J14 Dimanche 24 juillet- Andalsnes-Dombas- Dalholen- 143kms
Le jour où nous sommes poursuivis
Aujourd’hui marque une étape dans notre voyage puisque nous quittons la région des fjords et prenons la direction de l’est pour une étape de trois nuits au niveau des parcs nationaux du Dovrefjell et de Rondane. Le programme de la journée, mis à part la route, est léger : petite randonnée pour atteindre le Snohetta Viewpoint dans le Dovrefjell.
Mais au réveil, nous ne sommes pas très sereins (ça commence à devenir redondant…

) : B. a le nez pris depuis hier soir et ce matin elle fait 38,5 de température. Pour rappel, N. a été testé positif à la covid quatre jours plus tôt. Le diagnostic ne fait guère de doute….
Nous prenons notre temps pour ranger et nettoyer le chalet prenons la route vers 10h45. Nous avons prévu de nous arrêter à Dombas pour le pique-nique. La route est très jolie : nous longeons un torrent aux eaux bleues tumultueuses, mais également la ligne ferroviaire de la Rauma. Selon le Lonely Planet de 2022, il s’agit l’une de plus belle ligne d’Europe ! Comme la vitesse est limitée à 80km/h, nous profitons des paysages et de la conduite paisible des Norvégiens. Malheureusement, vu les circonstances, je n'ai pris aucune photo sur la route...
Nous arrivons à Dombas après 1h30. B. a dormi une partie de la route, mais depuis qu’elle est réveillée, ce n’est pas la forme. Elle pleure, a envie de vomir….Dombas ne nous séduit absolument pas : il s’agit surtout d’une station touristique avec son lot de restaurant et de boutiques souvenirs, mais pas vraiment de charme….Et c’est vrai qu’il y a du monde sur le parking central ! Nous cherchons l’office de tourisme afin d’avoir des informations sur la région, mais pas moyen de le trouver. Nous prenons le pique nique dans le parc municipal, mais le cœur n’y est pas. B. ne touche pas à une miette de son sandwich, ce qui n’est pas bon signe.
Nous prenons donc la direction de Hjerkinn, où nous espérons trouver davantage de renseignements. Nous nous arrêtons au centre d’informations sur les rennes sauvages, que l’on peut rencontrer dans la région, mais notre malade se plaint. Il faut dire que sur ce haut plateau, le vent souffle fort, et les températures ont bien chuté !

Nous faisons un petit tour rapide pour en découvrir un peu plus sur les rennes et les techniques de chasse mais il fait froid et B. n’est pas bien. On laisse tomber le Snohetta Viewpoint et je contacte notre hôtesse Air Bnb pour lui expliquer la situation et lui demander si l’on peut arriver avant l’heure prévue (il est alors 14h00). Elle me répond immédiatement que la cabine est prête et que l’on peut arriver quand on veut. Ouf !
Notre cabine
A l’arrivée, on sort les auto-tests… et sans surprise la deuxième barre apparaît. On s’organise pour les chambres : covidés d’un côté, les non-covidés de l’autre. J’avoue qu’à ce stade je suis vraiment dépitée…. J’avais bêtement espéré que seul N. serait affecté. Mais désormais il me semblait totalement évident que nous y passerions tous à tour de rôle, les filles ayant bien joué ensemble encore la veille au soir. De plus depuis le test de N., nous dormions toutes les trois bien serrées dans un lit deux places…. Bref ce n’est pas la forme, et pendant que tout le monde se repose, je pars me balader seule dans les environs.
Spoiler alert : ce test positif sera bel et bien le dernier et signera la fin des drames du voyage.
Vers 17h00, je propose à tout le monde d’aller faire un petit tour dans les environs. Le paracétamol a fait son effet, et B se sent vaillante pour une petite marche. Nous empruntons un chemin juste en face de la cabine et nous croisons vite des vaches highlands dans les pâtures. Avec leurs longues cornes, je suis bien contente de les voir à distance !
J’entends au loin un cri d’animal assez étrange : y-aurait-il des rennes sauvages dans les environs ?

En poursuivant, nous tombons sur une énorme vache noire à une croisée de chemin. C’est elle qui pousse les cris entendus plus haut. Elle est très impressionnante, et nous ne faisons pas les fiers.
La bête sauvage
Nous prenons le chemin vers la gauche. Elle sort de son talus, continue de meugler en s’avançant vers nous, puis prend le chemin par lequel nous sommes arrivés. Nous n’en menons pas large, parce que cette vache n’avait vraiment pas l’air commode !
Toi je te préfère
Bien, mais par où aller désormais ? N. regarde sur son téléphone : si nous continuons sur le chemin de gauche, nous nous éloignons trop. Hors de question de reprendre le chemin par lequel nous sommes arrivés, cette vache nous a vraiment fait trop peur. Reste le chemin de droite, qui nous permet de rentrer à la cabine avec un beau détour. Mais au bout de quelques minutes de marche, nous tombons nez à museau avec une Highland, couchée en plein milieu du chemin.

Pour poursuivre, il faut la contourner, et passer très près. B. est en panique, elle refuse cette option. Nous décidons donc de rebrousser chemin et de reprendre le chemin initial, en espérant que notre amie la vache noire se soit éloignée du sentier. Nous avançons prudemment…. Jusque là tout va bien…. Mais alors que nous retrouvions l’espoir de rentrer à la cabine sans que l’un de nous soit encorné, nous apercevons la vache noire qui s’avance sur le sentier dans notre direction !

angoisse !

B est en pleurs, d’autant que quand la vache nous voit, elle se met à meugler avec véhémence !

Courageux mais pas téméraires, nous voilà tous les quatre en train d’escalader la barrière et nous retrouvons dans la pâture, heureusement sans vaches… Depuis notre enclos, nous regardons la vache noire passer sur le sentier…. C’est le monde à l’envers !!!

[
Non mais, avouez qu'elle n'a pas l'air commode cette vache. Et en plus elle s'est arrêtée pour nous regarder
Nous voilà désormais hors de danger et nous éclatons de rire en nous revoyant sauter dans l’enclos pour échapper à la vache furieuse ! une scène digne d’Interville !!

Sur le chemin du retour, nous croiserons d'autres Highlands, beaucoup plus placides.
Nous rentrons nous remettre de nos émotions et passons la soirée tranquillement.
Comme quoi l’aventure peut être au bout du chemin !