Accueil RoadTrippin.fr
Au hasard des routes...
Valley of Fire SPRoadTrippin.fr - Guide et forum de voyage Ouest américain USA États-Unis
RoadTrippin.fr - Guide de voyage aux USA
En ce moment, réductions et bons plans chez Papillon, Hotels.com, Alamo, Avis... Retrouvez toutes ces offres sur la page Bons plans et promos !
Concours Photos 2016 : les candidatures, c'est maintenant !

Deux vadrouilleurs en vadrouille (+ invité) : l'Est

Vous revenez des USA ou vous y êtes encore ? Vous voulez faire partager votre trip et vos impressions aux internautes ? Venez nous faire découvrir votre voyage !
Merci de suivre les conseils pour l'écriture de votre carnet de voyage : http://www.roadtrippin.fr/forum/post2971.html

Re: Deux vadrouilleurs en vadrouille (+ invité) : l'Est

Messagepar isaleelee » Lun 10 Aoû 2015 15:35

blandinetcricri a écrit:
Fred a écrit::super: très beau démarrage !


Tout à fait!

Au plaisir de lire la suite!

:coucou: Blandine


C'est sympa, merci :clin:
De mon côté, je suis en train de lire vos aventures au District de Columbia (au moins vous avez aimé, vous, paske nous... :pprr: )
Avatar de l’utilisateur
isaleelee
Ecureuil de Yellowstone NP
Ecureuil de Yellowstone NP
 
Messages: 301
Inscription: Sam 11 Fév 2012 18:50
Localisation: Colmar (68)


Jour 5 - mardi 14 octobre 2014

Messagepar isaleelee » Mar 11 Aoû 2015 13:00

Check out : Hampton Inn, Morehead City (NC), USA
In ze middle, pensée du jour : Un virage ! merci mon dieu !
Check in : Hampton Inn, Petersburg (VA), USA

Morehead City ne sera qu'un point de chute entre deux étapes dont nous ne verrons rien autre que l'hôtel et son parking. Et le Bogue Sound, bras d'océan coincé entre nous et les iles barrières des Bogue Banks dont nous ne soupçonnions pas la présence hier, tout camouflé qu'il était dans l'obscurité et notre empressement à nous mettre aux plumes, et que je découvre stupéfaite en regardant par notre fenêtre alors que le jour commence à se lever. Bon, soyons indulgents : à nos pieds deux étages plus bas, la piscine était très éclairée et son faisceau de lumière faisait un peu barrage.

Image
Quand je vous dis qu'on l'avait sous le nez...

200 miles (+ détours et demi-tours) nous attendent et nous ne voulons pas nous attarder. Dommage. La prochaine fois ? Nous zappons aussi le petit déjeuner, ne prenons qu'un café dans la chambre. Et puis nous revoilà les fesses dans la voiture. Il n'est pas tout à fait 8:00. Et heureusement que j'ai pensé à embarquer mes lunettes de soleil parce que ça tape déjà bigrement.

New Bern, où nous venons de stopper, est une petite cité mimi, sur les berges de la Goose Creek. Ici est né Caleb Bradham et se trouve toujours la maison qui lui servait d'officine et où a été menée sa petite cuisine jusqu'à création du breuvage baptisé Pepsi Cola. C'est juste pour l'anecdote. Autre anecdote moins anecdotique car ô combien symbolique, y est également né, en 1883, Samuel J. Battle, premier afro-américain entré dans la NYPD. New Bern est aussi l'une des plus anciennes villes de l'Etat, fondée par des colons (je vous le donne en mille) suisses.

Image

La ville est prospère et ça se voit : jolies rues pavées, belles maisons de briques rouges, espaces paysagers, imposant Town Center avec moquette épaisse et murs couverts de granit, renfermant le Visitor Center (et des toilettes, hein). Le genre de petit patelin où je me verrais bien passer mes vieux jours, à grignoter les excellents pumkin & banana muffins et cinnamon rolls que je viens d'acheter à la New Bern Bakery et profiter d'Halloween en distribuant des brosses à dents aux gamins lors de leur Trick or Treat.

Image
Image
Image
Image

Nous avons garé la voiture dans une ruelle et flânons un peu. Nous tombons presque immédiatement ici :

Image

Nous ne sommes pas trop fixés sur nos intentions, visite, pas visite ? Alors que nous regardons les vitrines arrive justement un monsieur qui, avant de pénétrer dans le bâtiment, nous informe aimablement que le musée ouvrira ses portes dans 1/2 heure. Nous ne voulons pas attendre ; ça règle la question.

Image

Ernul, Vanceboro, nous traversons les Inner Banks et avons retrouvé notre petite route 17 désormais tracée à la règle sur des miles et des miles et encore des miles. Le cruise control est actionné. J'ai beau me motiver en m'émerveillant sur tout ce sur quoi je peux m'émerveiller, et puisque nous sommes aux US et que ce n'est vraiment pas comme à la maison ben les choses émerveillantes ne manquent pas, et puis aussi j'aime m'émerveiller, c'est ma nature, bon, donc malgré toutes ces choses merveilleuses, la monotonie rôde et me flanque un léger coup de pompe. Les gars, réveillez-moi quand on sera arrivés, okay ?

Tiens, puisqu'on a cinq minutes. Un truc que nous avons remarqué : en Caroline du Nord la plupart des véhicules ne possède qu'une seule plaque d'immatriculation, à l'arrière. Celle à l'avant n'est pas obligatoire. Au début, cela surprend. Renseignement pris, il existe dix-huit autres Etats où cette même règle s'applique comme le Tennessee, l'Oklahoma, la Floride, l'Arizona...

Saperlotte ! J'ai connu des autoroutes plus sinueuses que ça ! Les rares occasions où cette bande de bitume ose l'audace d'une vague courbe, c'est la fiesta dans l'habitacle, je vous le dis ! C'est trop drôle en plus : le conducteur est rendu attentif par un panneau. Attention, préparez-vous, à 150 yards, vous allez devoir tourner le volant d'un pouce...

Ouh ! Là ! Regardez !!

Mon coup de frein sonne un peu comme le clairon et tout le monde s'ébroue.

Heureusement qu'il y en a une qui suit : des champs de coton, immenses. C'est magnifique. Woohoo ! Oui, aussi parce que nous n'en avions jamais vu non plus. Je bifurque et stoppe sur le premier chemin de terre qui se présente, dans un gros nuage de poussière. Pour les amateurs de destinations généralement orientées Nord que nous sommes, cette contrée subtropicale, ce vent tiède, cette chaleur humide (le tableau de bord de la voiture monte jusqu'à 86°F / 30°C), les champs de coton, toussa, c'est very exotique.

Image
Image
Image
Image

La ville suivante, 40 miles de route toujours aussi droite plus loin, s'appelle Washington, ou Little Washington pour les gens du coin. Nous y faisons le plein. Nous avons pris l'habitude de le faire à mi-réservoir : je fais la quête, $10 chacun et j'y vais et can you give me thirty on number four siouplait et zou.
No I can't.
Le jeune gars à la caisse guette ma réaction, la mine réjouie. Je vois bien qu'il me taquine mais comme en revanche je ne vois pas où il veut en venir, je lui offre un air bêta et la sobriété d'un "euh... why not ?"

Il me révèle qu'il ne peut pas me donner le carburant que je veux lui acheter parce que ses cuves sont vides et qu'il attend le camion qui le réapprovisionnera. Évidemment, c'est une bonne raison. Bon, dans ces conditions, je remballe mes 30 dollars jusqu'à la prochaine station. Décidément. Je ne suis pas la reine de la répartie, je le sais, mais entre mon surfer d'hier et le pompiste d'aujourd'hui, ce n'est vraiment pas brillant...

Image

Little Washington est située sur la Pamlico River, éblouissante sous le soleil de midi. Dans les jardins des particuliers la végétation est luxuriante. L'église épiscopale St. Peter est sur notre chemin et nous visitons son cimetière. Nous trouvons le caveau d'une famille dont le nom dit « vaguement » quelque chose aux oreilles des amoureux du ciné que sont Majortom et bibi.

Image

Mais la chaleur maintenant nous tape sur le système. J'ai les petons en feu, je rêve d'une bassine d'eau fraîche et d'une paire de tongs. Quand je pense que j'ai mon gros gilet d'automne dans la valise ! Nous abrégeons et retrouvons avec soulagement l'atmosphère cosy de la voiture climatisée.

Il y a un Walmart non loin et nous y entrons en quête de notre repas de midi. Majortom repère un Subway dans la galerie du superstore et ses voyants se mettent à clignoter. Moi, je ronchonne un peu. Un Subway, on en a un dans l'immeuble au boulot alors bof, hein. Mais tout gavé qu'il est de pastrami depuis quelques jours, Majortom a envie de verdure et comme tout le monde a faim, je cède.

Si nous sommes canadiens ? Euh... Non. Je crois pas. Mais à force de s'entendre poser la question, on finit par ne plus trop savoir.

Nous saladons dans la voiture, sur un parking adjacent.

Quand même, le volume des trucs que l’on trouve sur les rayons de ces grandes surfaces… Pour les avoir aperçus au ciné un million de fois, ce n'est pas vraiment une surprise mais quand on les a face à soi, ces grosses bonbonnes de jus d'orange, ces bidons de cheeseballs de la taille d'une fontaine à eau Volvic, ces paquets d'Oreo par lot de dix, c'est impressionnant. Et comme c'est Halloween dans deux semaines, ils mettent en avant de gros sachets de friandises et barres choco qui doivent bien peser dans les 5 ou 6 kilos.

Image

Repus, gorgés d'essence et de dentifrice, nous entamons la seconde moitié du trajet d'aujourd'hui. Entre deux bourgades (Bethel, Scotland Neck, Roanoke Rapids...) des champs, des prairies, des maisons et leur jardin ouvert, d'autres plus isolées que nous ne voyons pas mais dont nous devinons l'existence grâce aux boîtes aux lettres plantées au début d'une allée.

La variété de leur architecture est aussi remarquable. Plu exactement la souplesse évidente des normes de construction avec un souci tout relatif de l'harmonie. Chacun semble pouvoir faire bâtir ce qui répond à ses besoins, ses envies ou son budget. Une belle villa en pierre rouge, à côté une demeure plus modeste tout en bois et plus loin un regroupement de plusieurs bungalows.

Et puis du coton, plein de coton, de grosses fleurs toutes chaudes, soyeuses et perlées de petites gouttes d’eau.

Image
Image
Image
Image

Nous venons de passer Emporia et sommes de retour en Virginie. Après Herndon - Kill Devil Hills, samedi, c'est notre seconde et dernière étape de transition et les trajets futurs seront plus courts. Encore quarante miles jusqu'à destination. Nous ne faisons plus de halte. De toute façon nous sommes toujours en pleine pampa, pas de ville aux alentours. Autant liquider et conserver ce qu'il nous restera comme temps pour découvrir Petersburg dès aujourd'hui.

Notre hôtel pour les deux nuits à venir, le Hampton Inn Petersburg Fort-Lee, 7 miles de downtown. J’aime leurs produits Neutrogena.

Image
Image

Nous prenons nos marques et une douche et nous retrouvons une heure plus tard pour partir à la découverte du vieux Petersburg.

Mais où l'ont-ils fourré, leur centre historique, bon sang de bonsoir ?
:grrrr:

Nous connaissons le même moment de vagabondage hébété d'avant-hier lorsque nous étions à la recherche d'on ne sait toujours pas quoi au Fort Raleigh National Historic Site. Bon alors oui il y a des bicoques anciennes fort sympa, nous pouvons aisément imaginer les troupes du Nord et du Sud en train de se mettre sur la figure dans ces ruelles pavées mais les marques du passé sont timides. Et je comprends à présent pourquoi ce fut si compliqué de trouver un hôtel à proximité du centre-ville : il n’y en a pas.
:pprr:

Pas de regroupement de commerces, restaurants, cafés, lieux de vie en tout genre qui pourrait former le cœur de la ville. Il y a bien une boutique ici, un glacier là-bas mais pour le reste ce ne sont que maisons d'habitation, bureaux, bâtiments privés et les lieux de vie dont je parle sont regroupés en périphérie, dans les malls et les outlets (pffff). L’endroit reste typique et plein de charme mais du coup, on en fait vite le tour. En plus, ce qui semble être la plus jolie rue du coin est fermée au public, un décor de maisons aux devantures d'époque étant en train d'y être monté pour un prochain festival.

Image
Image
Image
Image

De toute façon il se fait tard, la nuit tombe, la journée encore une fois était bien remplie, une visite plus approfondie est prévue demain. Pis on commence à avoir faim.

Mais avant de céder aux suppliques de nos panses, un brin de lessive. Je vais de ce pas faire tourner une machine dans la petite laundry-room située à notre étage. Les places sont chères : depuis notre arrivée nous sommes cernés par une compagnie militaire, ils sont partout, et certains d'entre eux en profitent eux aussi pour décrotter leurs petits mouchoirs. Par chance, le lave-linge est libre au moment où je me pointe.

Trois quarts d'heure plus tard, fin de la partie et je vide la machine mais le sèche-linge, bien qu'éteint, contient toujours des affaires. Je discute un moment avec une militaire originaire de Californie, qui patientait pour prendre son tour (et me demande si je suis Allemande.. Ca me change). On papote, on papote, et personne pour récupérer le contenu de ce fichu sèche-linge. Elle me dit qu'à ma place, elle le viderait. Moi à ma place cela me gênerait et d'ailleurs ça me gêne. En même temps, avec un minimum d'observation on remarque que l'endroit est prisé, que ce n'est pas le jour pour prendre ses aises et, vu la teinte camouflage de la cause du dilemme, son propriétaire est bien placé pour savoir que l'hôtel est blindé de troupiers en mode blanchisseuse. Sans compter les touristes. Alors je cède à l'impatience et me voilà en train de plier sur la table le treillis, les t-shirts, les pulls d'un soldat inconnu. Cela me met mal à l'aise et je le fais à toute vitesse pour ne pas être surprise.

Je le croise alors que je quitte la pièce. Hum, euh... mmbgglll, bon, je t'ai tout mis là, hein. Tu ne m'en veux pas ? D'abord c'était même pas mon idée.
:oops:

Et pour manger, on va où ?

Soyons pragmatiques : ai-je envie de reprendre le volant ? Pas forcément. Ai-je envie d'une petite pinte ? Assurément. Cela réduit le champ d'action alors direction The Lighthouse seafood, face à l'hôtel, de l'autre côté de la highway. A pieds. Pourquoi cette précision ? Parce que le couple qui nous devance lorsque nous quittons l’hôtel monte dans sa voiture, traverse la route et se gare sur le parking du restaurant. Distance parcourue : 56 mètres.
:hihihi:

Alors bottoms up à ceux qui ont bravé la mort en laissant leur voiture de l'autre côté !

Image
Image

Le resto est kitsch et je n’aime pas trop ce que j’ai dans l’assiette. Je garde un souvenir ému d'une infraction à mon code alimentaire que je me suis autorisée il y a trois ans en croquant un crabcake de chez Dean & Deluca sur Prince street, dont je rêve toutes les nuits depuis et me dis que je peux bien m'accorder ce type de récompense pour nous avoir mené à bon port jusqu'ici. Oué. Ben ça m'apprendra à vouloir retrouver dans un caboulot de Virginie les saveurs délicates d'une épicerie fine new-yorkaise. M'enfin la bière format oktoberfest et les frites sont bonnes alors burps !

Lorsque nous remontons, nous constatons qu'ils sont toujours à deux ou trois en train de trafiquer la porte de la chambre face à la nôtre. On ne sait pas comment le locataire a fait son affaire mais nous avons compris qu’en fermant la porte de sa chambre (alors qu’il en sortait) l'entrebâilleur s'est enclenché, il n'y a personne dans la pièce et le voilà bloqué en chaussettes dans le couloir. Ils étaient déjà dessus alors que nous partions pour dîner. A présent, il est aidé par le concierge de l'hôtel. Je suis affalée dans le king size bed telle une grosse larve prête à s'endormir quand ils finissent pas vaincre et je suis soulagée pour eux.

A suivre
:coucou:
Avatar de l’utilisateur
isaleelee
Ecureuil de Yellowstone NP
Ecureuil de Yellowstone NP
 
Messages: 301
Inscription: Sam 11 Fév 2012 18:50
Localisation: Colmar (68)

Jour 6 - mercredi 15 octobre 2014

Messagepar isaleelee » Mer 12 Aoû 2015 11:52

Check out : sur place
In ze middle, pensée du jour : les photos c’est à l’eau…
Check in : sur place

Image

Oué ! C’est là qu’on y va nous aussi ! ^^

C'est bien notre destination du jour. Nous ne sommes pas à proprement parler férus d'Histoire américaine mais baignant dans le ciné depuis l'âge des billes, et ce sujet ayant été exploité sur pellicule par miles entiers, nous sommes curieux d'approcher "en vrai" toute cette sanglante épopée. Pis c'est vrai qu'une fois les billes perdues, on se consolait en ricanant grâce aux idioties de Blutch et Chesterfield alors y'a pas, c'est à faire.

Nous empruntons pour cela la bien nommée Jefferson Davis Highway qui relie les deux villes sans détours ni curiosités particulières.

Nos objectifs, après notre passage au Visitor Center plutôt cossu : suivre le circuit touristique (pédestre) dont nous venons de récupérer le plan puis visite de la White House of the Confederacy et son musée.

Sauf que mon plan, après même pas dix minutes de pluie cinglante, n'est plus que lambeaux. Car oui, Mesdames et Messieurs, il pleut. Nous avons été épargnés jusqu'au sortir du Visitor Center mais depuis, il pleut. A verse. Des torrents. Un truc de fou. Nous commencions à peine à sécher après la sauce de KDH mais non. Vraiment, ces amerloques, faut toujours qu'ils en fassent des tonnes...
:lol:

Les garçons ont des vestes imperméables avec capuche et moi et mon gilet nous battons grâce au parapluie - minuscule quoique providentiel - que me prête le Colonel Kurtz mais rapidement nous nous rendons à l'évidence : c'est pas gérable, c'est cuit pour le circuit touristique.

Dans ces conditions, pas la peine de tergiverser : nous pressons le pas et passons à la suite du programme.

Alors que je préparais le voyage, pour me réserver quelques surprises, j'évitais d'effectuer des recherches trop poussées, genre passer le menu au crible via StreetView, Earth et tutti quanti. Avec Majortom, nous avions imaginé l'ancienne demeure de Jefferson Davis, Président des Etats Confédérés, comme étant une grande et belle demeure, majestueuse, cernée par un parc verdoyant bordé d'arbres et, pourquoi pas, traversé d'un ravissant cour d'eau.

Ben des clous. Ou peut-être jadis ? En tout cas, au 15 octobre 2014, la White House of the Confederacy, résidence de la famille Davis de 1861 à 1865, de taille plus que modeste, est plantée en pleine ville, cernée par un campus et un centre hospitalier bordés de briques et de macadam avec, comme seule verdure, un rikiki espace paysager, situé devant l'entrée principale.

Ce n'est pas que nous sommes déçus mais surpris, ça, oui.

Dans le musée, qui jouxte la maison, nous achetons pour $15.00 le combo visite musée + visite résidence. La visite du musée est libre et nous déambulons dans ses allées, dans l'attente de la découverte, guidée, de la maison, dans moins d'une heure.

Image
Image

Arrivé ce moment, le petit groupe d'une quinzaine dont nous faisons partie se rassemble devant l'accueil du musée et, suivant notre guide, nous traversons la courette qui mène à l'entrée de la Maison Blanche de la Confédération (photos interdites).

Je reste un peu en retrait pour ne pas déranger la troupe alors que j'offre à Kurtz une traduction rapide des explications qui nous sont données.

Sur la maison elle-même nous apprenons qu'elle date de 1818, que la famille Davis l'a quittée en avril 1865, déguerpissant face à l'ennemi qui approchait bigrement. Récupérée par la ville de Richmond, elle fut transformée en école publique : exit les murs, les sols, les moquettes, les tentures, les parquets qui l'habillaient.

Plus tard, lorsque l'école fut fermée, il fut question de raser la bâtisse mais une Association se créa spécialement, à l'initiative des Dames de la ville qui, pour empêcher sa destruction et la transformèrent en musée.

Ce parcours chaotique fait que ce que nous visitons aujourd'hui, à l'exception des murs de façade, n'est finalement qu'une reproduction de ce à quoi pouvait ressembler la maison lorsque Jefferson Davis y vivait. Hypothétiquement. Aucun plan n'ayant été conservé, aucun document permettant d'affirmer que telle ou telle pièce se tenait ici, de telle forme, de telle taille, ornée de tel et tel revêtement, les personnes chargées de la réfection n'ont pu qu'estimer. Les tapisseries ou moquettes correspondent aux tendances de l'époque mais ne sont pas d'époque. Seul le papier or et bordeaux garnissant les murs de la grande salle à manger est garanti fidèle à son prédécesseur grâce à un échantillon retrouvé, de la taille de l'ongle du pouce.

Si, un jeu de double-rideaux a été sauvé de cette destruction du souvenir mais est considéré si précieux et fragile qu'il repose quelque part, stocké à l'abri, pendant qu'une copie est présentée aux visiteurs à sa place.

Heureusement, les meubles, qui avaient fait l'objet d'une vente aux enchères lors de la reconversion de la maison, avaient préalablement été répertoriés et cet inventaire permit à l'association de les racheter par la suite. Cependant, comme pour la distribution des pièces, on ne peut nous garantir que leur emplacement actuel corresponde à celui de l'époque. D'ailleurs le bureau de Davis que l'on nous montre ici n'a même jamais été dans cette maison, mais dans son QG militaire, ailleurs dans la ville.

Bon. Bah. Lorsque l'on nous lâche, une heure plus tard, nos avis sont mitigés. Les gens de la ville ont fourni un travail considérable pour réhabiliter cette maison et son contenu, se sont battus pour qu'elle ne disparaisse pas ; tout reste ancien, puisque ce travail a été effectué il y a plus de cent ans. Mais rien n'est réellement authentique, c'est un peu dommage. La visite instructive de cette jolie demeure n'en est pas moins sympa, comme le guide d'ailleurs, très motivé.

Dans l’intervalle, la météo ne s'est pas vraiment calmée. Je dirais même plus : c'est pire. Après un tour dans le giftshop (où tout coûte un bras), nous restons un instant sur le perron du musée, l’œil torve, à observer cette pluie torrentielle. La voiture n'est pas très loin mais deux minutes sous cette douche suffiront à nous tremper jusqu'aux élastiques... En même temps l'heure tourne et il va bien falloir se lancer à un moment donné alors plutôt que de spéculer sur une prochaine éclaircie, à la une, à la deux : Geronimo !

J'ai le chemin inverse bien en mémoire alors je caracole en tête, suivie par les garçons qui avancent les oreilles rentrées dans les épaules. Nous rasons les murs quand nous le pouvons, nous protégeant un peu sous des auvents et des avancées de toits. Les rigoles ont grossi, ce sont presque des ruisseaux et d'impressionnantes flaques se forment à l'angle de certains croisements. Fonçant droit devant, alors que je m'apprête à en franchir une trop large pour l'enjamber sans y mettre les pieds (mais vu que dans mes chaussures ça glougloute depuis un moment, je ne suis plus à ça près) un jeune gars qui arrive me désigne un endroit où traverser à sec. Chouette de sa part.

Nous découvrons en voiture le reste de la ville : le Coliseum, le State Capitol puis Monument avenue, longue artère dont l'opulence et la splendide architecture jurent avec le faubourg déshérité du Sud de la ville, que nous avons traversé ce matin en arrivant. Dommage, avec cette pluie, impossible de s'y balader ou de prendre des photos. Avec Majortom nous ne tentons qu'une sortie, pour capturer l'imposant monument en l'honneur de Stonewall Jackson, trônant au milieu d'un rond-point, lui avec son APN que je protège comme je peux sous mon nano-parapluie. Franchement c'est galère et nous commençons à en avoir plein la casquette de toute cette flotte.
:censored:

Image
Image
Image

Rien de tel pour se requinquer que d'aller manger un bout, il est plus que l'heure d'ailleurs, midi est passé depuis bien longtemps (pour faire court : il est 16h00). Depuis mon coup de coeur pour le Fresh Market de KDH j'ai fait mon enquête alors fissa, direction le Fresh Market Richmond sur North Parham Road, aussi beau, accueillant et bourré de tentations que son homologue nord-carolinien. J'en ressors chargée d'un assortiment qui me fait saliver par anticipation : dolmas, sushis, crevettes à l'indienne (mon estomac est international). Majortom se choisit un truc pour le soir car pour tout de suite, il a repéré pas loin un Einstein Bros et s'offre un gros turkey bagel et nous dévorons le tout dans la voiture, sur le parking, observant les alentours, les gens, les voitures, le school bus qui vient de déposer un groupe d'ado.

Image

Après un saut au Walmart voisin et avant notre retour à l'hôtel, second passage au "centre" de Petersburg où nous fouinons dans des quartiers où nous n'étions pas la veille.

Image
Image

Nous faisons aussi une halte au Blandford Cemetery (le plus vaste de Virginie après Arlington) que nous parcourons en voiture. C'est un endroit historique, les stèles les plus anciennes datent du 18ème siècle ; de nombreux soldats sudistes y sont enterrés. Et Joseph Cotten. Mais ça, je ne l'ai su qu'après (dommage, j'y aurais bien déposé une fleurette). Nous ne pouvons pas trop nous attarder, cependant, car les portes se fermeront bientôt. En sortant, roulant au pas, nous perturbons une petite troupe dont nous croisons la route, qui s'éloigne en protestant.

Image

Le soir, nous nous regroupons dans l'une des chambres où, après une Busch réconfortante, nous dînons des restes de midi. Il n'y a plus foule au coin lessive et nous en profitons pour faire faire quelques tours de sèche-linge à nos vêtements détrempés.

La journée s’arrête là. Il pleut toujours, y’en a marre, chacun va se coucher.

A suivre
:coucou:
Avatar de l’utilisateur
isaleelee
Ecureuil de Yellowstone NP
Ecureuil de Yellowstone NP
 
Messages: 301
Inscription: Sam 11 Fév 2012 18:50
Localisation: Colmar (68)

Re: Deux vadrouilleurs en vadrouille (+ invité) : l'Est

Messagepar MurielPingouin » Mer 12 Aoû 2015 13:55

je découvre plein de chouettes endroits avec ton carnet, merci ! :super:
Avatar de l’utilisateur
MurielPingouin
Jeune otarie de San Francisco
Jeune otarie de San Francisco
 
Messages: 703
Inscription: Ven 10 Oct 2014 19:05

Re: Deux vadrouilleurs en vadrouille (+ invité) : l'Est

Messagepar philippe78 » Mer 12 Aoû 2015 14:17

J'adore ta façon de raconter :super:
Et quel dommage pour le temps...
Roadtrip 19 jours en octobre 2011 : Los Angeles > Parcs Nationaux > San Francisco
Roadtrip 29 jours du 11/07/2015 au 08/08/2015 : Salt Lake City > Yellowstone > Moab > Las Vegas
philippe78
Bison fougueux
Bison fougueux
 
Messages: 3509
Inscription: Ven 22 Oct 2010 08:36

Re: Deux vadrouilleurs en vadrouille (+ invité) : l'Est

Messagepar isaleelee » Ven 14 Aoû 2015 11:47

Merci à vous. Je suis contente de parvenir à vous distraire un peu ^^
Je planche ce week-end sur la suite.
Pour la météo, oui, c'était un peu laborieux. J'aime bien la pluie mais en voyage, ce n'est vraiment pas pratique. Et au bout d'un moment ça devient pénible. Mais à part attendre que ça passe... Et heureusement, parfois, ça passait.
Avatar de l’utilisateur
isaleelee
Ecureuil de Yellowstone NP
Ecureuil de Yellowstone NP
 
Messages: 301
Inscription: Sam 11 Fév 2012 18:50
Localisation: Colmar (68)

Re: Deux vadrouilleurs en vadrouille (+ invité) : l'Est

Messagepar blandinetcricri » Dim 16 Aoû 2015 13:43

isaleelee a écrit:
blandinetcricri a écrit:
Fred a écrit::super: très beau démarrage !


Tout à fait!

Au plaisir de lire la suite!

:coucou: Blandine


C'est sympa, merci :clin:
De mon côté, je suis en train de lire vos aventures au District de Columbia (au moins vous avez aimé, vous, paske nous... :pprr: )


Bonjour :)

En même vous avez vu d'autres endroits qui méritent visiblement que l'on s'y intéresse!

Bonne continuation!




B
blandinetcricri
Chèvre des montagnes de Glacier NP
Chèvre des montagnes de Glacier NP
 
Messages: 931
Inscription: Mar 22 Jan 2013 11:18
Localisation: Troyes

Re: Deux vadrouilleurs en vadrouille (+ invité) : l'Est

Messagepar valerie49 » Dim 16 Aoû 2015 16:28

Carnet très sympa à lire , de nouveaux horizons à explorer. ..
valerie49
Ours trop mimi
Ours trop mimi
 
Messages: 2347
Inscription: Lun 16 Mar 2015 18:49



PrécédenteSuivante

Retourner vers Carnets de voyage aux USA

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: valerie057 et 4 invités