JOUR 4
WE GO TO TORONTO TODAY
Nous sommes le Dimanche 8 Mars, et avons changé d’heure dans la nuit. Il a fallu avancer les pendules d’une heure.
On ne traîne pas ce matin, debout de bonne heure pour aller récupérer une
voiture chez
Alamo.
L’agence choisie est en plein centre ville, et je ne l’ai pas choisie par hasard.
«E » ne vient pas avec nous, il faut qu’elle retourne bosser. Elle aura l’occasion d’y aller plus tard.
Nous y sommes pour 9h00 environ, après avoir pris le métro et pris la sortie Peel.
Tout ce fait très vite, le monsieur me retrouve dans la base de donnée d’
Alamo, me demande si je veux une quelconque assurance, ce à quoi je lui réponds non. IL me propose plusieurs SUV. Mon choix se fera sur cette Jeep Cherokee d’un bleu ciel sans nuages.
D’important travaux routiers dans Montréal affolent un peu le
GPS, les passagères et le conducteur mais tout finit par rentrer dans l’ordre, et nous filons vers Toronto, quelques 550 kms plus loin.
Monotone, très monotone cette 401 qui longe d’abord le Saint Laurent, laisse de côté Kingston et file le long du Lac Ontario.
La vitesse est limitée à 100 km/ heure, et l’impression de se traîner se fait sentir. Surtout quand tu te fais doubler par d’interminables semi-remorques qui eux n’amusent pas l’asphalte.
Rouler jusqu’à 115/120 km/h n’est en principe pas verbalisé, mais bon, on a notre temps, et l’arrivée est prévue vers 16h00 à notre
hôtel.
Nous logeons au Novotel, où notre fille « E » nous a réservé une grande chambre avec 2 grands lits.
Quel luxe par rapport aux
motels made in US.
La route se passe, nous faisons quelques arrêts vidange, un autre pour le remplissage du réservoir de la Jeep qui consomme dans les 9 litres/100 et finissons par arrive à l’heure prévue malgré des ralentissements.
Check in, on pose notre valise et on part à l’assaut de la ville.
Une petite idée du trajet à pied de cette fin d’aprem.
Précision : toutes les photos qui vont suivre sont en noir et blanc (juste pour le jour 4

), un parti prit de ma part parce que j’aime le noir et blanc, mais ne vous inquiétez pas, elle sont top.
On est en plein Financial District, et on est obligé de se tordre le cou pour admirer les building.
Au loin se dessine la CN tower, elle est en contre jour, et nous nous dirigeons vers elle.
La tour de l’ancien City hall se perd au milieu des grattes ciel.
On entre dans l’immense hall d’Union Station où une foule bigarrée se presse. Si vous passez dans le coin, n’hésiter pas à entrer, ce hall est impressionnant.
Comme vous pouvez le constater, il est bientôt 18h00.
Pour rejoindre la CN Tower, on passe par le
Skywalk qui commence au bout d’union Station.
Le
Skywalk enjambe les voies de chemin de fer.
Et on débouche sur Entertainment District.
On passe à côté de l’Aquarium et nous sommes au pied de la CN.
Mais je suis trop proche pour la prendre en photo, alors on se dirige vers le Toronto Railway Muséum qui est juste à côté. Plusieurs locos sont exposées à l’air libre, une plaque tournante de rangement ainsi qu’une représentation d’une ancienne gare. Pas très grand, mais sympa.
De cet endroit, je peux la prendre en photo en entier.
Nous n'y monterons pas ce soir, mais demain soir en rentrant.
On passe une passerelle pour aller sur Front Street, et une drôle de sculpture pend d’un balcon.
On continue notre route.
Et on arrive devant une espèce de « Flatiron » qui se trouve juste à côté du Novotel.
Une dernière avant de rejoindre l’
hôtel où nous mangerons.
Fiction
Le jour commence à décliner quand mon portable sonne. Ce numéro, je le connais par cœur.
-Salut jielm.
-Salut.
-Janet viens de me contacter, elle a l’air bien comme fille.
-Laisse tomber, j’ai besoin d’info.
-Je cherche encore.
-Elle t’a dit pour Dovnîk ?
-Oui, on était à sa recherche depuis 2 jours. Il s’est fait la malle en emportant une mallette. C’est toi qui l’a descendu ?
-Non. Tu sais ce qu’il y a dans cette mallette ?
-Un antidote, c’est ça ?
-D’après ce que m’a dit Dovnîk, oui.
-T’as t’il dit si ça avait un rapport avec ce qui se passe au Kazakhstan ?
-Il m’a parlé d’une épidémie qui débutait par là bas, et qu’il avait mis au point un antidote. Seulement, il n’a fabriqué que 5 éprouvettes.
-Tu les as ?
-Non, pas encore. Des Russes t’ont devancé. Ils ont débarqués à 5, j’en ai eu 4 mais le cinquième a filé avec la mallette. Je sais où ils sont, et j’attends la nuit pour intervenir.
-T’es où ?
-Peut importe où je suis, trouve moi juste un labo pour fabriquer l’antidote.
-Qui te dit que je vais te trouver un labo ?
-…. Putain, t’es de quel côté ?
-….Donnant donnant, je trouve et tu retravailles pour moi.
-Va te faire foutre… Si tu changes d’avis, t’as mon numéro, et un conseil, ne t’approche pas de Janet…
Je raccroche et un bruit de moteur se fait entendre. Je sors de la bagnole et je vois un
avion en approche. Il fait un tour de reconnaissance, et s’aligne en bout de la piste. La nuit est là maintenant, et après avoir coupé le grillage, je marche en m’enfonçant dans la neige jusqu’aux genoux. L’
avion vient de se poser, et roule lentement vers le portail du hangar qui est ouvert. Il stoppe à l’intérieur et le pilote coupe les moteurs. Derrière l’
avion , les portes se referment. Je m’approche et colle mon oreille contre le bardage gelé.
J’entends le pilote qui sort du cockpit et qui saute au sol. Il parle.
-Salut les gars, où est Sergei ? Et ou sont les autres, il m’a dit que vous deviez être cinq ?
-Je te reconnais toi, t’étais pas au Kazakhstan à Peremenovka ?
-Ca fait 2 jours que j’en suis parti, 2 jours dans l’
avion pour venir vous chercher.
-Nous ne sommes plus que deux, les autres sont morts en récupérant la mallette.
-Merde, et Sergei aussi ?
-Ouais… Dis moi, t’as les yeux rouge, tu dois être fatigué. Tu veux une vodka ?
-Mais non, je suis en pleine forme comme jamais, je pourrai repartir tout de suite. Mais sers moi quand même un verre, je vais faire le plein des réservoirs de l’
avion, et je vous rejoins au chaud.
-C’est quoi ton nom ?
-Je m’appelle Andrei, et vous ?
-Moi c’est Pavel et lui c’est Vassily. On t’attend dans le bureau.
Ils ne sont que trois. Par un trou dans le bardage, je vois le pilote, Andrei, qui amène des flexibles jusqu’aux ailes de l’
avion. Il se déplace très rapidement, et tout semble léger pour lui. De plus, il n’a pas l’air essoufflé. Merde, ou ce type est une force de la nature, ou il est infecté. Je dois agir et vite…
Je contourne le bâtiment pour trouver une autre entrée, et je passe devant la fenêtre du bureau. A l’intérieur, les 2 types sont en train de se siffler une bouteille de vodka. Leurs flingues sont posés sur une table à côté de la porte qui donne à l’intérieur du hangar. La mallette est là elle aussi, sous les armes. Je continue jusqu’à une fenêtre sans carreaux, et entre dans le bâtiment. Dans l’obscurité d’un angle de mur, je vois Andrei mettre une pompe en route, son vacarme masquera mon avancée. Puis, je détaille son visage et remarque que ses yeux sont injectés de sang, presque à exploser. Il entre dans le bureau, et j’en profite pour avancer vers la porte. Je les entends parler assez fort, l’alcool doit commencer à faire son effet.
-Bon les gars, il est où mon verre de vodka ?
-Tu l’as sous les yeux Andrei, t’es aveugle ou quoi ? Merde, tes yeux ils sont vraiment rouges…
-Laisse tomber, je vais bien. Tiens, passe moi la chaise à côté de toi.
-… hey, vas y doucement, à ce rythme tu vas boire la bouteil… Merde, regarde Vassily, il est tombé dans les pommes…
-Putain Andrei, réveille toi, qui va piloter l’
avion ?… Andrei, aaaah… Lâche ma main, aaah…
-Andrei, merde, lâche Vassily…
-T’as gueule connard, regarde se que j’en fais de ton copain Vassily.
-Aaaaaaah…...Arrête, arrête….. Aaaaargh.
-T’as vu Pavel ?
-Putain de merde, tu lui as tordu le coup… Laisse moi sortir enfoiré… Lais…. Aaaaah.
Paw, paw…
-Recule Andrei, ou je te bute… RECULE… Non.
Paw, paw, paw.
-Crève pourriture…
Paw…
-Aaaah, aaaiiiih.
Shlock…
Je vais pour entrer dans la pièce mais la porte vole en éclat, et un autobus me projette à terre. C’est Andrei qui court comme un fou à travers le hangar. Ses vêtements sont couverts de sang, de son sang, qui pisse par 4 ou 5 trous dans son thorax. Mais il n’est pas mort, incroyable. Je me relève et il me voit. Comme un fou, il se dirige sur moi, je l’esquive au dernier moment, mais de suite il se retourne et me porte un coup à la poitrine qui m’envoie à trois mètres. Je lâche mon flingue et me retrouve démuni face à la brute. De nouveau il avance mais en marchant, ce qui me laisse le temps de me relever et d’attendre son attaque. Son bras droit se détend à une vitesse fulgurante, je me baisse, pivote et lui mets un coup sous le menton. Je n’ai plus de doigts et lui n’a même pas bougé. Ça va pas être coton avec ce type… Par deux fois j’esquive et réplique, il semble se fatiguer maintenant que tout son sang s’est écoulé. Mais il reprend sa course et se jette sur moi. Ça va être ma fête… 2, puis 3 coups… Je recule, je tombe tout près de mon arme. Je tends le bras et l’empoigne. De nouveau, il se jette sur moi, et avant qu’il ne me touche, je tire. 1 balle dans sa tête qui explose, répandant le peu de sang qui lui restait tout autour. Il s’écrase à côté de moi, mort.
Je me relève péniblement. Mes côtes, mon bide, ma tronche me font mal. Mais je n’ai pas de blessures qui saignent, donc pas de virus. Comment je peux être sûr que je suis bien immunisé ? Pourquoi croire le prof ? Une seule personne sait maintenant, et je lui ai raccroché au nez tout à l’heure.
Je me dirige vers la pompe à carburant et l’éteins. Le silence retrouvé me fait du bien et me calme un peu. J’ose à peine imaginer 5 ou 6 gars infectés comme Andrei dans une même pièce.
Dans le bureau, c’est un carnage, les murs sont couverts du sang d’Andrei, et au sol gisent les deux corps de Vassily et de Pavel. L’un à la tête à l’envers, et l’autre le crane fracassé contre un mur.
Je récupère leurs munitions et pose la mallette sur ce qu’il reste de la table. Je l’ouvre et découvre 5 éprouvettes dans 5 compartiments capitonnés. Un liquide jaune pisseux les remplit au deux tiers. Une enveloppe avec un morceau de papier est scotchée sur la mousse de capitonnage. Je l’ouvre. Dessus une formule, certainement celle de l’antidote. Sur le coup, je me demande quel est le mode d’ingestion. Faut-il boire le liquide ou se l’injecter avec une seringue ? Le prof ne m’a rien dit à se sujet. Je touche mes côtes, elle ne me font pratiquement plus mal. De même que le coup que j’ai reçu au visage… Je ne suis pas essoufflé… Mon rythme cardiaque est bas… J’entends une goutte d’eau qui s’écrase au fond du lavabo de la pièce à côté… Merde… Je n’avais jamais fait attention à tout cela avant.
Je récupère la mallette, sors du hangar et me dirige vers le F150 quand mon portable sonne.
-Ouais…
-Pas trop lourde la mallette ?
-T’as changé d’avis ?
-J’ai trouvé un labo sur Toronto. Tu ne veux vraiment pas reprendre du service ? Il n’y a pas meilleur que toi.
-Tu me dis ça parce que tu sais ce que le prof m’a fait ? Tu me dis ça parce que depuis le début tu sais que mes capacités sont décuplées, ou tu me dis ça pour te racheter sale enfoiré ?
-...Non, je te dis ça parce que je n’ai pas suivi ton conseil…
-… Putain…
-Je t’envoie l’adresse du labo … Ramène moi un maximum d’antidote.
-...OK, d’abord l’antidote, puis après, je viens la chercher... Ne lui fait pas de mal.
-On verra Jielm, on verra… Tu sais bien que c’est moi qui mène le jeu, comme toujours.