Jour 7 : A la découverte du mode de vie des indigènes
Aujourd’hui, c’est notre deuxième (et dernier

) jour complet en Amazonie et on peut faire la grasse matinée

, le départ pour notre première activité n’étant prévu qu’à 9h00.
Mais avec le bruit de la forêt, on est quand même réveillés vers 7h00

, donc je me prépare tranquillement et je vais me promener dans le lodge pour photographier quelques volatiles et insectes des environs.
Un aigle
Qui va ensuite prendre son envol
Après un bon petit-déjeuner, notre groupe embarque dans la pirogue. Nous avons 1H de navigation pour arriver au village d’une communauté indigène que nous allons visiter.
Un peu avant d’arriver au village, le guide nous fait arrêter car il a repéré de nouveau un Anaconda

dont une partie est visible. Pour lui c’est un mâle de 10-12 mètres.
On prend quelques photos mais le serpent ne vas pas sortir de son trou et on préfère ne pas trop le déranger

. On va ensuite accoster un peu plus loin, près de la maison du Chaman du Village.
Celui-ci arrive bientôt, mais le guide va l’attraper tout de suite et ensemble ils vont partir dans la direction où nous avions vu l’Anaconda. Je suis sûr que le guide lui a montré son emplacement pour qu’il revienne avec des hommes du village pour l’attraper et le manger.
Pendant ce temps, nous, on fait quelques photos de la hutte du Chaman et des environs.
Quand le Chaman revient, il va nous raconter en Quechua

– la langue du peuple Quechua (et non

je ne fais pas de la promotion déguisée pour des produits Décathlon), son rôle, son apprentissage et ses façons de procéder.
En résumé (son speech a bien duré 30mn, donc je vous livre la version courte

), il a étudié pendant 10 ans les plantes et les animaux de la forêt puis il a passé son épreuve d’intronisation. Celle-ci consiste à boire un puissant breuvage hallucinogène

, élaboré à partir de champignons de la forêt, et qui va le faire sortir de son corps pour « parcourir l’espace et le temps ».

Ce qui lui permet de rentrer en contact avec les dieux et les esprits de la forêt.
Le Chaman est le médecin du village mais pas le chef

. Il connait les plantes qui soignent et celle qui blessent. Le venin des animaux et leurs vertus médicinales. Il est capable de diagnostiquer la majorité des maladies (de la rage de dent au cancer

) et d’en soigner une bonne partie. Mais il ne réalise aucune intervention chirurgicale, il ne soigne qu’avec des breuvages ou des cataplasmes.
Ensuite, il va commencer à nous peindre le visage avec un pointe en bois et le fruit d’un arbre dont j’ai oublié le nom et qui donne des graines d’un rouge vif.
Le pigment rouge provient d'un fruit spécial
Pour info, il nous faudra 30mn de savonnage intensif le soir pour enlever les peintures sur le visage.
Ensuite, il va procéder à une cérémonie de recharge énergétique

.
Pour cela, il agite des feuilles d’un arbre spécial en prononçant des incantations en Quechua. Bon, j’avoue que je n’ai pas vraiment senti de différence entre avant et après, mais cartésien comme je suis, j’y suis allé un peu (beaucoup) sceptique.
La cérémonie terminée, nous prenons quelques photos avec le Shaman et celui-ci nous quitte pour se rendre au village d’à côté.
Nous ne tardons pas à rejoindre notre pirogue pour une courte traversée de la rivière vers le village de la communauté Quechua.
Au village, nous sommes accueillis sous une hutte par une mère (ou plutôt grand-mère) et sa fille.
Le village de la communauté Quechua
Les maisons des villageois un peu en retrait de la rivière
La hutte communautaire où ils prennent leur repas
Elles nous proposent de partager leur repas constitué de bananes plantain frites, de racine de yucca frites, de morceaux de canne à sucre et d’un … piranha péché dans la rivière devant le village.
Mais avant ça, elle nous propose un petit apéritif. Elle se met donc à couper à la machette des espèces de noix de coco
Pour en extraire …
une magnifique larve qu’elle s’empresse de partager avec nous

. J’avoue que là, j’ai passé mon tour

mais la majorité du groupe en a mangé

.
Après cet intermède gastronomique

, on se met à table, et j’avoue que tout était très bon, y compris le piranha.
Puis nous accompagnons sa fille pour aller chercher des racines de Yucca afin de confectionner un pain de Manioc.
Le Yucca, c’est cette petite tige qui sort du sol
mais quand on tire dessus, on fait sortir ses racines qui sont 3 à 4 fois plus grosses que la plante.
Elle va enlever l’écorce de la racine pour ne laisser que la partie blanche.
Nous retournons sous la hutte, pour laver les racines et les râper.
Puis la mère et la fille vont installer le manioc râpé dans un panier en osier qui va leur servir de pressoir en tournant l’extrémité avec un grand bâton.
Ensuite la poudre est tamisée.
Et enfin la poudre de Manioc est installée dans un grand récipient plat directement sur le feu, la fille va étaler la poudre en une fine couche bien homogène et attendre 3-4 mn pour la cuisson puis retourner la crêpe ainsi obtenue.
Et voila, le résultat final. Un pain de Manioc
Ensuite, il ne reste plus qu’à goûter et comme le guide a eu la bonne idée (ou l’expérience) d’amener de la confiture en sachet, la dégustation n’en est que meilleure.
Tout en dégustant, on questionne nos hôtes sur leur vie dans la forêt. La mère ne parle que le Quechua mais la fille parle bien l’Espagnol. Elle nous indique que le gouvernement Equatorien essaie de leur apporter l’électricité au travers de panneaux solaires mais surtout avec différentes lois qui ont sanctuarisé la forêt comme appartenant aux tribus qui y vivent et l’exploitation pétrolière y est sévèrement règlementée.
Il est bientôt l’heure de nous séparer de nos hôtes et nous rentrons nous reposer tranquillement à l’
hôtel.
Car le soir, nous avons le clou des activités en Amazonie, une marche dans la forêt de nuit.
Bon, oui je sais, vous allez encore nous traiter de fous ou d’aventuriers

, mais le pire c’est qu’on le savait avant de partir, ça fait partie du programme

de tous les lodges de la région donc on a pas d’excuse si on se fait mordre par un serpent ou piquer par un scorpion.
Bref, avant ça on est censé refaire un bain dans la grande lagune et voir le coucher du soleil, mais le temps est bien couvert et du coucher de soleil on ne verra rien.
En route vers la grande lagune sous un ciel couvert
Par contre, un fois la nuit tombée, on s’asperge de répulsif anti-moustique et on débarque sur le chemin « El Saladero ».
Il s’agit d’un petit sentier de 2.5 km A/R dans la forêt que tous les groupes doivent emprunter. Hors de question que chacun aille se promener où il veut

. Mais les programmes sont ainsi faits pour qu’il y a un minimum de groupes qui y vont chaque jour. En fait, on ne sera que 2 groupes ce soir-là.
On débarque, on allume nos lampes frontales et on commence à suivre le guide.
Au bout de 5mn de marche, celui-ci se met à tousser

et nous dit de nous arrêter. Il a avalé un moustique

et doit retourner à la pirogue boire de l’eau. Bref, on se retrouve tout le groupe, tous seuls, dans la nuit noire, au milieu de la forêt amazonienne en espérant que le guide daigne revenir

. On éclate tous de rire

devant la situation en prenant soin de garder la bouche fermée pour ne pas avaler l’un des millions de moustiques qui nous entoure.
Bientôt Darwin revient

et nous reprenons notre marche.
Encore une fois, tous les animaux que vous allez voir en-dessous, c’est le guide qui les a débusqués, ici sous une feuille, là sous un caillou, en fait il y a peu de chance qu’ils nous sautent dessus tellement ils sont bien cachés.
Nous voilà donc en train d’admirer des araignées, dont une que le guide mettra sur sa main, d’autres animaux étranges et ceux que je n’ai pas réussi à prendre en photo à cause du manque de luminosité (grenouilles, criquets, …)
En revenant sur nos pas, j’entends le 2ème groupe s’écrier « scorpion » en français

. Je m’approche et effectivement je vois leur guide qui tient un scorpion dans sa main puis qui va le lâcher sur le sol. J’ai juste le temps de prendre quelques photos, que celui-ci disparait sous les feuillages.
Ce fut un moment vraiment particulier. L'ambiance est spéciale avec ces nuées de moustiques ou moucherons qui sont visibles dans le halo de la lampe frontale, ces arachnides (scorpions et araignées) dont c'est l'habitat naturel et que nous venons débusquer, le noir complet en dehors de nos lampes... Ce fut un moment génial au final.
Malheureusement, les meilleures choses ont une fin et nous devons remonter dans la pirogue pour rentrer au lodge et prendre notre diner qui attend.
Pendant le repas, je taquine le guide en lui disant qu’on a vu tous les animaux qu’il nous avait promis de nous montrer

sauf … la tarentule

. C’est alors que le serveur qui passe à ce moment-là nous informe qu’il y a une tarentule qui chasse dans les feuillages du toit de la salle à manger

et nous montons donc au premier étage pour la chercher.
Effectivement, nous l’apercevons tranquillement tapie dans les feuillages en attendant de capturer sa proie.
Malheureusement, je n’avais pas le reflex avec moi et l’éclairage était largement insuffisant pour mon téléphone donc je n’ai pas de photo a vous montrer.
Ensuite, dodo car le lendemain c’est le départ pour Quito et la journée va être longue, longue, longue …
A bientôt pour la suite …