-JOUR 9-
8.00 am
Kanab.
Ce matin, c’est en sortant de l’Aikens Lodge qu’il trouva coincé entre le pare-brise et l’essuie-glace, le bout de papier avec indiqué dessus la nouvelle énigme. Cet enfoiré était bien sur le secteur, et sans doute l’observait-il.
« Va à la Tour du Silence ».
Merde, encore un truc à la c…
Un coup de klaxon résonna, l’empêchant de finir sa phrase. Garé devant l’entrée du parking, le Range Évoque attendait. Il avança lentement, comme pour inviter à le suivre. Jean-Luc grimpa dans sa
voiture, sortit du parking, et se cala à la vitesse du range qui le précédait. A la sortie de
Kanab, le panneau signalétique indiquait «
Page ».
1h00 plus tard, le Range mit son clignotant gauche. Ils arrivaient en vue de Big water. A l’embranchement, le Range fit mine de tourner, mais reprit sa route, tout droit. Ayant compris, Jean-Luc s’engagea, et roula jusqu’à la petite ville. Il stoppa pour demander son chemin, et quelques minutes plus tard, après s’être engagé sur une piste, se gara sur un parking.
Il prit assez d’eau cette fois-ci. Son sac sur le dos, il se mit à la recherche de ces fameux hoodos blancs.
Seul sur ce sentier sablonneux, au milieu d’un paysage lunaire, il laissa son esprit vagabonder. Il appréciait ces moments de pure solitude. Ils lui permettaient de se recentrer, et au bout de quelques minutes, les idées plus claires, les pièces du puzzle s’assemblaient généralement d’elles même.
« Que me veut-il ce type, que NOUS veut-il ? Nous tuer ? En dernier ressort sûrement… S’il nous a fait venir, c’est pour nous prouver quelque chose. Qu’il est le meilleur, que malgré le fait que nous l’ayons serré une fois, il restait le plus fort ? Oui. Il a dû reprendre ses anciennes activités, et ça expliquerai la présence de mes anges gardien. Ces gens doivent être victimes des agissements de l’autre. Pourtant, ils ont l’air nombreux et bien organisés. Qui sont-ils ?
En fait, l’autre se fout bien que je trouve ou pas les lettres. Il ne fait que gagner du temps. Son nom, je le connais forcement, je n’ai qu’à assembler les cases depuis le début. Ce type maîtrise la technologie. Son coup de force à LV, la caméra à LA… Il maîtrise aussi le terrain « caméra » pour avoir disséminé tous ces indices.
«Caméra ». Ce mot revenait sans cesse à son esprit, comme un leitmotiv. Qui connaissait-il capable de jouer avec des caméras ? En trente ans de carrière, ils devraient être nombreux ces petits as de la technologie. Non, pas si nombreux que ça, juste une poignée. Au bout du tunnel, une petite lumière s’allumait. Elle grossissait rapidement, et devint éblouissante. Il s’arrêta net. L’évidence. Ce n’était pas lui qui était en danger, mais Pascale. C’est elle qui en faisant parler le type avait permis son arrestation. Je ne suis qu’un faire-valoir, un jouet.
La conviction acquise il hâta le pas, et arriva aux pieds des hoodos blancs. Repérant le plus grand, il s’en approcha, en fit le tour, mais ne trouva rien. Se déplaçant légèrement, un reflet dans une petite broussaille attira son œil. Quand il découvrit la lettre, sa conviction devint une certitude. Le «C ».
11.30 am.
Big Water
Du réseau, il cherchait du réseau pour avertir le Boss. Il n’en trouva qu’un peu à Big Water. La discussion ne dura pas longtemps. Le boss comprit vite la nécessité d’agir rapidement. Si Jean-Luc avait raison, la vie de Pascale ne tenait qu’à un fil.
-Je te rappelle dans dix minutes, ne bouge pas.
-OK, j’attends ton appel.
Cinq minutes plus tard, Son téléphone sonna.
-1 jour, plus qu’un jour.
13.45 pm
Las Vegas
Quelque part.
Lorsque enfin le pied céda, elle poussa un ouf de soulagement. Depuis trois jours, elle passait ses journées à rogner le bois de la table, avec ce qui n’était maintenant plus qu’un petit bout de tige de fer. L’autre tringle, elle, était destinée à la lame. Les doigts rougis par tous ces efforts, elle continua tout de même sa besogne. Il ne lui restait plus qu’à enfiler la tringle restante au milieu du pied coupé. Et pour une fois, la chance fut avec elle. A peu près centré, un interstice dans le bois lui facilita la tâche. Y ficher la tringle fut presque un jeu d’enfant. Ah, si tout avait pu être aussi facile. Elle s’approcha de la réserve de nourriture, prit une pomme, et la croqua à pleines dents.
« 5 jours que l’autre est parti, il ne va pas tarder à rentrer. Méchante surprise mon coco !! De toute façon, ce sera toi ou moi. »