Hello,
Aller : on part pour CBS (
Coyote Buttes South) ou nous avons visité 2 sites : Cottonwood cove et White Pockett
Comme il y a beaucoup de photos (pas trop j'espère) je vais couper la journée séparant les 2 sites
Samedi 1er juillet 2017
Kanab UT Big Water UT - 112 km - 1h30
Coyotte Buttes South (Cottonwood Cove + White Pockett)
Vive la pelle !
La première partie de la visite (Cottonwood Cove)
Réveil douloureux, grosse migraine. J’y vais, j’y vais pas ?
A voix basse, je me pose mille questions, vais-je survivre sous cette chaleur délirante ? Pas sûr …
En ce début juillet, l’
Arizona est l’enfer sur terre. Je suis seule victime de cet enfer, car Hubert semble supporter le feu du soleil avec bonheur.
Prise en étau entre la peur de ne pas y arriver et le regret d’avoir raté l’une des merveilles du monde, je ne sais à quel Saint me vouer. La raison l’emportera, j’y vais !
Seulement 20 personnes par jour peuvent y accéder, je ne vais donc pas faire la difficile, il faut y aller
L’accès à Coyotte Buttes South est réglementé.
Quelques mois plus tôt, le 1er avril à 20 heures pétantes (12h, heure locale), Hubert toutes griffes dehors se jette à plat ventre sur son ordi pour être le premier à acheter un permis. Pour lui, c’est la priorité ce soir là !
Il nous en coûtera 10€ pour le permis, mais en passant par un outfitter (un guide) la visite reviendra à 363€ au global.
8h30, départ de
Kanab, le ciel uniformément bleu, nous promet une journée de braise

. Dix minutes de route, durant laquelle nous n’avons pas échangé un mot. L’ambiance était celle d’un jour sans sourire, sans joie.
Le baraquement de tôle blanche de Dreamland Safari Tours attend ses premiers randonneurs, soit deux français ronchons et mal réveillés.
- Hello
- Hello, Ron, welcome
Dans ce hangar, à cette heure-ci la clim fonctionne déjà au maximum.
Ron s’active et s’assure que rien de manquera à notre confort d’européens peu aguerris aux conditions de survie dans le désert. Les nôtres étant ridicules, il nous présente deux grands chapeaux.
- Ho ! Thank you
Départ pour une grande et formidable aventure à bord d’un GMC 4X4. De par son physique imposant, Ron nous inspire confiance et sécurité. Malgré les difficultés de la langue, nous arriverons à bien partager avec lui et finalement entre questionnements et rires, l’ambiance se détend très agréablement.
Ron : How do you say « i love you » in french ?
Alors qu’à l’arrière Hubert fait semblant de ne pas entendre, moi, à l’avant, je suis très gênée pour répondre à cette question ! Mais je me lance !
Moi : Je vous aime
Suivi d’un rire assez bizarre, comme quelque chose qui sonne très, mais alors très faux-faux !...
Par gestes, mimiques et exclamations, le tout agrémenté de larges éclats de rires, la communication passe assez bien.
Après avoir parcouru une cinquantaine de kilomètres de désert, et forêts d’altitude, 20mn d’arrêt … A notre grand étonnement, Ron dégonfle partiellement les pneus. Mais pourquoi donc ?
- To ride in the sand
Mais c’est bien sûr ! Sommes-nous bêtes !
Ce temps d’arrêt nous permettra de scruter l’horizon et les escaliers de grès tapis de fientes blanches des condors de
Californie.
Le site de Cottonwood Cove est accessible par des pistes de sable mou, parsemées de saillantes lames de grès. Avec adresse, Ron évite ces écueils redoutables. Le 4X4 se faufile dans un labyrinthe de pistes et de croisements. Seuls, sans guides, nous n’aurions jamais trouvé ce site d’exception.
- If something happens to me, press this button, a helicopter will pick you up (s’il m’arrive quelque chose, appuyez sur ce bouton, un hélicoptère viendra nous chercher)
- Ok
Nous n’en restons pas moins pantois, car nous n’avions pas vraiment réalisé les dangers : accident, serpent à sonnette, coyote, déshydratation, isolement … En deux mots, rentrer dans la chaîne alimentaire …
Equipés de chaussures de montagne, nous suivons notre guide, qui lui, arpente et contourne les genévriers en sandale ! Il n’y a pas de chemin balisé, je marche donc dans chacun de ses pas.
Ici, les tepees flamboyants, éphémères à l’échelle du temps planétaire, se comptent par dizaines. Tourmentés, ils émergent en fascinantes spirales. Le spectacle est magique. Sous l’effet des différents bouleversements climatiques, les vagues de sable se sont cristallisées pour former des spectres singuliers.
Les dalles de grès taillées par le vent et l’eau, posées en quinconce forment de spectaculaires colonnes défiant les lois de l’équilibre. Tout n’est qu’émerveillement.
En contrebas, une vague visitée par un petit groupe d’aventuriers force l’admiration. Les yeux pleins d’étoiles, je filme tout azimut.
- Thank you Ron, thank you, i am verry happy
- Ok, fine
Au départ de la marche d'approche on ne voit que cela. Et sincèrement on se demande si on a bien eu raison de faire chauffer la CB pour cette journée
Mais après, une fois arrivé en haut …. C'est FABULEUX, partout
Plus haut, posé sur une langue de grès, un champignon minéral de petite taille, mi framboise, mi orange est le seigneur des lieux. Je lui voue une admiration sans fin. Les mots ne servent à rien, il suffit de le regarder et de le comprendre …
Et toujours partout
Tels des surfeurs, nous entrons au creux d’une autre vague statufiée, rapidement rejoints par le petit groupe composé de deux jeunes françaises et d’un guide.
- I will prepare the meal, come in 20mn
Puis, rendez-vous à l’ombre d’un vieux genévrier torturé par le poids des années. Nos deux guides s’affèrent à la préparation d’un parfait casse-croûte.
Pour comprendre le pourquoi du titre "Vive la pelle", il faudra attendre la fin de la journée
