Je vois que ça part en sucette, il est temps de reprendre la route avant que ça ne tourne mal.
J9 : Mercredi 16 Août – From Grand Portnawak to Grand Canyon
Las Vegas – Route 66 – Grand Canyon
Après un petit déjeuner dans notre chambre et un check-out expédié à la vitesse d’une tourista marocaine, nous prenons la direction de notre premier Outlet (au tennis ça fait deuxième service…). Celui-ci est situé au nord de la ville donc pas très loin de notre hôtel. Personnellement, je ne suis pas trop boutique mais mon fils ainé découvrant les joies de l’hygiène corporelle et des fringues de marques, on a traîné 2 petites heures et fait quelques belles affaires.
Nous quittons ensuite Las Vegas vers midi pour prendre la direction de Kingman où j’ai programmé une visite touristique du Subway local. Le projet était ensuite de prendre la Route 66, passer par Peach Spring rapport à Cars toussa toussa, faire notre goûter à Williams (sans doute des poires) et ensuite filer vers le Grand Canyon. Je me rends compte rapidement que j’ai sous-estimé le temps de route et on a perdu pas mal de temps pour quitter Las Vegas (presque une heure de bouchon ce qui est quand même pas de bol parce que d’habitude les bouchons c’est à Lyon). C’est le problème quand on prévoit des itinéraires à l’avance dans Google Maps, au niveau des villes, il peut y avoir de sacrées différences selon le trafic. Du coup nous empruntons l’itinéraire programmé mais nous ne ferons pas de pause ni à Peach Spring ni à Williams que nous traverserons malgré tout histoire de voir ce qu’on loupait. Pourquoi tant de précipitations me direz-vous ? Primo parce que le grand rendez-vous du jour c’est le coucher de soleil à Hopi Point et deuxio, les précipitations, en tant que bretons ça me connait.
Soyons honnêtes, je n’ai pas beaucoup regretté de ne pas avoir visité Peach Spring vu que y’ a pas non plus des masses de trucs à visiter. La Route 66 c’était pas non plus Aaaaawesome, Amaaaaaaazing, Greaaaaaat ou je ne sais quelle exclaaaaaaamation fréquemment entendue en Ricanie (la Ricanie c’est le pays des ricains mais côte ouest surtout). Pour tout dire, j’ai même un peu regretté d’avoir fait un petit détour pour ça mais finalement 500m avant de reprendre l’I40, j’ai enfin pu trouver un marquage au sol Route 66 pour la traditionnelle photo qu’il me fallait absolument. Un roadtrip américain sans la photo du sigle Route 66 c’est un peu comme David Hasselhoff (ou David Cul-éteint en VF) sans brushing. Ca n’a pas la même gueule. Et comme en plus on est au pays où la gasoline est au prix de la limonade, autant en profiter pour faire des détours.
Pour Williams et ses soeurs, je serai moins catégorique. On a simplement emprunté la route qui passe par la ville et non l’autoroute pour voir un peu comment c’était et je pense que y’a moyen de faire une petite pause sympathique dans cette ville qui fleure bon l’Amérique, le pop-corn, le chrome des Chevys et le hotdog fried onions.
Malheureusement, les horaires du coucher de soleil étant aussi inflexible qu’un contrôleur des impôts, on a filé dare-dare vers le Grand Canyon. Et à force d’être pas en avance, on en finirait presque par être en retard (en tant qu’expert es-retards, je vous garantis que le point de bascule est très sensible, de l’ordre de l’infinitésimale). J’enfile mes chaussures de scaphandrier, semelles de plomb au plancher. Pas question de louper le spectacle. J’avais programmé une arrivée vers 17h30 (le sunset étant à 19h17) mais il est déjà 18h30…On arrive à l’entrée du Parc, une petite bise au Ranger en faction, et on part à la recherche d’une place où garer la voiture avant d’attraper une navette. Pas de bol, mon portable se met à bugger (ça lui arrivera quelquefois et toujours au mauvais moment) et on perd le GPS. Forcément je file dans la mauvaise direction (vers notre hôtel au lieu d’aller vers le Bright Angel Lodge….). Je me rends compte de mon erreur, je jure tous les Bons Dieux de la Terre et notamment Saint Willie Nelson (ça c’est quand je suis vraiment colère). On se retrouve dans la circulation….on parvient malgré tout à rejoindre le secteur où j’envisageais de me garer mais il est déjà bien tard. Autant vous dire que pour le moment je suis plus à chercher une place qu’une vue dégagée sur le GC. En bon Français, je trouve une place libre juste sous un panneau indiquant clairement que la place est reserved auxclients du Bright Angel Lodge. Je me dis que mon avocat, Maître Badfaith plaidera la légitime déficience en langues étrangères. Si le panneau avait été en breton, j’aurions tout compris. CQFD. Je m’y gare pronto d’autant qu’une navette bleue est à l’arrêt juste à côté. On fonce vers la Blue Line…..qui fait 400m et nous dépose au point de transfert à peu près aussi vite que si on y était allé à pieds. C’est pas grave, on est presque à l’heure. Il y a foule à l’arrêt de bus pour emprunter la navette rouge menant à Hopi Point. Je suppose qu’il doit y avoir un concert de Rihanna ou une compet’ de Scrabble dans le coin où un truc du genre pour expliquer cette foule. Pas possible que tout le monde aille à Hopi Point quand même ? En attendant la navette, on se retourne enfin pour apercevoir le monstre….. Oh My F**king Goodness ! (oui, je suis un véritable caméléon, je jure local assez rapidement). C’est beauuuuuuuu.
Le roadbook avait prévu une courte balade entre The Abyss et Hopi Point (environ 45min) mais il est déjà tard et surtout il faut déjà un peu de temps pour rejoindre en navette The Abyss. Mais comme disais Clint, un Marines ça improvise, ça s’adapte, ça domine (un caramel mou pour celui qui trouve le film). Je décide de descendre à Powell Point vu que le chauffeur du bus de sa voix nasillarde et néanmoins américaine, recommande cet arrêt également très bien situé pour le coucher du soleil et nettement moins pris d’assaut par les hordes de touristes. Effectivement, c’est magnifique aussi depuis Powell Point. On profite avec émerveillement du spectacle un bon moment. En y regardant de plus prêt je me rends compte qu’Hopi Point est vraiment pas très loin donc on le rejoint à pieds assez rapidement pour un autre point de vue. Il y a déjà quelques flemmards qui en ont eu leur compte et qui sont sur le retour. On profite donc relativement calmement du coucher du soleil derrière l’horizon. C’est magique.
Arrivée par le sud du Grand Canyon est, je pense, la meilleur option. On traverse d’abord une zone arborée assez vaste, on n’imagine mal ce qui peut bien se cacher derrière et puis d’un coup il est là : majestueux ! Si vous vous souvenez de ce que j’écrivais au début de ce carnet sur le choix de notre itinéraire, j’avais mentionné le fait que je tenais à passer par GC plutôt en début de circuit de peur d’être déçu sinon…..ben mazette (j’aurai pu dire saperlipopette aussi, j’adore l’argot des rappeurs du 16e), le moins que l’on puisse dire c’est qu’on n’a pas été du tout mais alors pas du tout déçu. Déjà, en arrivant par la route sud plutôt que par la scenic drive à l’est, le GC ménage comme je le disais ses effets. Et je crois aussi que la luminosité du soir est particulièrement propice à l’enflammade. C’est vraiment somptueux.
Nous rentrerons avec la navette retrouver notre voiture (qui n’a gêné personne à ma connaissance). Nous nous sommes dirigés vers le Yavapai Lodge pour notre Check-in. Hôtel très correct même sans la clim dans la partie où nous logions. Une petite pizza (donc énorme) au resto de l’hôtel nous fera le plus grand bien. D’ailleurs, petite astuce. C’est possible (on l’a fait) de ramener le trop plein de pizza dans des mini-boites à pizza fournies sur place. Le lendemain, nous sommes allés faire réchauffer nos restes de pizza au micro-ondes disponible dans le supermarché de market plaza juste à côté de l’hôtel (et il y a des tables de picnic juste à proximité). Donc pour pas trop cher, y’a moyen de gérer deux repas très corrects.
Nous nous endormirons rapidement, le lendemain doit nous permettre de faire plus ample connaissance avec le GC.