-PROLOGUE-
Pascale ?
Elle, elle ne lâche rien, jamais.
C’est un roc.
Ne vous fiez pas à son apparence, elle est capable de désosser une affaire aussi sûrement qu’un poulet.
Et quand elle joue du flingue, elle fait toujours mouche.
Alors, priez, pour ne jamais être dans la ligne de mire de…
Brrrr, il fait froid dans cet aéroport.
Et ces satanées machines de contrôle des passeports !!
1h00 et demi pour passer la douane et récupérer ma valise, tu parles d’une organisation !!
Bon, j’arrête de râler… ce n’est pas tous les jours que je viens à
Los Angeles… J’adore cette ville. C’est vrai que la dernière fois, je n’étais pas toute seule… Je devrais lui envoyer un message pour lui dire où je suis… Je le ferai de l’
hôtel, ce sera plus facile pour lui expliquer.
D’ailleurs, pourquoi le capitaine m’a t-il fait venir jusqu’ici ? Enfin, ex capitaine…
Un message me demandant de récupérer un carnet, chez l'autre dingue, puis un mail me demandant de venir pour régler une affaire. Et pour finir, un billet aller/retour payé…
Faut vraiment que ce soit le capitaine…
Bon, faut que je choppe un taxi maintenant.
En sortant, le vent frais lui cingle le visage. De sa main libre, elle remonte son col, et ne remarque pas l’individu dissimulé derrière un poteau.
C’est d’un pas décidé qu’elle se dirige vers la file de taxi, mais déjà, l’homme est sur elle, lui emboîtant le pas.
Il le sait que la rapidité et la surprise sont les clés de la réussite de sa manœuvre. Il sait aussi que le canon de son arme, pointé dans le bas du dos, arrêtera toute velléité de sa cible.
2 mètres plus loin, elle s’arrête net, et lâche la poignée de sa valise, esquissant un mouvement de défense, vite stoppé.
Il se penche vers son oreille.
-Hi lieutenant. Ne bouge pas, et passe-moi tes portables.
Elle avait bien senti une présence dans son dos, lâché sa valise et commencé à tourner sur elle-même, mais l’homme n’avait pas été surpris. Sans doute si attendait-il, et la pression qu’exerçait dans son dos ce qu’elle savait être une arme, la stoppa dans son élan.
Quelle drôle de voix, modifiée sûrement, mais l’intonation…
Sa main fouilla une poche, elle sortit un téléphone et le laissa tomber.
-Merde, fais gaffe Pascale, fais chier, ramasse-le !!
Mon prénom, cet enfoiré connaît mon prénom. Qu’est-ce qu’il me veut ?
-Voilà, c’est ça, vas- y doucement. Et puis ne me prend pas pour un débutant, je t’ai dit « les portables ».
Il me connaît bien, putain.
-Où est ton flingue ?
-Tu crois qu’ils m’auraient laissé passer la douane si j’avais un flingue !!
-Tss-tss, pas de ça avec moi, répond !!
-J’te dit que je ne l’ai pas pris, merde…
-t’as gueule. Allez, avance, direction le parking.
On aurait dit un couple, bras dessus-dessous, qui se dirigeait vers les voitures. L’homme boitait, il traînait la jambe gauche, et Pascale le remarquât.
Arrivés au pick-up, il déverrouilla les portes avec la télécommande, et lui intima l’ordre de monter derrière.
-Et ta valise, où t’as laissé ta putain de valise ?
Il ne pouvait plus faire demi-tour. Tant pis pour la valise.
C’est sans ménagement qu’il la pousse sur la banquette arrière. L’instant d’après il est contre elle, lui maintenant fermement la tête avec son bras droit, sa main serrant ses lèvres comme pour l’empêcher de crier.
Elle ne sentit pas la piqûre dans son cou, mais aussitôt, ses yeux lui piquèrent, sa vue s’embua, ses jambes devinrent du coton. Il lui semblait flotter comme dans un rêve, mais ce rire, enveloppé de brouillard, marquait le début du cauchemar.
Et les ténèbres prirent le dessus.