooks plus tards - dont un où nous nous sommes retrouvés bien malgré nous au beau milieu d'un tournage de film - nous avons retraversé le centre-ville de Page et rattrapé la route 89, qui reste ouverte sur quelques kilomètres pour pouvoir accéder à Horseshoe Bend. C'est top, le ciel commence à se lever, un peu tard certes mais bon...
Horseshoe sait se faire désirer. Il se trouve au bout d'une petite promenade d'une bonne vingtaine de minutes où il vaut mieux prévoir des chaussures adaptées, car il y a beaucoup de sable! Le mieux est peut-être encore pieds nus...Je précise aussi que l'aller est plus facile que le retour, car en descente. Mais enfin bon! Quand bien même il faudrait marcher des heures durant, le spectacle est à la hauteur de l'effort. Cet endroit est vraiment magique, à ne rater sous aucun prétexte.

Il m'a bien semblé voir de la fumée sortir de mon reflex. Il faut dire qu'un monsieur sympa qui ne nous connaissait ni d'Eve ni d'Adam s'est proposé pour nous prendre en photo et s'est quelque peu enflammé, transformant la prise en séance studio: "une horizontale...allez j'en reprends une...attendez, une autre...allez une petite en verticale...un peu plus à gauche...souriez...encore...en-dessous...levez les bras [...]". Je lui ai évidemment rendu la pareille en l'immortalisant, avec sa compagne, au bord de ce gouffre enchanteur.
Que d'émotions!
Et je dois à cet instant remercier Roadtrippin qui comme pour tant d'autres lieux "moins évidents" de l'Ouest américain, nous a donné le bon tuyau. Pas dit qu'avec notre seul guide, nous aurions pris conscience de l'unicité du site. Nous y serions-nous seulement arrêtés?...
Allez, un petit effort dans la dernière montée. Le soleil, à présent sorti de son repaire, fond sur l'horizon à la vitesse grand V, et nous pousse à repartir du parking à la hâte. Serons-nous à temps à la Scenic View pour le coucher?
Ouf, oui!...Et à vivre, c'est encore mieux.



Le vent est à présent assez terrible et nous propose une intéressante coupe de printemps.
Il doit être environ 19h, un petit creux se fait sentir, aussi nous gagnons le centre, à la recherche d'un diner. Les suggestions du guide ne nous inspirent pas plus que ça. En revanche, ce restau mexicain qui se vante de faire les meilleures Margaritas de la ville ne nous dit que du bon. Nous pénétrons dans l'antre, et c'est un festival de sourires et de couleurs bigarrées qui nous accueille en grandes pompes. C'est très surchargé, très clinquant, mais l'on s'y croirait. Et nous avons passé un très bon moment. Ca s'appelle Fiesta Mexicana (lien Tripadvisor) et ce sera mon bon plan du jour.
Nous repartons enrichis de quelques burritos dans l'estomac, qui devraient logiquement nous faire tenir pendant un mois.
Retour à la chambre après une journée un peu improvisée mais géniale. Comme toujours, nous sommes claqués et nous endormons en deux-deux.






