Nous sommes debout depuis 6h00 ce matin, l’orage qui couvait hier soir nous a laissé tranquille, et nous avons passé une très bonne nuit.
A 7h15, le moteur du Tucson se réveille à son tour. Il a 215 miles à parcourir aujourd’hui. Une broutille…
Nous avons rendez-vous avec nos premier géants de la forêt aujourd’hui, et la rencontre commence un peu plus haut dans la montagne, au Trail of the 100 Giants, quelques 30 miles au dessus de Wofford heights.
Nous y sommes après pratiquement 1h00 de route, et nous garons le Tucson sur le parking après avoir payé 5$ au préposé qui attend à l’entrée.
Nous nous engageons sur le sentier, et constatons que l’orage a dû s’abattre sur ce coin de forêt. Beaucoup d’eau, et encore de la grêle sur le sol tout du long de la boucle qui compose ce chemin. Il est entièrement revêtue de goudron, et se déroule au milieu de sequoias, de cèdres, de pins.
Enfin, nous pouvons nous approcher, les toucher, ces fameux arbres. Immenses, ils paraissent pourtant fragiles avec leur écorce molle, mais c’est bien tout le contraire, ils peuvent rester debout des milliers d’années.
L’humidité de la nuit, s‘échappant du sol en volutes de vapeur, confère au lieu une atmosphère spéciale, nous sommes au bon endroit au bon moment, et seuls.
Ce trail of 100 Giants permet une approche sympa des séquoias. Mais ce petit park a souffert , et d’incendies et de tempêtes.
Si quelques beaux spécimens sont encore debout, d’autre sont tombés, entremêlant leur tronc et branchages, abîmant le chemin, et laissant un goût d’entretien approximatif et négligé.
Toutefois, même au sol, ces géants déploient leurs racines en sculpture de rosace.
Après 1h15 et 2,5 kms de marche, nous reprenons la
voiture, pour nous diriger vers Séquoia park. Bon, je ne sais pas se que je trafique en programmant le
GPS, mais j’enlève les autoroutes, les péages des préférences. Mais j’avoue que malgré les routes improbables que nous avons empruntées, nous avons bien aimé.
Une fois à droite, une autre à gauche, nous avons traversé des vergers sans fin d’orangers. Nous évitons Porterville, passons par Springville, puis par la M-296 Yokohl Valley Drive. Elle monte, descend, tourne, nous y croisons plus de cyclistes que de voitures, et finissons par arriver à la jonction de la 198, qui monte vers Séquoia.
A la guérite, je montre notre pass, et un peu plus loin, nous nous arrêtons au Foothills visitor center.
Nous en profitons pour manger sur l’aire de pique-nique, à l’ombre, car le soleil cogne un peu, et le thermomètre de la
voiture affiche 29° (retenez ce chiffre).
Puis nous reprenons la Général Highway, superbe route de montagne, jusqu’à Giant Forest Muséum, ou nous avons prévu de faire Moro Rock, et si possible une autre rando. Mais Une Ranger interdit l’accès au parking, il est blindé, et nous fait signe de continuer tout droit. C’est vrai que nous sommes un Dimanche...
Pas envie d’aller se garer sur le parking du Général Sherman, et de prendre une navette moi.
Alors, je fais demi-tour, pour tenter un nouvel essai. Mais la ranger est toujours là, et me fait de nouveau signe de continuer. Je lui montre que je vais faire demi-tour en m’engageant sur le début du parking, et là, miracle, une
voiture s’en va sous mon nez !! Premier coup de bol de la journée, ni une ni deux, je me gare…
En descendant de la
voiture, on constate que le ciel est sérieusement en train de changer de couleur plus au nord, et qu’il va falloir faire vite pour réaliser tout ce qui est prévu.
Deuxième coup de bol, la navette qui monte à Moro Rock n’attend plus que nous pour démarrer, et dix minutes plus tard, nous sommes à pied d’œuvre. Un peu de monde sur ce trail qui mène à un promontoire. Il est étroit, avec beaucoup de marches. Il faut souvent attendre que les personnes qui arrivent en sens inverse soient passées, et composer avec la vitesse de ceux qui nous précèdent dans la montée, qui s’avère assez raide.
Attention au vertige pour les personnes qui y sont sensible.
Mais en haut, le point de vue est exceptionnel. Le vent aussi, et sur notre gauche, les gros nuages arrivent, alors qu’à droite, le soleil brille.
A gauche l’orage arrive.
Pascale me dit de ne pas traîner, et nous entamons la descente. Nous croisons encore beaucoup de monde. En bas, sur le parking, le sentier qui rejoint le Muséum nous tend ses bras, Mais nous décidons de pousser jusqu’à Crescent meadow avec la navette, pour passer devant le Tunnel Log. Elle arrive, nous montons dedans, faisons un arrêt au Tunnel Log, mais ne descendons pas, tant il y a de monde. Les voitures n’ont plus accès au pont que fait un tronc de séquoia tombé, et une foule de personnes se presse pour se prendre en photo dessous. Puis la navette repart, et là, troisième coup de bol. Commence alors à tomber quelque gouttes de pluie, puis de plus en plus. Soudain, elle se transforme en grêle. Le déluge est tel, que la conductrice de la navette est obligé de stopper. A l’intérieur, le bruit des grêlons s’abattant sur la carlingue est incroyable. Le sol se couvre de blanc, on dirait qu’il a neigé.
Petite vidéo du déluge.
L’intensité de l’averse s’atténuant, la navette reprend sa route, passe à Crescend Meadow, mais nous ne descendons pas, et finit par nous déposer au Muséum, où nombre de personnes, trempées jusqu’aux os attendent, hébétées.
La grêle s’étant de nouveau transformée en pluie, nous nous engouffrons dans le Giant forest Muséum, plein à craquer. Tant bien que mal, nous en profitons pour faire quelques emplettes, et, une fois la pluie terminée, rejoignons la
voiture. Le thermomètre indique alors 15°. L’averse de grêle nous a fait perdre 14° !!!
Direction maintenant le parking Du Général Sherman. Environ dix minutes plus tard, nous garons le Tucson sans difficulté.
Là aussi, le sol est recouvert de billes blanches et par endroit sur le trail, nous avons à passer d’immenses flaques. Heureusement, nos chaussures sont étanches
Le trail traverse la forêt, sur un chemin large et bien entretenu, et pour rejoindre le Général ce n’est qu’une longue descente qu’il faudra remonter au retour. Pas compliqué du tout.
Quel colosse !!!
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Indescriptible . Il faut le voir pour se rendre compte des dimensions hors norme de cet arbre. Droit comme un I, haut de 83 mètres, une circonférence de 31 mètres au sol, avec des branches qui atteignent 2 mètres de diamètre, nous sommes des fourmis à ses pieds.
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Un peu de monde se presse au pied du Général Sherman pour faire une photo, nous n’y céderons pas et préférons en faire le tour pour l’admirer.
A ne louper sous aucun prétexte.
Ce n’est pas le seul spécimen, d’autres sont là aussi, certes, moins gigantesques, moins impressionnants, mais toujours aussi majestueux.
Et, comme ce matin, les lieux sont magnifiés par le blanc qui le recouvre, et par l’évaporation de l’humidité.
Nous retournons ensuite à la
voiture, il nous reste une cinquantaine de miles à parcourir, toujours par la 198, celle qui relie Sequoia Park à Kings Canyon. En route, nous croisons plusieurs cervidés, mais trop rapides pour les prendre en photo. Nous finissons par arriver à Squaw Valley dans la soirée, ici, le soleil a brillé toute la journée. Nous aurons un peu de mal à trouver notre hébergement, le St Anna’s House, celui ci n’étant pas bien indiqué, faut dire qu’il est paumé dans la nature. L’hôte parle très bien le Français, et son accueil est chaleureux. Il nous dit que pour 15$ de plus par personne, son épouse prépare un succulent petit dej pour le lendemain, et que celui-ci est servi dans la chambre. Alors…
Ce qui est sur, c’est que ce n’est pas la circulation qui va nous réveiller cette nuit.
Après les mondes minéraux que nous avons exploré, cette première journée dans le monde végétal, restera gravée dans nos mémoires, nous aurons eu droit à la pluie, la grêle, le vent, le soleil, et ces arbres, ces arbres...
La petite vidéo de la journée.
A+