Jour 6 : mardi 06/06
Comme la veille, réveil à 6h00.
La journée la plus longue du voyage nous attend : la traversée de la Sierra
Nevada et la traversée du
Nevada jusqu’à notre ville étape pour le soir avant le
Wyoming : Elko
On avait initialement un but pour cette journée, faire la Tioga Road qu’on n’avait pas pu faire 2 ans auparavant à cause des chutes de neige record…
Maudits ! Nous sommes maudits !
Que de telles chutes de neiges se produisent 2x en 3 ans, coïncidant avec les deux fois où nous y allons… Une malédiction !
Dès que la
Page Facebook du
Yosemite a mentionné le pourcentage d’enneigement vers Tuolumne Meadows début avril, j’ai tout de suite compris que c’était d’ores et déjà foutu pour nous.
Notre plan A tombait déjà à l’eau à moins d’un miracle.
Le plan B était de contourner par la route 108.
Le plan C était de remonter jusqu’à
Sacramento et de passer ensuite par le
Lake Tahoe.
Tout semblait indiquer que nous nous dirigions vers notre 3ème choix.
Puis une semaine avant notre départ, en scrutant les annonces sur internet, une annonce officielle indiquant que Sonora Pass et toute la route 108 rouvrait à la circulation.
Bingo !
On se met donc en route vers 6h30. Première arrêt de la journée à Mariposa pour faire le plein de cette
voiture qui en avait bien besoin.
On prend ensuite la route vers
Jamestown, un patelin assez atypique que j’avais trouvé sur google qui se trouvait à environ 2h de route.
On met le cap au nord à travers la route sillonnant les campagnes californiennes. Et c’était tout sauf plat. On comprend que les pompiers en bavent pour atteindre les incendies dans ces coins-là.
On arrive à
Jamestown vers 9h30… pour trouver une ville quasi déserte. Sinistrée.

Les infos que j’avais trouvé dataient un peu, mais trouver une ville morte comme ça nous a scotché ! Tous les commerces étaient fermés, vides et poussiéreux derrière leurs vitrines.
Il y avait bien un peu d’animation, un ou deux
hôtels. L’un d’eux avait un restaurant. On pousse la porte. Personne pour nous accueillir. On avance un peu, la salle était vide. Tout au fond un bar avec un barman et (on le supposait sur le moment) un client. On les regarde, ils nous regardent… puis reprennent leur conversation.
On est bien resté planté 30 secondes comme des cons au milieu des tables.
Et puis zut, ciao !
On remonte en
voiture, on regarde Waze, et on voit que la "grosse ville" suivante, Sonora n’est pas loin derrière. On y va, en prenant la direction du downtown. Dans la rue principale, un Diner avec marqué en gros "Breakfast". Stop ! On se gare et on descend.
Fermé ! Condamné ! Inoccupé depuis un bail quand on voyait l’intérieur.
On n’en revenait pas. On mange pas les midis nous, il nous faut un vrai petit déj et pas des trucs à grignoter qui nous donneront faim à 13h.
Je rentre dans la station-service juste à côté pour demander s’ils connaissent un endroit qui sert le petit dej. Rien en ville me répond-on direct.
Glupps…
Et en dehors de la ville ?
Ils se sont bien creusés la tête une minute avant de me donner un lieu que j’ai rentré dans le
GPS, qui nous emmenait à l’est sur la 108.
On mettra 1/4h à y arriver.
Et bien c’est le meilleur burrito breakfast qu’on ait mangé du séjour (et je peux vous dire qu’on en a mangé des burritos).
On a même laissé un double pourboire pour le serveur et le cuistot.
On reprend la route. Cette recherche de petit déjeuner nous a fait perdre une bonne heure sur notre planning.
Notre premier arrêt est Donnell Vista. Point de vue assez jolie avec un panorama sur un lac et des montagnes.
On s’attaque ensuite à la portion que j’attendais le plus de cette route. L’approche de Sonora Pass et ses alentours enneigés.
Ça monte doucement mais les derniers 5 kilomètres sont raides.
Le sommet est à 2930m.
La descente est assez abrupte. La neige disparait très vite.
On s’arrête ensuite à Leavitt Falls qui est un point de vue majestueux. La plaine à gauche, la cascade à droite.
Par contre on ne s’est pas éternisé parce que 6 débiles (et leur chien minuscule qui n’en menait pas large) ont enjambé la barrière pour descendre la pente hyper abrupte afin de se prendre en photo juste devant la cascade, et qu’on avait pas envie d’être présent si l’un d’eux se vautrait méchamment.
Une fois arrivée au bout de la route, à droite toute direction
Bodie. Ça ne m’intéressait pas plus que ça d’y retourner, mais bon, pour le copain qui nous accompagnait, voir une ville fantôme authentique dans l’ouest américain lui faisait plaisir.
On refait le plein en route car passer la Sierra nous a couté les ¾ du plein de ce matin !
On arrive là-bas vers 14h, et c’est à la guitoune du ranger qu’on a réalisé qu’on avait des vitres légèrement teintées à l’arrière. Le ranger était âgé et n’a pas remarqué qu’on était 3.
8 $ d’économisés.

Une fois garés au parking, la visite commence.
Franchement, on n’a pas trop accroché avec mon frère cette fois-ci. Voir
Bodie une fois suffit amplement. Ou alors mettre plus d’intervalle entre les visites. J’ai passé mon temps à regarder ma montre, parce qu’on devait faire
Mono Lake avant de tailler la route, et j’ai dû assez souvent leur demander d’accélérer le pas.
"Tranquille, c'est les vacances, on est pas pressé" me répond mon frère, qui ne connait que les grandes lignes du programme mais qui n'a jamais regardé "les petits caractères" comme les temps de parcours
On reprend la piste en sens inverse et on continue ensuite plein sud vers
Mono Lake.
Là enfin je le vois !

J’étais passé à côté du lac il y a 10 ans avec mes parents sans s’arrêter, et on s’était trompé de point de vue 2 ans auparavant en ne voyant rien d'interressant.

Superbe.

En plus il y avait un sacré vent depuis le début d'après midi qui donnait un super effet sur la surface du lac. Mais là aussi je presse les deux autres.
On quittera les lieux passé 17h, et on a... 6h de route jusqu’à Elko !
J’avais volontairement choisi une étape longue pour ce jour afin de raccourcir celle du lendemain afin qu’on puisse profiter de
Jackson. Sauf que j'avais pas prévu qu'on perdrait 1h à chercher un endroit où manger.

On part sur la route 167, avec sa superbe ligne droite de plus de 30 kilomètres.

Celle la était également sur ma liste de photos à faire si on passait par là. La ligne droite "infinie" avec la chaine en arrière plan
Alors c’est simple, sur cette route jusqu’à la ville suivante, à savoir sur près de 90 kilomètres, nous n’avons croisé que 2 voitures.
Par contre une fois arrivé dans cette ville, Hawthorne (qui possède donc plusieurs chateaux d'eau à la couleur fusée lunaire de Hergé), ça a changé. Une circulation de dingue, essentiellement avec des poids-lourds. On ajoute à ça des travaux avec une circulation alternée qui nous a fait perdre plus de 20 minutes.
Un drapeau immense qu'on voyait de très loin !
Et le tout quasiment sans radio. Notre radio satellite avait expiré la veille sur le retour du
Yosemite, et on ne captait quasiment rien avec les bandes AM et FM. Et la prise USB ne fonctionnait pas pour lire notre clé de musiques.
Et pour couronner le tout, on ne captait plus rien avec nos téléphones. C’était drôle, on n’avait pas eu doit à ça deux ans auparavant, mais à chaque fois qu’on a changé d’état, nos portables ont eu mal fou à s’aligner sur la 4G locale.

C'est ballot parce que le coucher de soleil était magnifique, mais on en a pas du tout profité.
On rejoint la I 80 vers 20h.
Plein Est.
On décide de ne pas s’arrêter tant qu’il fait encore un peu jour pour manger. Puis au bout d’une heure d’autoroute, on réalise qu’il ne nous reste que 100 miles de pétrole !
Du délire !
Qu’on ait consommé énormément pour atteindre Sonora Pass, on le concevait. Mais la route qu’on avait fait ensuite n’était pas plus en pente que ça.
On s’arrête donc à Winnemucca pour faire notre 3ème plein de la journée.
On en profite pour manger quelque chose, des sandwichs tout préparés façon Sodebo.
Immonde. Je n’ai même pas pu finir.
On reprend la route, dans le noir total.
On essaye de capter quelque chose à la radio pour nous maintenir éveillés.
On a capté pendant 10 minutes une radio religieuse, qui nous ont bien fait marrer à chaque fois qu’on tombait dessus durant le séjour.
Puis on est tombé sur la chaine la plus bizarre qui soit. Elle diffusait des chants indiens.
Ça peut paraitre cool dit comme ça, mais au bout de même pas 5 minutes, entendre des indiens chanter autour d’un feu pour invoquer je ne sais quoi nous donnait envie de nous envoyer dans le décor.
On a fini par arriver à 23h30 à notre
Super 8, totalement vidés, après 940 kilomètres parcourus dans la journée.
Moi tout seul dans une chambre, les deux autres ensemble.
J'ai pas mis longtemps pour m'endormir ce soir là.