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Deux vadrouilleurs en vadrouille (+ invité) : l'Est

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Deux vadrouilleurs en vadrouille (+ invité) : l'Est

Messagepar isaleelee » Mar 4 Aoû 2015 13:18

Bonjour tout le monde

Depuis notre retour de notre roadtrip du mois d'octobre, je bûche sur mon récit pour :

1) le donner en lecture à ma mamie, qui est fan (histoire de lui donner de la matière j'ai du coup tendance à ne pas être avare en détails, digressions et autres pensées hautement philosophiques, vous êtes prévenus^^)

2) le publier sur roadtrippin, où je passe bien trop de temps à voyager par procuration pour ne pas tenter de vous faire voyager à mon tour ; quel plaisir de vous lire, d'admirer vos photos, de ricaner de vos péripéties, de profiter de vos conseils

Je n'ai pas eu l'occasion de puiser dans Roadtrippin pour cette destination mais depuis que je vous lis, je prends des tas de notes pour notre prochain voyage, fixé à l'automne 2016 : Chicago - Los Angeles par la route 66.

Merci pour vos infos, donc. Et bien sûr merci à Roadtrippin, notamment pour ses outils super pratiques qui sont vraiment épatants. :super:

Bon, allez hop, j'y vais
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Re: Deux vadrouilleurs en vadrouille (+ invité) : l'Est

Messagepar isaleelee » Mar 4 Aoû 2015 13:50

Image

Nombre de personnes : 3 (Majortom, Isaleelee - c'est moi - et l'invité : Colonel Kurtz (qui n'a de point commun avec ledit colonel que le patronyme et un modèle réduit d'hélicoptère sur la bibliothèque de son salon)
Période : du 9 au 23 octobre 2014
Point de départ : EuroAirport Bâle-Mulhouse
Point d’arrivée : Dulles International Airport (Washington)
Programme : côte Est (Caroline du Nord, Virginie, Virginie Occidentale, Maryland, Pennsylvanie)
Compagnie :

Compagnie : Air France (735€ par personne dont 28€ menu Lenôtre vol allée et 100€ option « siège plus » vols A/R) – billets achetés au mois de mai
Location véhicule : Hertz (250€ avec promo) + sur place 2 x $60 pour conducteurs supplémentaires (ce qui s’est révélé inutile vu que j’ai conduit pour ainsi dire du début à la fin mais en cas de pépin, malaise et compagnie du conducteur principal, c’est mieux de se couvrir)
Hôtels : 2840€ (1 chambre double + 1 chambre solo pour chaque nuit)

Etapes (prix = total pour 2 chambres) :
- Bartenheim, Le Lion Rouge (France) – 136€ (1 nuit)
- Herndon, Candlewood Suites (VA) - 133€ (1 nuit)
- Kill Devil Hills, Outer Banks Inn (NC) – 410€ (2 nuits)
- Morehead City, Hampton Inn (NC) – 179€ (1 nuit)
- Petersburg, Hampton Inn (VA) – 289€ (2 nuits)
- Harrisonburg, Hampton Inn (VA) – 366€ (2 nuits)
- Hagerstown, Hampton Inn (MD) – 305€ (2 nuits)
- Washington DC, The River Inn – 1017€ (3 nuits)
Réservations effectuées sur : Expedia (DC), le site de l’hôtel (KDH, Herndon) Booking (tout le reste)

Dépenses sur place (approximatives, il y a eu des failles dans les comptes en raison de tickets dispar... euh, mal rangés)
Parking : $10
Essence : $150
Repas (restaurant, supermarchés), pour 2 : $590
Musées, parc : $81
Souvenirs, petits achats, timbres, pour 2 : $175 (ne pas être intéressés par les outlets c’est la paix dans le porte-monnaie... malgré cela, ce que nous sommes raisonnables ! C'est désespérant.)
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Re: Deux vadrouilleurs en vadrouille (+ invité) : l'Est

Messagepar isaleelee » Mar 4 Aoû 2015 16:29

Près de trois ans sans voyage exotique... Pour Majortom et Isaleelee, il était temps d'avoir une conversation sérieuse ressemblant plus ou moins à ceci :

I : nomdidiou cette année on part, quoi qu'il advienne !

M : ok.

I : bon. Et on retourne aux US !

M : ok.

I : j'aimerais un troisième séjour à New York mais il y a tant d'endroits à découvrir alors je me fais violence et on vise ailleurs, d'accord ?

M : ok.

I : le grand Ouest c'est pas bon pour cette fois, on a que deux semaines et c'est trop court. La route 1 c'est pareil. Itou pour la route du blues... Alors go pour un petit roadtrip sur la côte Est.

M : ok.

I : Washington, les états limitrophes, la Caroline, la Virginie, le Civil War trail, tout ça ?

M : ok.

Majortom, à partir du moment où on lui dit ce qu'il a envie d'entendre, il n'est pas contrariant.

Je m'attèle donc à ce roadtrip que je monte de toute pièce ; j'aime ce "boulot" – je voyage sans bouger de ma chaise – et avec le net et quelques guides papiers, c'est vraiment facile.

Comme les fois précédentes, pour les vols nous choisissons Air France. Nous avons peut-être un brin de patriotisme qui nous pousse à leur donner notre fidélité, plus le fait que nous trouvons leur éco et ses prestations relativement vivables.

J'achète les billets début mai : 735€ l'AR Bâle-Mulhouse/Paris/Washington DC, sièges plus et option "menu à la carte" inclus. C'est pas mal même si en réservant une semaine plus tôt, j'avais mieux.

Je m'occupe de la voiture fin août en optant pour Hertz. Je me dis "maison sérieuse, bonne réputation". Et pourquoi s'en priver : notre séjour tombe en pleine période de promo et nous bénéficions d'une remise de 30%. Je choisis une Toyota Camry ou équivalent, un truc assez grand pour accueillir trois personnes et leurs bagages.

Mais avec eux, à un peu moins d'un mois du départ, la bonne blague : alors que je m'apprête à vérifier quelques détails du contrat qui nous lie, je m'aperçois que le numéro de dossier qui m'a été donné au moment de la résa est inconnu, de même que mon nom. Un message d'erreur s'évertue à apparaître et je n'ai accès à rien.

J'appelle. Après les questions d'usage toujours rigolotes (vous êtes certaine d'avoir réservé chez nous ? Vous êtes certaine de m'avoir donné la bonne référence ? Votre nom s'écrit bien Tralala-houti ?) et devant mon insistance, mon interlocutrice se décide à se renseigner et lorsqu'elle me reprend en ligne, est en mesure de m'expliquer le problème : l'agence que j'ai choisie (Hôtel Westin à Herndon, Virginie), a fermé ses portes une quinzaine de jours après ma réservation. Simplement, elle n'existe plus.

Ca me coupe la chique ! Qu'en matière de démarches administratives tout soit moins long et casse-tête aux US par rapport à la France, où la paperasse est reine, je veux bien le croire. Qu'en conséquence, fermer les portes d'un commerce soit moins fastidieux, bon, allez, okay. Mais enfin ils n'ont pas décidé, un soir en terminant le boulot, de refermer la porte pour ne jamais la rouvrir, si ? C'est l'impression que ça me donne en tout cas.

Les jours passent et au bout de quatre appels je tombe enfin sur le bon gars, le *gentil interlocuteur* qui ne se contente pas de me dire "j'appelle le siège pour une solution et reprends contact" sans jamais revenir vers moi. Celui qui réalise que notre départ c'est là, bientôt, tout de suite, ça urge quoi, faut se bouger. Les trois autres avant lui : nul, zéro pointé.

La pulvérisation de l'agence du Westin ayant entraîné avec elle l'annulation pure et simple du contrat initial (je comprends mieux, merci de me l'apprendre), il en génère un nouveau, mêmes conditions tarifaires, sans frais (ben encore heureux, hein).

Moi qui parlais de "maison sérieuse", je l'ai quand même un peu en travers. C'est vrai qu'en finalité, le changement n'est pas radical : au lieu de récupérer le véhicule à Herndon, nous le prendrons à Dulles. Mais partant du fait que la réservation avait été payée et ma carte bancaire débitée, la moindre des choses aurait été que l'initiative du contact vienne d'eux. Croyez pas ? Chais pas, chui peut-être trop naïve...

Comme si un seul truc marrant ne suffisait pas, alors que je découvrais la boulette Hertz est simultanément lancé le préavis de grève des pilotes d'Air France. A J-20, je ne m'en fais pas trop, nous avons de la marge. Mais la grève se confirme, dure et la marge se réduit : quotidiennement je vois notre vol 028 annulé et j'angoisse en consultant les avis d'Air France qui, sur leur site, conseillent les voyageurs de reporter leur départ. Ah oui mais non, je proteste !

Hertz, Air France, tout ces petits tracas finissent par rentrer dans l'ordre à J-5. Par leur faute nous n'aurons pas vraiment pu profiter de l'exaltation pré-départ mais enfin nous partons, c'est l'essentiel.

Image

Nous sommes du genre à ne pas penser systématiquement à immortaliser sur photographies ce que nous voyons. Ajoutez à cela quelques clichés tordus et autres images pas très nettes, plus des conditions météo dantesques (Thierry Adam sort de ce corps) et vous vous retrouvez avec un stock de prises de vue relativement limité. Mais je vais m'appliquer à couper mes blabla de trucs sympa à regarder, promis.

Aussi, je ne retouche que très peu nos photos, sauf si elles sont vraiment de travers ou qu'elles détiennent un réel potentiel mais caché sous dix couches de Picasa. Vous les aurez souvent brut de décoffrage.

Enfin, vous en trouverez quelques unes en mode Polaroïd, puisées sur le Net pour illustration et distinguées des nôtres par ce format (un peu superflu car évident mais je préfère prévenir).
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Re: Deux vadrouilleurs en vadrouille (+ invité) : l'Est

Messagepar Fred » Sam 8 Aoû 2015 12:19

:super: très beau démarrage !
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Jour 0 - jeudi 9 octobre 2014

Messagepar isaleelee » Sam 8 Aoû 2015 17:59

Merci Fred :clin:
Et comme c'est week-end (et que j'ai terminé de me battre avec la dimension des photos), j'ai enfin le temps de mettre la suite.

Check out : la maison (68), France
In ze middle, pensée du jour : ENFIN !
Check in : Hôtel du Lion Rouge, Bartenheim (68), France

Ce matin en allant travailler nous embarquons nos bagages avec nous et une fois terminée notre journée de boulot, sans repasser par la case départ nous récupérons directement le troisième larron et direction Bartenheim.

Notre premier vol (Bâle-Mulhouse / Paris) décolle demain à 6h37. L'EuroAirport est à 75 km de la maison et il y a parmi nous des angoissés du réveil matinal : en choisissant de nous faire dormir à l'hôtel, seulement 6 km de l'aéroport, je leur offre une bonne heure de sommeil supplémentaire. Et puis cela nous fait en outre nous sentir en voyage avant l'heure, sans être encore vraiment partis.

En bonus, le restaurant de l'hôtel a bonne réputation et lorsque nous quittons pour rejoindre nos chambres, la patronne nous salue d'un large mouvement de bras, nous souhaite bon voyage et nous dit à bientôt. Scritch scritch scritch : bonne adresse.

Nous sommes tout guillerets : demain après-midi, nous serons aux US !

A suivre :coucou:
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Jour 1 - vendredi 10 octobre 2014

Messagepar isaleelee » Sam 8 Aoû 2015 18:02

Check out : hôtel du Lion Rouge, Bartenheim (68), France
In ze middle, pensée du jour : allez les gars, go ! go ! go !
Check in : Candlewood Suites, Herndon (VA), USA

L'heure de ralliement était fixée à 5h20 mais c'était à prévoir : après une nuit pas terrible et de vaines tentatives pour me rendormir, je jette l'éponge et tombe du lit à 3h20. Si la journée va être longue ? Euh…

Enfin, qu'importe ! Aujourd'hui, Etats-Unis, nous revoici !

Tant qu'à faire, je profite allègrement de ma marge : savonnage, coiffage, maquillage et, attendant l'heure de sortir Majortom du lit, je surfe un peu, assise sur le couvercle des toilettes.

J'ai peu dormi mais pour l'instant je suis en pleine forme ! Plus tard, même Majortom parvient à s'extirper de son sommeil, à la bonne heure, sans tambours ni trompettes. C'est un exploit, croyez-moi.

A 5h20, le Colonel Kurtz toque à notre porte. Nous descendons dans le lobby sur la pointe des pieds, déverrouillons la porte d'entrée de l'hôtel à l'aide de la clé qui nous a été confiée la veille, nous la déposons sur le comptoir, jointe à celles de nos chambres, chargeons nos bagages dans la voiture et hop. Direction parking longue durée.

La pluie qui tombe depuis la nuit nous rend le service de cesser lorsque nous quittons la voiture et nous permet de marcher jusqu'à l'entrée du comptoir d'enregistrement sans nous faire saucer et ça, ben c'est bien.

Il y a plus de monde que ce à quoi je m'attendais, vu l'heure matinale, mais l'enregistrement s'effectue rapidement et nous voici en zone d'embarquement.

Nous arrivons à Roissy-CDG aux alentours de 8h00. Le vol s'est effectué aux horaires annoncés.

Image

Dans l'attente du grand départ, prévu à 11h05, nous passons le temps : boissons (que je choisis d'acheter au comptoir d'un Trucmachin doré ou Bidulechose croustillant, où la serveuse fonctionne en sous-régime, soit ¼ d'heure d'attente pour deux Pulco ; on a le temps je sais m'enfin, quand même…), cake aux fruits confits distribué dans l'avion précédent, petit tour aux toilettes, papotages, wifi, petit tour aux toilettes, attente, rechargement des appareils mobiles, petit tour aux toilettes (le Pulco, c’était pas une bonne idée). Le tout sous l'œil patient de l'A380-800, bel oiseau qui nous attend. Nous avons beau le connaître, nous sommes contents d’avoir affaire à lui.

Image

L'embarquement se met péniblement en marche, avec une heure de retard (nous ne saurons pas pourquoi) et nous sommes dans la file depuis vingt minutes lorsque nous entendons nos noms appelés, parmi d'autres, et sommes invités à nous rendre au comptoir situé près de la zone de contrôle des billets. On se regarde : on n'a rien fait, c'est pas nous !

Il s'agit en fait de se présenter aux hôtesses et de répondre à quelques questions relatives à l'option "siège plus" que, pour la première fois, nous avons achetée :
- parlez-vous français et anglais (ouaipe / yup)
- êtes-vous capable d'aider à l'évacuation de l'appareil en cas d'incident (sans doute mais je serais ravie de ne pas avoir à le vérifier, voyez-vous)
- êtes-vous certaine de ne pas dépasser le maxima du PTAC ?? (bon, non, je n'y ai pas eu droit mais moi, mon gros popotin et ma paranoïa avions redouté un truc équivalent, je l'avoue).

Je savais que ces questions pouvaient nous être posées mais j'avais imaginé qu'elles le seraient peut-être une fois à bord (et pourquoi pas une fois débarqués ? Réfléchis un peu, enfin !)
:humm:

Et puis voilà ! Enfin installés ! Attachés, organisés, dans les airs !

Image Image

Aujourd'hui, notre commandant de bord est une dame. C'est l'un des sujets sur lequel nous discuterons au cours du voyage avec le steward sympathique, assis face à nous lors des manœuvres. Il explique que les femmes pilotes se multiplient doucement mais qu'elles restent encore assez rares, surtout aux commandes de ce genre d'appareil. C'est un métier d'homme, ajoute t'il d'un petit air espiègle qui admet que lui n'y voit aucune objection mais que tous ne sont pas du même avis. Phallocrates !
:non:

Image

Le vol AF028 dure 8h15 et nous semble interminable. Malgré le confort ajouté grâce aux fameux "sièges plus", les bavardages avec notre steward qui nous donne quelques tuyaux sur DC, les distractions offertes sur nos écrans individuels, le succulent "Menu à la carte" que nous nous sommes offert (antipastis, merlu en croûte d'herbe sauce citronnelle, légumes, cantal et grappillon de raisin, entremet citron noisette : merci Lenôtre pour ces petites douceurs), malgré l'absence de perturbations, malgré notre exaltation provoquée par ce départ, j'ai beau aimer voyager en avion, non, rien à faire, je ne sais pas ce que j'ai aujourd'hui mais c'est tout bonnement in-ter-mi-na-ble ! Alors on passe le temps comme on peut.

Image

Comment parviendrons-nous à endurer le vol Los-Angeles / Paris lorsqu'il sera d'actualité, prochainement ? Chais pas, on s'en fiche, veux pas le savoir. Tout de suite, Majortom vient de m'apprendre qu'il reste plus de 4h00 de vol... Argh, des sels, un cordial, vite !

Et puis les heures s'égrainent et puis nous y sommes. Ou disons que nous sommes en train d'y être. Les passagers quittent doucement l'appareil, nous les laissons faire, tranquillement ; situés dans la queue de l'avion, inutile pour nous de trépigner. Le chef de cabine entame un message qui s'interrompt brusquement, on se regarde, en suspend, curieux d'ouïr la suite qui ne vient pas, un steward accuse l'émotion d'être responsable du couac, on pouffe, nous discutons encore un peu avec le PNC, la voie se libère, nous sortons à notre tour.

J'ouvre ici une parenthèse : les passagers de la Business devraient rougir de honte ! L'état de leur cabine, une fois le voyage terminé ? Comme si leur partie de l'avion avait traversé de violentes turbulences et pas la nôtre. Bon, c'est aussi le bordel en éco mais moins, je trouve, et les passagers éco ont des circonstances atténuantes, eux : ils sont beaucoup plus nombreux au m², pas évident de s'organiser dans ces conditions. Je dis "eux" car pour notre part, quand nous quittons nos fauteuils, en plus d'avoir profité de chaque passage des charriots pour nous débarrasser des déchets, c'est limite si je ne demande pas pelle et balayette histoire de laisser place nette. Mais la Business ? C'est vraiment l'esprit "de toute façon y'a des larbins qui suivent pour faire le ménage" et je trouve ça lamentable. Parenthèse refermée.

Depuis l'appareil jusqu'au terminal, nous sommes pris en charge par un "mobile lounge", véhicule de transfert hydraulique, sorte de salle d'attente ambulante, machin sur roues largué direct du Nostromo, où les derniers entrés que nous sommes peinent à trouver de l'espace. Please, don't cross the yellow line, folks... Je voudrais t'y voir ! Y'a plus de place ailleurs que sur cette goddammit ligne jaune, mon gars ! Car ceux du fond, ignorant tout de notre péril, ne s'entassent pas pour nous permettre de mieux nous imbriquer. Alors on rentre le ventre, on rentre les fesses, une jambe par ici, un bras par là, on s'accroche où on peut, ce n'est pas une partie de Twister, mais presque.

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Lorsque le véhicule accoste, finalement nous nous disons que toutes ces contorsions valaient bien cette peine (outre le fait que nous n'avions pas vraiment le choix) : derniers entrés mais premiers sortis et nous arrivons en tête à l'immigration. Les agents chargés de la besogne ont mauvaise réputation. Personnellement, je n'ai jamais eu affaire à un mal luné, tout au plus un pince sans rire, la première fois que nous avons débarqués à NYC. Celui qui m'accueille aujourd'hui me laisse comprendre qu'il parle un peu français, ou qu'il aime la France, ou les deux. Il est plus curieux que les précédents (vous voyagez seule ? Non ? Avec qui ? Le grand gars à lunettes, là-bas ?...) mais je ne me sens pas soumise à la question, c'est plutôt fraternel. Je m'abstiens quand même de prendre un air indigné lorsqu'il me demande de remettre mon pouce sur le scanner, qui a du mal à le lire parce que ma peau, à cet endroit, is a little bit rough... Mais alors ! C'est ainsi que l'on parle à une dame ? Ben je mets pas de gants quand je fais le ménage, je sais, c'est mal.

Baggage claim : une heure à poireauter ! Tout le crédit temps gagné à l'immigration, parti en fumée. Pas que nous soyons attendus, mais quand même. Enfin si, quelque part : nous sommes censés récupérer notre véhicule chez Hertz à 15h30 au plus tard. Je ne suis pas coutumière de la location de voiture, encore moins aux USA. J'ignore si les horaires annoncés sont respectés aussi rigoureusement que me l'a dit mon *gentil interlocuteur*. Mais à 15h, nos valises n'étant toujours pas là, je décide de partir en éclaireur, aux garçons de me retrouver à l'agence. Oui mais non. Les derniers agents de contrôle avant la sortie de la zone refusent de me laisser passer car je n'ai pas mon bagage. Je leur ferais bien remarquer que je pourrais parfaitement n'être là que pour 24h et que mon bagage cabine pourrait suffire alors. Mais outre ma réticence à l'idée de me faire embarquer pour rébellion, je suis consciente que ces consignes de sécurité sont nécessaires et loin de moi l'idée de les contester. C'est juste que, bon, ça ne m'arrange pas, quoi.

Je rebrousse chemin, l'endroit est immense, c'est tout bon pour la 1/2 heure de marche rapide quotidienne !

Les valises finissent ENFIN par surgir sur le tapis. Mieux vaut tard que parties à Chandernagor, si vous voulez mon avis.

C'est attelés à elles que nous passons prestement le point de contrôle d'où je viens de me faire rembarrer et pressons le pas vers la sortie. Je trouve d'ailleurs cette partie de l'aéroport plutôt brouillon, vieillotte, mal foutue, comme provisoire.

Les agences doivent être ralliées par navette et nous cavalons jusqu'à l'arrêt Hertz, où un bus s'apprête justement à partir. Pendant le trajet, un message vocal nous fait la réclame pour les prestations de la compagnie, indique aussi que seuls les clients Gold descendrons à l'arrêt prochain. Là, nous voyons l'ensemble des passagers délester le véhicule. Z'ont quand même pas tous la carte membre dans leur poche, c'est pas possible, z'ont pas le profil... Je m'enquiers auprès du chauffeur : oui, oui, tout le monde descend ici. Pourquoi ? On ne sait pas. En embarquant à la dernière seconde, nous avons dû louper cette cruciale information et je ne cherche pas à en savoir davantage. C'est finalement à la descente du bus que se fait le tri, par quelques gars qui nous interpellent. Gold member ? - No. Exhausted member !

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Si cela nous dit de profiter d'une opération et de voir la Toyota Camry remplacée par un SUV presque flambant neuf ? On dit pas non. Certes, nous ne savons pas encore que de tout le voyage nous ne comprendrons pas comment organiser les planches amovibles pour obtenir du coffre un espace hermétique, à l'abri complet des regards (le peut-on seulement ??) mais n'allons pas chipoter ! A nous la Nissan Rogue et son confort et puisqu'à la question "qui conduit ?" personne ne se précipite pour lever le doigt, Majortom s'y colle.

Dingue ! Nous sommes en voiture, et conduite par nous, hein, pas un taxi, un shuttle ou un métro, , non, une voiture avec rien que nous, sur une route américaine, avec autour des voitures américaines, des panneaux américains, du macadam américain, euh... des limitations de vitesse américaines aussi, fais attention, quoi !

Nous voilà partis pour l'aventure : 3,9 miles jusqu'à l'hôtel ! La distance n'est pas exaltante mais c'est malgré tout le moment de faire intervenir notre GPS sur lequel nous avons chargé la carte US, avant notre départ, et qui nous guide à bon port. Nous n'aimerions pas faire des heures de route aujourd'hui c'est certain.

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Le choix du Candlewood Suites était stratégique : à quelques centaines de mètres (faisables à pied) de la regrettée agence Hertz Westin, du bon côté géographique pour notre départ du lendemain (éviter d'avoir à nous diriger vers DC), grand parking, excellente notation sur TripAdvisor (ma bible), tarifs extra corrects. Nous découvrons les chambres, prenons une douche bien méritée, renonçons à l'option d'aller voir autour ce qu'il s'y passe et pour notre premier repas du séjour, les machins industriels sous vide du cupboard store feront l'affaire : depuis ce matin nous avons pris la voiture, un avion, une navette, un avion, un véhicule spatial, un bus, une voiture. Nous en avons plein les pattes. Manger ! Dormir ! Ghâ !

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A suivre :coucou:
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Re: Deux vadrouilleurs en vadrouille (+ invité) : l'Est

Messagepar blandinetcricri » Dim 9 Aoû 2015 10:48

Fred a écrit::super: très beau démarrage !


Tout à fait!

Au plaisir de lire la suite!





:coucou: Blandine
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Jour 2 - samedi 11 octobre 2014

Messagepar isaleelee » Dim 9 Aoû 2015 10:48

Check out : Candlewood Suites, Herndon (VA), USA
In ze middle, pensée du jour : vindieu, c'est la fête à la grenouille !
Check in : The Outer Banks Inn, Kill Devil Hills (NC), USA

Je me réveille pile à 3h20, comme la veille. Je ne cherche pas à me rendormir, je n'y arriverais pas. Nous sommes tombés raide hier soir vers 7:30 alors là, j'ai largement fait ma nuit. Et comme hier c'est dans la salle de bains que je profite de mon avance : scrub scrub scrub, splach splach splach. Je tente de ressembler à quelque chose. Ahem. Moui. Bon. Passons.
:hein:

Mais c'est quoi finalement ce chuintement que je perçois depuis que je suis levée ? Damned : il pleut à verse.
:snif:

A 6:00, fin prêts, nous descendons. Le Cupboard store est ouvert à qui veut, sans surveillance apparente (la réception est fermée en soirée jusqu'à 7h du matin). Stupéfiant ! Enfin nous, ça nous stupéfie en tout cas. Vous vous servez, déposez votre dû dans l'urne située dans la boutique et tchô. Aaah mais c'est ça qu'ils nous regardaient un peu bizarre hier soir, alors que nous leur réglions nos achats en main propre ? Ils étaient super sympa mais je sentais bien qu'il y avait de la perplexité dans l'air… Le gars s'est même trompé en nous rendant la monnaie (nous repartions quasiment avec plus de sous qu'en arrivant, pratique). Ben désolée braves gens mais en France il faut croire que nous sommes des voyous car votre système, là, ça ne marcherait jamais, on ne nous a pas inculqué ce genre de philosophie. Nous l'avions bien vue cette urne, hier, mais on s'était dit… Je sais pas ce qu'on s'était dit. Nous étions cuits, de toute façon. Manger, dormir, ghâ, vous vous rappelez ?

Je ne pense pas à regarder si, quelque part, une caméra observe les chapardeurs et quand bien même : vont-ils vous mettre le FBI aux trousses parce que vous avez piqué un beef jerky ? J'en doute. Les deux principes appliqués ici (comme dans certains parcs mais à ce moment je ne le sais pas encore) : honnêteté et confiance. Stupéfiant, je vous dis !

Inutile de vous dire que nous sommes bien élevés, que nous ne faisons pas nos français et que nous passons notre chemin. Nous n'achetons pas davantage, nous avons bu un café rapide dans la chambre et de suite n'avons pas très faim. Nous sommes surtout impatients de nous lancer, nous achèterons quelque chose en route.
Les affaires à bord, arrive la question cruciale : qui prend le volant ? Précisons ici que de nous trois, je suis la seule la nuit à jouir encore de yeux de lynx. Même de nuit quand il pleut des cordes et il n'y a pas à tergiverser. Je m'installe au volant, non sans une certaine appréhension. Les mirettes fonctionnent bien mais enfin, quand même : la nuit, la pluie, une voiture qui fait le double de la mienne, ce n'est pas ma première boîte automatique mais il faut que je me réadapte, un pays où je n'ai jamais roulé…

Après quelques hectomètres hésitants sur le parking, où mon test des freins est si franc que Kurtz, assis derrière, manque d'un rien de terminer sur le tableau de bord : je m'élance. Bon sang, ce qu'il pleut ! C'est bien ma veine. Si les 300 miles qui nous attendent sont arrosés de cette façon, ça ne va pas être comique, laisse-moi te le dire.

Stop #1 : Manassas.
Puisque la Guerre Civile sera le fil rouge du voyage, autant commencer par la ville où s'est déroulé le premier affrontement Nord / Sud. Le site, connu sous le nom de Bull Run, n'est pas loin. Mais il est encore très tôt, nous n'avons parcouru que 20 miles, tout dort encore et nous n'avons pas prévu d'attendre l'ouverture du National Battlefield Park.

Avec cette pluie qui ne cesse, la conduite est quand même bien pénible et nous décidons de nous arrêter quelque part et de patienter jusqu'au jour, qui ne tardera pas. Nous choisissons la bien nommée Lee avenue et stoppons. Tout est calme, nous discutons un peu. C'est tout bête, mais c'est magique. Nous réalisons un peu que, ça y est, le roadtrip c'est maintenant !

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J'ai bâti un itinéraire d'une longueur raisonnable pour nous permettre de flâner, éviter les autoroutes, passer deux nuits au même endroit si possible, prendre notre temps. A l'aube, après avoir tourné dans la ville, nous repartons et empruntons l'US route 17 que nous suivons jusqu'à Fredericksburg. La pluie nous colle aux talons et je me fais lamentablement dépasser par tout ce qui a deux roues et plus. Ouais mais moi je suis en plein apprentissage, alors prout !

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Stop # 2 : Fredericksburg
Breaking news : il pleut ! Les parapluies sont rangés bien au sec à la maison alors on saute d'un abri à l'autre ; difficile dans ces conditions de profiter du charme et les APN sont en berne. C'est pourtant l'une des villes les plus typiques parmi celles que nous traverserons mais nous la visitons négligemment, au pas de charge. Dommage. C'est frustrant.

Fréjusiens, fréjusiennes, un peu de vous quelque part en Virginie

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Alors que nous descendons les marches menant à Market Square, trois dames nous abordent et nous demandent si nous venons pour l'Historic Tour auquel elles participent elles-mêmes. Nous répondons que non. Suit la question "d'où venez-vous" et lorsque nous annonçons que nous sommes français, l'une d'elle redouble d'entrain : native du Vermont, elle a longtemps vécu dans le Maine avant d'aller, pour quelques années, s'installer en France. A Besançon ! 160 km de la maison (celle où sont restés les parapluies, malin) : ça c'est de la coïncidence !

L'une d'elles est guide et nous récite alors un inventaire des endroits à voir dans le quartier où nous nous trouvons : les maisons, les lieux, avec en bonus quelques détails historiques. Sympa, intéressant. Majortom et moi-même l'écoutons pendant que la dame de Besançon traduit en français pour Kurtz, en apparté.
Je regrette de ne pas avoir eu la présence d'esprit de prendre cet aimable trio en photo. J'ai le réflexe photo paresseux, c'est nul.

L'accalmie météo dont nous venons de bénéficier, le temps de cette rencontre, stoppe alors que nous nous relançons. Un bon morceau de route nous attend encore alors nous mettons un terme à cette première visible, plutôt bâclée.

Nous poursuivons notre chemin sur la route 17. Champs, forêts, prairies, Tappahannock et son Walmart : pipi ! Les Walmart, Food Lion et autres Martin's superstore, qui ne manquent pas, seront providentiels pour les envies pressantes. Nous en profitons pour acheter trois babioles pour midi. Toutes les caissières sont debout, même la petite mamie haute comme trois pommes qui occupe celle à laquelle nous passons. Elle nous fait de petits commentaires sur quelques uns de nos achats. Les Banana pudding rolls de Little Debbie sont ses gâteaux préférés, mais c'est normal, elle aime tout ce qui est à la banane.

Nous longeons la Rappahannock River mais impossible de trouver un endroit sympa pour déjeuner. Chaque fois des chemins débouchant tous sur des propriétés privées. Quand, au bout d'une route pentue, perdue dans la forêt, vous débouchez sur un terrain en vrac avec planté dessus une vieille bicoque un peu glauque et un panneau "private property - no trespassing – beware !", vous reviennent à l'esprit tout un cheptel d'ermites sociopathes dont le cinéma américain est grand fournisseur. Demi-tour ? Demi-tour.
:hihihi:

C'est donc sur le parking désert d'un funeral home (petite pensée pour la famille Fisher), au calme, que nous grignotons notre petit en-cas.

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Pastrami sandwich pour les garçons, fromage et chips pour le pilote. Oué. Bon. Je ne le sais pas encore mais trouver des snacks végétariens, chez Walmart et Cie, relève du défi. Sandwiches bourrés de viande, poulet frit, t'en veux, en v'là. On voit quand même qu'ils tentent d'orienter les habitudes alimentaires des autochtones en mettant fruits et légumes aux premières loges, dès l'entrée du magasin, et vous avez à profusion toutes sortes de crudités prêtes à l'emploi. Mais nous sommes aux US et le conditionnement ne correspond pas tout à fait à l'esprit snack : je cherche une petite salade pour mon déjeuner, pas trois kilos de carottes râpées. E'pi des crudités, j'en mange toute l'année quoi alors moi aussi j'aimerais bien grailler un truc qui me sorte de l'ordinaire... Mais je ne vais pas y passer la journée donc le Colby Jack sous vide est ce que je trouve de plus exotique, tout de suite.

Et au fait, ma p'tite dame ! Je ne suis pas contre une petite cochonnerie industrielle de temps en temps et moi aussi j'aime les machins à la banane mais là, les Little Debbie ? Pouuh, non ! Trop sucré, trop spongieux, trop chimique, trop yuk ! A côté, Brossard, c'est Ladurée.

Les miles derrière nous me permettent déjà de confirmer ce que j'ai lu de nombreuses fois sur les forums : conduire aux US, c'est le pied. Dans les grandes villes et leurs accès, le stress doit exister comme chez nous mais je n'aurai pas vraiment l'occasion de le vérifier. Pour nous, cette route que nous suivons, et malgré la pluie diluvienne, c'est le bonheur. Pas d'abruti pour se coller à votre pare-choc parce que les limitations, c'est pour les autres ou qui vous saute dessus alors que vous êtes sur le point de bifurquer. Le pays doit aussi avoir son lot d'excités mais je n'ai croisé la route d'aucun d'entre eux. J'ai lu aussi la remarque ironique d'un internaute, que je cite : "personne ne peut savoir si l'autre en face a ou non une arme dans sa boîte à gants et cette notion calme tout le monde". P'têt bien. En tout cas le résultat est là et j'en profite.

Je trouve aussi plus pratique la situation de leurs feux tricolores, à l'extérieur du croisement. Et le fait de pouvoir tourner à droite au feu rouge, quand c'est autorisé.

Bon, où en sommes-nous... Yorktown, Newport News, Chesapeake… Après des miles et des miles en pleine campagne, ce tronçon industrialisé est dense et très peuplé, avec ce que cela implique comme routes, circulation, bifurcations. Bénie soit l'invention du GPS ! Peu avant Moyock, nous quittons la Virginie, pénétrons en Caroline du Nord et la pluie redouble : même à vitesse maximale les essuies-glace ont du mal à suivre, je peine à voir la route. Je stoppe un moment sur le parking d'un hardware store, espérant que cela se calme.

Sauf que non. J'ai déjà pris des averses sur le pare-brise mais à la maison, ça dure 10mn et stop. Une averse, quoi. Ici c'est la mousson ma parole ! Et il devient vite évident qu'attendre ne sert à rien alors nous repartons. Plus qu'une cinquantaine de miles. Currituck, Barco, Grandy où j'avais prévu de m'arrêter à un farmer market (ben une autre fois, hein), Jarvisburg... Incroyable, la pluie s'intensifie encore. Je roule presque au pas, le nez collé au pare-brise. Des nappes de brume s'ajoutent à la fiesta et le crépuscule pointe son nez... Et pourquoi pas de la neige, tant que nous y sommes.

Et puis Point Harbor, qui marque notre arrivée sur les Outer Banks, Kitty Hawk et, enfin ! (lumière céleste sur un alléluia symphonique) : Kill Devil Hills !

Crotte de zut de flûte, je loupe l'entrée du parking de l'hôtel, de l'autre côté de la voie. Demi-tour, c'est là, hop, je me gare. J'en ai jusque là, up here, assez !

Cela fait un moment que nous ne sommes pas sortis de la voiture et avec le ciel gris, cette pluie dense et le vent qui s'est levé, machinalement nous nous attentions à une température plutôt basse. En fait, il fait chaud et moite. Note à nous-mêmes : se souvenir que cette Caroline du Nord est au Nord de celle du Sud mais qu'elle n'en demeure pas moins un Etat du Sud.

J'avais lu sur TripA un tas de bonnes critiques concernant l'hôtel que j'ai retenu pour les deux nuits à venir : petit établissement familial sympatoche, assez bien situé, propre, avec accueil extra. Ouais. Bof. L'accueil : je ne m'attendais pas à de grandes embrassades mais des Novotel m'ont réservé des welcome plus chaleureux. D'accord, je ne suis pas forcément super ouverte non plus, tout de suite. Mais nous bourlinguons depuis hier depuis Bâle-Mulhouse, c'est dire la distance parcourue, et je viens de me taper 500 kilomètres sous une pluie imbécile alors je dois avoir les trais tirés, les yeux là, une vraie sale tête et mon anglais pas complètement dérouillé, ajouté à la fatigue, me transforme en une masse monosyllabique. Mais mes monosyllabes sont courtoises et prononcées avec sourire alors hein, des efforts réciproques s'il vous plaît !

Admettons. Je suis un peu déçue mais c'est secondaire. Ce qui l'est moins, alors que nous entrons dans nos chambres : l'humidité est palpable et l'odeur de moisi va avec. C'est pas de bol parce qu'en retournant plus tard sur TripA, voir si de nouveaux commentaires avaient été entrés, il y en avait et s'attardant sur ce problème alors qu'au moment de faire ma résa, aucun ne l'avait encore mentionné. La chambre elle-même est tout petite, vieillotte, le mobilier itou. Comment ce boui-boui a-t-il obtenu d'aussi bons points sur TripA ? Feels like home away from home... Hello-ooo ! Y'a quelqu'un là-dedans ?

Certains me diront : quelle importance ? C'est un détail, tu ne passeras pas tes journées dans ta chambre, cesse de faire ta compliquée. Je ne suis pas d'accord. On ne fait pas qu'y dormir. On s'y repose, on s'y lave, on y déambule dans des tenues légères, on y mange parfois, bref, on y vit, même courtement. J'aime les hôtels, les découvrir, y loger. Je n'ai pas besoin d'un palace mais d'un truc propre, cosy et nous adaptons notre budget à ces exigences. Là je me sens coupable d'avoir entraîné mes compagnons de voyage, d'entrée de jeu, dans un truc moche et qui sent mauvais. En résumé, je boude.
:censored:

Mais allez, laissons de côté la déception, c'est les vacances ! Un brin de toilette et nous sortons en reconnaissance. Il fait nuit maintenant, on verra demain pour les photos.

A deux pas de l'hôtel : un Walgreens. La caissière nous demande si nous sommes Canadiens. Non. Français. Oh, not a lot of these around here. Elle ajoute qu'elle est désolée de nous avoir pris pour des canadiens, que c'est un peu comme une insulte, non ? Euh... non, à dire vrai et nous nous contentons de pouffer sobrement. Auraient-ils un contentieux avec les Canadiens, dans les parages ?

Nous achetons un petit remontant qui nous remonte une fois remontés dans nos appartements.

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Ce petit apéritif nous ouvre l'appétit. Nous nous mettons en quête d'un endroit où manger, à distance raisonnable (à pieds). Un gars du coin, en train de papoter avec la réceptionniste, nous conseille l'Outer Banks Brewing Station où il travaille et où, nous dit-il, ils se plieront en quatre pour nous servir de bonnes choses à manger - même pour les végés - et surtout à boire, notamment une Stout brassée maison qui lui met la mousse aux lèvres rien qu'en la mentionnant.

Quelques instants plus tard, nous poussons la porte de Five Guys. Quoi ?!? Ben si, vous avez bien lu. Après telle publicité, par quel prodige avons-vous préféré confier nos estomacs à un franchisé ? Je n'ai pas vraiment de réponse. Au moment où nous avons croisé ce jeune homme, nous avions déjà plus ou moins décidé que nous irions chez Five Guys. J'en entends parler régulièrement et je viens d'en faire la pub aux garçons en leur disant que leur hamburger jouit d'une excellente réputation, de même que leurs fries. Et puis on a chaud. On est crevés. Je ne sais pas ce que ces éléments viennent faire dans notre décision mais ce sont des arguments qui sont avancés au moment de trancher. On sera déçus, par-dessus le marché. Bien fait pour nous.

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Après ce repas roboratif, nous retournons tranquillement dans nos chambres respectives et je m'endors du sommeil du juste après avoir, comme il se doit, pesté contre l'odeur.
:grrrr:

A suivre :coucou:
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isaleelee
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jour 3 - dimanche 12 octobre

Messagepar isaleelee » Dim 9 Aoû 2015 17:05

Check out : sur place
In ze middle, pensée du jour : tout ça pour de la bibine ! Ils sont fous ces américains !
Check in : sur place

Mon réveil interne se manifeste à 5:30 (je retrouve déjà mon rythme quotidien ; à la maison, je me réveille toujours dans ces eaux là). J'entame une petite routine qui me suivra tout le séjour : une fois prête, je me fais un café, je vais sur le net, mets mes notes à jour, en attendant que les autres émergent et se préparent à leur tour.

Nous retrouvons Kurtz pour le petit déjeuner, qui n'est pas très bon (les bagels sont durs, les muffins collants, le cinnamon roll sec). Il est inclus dans le prix mais demain, on s'abstiendra.

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Après un dernier tour dans la chambre, lorsque je rejoins les garçons, descendus peu avant moi, Majortom est installé côté passager et le Colonel Kurtz bien calé à l'arrière. Okidoki j'ai compris. Ben, maintenant que t'as le coup de main... Et puis on sait que tu aimes conduire. Mais si tu veux qu'on prenne ta place, on peut, hein ! ... Mouais.

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La partie Nord des Banx et Roanoke island sont au programme et nous empruntons la route 12 vers Nags Head.

La plupart des maisons sont en bois et construites sur pilotis. Les ouragans passent dans le coin et quand l'un d'eux tape la région, tout est exposé, pas de reliefs, de l'eau de tous les côté ou presque, ça doit être sévère. Malgré l'étroitesse de ce bras de terre et la faible densité de la population, la route 12 est large, quatre voies très souvent, pour permettre une évacuation dare-dare si nécessaire.

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C'est assez déroutant : ces Outer Banks, en certains endroits, sont larges parfois d'un kilomètre à peine, l'Atlantique à notre gauche, les Sounds à notre droite, de l'eau, de l'eau, encore de l'eau mais nous ne la voyons pas. Aux dunes se succèdent des habitations, et puis des dunes, et puis des habitations, chacune faisant barrage à l'horizon depuis la route. Et à moins de tenter l'aventure en traversant la propriété privée d'un américain qui ne verra pas forcément votre intrusion d'un bon œil, les accès au rivage depuis la route sont assez rares.

Nous traversons le pont par-dessus le Roanoke Sound. Il y a un cadavre de mouette tous les cinq cent mètres, on est super mal à l'aise. Nous supposons que des rafales de vent les rabattent parfois vers les véhicules passant sur le pont, à moins qu'elles ne soient happées par les appels d'air, à moins qu'elles soient tout simplement stupides et n'aient pas encore compris que machine infernale + humain = run for your life ! Pauvres bêtes.

Nous ignorons Manteo sur notre route, que nous gardons pour plus tard, et furetons jusqu'à l'extrémité Nord de l'île. Un panneau nous indique l'accès à Fort Raleigh National Historic Site et nous le suivons. Au bout d'une belle route boisée, un très grand parking au milieu d'une forêt. Des toilettes publiques (go ! go ! go !). Un Visitor Center vaste et rutilant, des dépliants, des guides, de la doc en tout genre. Une logistique à grande échelle, comme savent le faire les américains, conçue pour accueillir un tas de monde, même si en cette heure matinale, hormis les deux bénévoles il n'y a pas un chat. Nous nous sentons observés et d'ailleurs nous le sommes. Bon, faisons fissa ! Hop un flyer ici, un flyer là, voilà voilà, a lovely day to you et zou ! Alors, y'a quoi à voir dans ce parc ?

Il est fait mention de reliques datant de la colonisation britannique, d'un jardin élisabéthain. Il est question aussi de vestiges de la Civil War et vu le nom du site, nous avons la naïveté de penser qu'une bâtisse militaire doit traîner dans le coin. Mais où, diantre, où ? Comment s'y rendre ? En pleine errance dans les bois, les rares chemins qui nous sont indiqués sont interdits d'une barrière. Des arbres, des buissons, des baies, des champignons, du végétal, une forêt, quoi.

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L'océan est proche mais là aussi, l'atteindre relève de l'entêtement, à croire qu'ils veulent le garder pour eux. Après quelques culs-de-sac, c'est par un vague sentier cerné de broussailles que nous y parvenons (faudrait un coupe-coupe… j'ai un couteau suisse, si tu veux).

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Nous passons un moment à profiter du paysage puis revenons sur nos pas, poursuivant notre recherche des mystérieux centres d'intérêt mentionnés sur notre flyer. Allant dans une direction qui ne nous mènera nulle part, nous croisons un couple, l'air égaré, que nous recroisons après avoir fait demi-tour et l'apercevrons encore à quelques reprises, avant de le croiser une dernière fois. C'est absurde…Eux et nous partageons le même œil lointain, la même mine hagarde et c'est sans doute ce qui pousse la demoiselle à s'adresser à nous, encouragée par l'échange d'un sourire vaguement perdu. Elle nous explique qu'elle a visité ce parc cet été, qu'elle l'avait trouvé enchanteur. Assez pour y revenir aujourd'hui, avec son compagnon. Mais qu'elle ne comprend pas, elle ne reconnaît rien, tout est si différent aujourd'hui. Eux aussi sont déconcertés par les barrières, les sentiers qui ne débouchent sur rien, l'absence totale de choses à voir ou à faire. Cela nous rassure soit dit au passage. La minute d'avant, nous étions en train de nous demander si quelque chose nous échappait ou si nous étions vraiment stupides.
:pprr:

Nous laissons là nos brefs compagnons d'infortune d'un ton ironique, nous souhaitons réciproquement bonne chance et nous retournons à la voiture.

Manteo est une petite ville côtière plutôt cossue. Joli boardwalk le long du port, mignonne jetée terminée par un petit phare, passerelles, rues proprettes, tranquilles et arborées. C'est la fin de matinée, il fait beau : promeneurs, ados à vélo, un groupe de mamans cyclistes elles aussi. Nous imaginons parfaitement les gens du coin venir ici profiter de leur dimanche après-midi, installés en terrasse devant une pâtisserie ou une glace.

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A ce propos, nous n'avons pas petit déjeuné ce matin et j'ai noté dans mon roadbook que Poor Richard propose d'excellents sandwiches. Ça tombe bien, nous trouvons l'endroit même sans chercher, il est sur notre chemin. Ça tombe mal, Poor Richard est fermé le dimanche. Tant pis. Nous nous baladons encore un peu et retournons à la voiture, pour affronter cette fois les périls de la nature. Direction : Alligator River National Wildlife Refuge.

Nous traversons le Croatan Sound et sommes momentanément de retour sur le continent. Le Visitor Center, situé à Manteo, étant fermé le dimanche matin, nous arpentons le refuge complètement au pif. Y vivent ours, alligators, tortues, serpents et autres bébêtes dépaysantes mais c'est dimanche pour elles aussi et nous n'en croisons aucune. Nous rencontrons en revanche une dame, en promenade, qui nous confirme que l'on voit souvent des reptiles barboter dans les points d'eaux alentours et que l'un d'eux avait manqué de peu d'occire son chien qui avait pêché par excès de curiosité et s'en était trop approché (Tic-tac-tic-tac "Tiens ? C'est quoi ce truc qui approche dans l'eau, là ?" Tic-tac-tic-tac "Ça a l'air marrant..." Tic-tac-tic-tac "Allons voir !")

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Nous n'avons toujours rien mangé, le temps passe et notre estomac prend les commandes. Nous décidons d'entamer la suite du programme en remontant vers le Nord des Banx. Puisque notre hôtel est sur la route, nous y faisons une halte réconfortante puis profitons du Kill Devil Hills Frozen Custard & Beach Fries, situé juste en face, pour calmer notre appétit. Le KDH Frozen Custard & Beach Fries est une petite gargote où vous passez commande à un guichet pour ensuite consommer dans votre voiture ou installés à l'une des deux ou trois tables-bancs disposées à côté, ce que nous faisons.

En retrait, nous consultons le tableau, puis je donne notre choix au petit rouquin apathique qui patiente, affalé sur l'appui de fenêtre. Veggie burger ? A pu. Smokin' Mississippi sandwich ? A pu. Sprite ? A pu. Et si tu nous disais ce que t'as, ça serait plus simple, non ? Au moins le pauvre Richard était clair et net : il était fermé, point, et ne nous a pas laissé l'occasion de saliver sur des trucs qu'on pouvait pas nous servir.

Les garçons se rabattent sur un Coney Island hot dog et puisqu'il y a de la barbaque dans tout je me contente de fries, très bonnes, et d'une double scoop frozen custard vanilla-banana excellente même si elle s'avère être une vanilla-vanilla (je soupçonne ce garçon d'avoir fait la bringue la veille). Elle reste excellente quoi qu'il en soit mais je m'en fiche partout, c'est hyper crémeux, ça dégouline de tous les côtés, c'est dramatique. Je comprends mieux. Après avoir passé ma commande, j'avais croisé deux dames qui s'en allaient, leur glace à la main, l'une d'elle avait rebroussé chemin pour prendre un stock de serviettes en papier et s'était confiée. As it's gonna be messy anyway...

Oui, j'ai été messy moi de même et à présent obligée de refaire un saut dans la chambre pour me laver les mains, les poignets. Ah, tiens ? Mon gilet, aussi. Dingue ! Heureusement, il n'y a que la route à traverser.

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Qu'est-ce qu'on fait ? On y va ou pas ? C'est la question que nous nous posons alors que nous passons devant l'entrée du Wright Brothers National Memorial. Aucun de nous n'est passionné d'aviation et, puisqu'il fait très beau aujourd'hui, ceux qui ne sont pas en train d'engloutir un cheesecake quelque part à Manteo se sont donnés rendez-vous ici, car c'est blindé de monde.

Une petite précision s'impose. Je ne sais pas si cela transparaît, à ce stade de l'aventure, mais au moins deux membres de notre trio sont des taciturnes un peu ours qui ne raffolent pas des grandes foules, enclins à rebrousser chemin dès lors que celui-ci s'avère trop emprunté.

Donc nope pour le Memorial (qu'on voit de la route en plus) et nous poursuivons comme prévu, direction le Nord de l'île et principalement la petite ville de Corolla.

Nous quittons la Croatan Highway, qui bifurque vers le continent à la sortie de Kitty Hawk, pour retrouver la paisible Route 12.

Paisible ? Ce matin peut-être, lorsqu'ils étaient tous occupés à faire la grasse matinée ou à bruncher mais à présent, les voitures sont nombreuses dans les deux sens. Et plus nous avançons, plus le flot s'intensifie. A l'approche de Duck, située à mi-chemin à peine, c'est encore pire. Sur la voie d'en face, ils sont pare-choc contre pare-choc. C'est quoi ce cirque ? On roule au pas. Et puis on finit par ne plus rouler du tout, ça vient de partout. L'heure tourne. Nous nous mettons à penser que si les conditions sont les mêmes plus loin, on va vraiment se faire suer.

A la première occasion, nous faisons demi-tour. Tant pis. Une autre fois la pointe de l'île et les chevaux sauvages de Corolla beach.
:snif:

En traversant Duck dans la direction opposée, une grande banderole nous permet de comprendre : c'est le jour du Duck Jazz Festival. Cette information, qui nous a échappée tout à l'heure, aurait été des plus utiles pour nous inciter à ne pas faire demi-tour et à poursuivre jusqu'à notre destination et ces foutus chevaux sauvages qui nous passent sous le nez. Si ça se trouve, y'a pas un chat là-bas !
:censored:
Pas question néanmoins de nous y recoller ; l'idée d'affronter ce flux congestionné nous refroidit. Pas vraiment moyen non plus de profiter de cet évènement local, puisque les autres visiteurs, qui affluent de tous les côtés, ne nous ont pas trop attendus pour se garer sur la moindre petite parcelle disponible.

Nous prenons lâchement la fuite face à cette situation harassante et décidons d'aller au hasard, là où le vent nous déposera.

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Ce qui m'épate chez eux, c'est la situation de certaines sépultures. Elles sont parsemées ça et là et la vie s'est développée autour.

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Après un saut chez Forbes Candies à Nags Head, spécialisé dans les saltwater taffies (et découvrir que j'aime pô ça), le vent nous dépose devant la boutique de Duck Donuts à KDH, dont les petites douceurs ont très bonne réputation. Oui mais voilà : fermé le dimanche après-midi. Fermé aussi le Kill Devil Grill où nous pensions aller pour le repas du soir (qui approche). Cela ne fait rien, nous nous rabattrons sur le KDH Frozen Custard & Beach Fries. Ils n'avaient pas grand chose mais c'était plutôt bon.

Comme nous sommes des estomacs sur pattes, que le petit hot-dog et les fries (et la messy frozen custard) de midi ne sont plus qu'histoire ancienne, nous faisons un tour dans la petite zone commerciale de à la sortie de KDH et découvrons le Fresh Market. Epicerie fine format grande surface, axée sur le bio, et je suis au bord de la panique : tout me donne envie ! J'ai un gros faible pour ce genre d'endroit, c'est beau, propre, minutieusement désordonné. C'est un peu l'équivalent du Wholefood, le bar à salades/soupes et la possibilité de consommer sur place en moins. C'est toujours curieux de voir un pack d'Evian ou de la moutarde Amora, produits si courants chez nous, être mis en avant dans les rayonnages, considérés comme des articles tendance et raffinés !
Avec Halloween et les fêtes de fin d'années qui approchent, ça sent la cannelle, la pumkin pie, on nous fait goûter un carrot cake tout chaud sorti du four, il y a citrouilles, coloquintes, anis étoilée, quelques cartes et décorations de Noël sont déjà exposées... Holy smokes, comment fais-je pour ne pas craquer ?

Bon allez, je craque un peu quand même et m'offre une petite barquette de sushis, histoire de tenir jusqu'au soir. Je m'interdis d'en manger depuis quelques années mais bon, hop quoi. Je suis en vacances et ils sont beaux, frais préparés du matin, c'est trop tentant.

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Nous avons pas mal roulé depuis le matin et les bouchons à Duck nous ont un peu avachis. Zou, la voiture au parking et zonons un peu à pieds dans les alentours. Auparavant, nous faisons une halte au Walgreens, histoire d'acheter l'apéritif du soir et c'est moi qui m'y colle. J'attrape un six-pack de Big Flats et me rends à la caisse. Ce n'est pas la même personne que la veille et la jeune fille à qui je m'adresse ce soir me demande une pièce d'identité. Sure, no problem... Euh, si, problème ! Qu'est-ce que j'ai fait de mon passeport ? Je farfouille dans mon sac tout en me liquéfiant. Alerte ! J'ai égaré mon passeport ! En plus, mince, la honte, je fais le coup de celle-qu'a-pas-l'âge-d'acheter-de-la-gnôle-et-qui-fait-croire-qu'elle-a-oublié-son-ID...

Explorer dix fois le contenu de mes poches ne servira à rien : je n'ai pas ce satané passeport. J'explique à la demoiselle que je suis à l'hôtel en face, que je m'en vais de ce pas mettre ma chambre à sac et que je reviendrai la voir. Sure, no problem... Elle met le pack de côté, je sors. J'explique aux gars. Je me dis que finalement, plutôt que de revenir, l'un d'eux n'a qu'à finaliser l'achat et Kurtz s'en charge. Tente de s'en charger, plutôt, car la demoiselle, voyant qu'il est avec moi, refuse. Il a bien son passeport (lui) mais après le coup du celle-qu'a-pas-l'âge-d'acheter-de-la-gnôle-et-qui-fait-croire-qu'elle-a-oublié-son-ID, j'entre à présent dans la catégorie celle-qu'a-pas-l'âge-d'acheter-de-la-gnôle-qui-y-envoie-son-grand-frère et elle ne veut rien savoir. Tout ça pour six malheureuses bibines (et entendez bien qu'on ne parle pas de Kasteel Triple ici, hein) ! Un bonbon Mon Chéri est plus fort en alcool, puritains que vous êtes !

Je pourrais commencer à la trouver agaçante mais pour l'instant, c'est mon passeport que j'aimerais trouver alors nous abandonnons l'affaire et je fonce dans ma chambre.

Je ne sais pas à quel moment je l'ai posé sur le lit, peut-être lorsque je suis remontée pour mes ablutions après le vanilla-vanille frozen custard extravaganza, toujours est-il que c'est là qu'il m'attend. Faudrait vraiment que je sois plus attentive, on n'a pas idée d'être tête en l'air comme ça.

Cet épisode exaltant m'a donné soif et c'est soulagée d'un grand poids que je m'en retourne au Walgreens, récupérer mon six-pack. Tiens, le voilà mon passeport, contente ?

Comment ça, tu veux voir mon visa...?

I beg your pardon mais j'en ai pas de visa, j'en ai pas besoin. Je suis française, touriste, je suis là pour quinze jours, pas six mois, je ne suis ni étudiante ni demandeur d'emploi.

Une autre demoiselle, amie ou collègue, qui se tient juste à mes côtés et assiste aux débats, confirme à cette petite ce que je viens de dire mais rien à faire, ce bourriquet veut un visa. Puisqu'elle ne maîtrise pas les formalités douanières, je tente le bon sens : tu penses bien que si j'avais cherché à pénétrer aux US sans visa alors qu'il m'en fallait un, je ne serais pas là en train de te dire que j'en ai pas besoin. D'autres avant toi l'auraient déjà requis, vraisemblablement. Non ?

Non. A ce moment, ses bières, je pourrais renoncer, lui dire de s'y noyer et partir mais je me découvre entêtée, pis j'ai le droit d'avoir gain de cause. J'insiste. Je vois bien qu'elle est embarrassée, elle est toute jeune, si ça se trouve elle travaille ici depuis peu et applique le règlement à la lettre. Je lui suggère de se renseigner et elle décide alors de demander conseil à sa chef, qu'elle appelle par téléphone mais ne parvient pas à lui mettre la main dessus. J'hésite entre m'agacer ou me mettre à rire.

Elle charge une employée qui passe par là de localiser la patronne. Quelques instants s'écoulent et puis une voie divine s'élève par-dessus les rayonnages et lui dit que non, elle n'a pas besoin de visa la dame, elle est française, seul suffit le tampon d'entrée sur le territoire. Ah ! Alors ! Tiens, le voilà mon tampon, contente ?

Comment ça, tu ne trouves pas ma date de naissance ?

Jusque là c'était de l'excès de zèle un peu maladroit. Maintenant, c'est ridicule (mais j'ai toujours autant envie de rire). Allez, je fais ma isaleelee courroucée ; je mets mes poings sur mes hanches et lui offre ma mine la plus stupéfiée : tu crois vraiment que j'ai moins de 21 ans ? Je suis une vieille femme, nom d'un chien !

J'entends un gars derrière moi répondre I wouldn't say that et c'est à cette minute seulement que je m'aperçois qu'une petite file de trois ou quatre personnes s'est formée et qu'elles assistent paisiblement à tout ce carnaval. Je gratifie d'un sourire l'auteur de la remarque et m'en retourne à mes moutons, en soulignant du doigt sur le passeport l'endroit où se trouve la date de naissance et ça y est, enfin, le dernier verrou saute. Je récupère le pack, je dis à la demoiselle que je me rappellerai de cette anecdote et je m'en vais.

Quand je raconte le truc aux garçons (qui commençaient vaguement à s'inquiéter du temps que je prenais), ils sont pliés. Ben puisque c'est comme ça, la prochaine fois, vous irez vous-mêmes. Maintenant, allons boire pour oublier !

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Dans la foulée, gniiiiiii, nous nous rendons compte que le KDH Frozen machin est fermé le dimanche soir (calme-toi isa, calme-toi) et qu'il nous faut un plan B. On ne sait pas davantage pourquoi nous décidons de retourner chez Five Guys (y'a des trucs comme ça qui sont inexplicables, faut pas chercher) mais c'est bien là que nous allons.

C'est plus calme encore que la veille. Le seul à mettre un peu d'animation, c'est le petit jeune qui attend sa commande en se servant de la fontaine à boissons comme d'un jeu d'arcade : dans son gobelet il mélange Sprite orange, Sprite citron, Dr Pepper, encore un peu de ci, une lichette de ça... Je suis dubitative. Les sodas je les aime à petite dose mais après tout, chacun sa fantaisie. Y'en a bien qui parlementent dix minutes pour un pack de petite bière plutôt que de renoncer et d'aller en acheter dans le superstore d'en face.

Vindieu cette odeur !

C'est grosso-modo le mot de la fin pour cette dernière nuit à Kill Devil Hills. Demain nous reprenons la route vers notre prochaine étape. Nous aimons bien cette ville, ses alentours, les caissières hautes en couleur de son Walgreens et nous la quitterons avec regret. Mais l'hôtel et ses chambres et leur humidité enveloppante, non merci.

A suivre
:coucou:
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isaleelee
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Jour 4 - lundi 13 octobre 2014

Messagepar isaleelee » Lun 10 Aoû 2015 14:15

Check out : Outer Banks Inn, Kill Devil Hills (NC)
In ze middle, pensée du jour : Chicamacomiquoi ??
Check in : Hampton Inn, Morehead City (NC)

Ca y est, nous sommes en route. Comme prévu nous avons fait l'impasse sur le petit déjeuner. Après un arrêt minute au Fresh Market pour le panier de midi et des grignotages pour tout de suite (bagels au fromage, muffins, boisson au thé et soja vanille), c'est reparti.

Le temps est idéal : il fait sec, chaud (pas trop), grand soleil avec une bonne brise pour ventiler tout ça.

Saut de puce #1 (10 miles)
Parce qu'il y en a une qui a eu l'idée futée de boire deux cafés ce matin, à peine lancés, il faut s'arrêter : pipi ! Soit. De toute façon nous voulions voir à quoi ressemble Jennette's pier alors autant commencer par visiter ses toilettes. Chose faite, je nous prépare d'emblée la prochaine halte en achetant une bouteille de lemonade dans la boutique du pier. A la caisse, un petit jeune calibré 100% surfer (tout sec, tout bronzé, tout blond) me demande d'où je viens et se met à me parler dans un américain chewing-gum, quelque chose de terrible.

Pourtant je suis à l'aise avec l'anglais US mais celui-là, je peine à le décrypter. Pis je ne m'attendais pas à ce qu'il se mette à papoter et la surprise me fait perdre mes moyens. Ici vous vous demandez "on ne lui parle que sur rendez-vous à celle-ci ou quoi ?" Non. Mais bon, je suis prise au dépourvu, ne chinoisons pas jusqu'à Noël
:hihi:

Le tiroir cérébral contenant mon dictionnaire anglais / français finit par se décoincer. Mon surfer me raconte qu'il n'était jamais en France, qu'il aimerait bien découvrir Paris un de ces quatre, et toutes ces sortes de choses. Je suis d'humeur lobotomisée et ne trouve hélas rien à ajouter ; je me contente de balbutier quelques onomatopées avant de ponctuer d'un sourire poli, de lui souhaiter bonne journée et de quitter la boutique, penaude. Conversation constructive ? [ ] oui / [x] non.

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Sur le ponton sont exposés plusieurs panneaux expliquant l'ouragan responsable de gros dégâts dans la région, en septembre 2003, le plus sévère depuis Agnes, en 1972. Partie de la côte africaine, la tempête se transforma en ouragan de catégorie 5, réduit à catégorie 2 au moment où il frappa la Caroline du Nord et plus particulièrement les Outer Banks, si exposés. Hatteras Island fut coupée en deux, submergée par les eaux. Dans la région de l'Albemarle Sound, un arbre sur trois fut mis à terre et 700.000 foyers privés d'électricité dans l'Etat. L'ouragan se déplaça ensuite vers la Virginie, le Maryland, mis dans l'eau les pieds des gens à DC, Baltimore, Annapolis et termina de faire son mariole au Canada, non sans avoir, au passage, décoiffé les habitants des Etats du New Jersey, de New York et du Maine, notamment. Les Isabel sont impitoyables...

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Notre brise à nous, aujourd'hui, est juste suffisante pour rendre presque agréable cette chaleur moite que nous avons trouvée en arrivant dans la région et notre cheminement se poursuit en pointillés vers le Sud des OBX. Nous aimerions tout voir et avons un bon morceau de journée devant nous mais aussi un bon bout de chemin, avec un impératif horaire en fin de course.

Seule une route relie les Banx au continent : la Highway 158 par laquelle nous sommes arrivés avant-hier, qui descend brièvement vers le Sud, devient la Highway 64 à hauteur de Manteo (la ville de Poor Richard et de ses sandwiches qu’on n’a pas pu goûter, grrrr) où elle retourne dans les terres.
Partant de là elle pourrait nous mener à destination au long d'un parcours en arc-de-cercle d'environ 200 miles mais comme nous allons l'arpenter en partie demain, en remontant vers Petersburg, il ne présente aucun intérêt aujourd’hui. Et puis surtout nous sommes ici pour longer les Banx d'un bout à l'autre. En conséquence, une fois atteint l'extrémité Sud de l'île, un seul moyen de la quitter : le ferry. Il n'y en a que quatre dans la journée et j'ai choisi la dernière traversée, à 4:30pm, histoire d'avoir la plus grande latitude. Mais s'agit pas de lambiner quand même. Si on le loupe, on est marron, bloqués sur les Banx jusqu'au lendemain, sauf à parcourir toute la route en sens inverse + les 200 miles susdits. Ca met un peu la pression quand même.

Saut de puce #2 (7 miles)

Le phare de Bodie Island est situé côté Inner Banks, sur le Pamlico Sound, et le rivage n'est pas bien loin. Mais ici tout est ultra plat et d'en bas, de là où nous nous tenons, il donne un peu l'impression d'être planté en pleines terres, au milieu de nulle part. Cela ne l'empêche pas d'en jeter d'autant qu'il est rutilant, rénové il y a peu. Pour la petite histoire, deux autres phares l'ont précédé ; le premier, érigé plus bas, en un endroit aujourd'hui immergé, fut abandonné car bâti sur de mauvaises fondations. Le second fut détruit par les Confédérés, battant retraite, craignant de le voir transformé en poste d'observation par les troupes de l'Union qui leur cavalaient au train.

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Saut de puce #3 (10 miles)

Nous venons de traverser le Herbert C. Bonner bridge (4.3 km) qui enjambe l'Oregon Inlet. Ah oui, au fait, j'oubliais. Une autre routine s'est installée : Majortom occupe le côté passager et est chargé du GPS pendant que le Colonel Kurtz, à l'arrière, gère les cartes routières. Et moi, je suis au volant. Ma casquette de pilote ne me déplaît pas, même si je peux moins qu’eux profiter du paysage.

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Nous nous garons à l'ombre d'un mobile home géant, sur le petit parking du Pea Island National Wildlife Refuge. Nous avons croisé quelques-uns de ses semblables depuis ce matin. Ma mère avait un camping-car quand j'étais enfant/ado et c'est un mode de voyage que j'aimais, je ne connaissais que celui-là d'ailleurs, à peu de choses près. C'était bien sûr un véhicule de taille beaucoup plus modeste et les modèles plus gros me faisaient rêver. Aujourd'hui je préfère l'hôtel. Mais si j'avais les moyens de m'offrir un pareil engin, je n'hésiterais pas.

Kurtz a pris de l'avance et avec Majortom, nous nous dirigeons vers le chemin menant aux étendues du refuge lorsque je remarque une vieille dame, qui regarde dans notre direction et semble nous adresser un sourire. Je le lui rends par réflexe, me doutant bien que nous ne sommes vraisemblablement pas les bons destinataires mais la minute d'après, elle nous rejoint et entame la conversation.

Je sais que les américains sont très ouverts, beaucoup plus que les français renfrognés que nous sommes mais à ce point, quand même, c'est remarquable. Que peut bien pousser cette gente dame à venir vers nous, choisis au hasard et, de façon si spontanée, se mettre à faire la causette comme si nous nous croisions tous les samedis au drugstore ? C'est déconcertant. Et touchant avant tout.

Elle nous raconte qu'elle vient en vacances sur les Banks depuis des années, qu’elle loge en location à Hatteras et qu'on y trouve un tas de belles choses à voir. Que le Pea Island Refuge est un lieu réputé pour l'observation des oiseaux. Que la mare à l'entrée du parc est habitée par une colonie de tortues qui rappliquent dès qu'elles entendent des pas sur la passerelle qui traverse le point d'eau. J'en profite pour demander s'il fait toujours aussi lourd ici, à cette époque de l'année. Elle nous dit que non mais qu'un ouragan tournicote actuellement sur l'Atlantique Nord, que pour l'instant on ne sait pas encore s'il va se diriger vers le littoral américain ou plutôt aller mettre la pagaille du côté des Bermudes (c'est cette seconde hypothèse qui obtient visiblement sa préférence). Elle nous conseille d'écouter régulièrement la station de radio météo.

Moi, ça m'impressionne un peu. Notre pays n'est pas vraiment célèbre pour ses tempêtes ébouriffantes dégénérant en ouragans et lorsque je lui dis que nous sommes français, et pas du tout habitués à ce genre d'alerte, elle se penche vers nous et nous offre à chacun un gros hug.

On va tous mourir, hein, c'est ça ?
^^

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Avant de repartir nous faisons l’incontournable petit tour dans le giftshop où quelques babioles retiennent mon attention. Le bénévole à la caisse est un petit vieux sympa mais il faut du 2 à l'heure et ne sait vraisemblablement pas se servir du terminal à cartes bancaires. J'ai préparé mon liquide mais les trois jeunots devant moi paient leur boisson par CB et passé une bonne dizaine de minutes, alors que le calme olympien dont nous faisons preuve est au bord de l'implosion, une autre personne surgit d'un bureau mitoyen et prend les choses en main. Ah, ma bonne dame ! Venez que je vous embrasse.

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Saut de puce #4 (8,6 miles)

Le petit musée des services de sauvetage de Chicamacomico qui est sur notre route et où nous venons de stopper ne retient pas tous les suffrages. C'est une visite guidée uniquement et avec Kurtz qui ne comprend pas l'anglais, c'est un peu embêtant. Nous n'avons pas trop le temps de nous attarder non plus. Nous nous contentons donc d'un coup d’œil aux alentours, giftshop et hop.

Saut de puce sous caféine # 5 (24,6 miles)

A l'instar de celui de Bodie, le phare de Cape Hatteras semble loin de toute activité maritime. Si nous y montions, nous verrions bien que le rivage est tout près, moins d'un mile. Mais l'endroit doit jouir d'une certaine célébrité car il y a du peuple, des familles, des cars de petits vieux et ils sont nombreux à paraître fermement décidés à gravir les 257 marches les séparant du sommet. Bof. Nous pas. Le plan queue-leu-leu ne nous emballe pas. Pis y'en a au moins un à avoir le vertige. Pis je veux aller au giftshop. J'y achète des marque-pages et quelques cartes postales à une brave dame qui me demande si je suis canadienne. Again : nope. Ils m'ont l'air un peu cernés par les canadiens, dans les environs.

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Saut de puce #6 (13,2 miles)

La traversée de l'Ocracoke Inlet se fait par ferry dont le terminal est situé à Hatteras. Ce n'est pas encore THE ferry que-si-tu-le-loupes-t'es-donc-marron : le trajet est plus court (40mn), gratuit et les rotations plus nombreuses. Il est midi passé, nous sommes en début de file n°4, un bateau vient juste de partir, nous avons le temps de déballer notre panier garni made in Fresh Market. Les garçons poursuivent leur quête du meilleur pastrami de la Caroline du Nord et pour ma part, je fais un crochet mouvementé en mer Egée grâce à un wrap à la grecque extravagant, presque aussi messy que la frozen custard de la veille.

Mais la présence dans la file d'attente d'une grappe d'imposants camions de chantier perturbe l'ordre d'embarquement tel que nous l'imaginions. Pour limiter la charge, chaque ferry n'en porte que deux, les véhicules légers sont alors appelés pour remplir l'espace restant et nous profitons déjà du prochain départ. J'ai juste eu le temps de faire un saut dans le coin toilettes du terminal, histoire de me rafraîchir les mains après mon aventure avec le wrap.

A vol d'oiseau la distance entre les deux ports est assez courte mais le bateau doit faire un détour important, les eaux étant peu profondes.

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Le vent est tombé, ça tape, le temps est calme même si l'horizon est très sombre sur notre droite et nous paraît bien tourmenté.

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La plupart des passagers reste dans leur voiture ou à proximité, ce que nous faisons nous aussi, à l'exception de Kurtz qui s'en va vadrouiller. Nous mangeons notre barquette de fruits frais que nous avions pris pour dessert.

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Saut de puce #7 (13,5 miles)

Lorsque nous débarquons à Ocracoke Island, les dommages collatéraux de la météo chargée que nous observions plus tôt se joignent à la partie. Nous étions tout content de notre bon timing et à l'idée de mettre à profit les trois heures restantes pour explorer plus à fond cette dernière partie des Outer Banks avant notre retour sur le continent. Ben tiens. Dire que cette région est très arrosée est un euphémisme : dès les premiers miles et tout au long de la route 12 jusqu'à Ocracoke, le déluge s'abat sur nous une fois de plus. Mais crap à la fin ! Alors oui c'est dépaysant car c'est une pluie au look tropical, très abondante sur fond de ciel bleu et enveloppée de chaleur mais dans ces conditions, la visite est... euh... à l'eau ! Nous sommes déçus car la ville est assez mignonne et nous étions sur le point de visiter notre troisième phare sur les quatre des Banks (celui de Currituck ayant échappé à notre vigilance) mais non, inutile. Je savais bien que j’aurais dû prévoir une nuit de ce côté-ci de l’ile mais j’avais galéré dans mes tentatives d’y trouver un hôtel et fini par laissé tomber.

Nous décidons donc d'abandonner la visite, trouvons l'embarcadère du ferry, passons le contrôle des réservations et attendons. Papotages, observation de la faune et de la flore, des autochtones, des véhicules autour de nous, leurs passagers et de la petite troupe de canards qui vient de surgir, traverse les trois files de voitures en se dandinant et s'en va profiter d'une imposante flaque, formée entre la chaussée et le trottoir, assez longue et profonde pour lui permettre de barboter allègrement. Même leurs flaques d'eau sont XXL !

La pluie cesse dès les premiers instants de l'appareillage et tout autour de nous irradie de lumière. Tant mieux pour les instants à venir mais big crotte pour ceux passés ! Bref, tant pis.

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Ce ferry est bien plus imposant que le précédent et c'est normal, la traversée est bien plus longue : 2h40 ($15 trois personnes + la voiture, ça c'est du tarif !). Pour autant, ce n'est pas la grosse machine qui vous transporte d'un côté à l'autre de la Manche avec boutique, restaurant, bar et duty free. Si vous n'en profitez pas pour piquer un roupillon dans votre voiture vous avez les halls passagers, leurs banquettes, leurs tables, des toilettes, de grosses cafetières en self-service, quatre distributeurs automatiques dont deux de boissons. Tiens, d'ailleurs parlons-en, de ceux-là ! Je me prépare à profiter confortablement de ce moment de voyage et décide de m'offrir un Dr Pepper. Les garçons se prennent Coke et Sprite à l'appareil de gauche mais lui, du Dr Pepper, il n'en a pas. Je m'adresse donc à son copain de droite auquel je donne son dollar ; j'en profite pour me débarrasser de ma petite monnaie. Chkling, chkling, chkling, re-chkling et encore chkling et hé mais ho ! Je suis à $1,50 et je n'ai toujours rien en échange ? Je presse ici, je presse là, mais non, rien, nada, bupkus, zilch ! Malhonnête !
:hihihi:

Je bougonne une minute puis oublie cette scandaleuse extorsion de fonds. Nous passons à proximité d'une petite île, couverte d'oiseaux. Ils sont un peu loin mais on devine des cormorans, des pélicans. C'est beau. C'est aussi notre dernier morceau de terre ferme. Devant nous, c'est le large.

Kurtz repart de son côté en mission solo. Il faut chaud. Très chaud. Trop chaud. Avec Majortom, nous préférons dans un premier temps rester à l'intérieur, profiter de la vue par les grandes baies vitrées et du confort de la climatisation. Le bateau est loin d'être rempli, la traversée est super calme et le temps lumineux. Je prends quelques notes pour mon roadbook. Nous observons les gens, leurs attitudes, leur décontraction.

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Nous constatons que le senior dynamique, dont la voiture était garée devant la nôtre alors que nous attentions pour embarquer, qui nous suit ou nous précède depuis, et que nous avions repéré car très american type, est venu se poser non loin de nous avec sa petite équipe et jouit de façon apaisante de cette petite croisière.

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Et lui, là ! Regardez un peu celui-là...

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Nous l'avons repéré alors qu'il n'était encore qu'un point arrivant vers nous, côté proue. A présent nous le distinguons et sommes prêts à profiter de sa brève compagnie, le temps pour lui de nous croiser. Finalement : non. Nous nous tenons devant les fenêtres, sur le flanc droit, et c'est exactement à cette hauteur, à notre hauteur, qu'il fait demi-tour, se met dans le sens de notre marche et nous escorte pendant trente secondes, intrigué sans doute par notre mine admirative et quelque peu béate. Et puis il s'en va.

Rassemblement des troupes, tous à vos montures ! Nous sommes sortis sur le pont pour profiter des derniers instants de cette traversée (mince qu’il fait chaud) et sur le point de rejoindre la voiture, ce qu'ont déjà fait presque tous les passagers. Tout d'un coup, nous apercevons un gros machin sauter hors de l'eau. Hé ! T'as vu ? C'était un dauphin, non ? Hein que c'était un dauphin ! Mais oui c'était un dauphin, je te dis ! Woohoo !
:content:

Vous l'aurez deviné : nous n'avions encore jamais eu l'occasion de voir un dauphin dans son habitat, en toute liberté, et c'est un épisode magique. Mine béate : le retour. Nous restons debout, à scruter la surface, espérant qu'il se montre à nouveau. Ce qu'il fait, passées quelques minutes. Ohlala, c'est génial... Trop furtif, d'autant plus qu'il faut vraiment retourner à la voiture maintenant et nous ne pouvons plus attendre mais c'est déjà bien, génial quand même ! Woohoo, donc !

Nous accostons à Cedar Island et retrouvons notre route 12, qui traverse le Cedar Island National Wildlife refuge. Le couché de soleil sur ces étendues marécageuses est magnifique mais il n'y a hélas aucun endroit où s'arrêter. Une seule route, toutes les voitures transportées par le ferry s'y trouvent à présent à la queue-leu-leu et à en juger par la conduite impatiente de certains, il n'y a pas que des vacanciers. Impossible de stopper pour prendre des photos, sauf une, à la sauvette, lors d'un ralentissement.

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Il y a une bonne heure de route jusqu'à notre destination, il faut nuit à présent et je commence à ressentir la fatigue. Je fais plusieurs micro-arrêts pour laisser passer les voitures derrière nous, histoire de rouler à mon train, même si ça ne dure jamais longtemps.

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Un Food Lion superstore se trouve sur notre route et nous y faisons un saut pour les munitions du soir, avant d'arriver au terme de notre étape du jour, en découvrant notre hôtel pour ce soir.

La chambre 327 est parfaite, juste comme il faut. Je sais déjà que nous avons là NOTRE chaîne d'hôtels aux US, celle qui répond à nos critères et ça tombe bien. Alors que j'en étais au stade des réservations, je cherchais des établissements en centre-ville mais peinant à en trouver (hormis celui de ce soir et des B&B super beaux mais vraiment trop chers, dommage) je m'étais rabattue sur ces hôtels que l'on trouve dans les zones commerciales en périphérie et parmi eux, les Hampton Inn étaient toujours très bien côtés sur TripA. Toutes les nuitées jusqu'à notre arrivée à DC seront confiées aux bons soins des Hampton Inn alors chic-chic-chic. Après la déconvenue de l'Outer Banks Inn, nous voilà dans de vrais beaux draps.

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Avant de me répandre sans vergogne sur le supersized bed, je descends prendre l'air dix minutes. Tout est paisible, pas de bruit, juste le souffle du foehn et le chant des grillons. Il doit y en avoir des douzaines parce que ça grigri sec !

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Quelle belle journée ! :love:

A suivre :coucou:
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