31/07/2025 - Jour 5 - Memphis, Tennessee
Big day today avec la visite de Graceland, qui est le point de départ de tout ce projet de voyage : avec ma femme, nous nous étions promis de visiter Graceland lors de notre deuxième passage à
Las Vegas en 2018.
J’ai réservé la visite VIP Entourage à 10h. La maison d’Elvis (et l’ensemble du complexe) est à 10mn à pied de notre
hotel, dont le petit déjeuner amène enfin du thé à Val! Petit retour sur la nuit: très humide (les draps, le sol…) à cause d’une forte condensation et de l'humidité ambiante. On dort bien malgré tout et je pousse même jusqu’à 7h30 (grasse mat’!). Finalement, on fera le trajet à l’américaine: en
voiture! Il fait déjà chaud et on gagnera un peu de temps sur la suite du programme. On arrive au parking à 9h33, pas de foule à l’horizon (une de mes craintes, sachant que Graceland est la deuxième maison la plus visitée des Etats-Unis, derrière la Maison Blanche). Le gros de la saison touristique est fini pour les américains comme nous l’avons appris à Jasper, ce qui est confirmé par la télévision qui est en boucle sur la rentrée la semaine prochaine. On récupère nos tickets puis on s’enregistre en tant que VIP

On profite des 10mn restantes pour déambuler dans l’un des 6 magasins de souvenirs, dont la plupart sont moches ou kitch ou les deux.
On embarque ensuite dans la navette qui va nous déposer à la maison, de l’autre côté du boulevard. L’excitation est à son comble et l’émotion commence à monter. On rentre dans la maison et on suit la visite via un audio-guide en français, très appréciable (ce sera le seul de tout le voyage). On commence par le salon, la salle à manger, la chambre des parents d’Elvis. La déco a été modifiée de nombreuses fois au cours des années où
Elvis y habitait et la maison est restée dans un style fin des années 70. Il n’y a pas beaucoup de visiteurs donc on peut observer et se déplacer tranquillement, voire tourner 1 ou 2 vidéos interdites… On descend ensuite dans le salon TV (déco jaune et bleue…), la salle de billard (avec un magnifique plafond drapé de tissu) et j’essaie d’imaginer Elvis dans ces pièces d’après les vidéos qu’on a déjà vues. C’est assez incroyable d’être “chez lui”. On remonte au rez-de-chaussée dans la Jungle room, sorte de salon-tanière assez baroque: moquette verte épaisse au sol et au plafond, fauteuils en bois sculpté, déco hétéroclite… On sort ensuite vers le carport, les écuries puis le bureau de Vernon, le père d’Elvis. Puis c’est la piscine et le Meditation Garden où reposent Elvis, sa grand-mère, ses parents, sa fille et son petit-fils. Les yeux s’embuent et les larmes finissent par couler franchement. Pour un fan comme je le suis ou pour des personnes disons “sensibilisées” à sa vie et sa carrière, c’est un moment très fort. Je reste un peu plus longtemps, ne parvenant pas à détacher mon regard de sa tombe. Je prends quelques
photos (et peut-être encore une vidéo interdite) pour me ressaisir. Toute la famille se retrouve dans un calin: ils savent à quel point ce jour compte pour moi, et ça me touche. On termine par quelques photos de la façade et la navette nous refait passer par le mythique portail aux notes de musique, retraverser le boulevard pour attaquer la visite du grand musée.
Très riche en objets, très bien documentés sur divers aspects de la vie d’Elvis à Graceland, ses voitures, sa carrière et, le clou du spectacle, ses costumes de scène et la collection de disques d’or et récompenses. Peut-être encore une ou deux vidéos interdites… On termine la visite avec les avions d’Elvis: un gros, qu’on traverse entièrement (grand confort et luxe: boucles de ceinture et lavabos plaqués or), baptisé le Lisa Marie (sa fille morte en 2023) puis le petit jet où on ne peut que jeter un œil. Il fait extrêmement chaud et on opte pour Glady’s diner pour le déjeuner. Il est 14h, comme prévu
Pour la suite de l’après-midi, on a donc remplacé le musée des droits civiques par le musée Stax sur la musique Soul mais on souhaite voir le Lorraine
motel où MLK fut assassiné et ce petit détour s’inscrit parfaitement dans le planning avec la visite du Stax à 15h30. Le balcon fatidique du Lorraine
motel est orné d’une couronne de fleurs et 1 plaque rappelle les faits du 4 avril 1968 où MLK fut assassiné par un sympathisant du Ku Klux Klan, alors qu’il venait soutenir une grève des éboueurs. Le quartier reste assez pauvre en apparence, même bien des années plus tard et malgré le flux de visiteurs drainés par le musée. On remonte dans la
voiture, accablés de chaleur
(106°F = + de 41°C). Tonin nous y a attendus, au frais. On se dirige ensuite vers le Stax, lui aussi situé dans un quartier disons défavorisé (je pense que, une fois la nuit tombée, on pourrait dire “craignos”). Le Stax Museum of Soul music retrace l’histoire d’un studio d’enregistrement de disques qui a quasiment créé le style de la soul music, à l’intersection du blues (né le long du Mississippi) et du Gospel (qui signifie évangile en anglais). La grande vedette du studio, malgré sa carrière fulgurante et sa mort prématurée, est Otis Redding mais de nombreux artistes plus ou moins connus de nous y sont passés, dont notre bon ami Elvis, qui loua le studio à deux reprises. N’étant pas très calés sur le genre “soul”, la plupart des noms et des chansons mentionnés nous sont étrangers, mais dès que les notes de musiques retentissent, les tubes sont reconnus et on se laisse aller à danser, comme préconisé par le musée sur son site internet (et bien aidé par le fait que nous en sommes alors les seuls visiteurs). Comme tout bon musée, le récit historique s’appuie sur des objets, vêtements, instruments et là aussi, une belle collection de disques et récompenses (dont 1 Oscar). J’ai trouvé l’ensemble très instructif pour un parcours d’environ 1h30.
Quand on ressort, le soleil est légèrement voilé, ce qui ramène la température autour de 87°F, un peu plus de 30°C mais toujours une forte humidité. On prend à présent la direction de la Memphis Pyramid qui héberge 1 magasin d’articles pour les activités de plein-air, principalement la pêche. Particularités: la pyramide fait 98m de haut (21m pour la pyramide du Louvre

), ses bases font 180m de long et elle abrite aussi 1
hôtel. Un ascenseur permet d’accéder à une plateforme d’observation presque au sommet. La décoration reproduit une sorte de bayou avec des grands arbres des branches desquelles pendent des lambeaux de mousse, le tout au milieu de
nombreuses pièces d’eau dans lesquelles évoluent différents types de poissons (des petits et des requins) et même des alligators! L’impression visuelle est complètement folle et elle ne faiblit pas quand on sort de l’ascenseur et qu’on accède à la terrasse: la vue sur Memphis, avec Downtown au premier plan, et sur le fleuve Mississippi qui s’écoule au pied de la pyramide décroche sans peine des waouh! Le soleil décline légèrement à l’Ouest (état de l’Arkansas sur l’autre rive) et la circulation est intense sur les ponts en contrebas. On retourne dans la pyramide puis on en ressort pour accéder à une deuxième plateforme, plein ouest, la première étant au sud. On passe dans le restaurant situé au même niveau et les odeurs sont cruelles pour les estomacs qui se réveillent… Les sols des plateformes sont en verre transparent, ce qui oblige Janelle (sujette au vertige) à rester sur la bande bétonnée le long de la face. (Les plateformes “sortent” de la pyramide et surplombent en partie les
faces de celle-ci). Mitraillage en règle et vidéo pour immortaliser ce bel exemple de gigantisme à l’américaine. J’achète une chemisette ultra-légère et Janelle achète des “fudge” (caramels) ultra-pas-légers.
Il est autour de 18h30 quand on se dirige vers la dernière étape du programme: le riverfront walk. Sur une presqu’île, entre le fleuve et un bras, se trouve une reproduction miniature du-dit fleuve, avec les grandes villes qui le bordent, dont certaines sont ou seront familières: Memphis évidemment, puis Vicksburg, notre destination de demain, Natchez, qui sera une étape en route vers Bâton-Rouge, et justement la capitale de la
Louisiane qui sera le terme de cette première partie. Il nous faut nous hâter car le parc ferme à 19h et nous avons 1 dernière dernière étape obligée: Memphis sign: de grandes lettres multicolores, judicieusement orientées avec Downtown dans le dos = idéal pour les selfies et les photos. On repart au pas de charge vers la
voiture, effrayés à l’idée que la barrière du parking soit fermée. La chaleur est moindre mais nous tire quand même quelques gouttes de dessous les aisselles. On quitte le Mud River Park à 19h (Mud River étant un des surnoms du Mississippi) et seul l’avenir nous dira s’il fallait payer le parking

(en fin de compte: non!)
On rentre brièvement à l’
hôtel pour récupérer des manches en prévision de la température glaciale dans les restos. Après une hésitation de trajet (on se retrouve à l’aéroport…), on dégote un grill très animé, à deux pas de notre
motel et dans lequel Elvis serait venu manger si l’on en croit le panneau. Le repas est très correct mais n’égale en rien le restau de Jasper et l’addition reste raisonnable. Retour à l’
hôtel en passant devant le portail clos de Graceland et derrière une
voiture assez amochée au point qu’elle roule en crabe, dans une sorte d’hésitation permanente entre deux voies de circulation. Le contrôle technique a du bon

Les yeux se sont fermés vers 22h30 pour mes compagnons de voyage qui ont vécu, comme moi, une journée très riche de nombreuses choses culturelles, historiques, patrimoniales… un bon résumé de notre projet.
Demain, une des plus grosses étapes de route de notre voyage avec plus de 400km à parcourir pour rallier Vicksburg dans l'État du Mississippi, une étape que Tonin attend avec impatience je crois…
=> La vidéo du jour: