Accueil RoadTrippin.fr
Au hasard des routes...
Timpanogos Cave NMRoadTrippin.fr - Guide et forum de voyage Ouest américain USA États-Unis
RoadTrippin.fr - Guide de voyage aux USA
En ce moment, réductions et bons plans chez Papillon, Hotels.com, Alamo, Avis... Retrouvez toutes ces offres sur la page Bons plans et promos !
Concours Photos 2016 : les candidatures, c'est maintenant !

America the beautiful (récit de voyage)

Vous revenez des USA ou vous y êtes encore ? Vous voulez faire partager votre trip et vos impressions aux internautes ? Venez nous faire découvrir votre voyage !
Merci de suivre les conseils pour l'écriture de votre carnet de voyage : http://www.roadtrippin.fr/forum/post2971.html

America the beautiful (récit de voyage)

Messagepar yann » Jeu 2 Aoû 2012 20:12

Bonjour à tous,

De retour d'un mois et demi aux Etats-Unis, je tiens tout d'abord à remercier toute l'équipe du site ainsi que tous ceux dont les posts sur le forum m'ont permis d'organiser ce voyage en très peu de temps. Mon voyage sortant néanmoins un peu des sentiers battus, il y a quelques points sur lesquels je n'ai pas pu trouver de réponses satisfaisantes et je compte notamment tâcher de rendre à cette communauté ce qu'elle m'a donné en faisant un article aussi complet que possible sur les possibilités de camper sans réservation, chose infiniment plus simple que ce qu'on m'annonçait. Mais avant de lancer ce thread sur les campings, voici un compte rendu du voyage.

La première partie que je poste aujourd'hui sera peut-être la plus amusante, mais ne sera pas celle qui fera le plus rêver. Pour les photos de lacs, de chutes d'eau, de geysers, de plages, de côtes battues par l'océan, de montagnes, de canyons, de séquoias, de buildings, de maisons victoriennes, de casinos mégalos, de villes illuminées, de rodéos, d'ours, de bisons, d'antilopes, d'élans... pour tout ça, et tout le reste... il faudra attendre la prochaine entrée. Aujourd'hui nous aurons : du suspense hitchckockien, de la bureaucratie kafkaien, de l'étude de moeurs, de l'aventure et bien d'autres choses encore (bon je m'emballe un peu).

En ce qui me concerne tout a commencé au mois de janvier quand A. et L. (vous m'excuserez de n'employer que des initiales étant donné que je n'ai demandé à personne la permission de parler d'eux) m'ont proposé d'aller à Vienne, projet tombé à l'eau quand ils ont décidé d'aller en Amérique du nord avant les deux ans de leur fils S., pour ne pas avoir à lui payer de billet d'avion. J'ai cru ce projet abandonné lui aussi, et nous nous sommes tout naturellement retrouvés à Londres. Mais le projet américain n'était que repoussé et A. et L. ont lancé un appel à ceux de leurs amis qui voudraient faire un bout de route avec eux, durant leurs quatre mois au Canada et aux Etat-Unis, de juin à octobre. J'ai accepté pour deux semaines, puis trois, pour finalement rester plus de six semaines.

Après deux ou trois mois de préparation intensive de mon côté (mes partenaires n'ont quasiment rien préparé et je me demande comment ils gèrent leur voyage maintenant que je les ai quittés), je suis parti de Lille le 11 juin au matin. Dans l'ensemble, je suis assez content d'avoir fait très peu d'erreurs dans une préparation aussi courte, mais il faut dire que les choses ne commençaient pas très bien. J'avais sans y prendre garde réservé un avion au départ d'Orly, alors que Roissy est beaucoup plus simple d'accès depuis Lille, et j'avais une correspondance à Londres Heathrow, pour laquelle je disposais d'une heure dix avant la fermeture des portes.

Le suspense commence quand mon premier vol est retardé, d'abord de 15 minutes, puis sans délai précisé. Le temps se fait très long. Selon le personnel au sol, le retard sera d'une demi heure. Enfin l'avion arrive, mais la préparation de l'appareil dure, même le personnel de la compagnie s'impatiente. Il devient évident qu'il y a plus de 30 minutes de retard. Après embarquement, l'avion doit encore attendre son tour assez longuement pour pouvoir utiliser la piste. Quand nous decollons nous avons... une heure dix de retard.
L'avion regagne vingt minutes sur le vol. L'enregistrement pour mon deuxième vol ferme à 17h10. Nous atterrissons à 16h50. Heureusement un employé de British Airways me prend en charge ainsi que deux français qui comprennent très mal l'anglais.
Nous devons repasser par la sécurité où se presse énormément de monde. Dans la cohue, j'en profite pour doubler tout le monde, mais les deux autres français ne suivent pas. Il nous faut ensuite retraverser tout le terminal dans l'autre sens, prendre un ascenseur, puis un métro, et encore un ascenseur, enfin remonter encore un couloir, et nous arrivons in extremis pour l'embarquement (je crois qu'ils l'ont laissé ouvert pour nous).

Le second vol s'est déroulé sans rien de notable et je suis arrivé à Calgary dans la soirée. Le passage des douanes n'a pas posé de problème, j'ai même pu le faire en français. Au Canada tout est bilingue, même au fin fond du Canada anglophone.
Le suspense a repris quand il a s'agit de récupérer mes bagages. L'employé de British Airways m'avait assuré que mes bagages seraient dans l'avion avant moi, mais ni les miens, ni ceux des deux autres français n'avaient réussi la correspondance, et j'ai dû non seulement faire la déclaration pour mon compte, mais également leur servir d'interprête. Comme il n'y a qu'un vol par jour, j'ai dû attendre le lendemain soir pour que ma valise me soit livrée au milieu de la nuit.

Une fois arrivé à Calgary, il me restait encore une heure de bus pour arriver chez C. Pour ce qui est du logement dans les villes, nous pratiquions le couch surfing, qui consiste à dormir chez l'habitant, via des réseaux sur internet de personnes prêtes à héberger des voyageurs. C. fut donc ma première hôtesse durant ce voyage et je tiens à dire que chacun d'entre eux a été absolument adorable, que j'ai recontré des gens particulièrement gentils et que cela a contribué pour beaucoup à la réussite de ce voyage.
Je suis donc arrivé vers 22h chez C. où étaient déjà arrivés A. et L. plus tôt dans la journée, et où se trouvait également un couple de couch surfers américains. Après avoir discuté quelques temps, je me suis couché, 24 heures après m'être levé et incapable de dormir (je ferais bien pire au retour).

Image

Notre tâche à Calgary était d'acheter une voiture. D'après nos recherches, l'achat ne devait pas poser de gros problèmes, mais la possibilité d'assurer un véhicule sans habiter en Alberta restait le gros point d'interrogation. Les règles diffèrent selon les provinces et il est difficile d'obtenir des informations fiables à distances. Nous savions en tout cas que cela était possible en Colombie Britannique, où se trouvait déjà K, qui devait nous accompagner durant le voyage.
Finalement il nous a été possible d'assurer la voiture, mais nous avons dû payer très cher pour la couverture minimale et le courtier par lequel on est passé compte bien avoir à en faire le moins possible.

Pour ceux qui voudraient faire ce type de démarche, voici ce que j'ai compris : aucune assurance ne voudra vous assurer pour seulement quelques mois et si vous n'êtes pas résident en Alberta. Mais il y a une sorte d'assurance d'état qui est obligée d'assurer tous les véhicules. Nous avons dû passer par un courtier pour utiliser cette assurance, je ne sais donc pas si on peut y souscrire directement. On peut s'assurer pour six mois ou pour un an et résilier avant la fin. La police pour un an revient moins cher, mais ça fait plus d'argent à avancer. Si vous voulez faire quelque chose de ce genre, je vous conseillerait plutôt de partir de Vancouver ; tout cela semble beaucoup plus simple et moins cher en Colombie Britannique.

Nous avons acheté le véhicule dès le premier jour, un gros minivan Ford couleur caca d'oie. Sur ce point, je dois une nouvelle fois remercier C. qui a eu la gentillesse de nous prêter sa voiture pour faire les démarches. L'achat de la voiture n'a pas été très difficile dans la mesure où dans notre budget, on ne croulait pas sous les possibilités. Comme par ailleurs aucun d'entre nous ne s'y connait en voiture, ça ne servait à rien de chercher à comparer. Et pour finir nous espérions finir la papesrasserie dans la semaine pour pouvoir partir le samedi matin.
L'assurance nous a pris plus de temps car le courtier ne voulait pas de cartes de crédit et nous avons eu beaucoup de mal à retirer suffisamment d'argent. En Canada, les DAB prennent soit visa, soit mastercard, jamais les deux. Sans entrer dans les détails, il a fallu attendre le lendemain et l'arrivée de K. pour réunir la somme car nous avions dépensé tous nos dollars canadiens dans l'achat de la voiture. Tout cela nous a pris des heures.
Entre deux nous avions pu enregistrer la voiture, sans problème, si ce n'est que nous avons dû traverser toute la ville dans les bouchons et sans clignotant gauche, en espérant arriver avant la fermeture. Et nous étions prêts à partir dès le vendredi, avec un jour d'avance sur nos espérances.

Nous n'avons donc pas vraiment eu l'occasion de profiter de Calgary, mais en somme la ville ne demande pas vraiment beaucoup plus de temps que ce que j'ai pu lui consacrer.
Nous logions dans un quartier résidentiel nord américain typique dans une maison en plain pied sans mitoyenneté. Les rues sont calmes et vertes, les gens disent boujour dans la rue et conduisent à peu près tous des pick ups. Calgary est une ville riche grâce à l'industrie pétrolière, les transports en commun sont très peu développés et particulièrement chers. Du reste tout est cher ici et je crois que beaucoup de gens donnent des choses à C., elle a notamment été livrée d'un vieux piano tandis que nous étions chez elle.
C. ne ferme jamais ni sa maison, ni sa voiture, et laisse toujours ses clés dans la voiture. Elle se l'est d'ailleurs faite voler récemment (selon elle à cause de la pleine lune), mais la police l'a retrouvée intacte.
Elle a trois enfants, en garde parfois d'autres, et reçoit beaucoup de couch surfers. Outre notre petit groupe, elle accueillait également un couple d'américains voyageant en auto stop pour écrire de la poésie à la demande sur des machines à écrire des années soixante. L'avant dernier soir, il y avait également un canadien qui n'a pas desserré les dents tandis que nous passions une très bonne soirée où nous avons joué de la guitare et où les américains nous ont fait une démonstration de leur activité de poètes sur commande.

Image

Le jeudi en fin d'après-midi, une fois les démarches terminées et les courses effectuées, nous pouvions enfin espérer pouvoir profiter un peu de la ville. C'est à ce moment que s'est déclenché un orage qui heureusement n'a pas duré. Nous étions tous épuisés, mais K. et moi avons quand même décidé de suivre la promenade menant jusqu'au centre ville en traversant la foret et longeant la Bow River.
Le centre ville de Calgary est plutôt agréable, mais il n'y a pas grand chose à y faire, et la ville est un peu morte le soir. En rentrant, nous avons dû rater un chemin qui aurait dû nous permettre de retourner sur les hauteurs et nous avons continué le long du fleuve. Quand nous nous en sommes aperçu, ayant à choisir entre les deux possibilités peu alléchantes de revenir sur nos pas ou de poursuivre jusqu'à la prochaine occasion de remonter, nous avons pris la décision qui s'imposait, et avons entrepris d'escalader à travers les bois une pente tellement raide et glissante à cause de la pluie que nous devions nous agripper aux branches et aux racines pour nous hisser, et en absence d'autres prises, nous devions enfoncer nos doigts dans la boue. Après une ascension qui a peut-être parue plus longue qu'elle n'était réellement, nous sommes arrivés tout prêt de notre but, ayant enfin l'impression d'avoir commencé à profiter du voyage.

Mais peut-être la vraie aventure commençait-elle le lendemain tandis que nous prenions la direction des Etats-Unis avec la crainte grandissante, à mesure que nous approchions de la frontière, de savoir la sauce à laquelle les douaniers allaient nous bouffer. Finalement le passage de douane est en fait passé tout seul, paradoxalement, beaucoup plus facilement qu'à l'aéroport lors de mon précédent voyage aux Etats-Unis, et même plus facilement que lors de l'entrée au Canada, malgré notre situation particulièrement tordue.
Et c'est ainsi que nous sommes entrés sur le territoire des Etats-Unis.
yann
Lapin à l'arrêt de Zion NP
Lapin à l'arrêt de Zion NP
 
Messages: 60
Inscription: Mer 18 Avr 2012 15:05



Re: America the beautiful (récit de voyage)

Messagepar dommm063 » Ven 3 Aoû 2012 12:24

:clap: ça commence fort !
Pour les membres, voici le lien de votre projet, pour mettre l'eau à la bouche : preparer-circuit-usa-f3/jours-calgary-las-vegas-t3892.html :hihi:
Avatar de l’utilisateur
dommm063
Administrateur du site
 
Messages: 16334
Inscription: Jeu 21 Fév 2008 23:23
Localisation: Clermont-Ferrand, France

Re: America the beautiful (récit de voyage)

Messagepar yann » Lun 6 Aoû 2012 19:20

Merci pour vos commentaires, j'espère que la suite ne vous decevra pas. Les récits de voyages sont souvent plus savoureux quand ils contiennent quelques mésaventures, et de ce point de vue, ce nouveau post pourrait bien être l'un des meilleurs.

Notre première étape une fois la frontière passée était le parc national de Glacier. L'idée était de passer une première journée dans la zone de Many Glacier, au nord est du parc, puis une seconde journée pour parcourir la Going to the Sun Road, qui traverse le parc d'est en ouest. Mais nous ignorions si elle serait entièrement ouverte. L'ouverture était prévue pour le 15 juin et nous devions y passer le 17, mais cela reste dépendant du déblayage de la neige et dans les années précédentes, elle a rarement été ouverte à cette date.
Nous avons parcouru les quelques kilomètres qui séparaient la frontière du parc dans un état euphorique et en écoutant en boucle L'Amérique de Joe Dassin. Peu après la frontière nous sommes entrés dans la réserve des Blackfeet avant de bifurquer sur la route de Many Glacier et de commencer à grimper les montagnes.

Image

Image

Glacier est un parc majestueux qui m'a fait d'autant plus forte impression que c'était le premier que nous voyions du voyage, et que c'est l'un des moins fréquentés. Mais il faut dire que le climat aurait pu être meilleur et que le ciel couvert, le froid, la pluie et la neige nous ont empêché de profiter du parc autant qu'il aurait mérité. En entrant nous avons appris qu'une partie de la Going to the Sun Road serait toujours fermée, et que nous ne pourrions donc pas accéder à la partie ouest du parc, et nous avons également découvert qu'une bonne partie des randonnées serait fermée à cause de la neige et que celle que nous prévoyions de faire, bien qu'ouverte, était également enneigée sur toute sa dernière partie. La nuit sous la tente au camping de Many Glacier fut froide, malgré un duvet, une couverture et plusieurs couches de vêtements. Pour une part à cause du froid et pour une part à cause du jetlag je pense, je me suis levé à six heures et j'ai observé une biche se promener dans notre emplacement de camping, puis je suis allé faire un tour en attendant que les autres se lèvent.

Image

Vers 9h, nous sommes partis pour la randonnée d'Iceberg Lake, malgré la neige annoncée sur la fin du parcours. De toute façon, toutes les randonnées étaient concernées par cette neige. Nous commençons la randonnée jovialement, criant et tapant régulièrement dans les mains pour effrayer les ours. Nous croisons des bighorn sheeps (mouflons canadiens) et quelques rivières, rapides, et cascades. Une fois que nous sortons au dessus de la forêt, les vues sont saisissantes. Plus nous montons, plus le sentier est enneigé et le ciel devient couvert. Dans un premier temps la neige ne nous retient pas, mais nous finissons par avoir face à nous une sorte de coulée de neige que nous devons traverser latéralement (je ne sais pas si je suis très clair). Nous la passons très prudemment, mais nous décidons peu après d'abandonner, en voyant qu'il y en a d'autres par la suite, ce qui est particulièrement dangereux avec un enfant sur le dos.
Nous sommes revenus pas le même chemin, ayant au passage la chance de pouvoir observer une mountain goat (chèvre des montagnes rocheuses), animal qui vit dans les parties les plus escarpées et inaccessibles des montagnes, apparu très loin de nous mais bien visible avec les jumelles.

Image

Rentrant plus tôt que prévu, nous avons enchaîné par une petite randonnée vers un lac, avant de nous poser dans le lobby des lodges. Le camping de Many Glacier présente quelques atouts notables. D'abord il est situé dans un lieu magnifique et l'on peut observer des montagnes tout autour de nous, notamment une montagne dorée au bord d'une jolie rivière changeait d'apparence au fil des variations de la lumière. Mais surtout, il est juste à côté des lodges, ce qui donne aux campeurs, un accès facile à la boutique, au restaurant, aux douches, à la laverie et au lobby, ce qui n'est pas négligeable compte tenu du froid qu'il faisait à l'extérieur, et nous en avons bien profité en cette fin d'après-midi.
Le soir j'ai eu l'occasion de voir une seconde mountain goat, grace à une ranger qui montrait des animaux aux badauds à l'aide d'une sorte de téléscope, puis nous sommes allés au restaurant, où j'ai mangé mon premier chili.

Image

Image

La seconde nuit fut pire que la première, quand au froid s'est ajoutée la pluie, et je me suis cette fois levé à 5h30, dès que la pluie a cessée. Les montagnes alentours étaient noyées de brume, mais après quelques temps, je m'aperçois que le lever de soleil semble joli du côté d'un lac que nous avions croisé en arrivant, mais où je n'étais pas encore allé depuis. J'ai donc pris cette direction et je me suis arrêté en cours de route pour lire un panneau, puis, tournant la tête dans la direction d'où je venais, je vois, à une vingtaine de mètres, un ours.

Image

Image

Pas très rassuré d'être ainsi tout seul à six heures du matin face à un ours, je recule lentement, jusqu'à ce qu'il disparaisse, puis j'ai abandonné mon projet de voir le lever de soleil, et je suis revenu sur mes pas. J'ai dû attendre 7h et l'ouverture du poste de ranger pour signaler la présence d'un ours aussi près du camping, mais je crois que ça n'a ému personne.

Image

J'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'un ours noir (bien que sa fourrure soit brune), mais ayant vu quelques ours noirs depuis, je n'en suis plus sûr du tout car il me semble plus gros et son allure n'était pas tout à fait la même.

Ce matin-là nous devions partir pour parcourir la portion ouverte de la Going to the Sun Road, et sans doute y trouver une petite randonnée, en ne sachant pas du tout où nous dormirions le soir. Mais impossible de démarrer la voiture. La batterie est à plat. Nous découvrons alors que le système d'allumage et d'extinction des lumières intérieures est assez incompréhensible, et il est probable que les lumières aient été allumées une nuit durant. Par ailleurs nous découvrirons plus tard que la batterie est presque morte. Après qu'un ranger nous ait aidé à démarrer la voiture, nous partons vers la Going to the Sun Road. La route est magnifique, et ménage de nombreux points de vue, mais nous n'osons pas éteindre le moteur et nous nous contentons de sortir rapidement à chaque point de vue, sans couper le moteur, prendre quelques photos et repartir, ce qui s'apparente aux pratiques des cars des japonnais, ou, comme nous l'avons appelé, le tourisme drive thru.

Image

Nous ne passons alors que quelques heures dans cette partie du parc avant de décider de prendre la direction de Yellowstone, en ayant dans l'idée que nous pourrions passer la nuit du côté d'Helena. Il faut dire que le plan gratuit du Montana que nous avons eu dans un visitor center est le meilleur plan d'état gratuit que nous ayons eu, et qu'il indique notamment la position des campings publics, ce qui était très précieux dans notre situation.

Image

Mais nous n'irons pas si loin, car peu après Browning, la première ville que nous avons rencontré, et juste avant de sortir de la réserve Blackfeet, nous voyons sur le bord de la route un rodéo et décidons de nous y arrêter. Le rodéo s'avère être organisé par les indiens pour la fête des pères. Quoi que cette pratique soit manifestement très dangereuse, c'est également un spectacle particulièrement prenant et jouissif.

Image

Nous ne sommes pas restés jusqu'à la fin, car nous voulions encore avancer avant de chercher un camping, mais nous sommes quand même restés quelques heures, et avons notamment vu, outre les épreuves classiques, des enfants chevaucher des moutons. Nous sommes donc repartis, traversant les plaines du Montana, parsemées de fermes rouges, de villes western et de petites éoliennes et les collines sur la crête desquelles nous nous attendions à voir surgir à tout moment des hordes de guerriers indiens sur le sentier de la guerre.

Image

Image

Image

Image

En lieu d'indien, c'est contre le vent que nous dûmes lutter sur les derniers kilomètres. Et tandis que S. (le petit garçon de deux ans) commençait à s'énerver, nous nous demandions s'il nous serait vraiment possible de planter la tente dans ces conditions. Nous nous sommes finalement arrêtés dans un camping dans une recreation area pour pêcheurs au bord d'Holter lake (si je ne dis pas de bêtise), un lac artificiel formé par un barrage sur le Missouri autour duquel paissent de nombreuses biches Peu après notre arrivée le vent s'est calmé, et d'autres campeurs nous ont confirmé que le vent soufflait moins fort la nuit, si bien que nous nous sommes installés.

Image

Le lendemain matin, je me suis levé encore plus tôt que la veille et j'ai pu assister au lever de soleil, puis nous avons assez longuement discuté avec un proriétaire de ranch, avant de partir en direction d'Helena pour faire du ravitaillement et accéder à internet afin d'organiser nos prochains couch surfing. Tandis que mes camarades étaient sur internet au safeway (ou l'on peut accéder gratuitement au wifi), j'en ai profité pour visiter les environs du Capitole.

Image

De retour au safeway, je découvre une voiture nous est rentré dedans au parking. Il semble que la voiture garée en face de la nôtre ait démarrée tout seule et soit lentement venue nous percuter. Le véhicule était un 4*4 qu'une jeune fille venait de recevoir pour ses 16 ans.
Les dégats sont minimes, une simple fissure sans gravité dans le pare-choc, mais peuvent influer grandement sur le prix de revente du véhicule. Devant l'impossibilité de faire venir un expert de la compagnie d'assurance avant plusieurs jours, nous sommes allé faire estimer le coût d'une réparation dans un garage, puis nous sommes allé chez un concessoinnaire Ford pour demander quelle était la perte de valeur du véhicule à la revente. Sur ces bases, le beau-père de la jeune fille a proposé de nous donner 500$. Un peu embarrassé pour lui, parce que en ce qui le concerne, il lui suffisait de faire jouer l'assurance pour n'avoir rien à payer, et un peu embarrassé pour nous-même aussi, car cette somme ne couvrait pas la perte de valeur du véhicule, nous avons quand même accepté, ce qui nous a permis de repartir et d'arriver à la nuit tombée à Yellowstone, où nous avions réservé un camping pour la nuit (le seul que nous avons réservé de tout le voyage).

Image
yann
Lapin à l'arrêt de Zion NP
Lapin à l'arrêt de Zion NP
 
Messages: 60
Inscription: Mer 18 Avr 2012 15:05

Re: America the beautiful (récit de voyage)

Messagepar izzie » Lun 6 Aoû 2012 22:07

Merci pour ce début de récit bien sympa :super: :clap:

À plus pour la suite :lol:

Isa
Avatar de l’utilisateur
izzie
Eléphant de mer pépère
Eléphant de mer pépère
 
Messages: 1251
Inscription: Dim 29 Nov 2009 20:16

Re: America the beautiful (récit de voyage)

Messagepar dommm063 » Mar 7 Aoû 2012 17:07

:cool:
Avatar de l’utilisateur
dommm063
Administrateur du site
 
Messages: 16334
Inscription: Jeu 21 Fév 2008 23:23
Localisation: Clermont-Ferrand, France

Re: America the beautiful (récit de voyage)

Messagepar yann » Dim 19 Aoû 2012 10:04

Notre première nuit à Yellowstone est la seule de tout le voyage où nous avions réservé le camping à l'avance car nous considérions que nous allions arriver tard. Depuis Calgary, une fois que nous avions eu acheté la voiture et que nous savions quel jour nous pouvions partir, nous avions donc fait cette réservation au camping Madison, dans la partie ouest du parc.

En fait, si nous ne nous étions pas arrêtés pour assister à un rodéo à Browning, et si nous n'avions pas eu cet accident dans un parking à Helena, nous aurions presque pu arriver dès la veille. Mais finalement, cela nous avait fait reperdre l'avance que nous avions prise à cause de la fermeture de la Going to the sun road à Glacier, et nous sommes arrivés au camping à la nuit tombée.

Notre passage au camping Madison fut donc des plus brefs, puisque dès le lendemain, nous levions le camp au plus tôt pour aller prendre une place au camping Norris, dont la situation est un peu plus centrale dans le parc et d'où nous avons pu rayonner grâce à la route en 8 qui parcourt Yellowstone.

Une fois installés au camping, nous avons commencé la visite du parc par le tout proche Norris Geyser Basin, où l'on n'a pas vu de grands geysers en éruption, mais où nous avons vu pour la première fois fumeroles, mares de boue, pools aux maginfiques couleurs émeraude, turquoise, orange... au milieu d'un décor lunaire.

Image

Nous avons ensuite pris une magnifique route de montagne pour nous rendre à Mammoth hot srpings, au nord ouest du parc, où se trouvent des sources chaudes. Là aussi les couleurs étonnent. On fait le tour de la partie haute en voiture et de la partie basse à pied, et c'est au bout de cette petite randonnée que se trouvent les plus belles choses et les plus belles couleurs. Malheureusement rien de tout cela ne rend vraiment bien en photo.

Image

Image

Image

Il me semble que c'est ce soir-là que nous avons découvert un bison en face de notre emplacement de camping. Il est resté dans le camping toute la durée de notre séjour, dont pas mal de temps vraiment tout près de notre campement. Nos tentes étaient d'ailleurs montées au milieu des bouses de bison.

Image

Le lendemain, nous avons randonné le long du canyon dont les couleurs complétement irréalistes donnent l'impression d'un mauvais décor peint, nous avons poursuivi la randonnée plus loin dans les terres, en traversant des prairies-fond-d'ecran-windows, avant de passer sur l'autre rive du canyon, où nous nous sommes notamment approchés des lower falls, chutes d'eau au débit impressionnant.

Image

Nous avons ensuite fait un aller-retour vers le lac en passant par la Hayden valley, où nous avons vu des élans, des tonnes de bisons et un grizzly de très loin.

Image

Image

La nuit suivante fut la plus froide de tout le voyage et quand nous nous sommes levé la table était gelée. Heureusement, j'avais acheté une couverture supplémentaire la veille. La journée quant à elle, première de l'été, fut la plus chaude que nous ayons eu jusque là.

Nous sommes allé dans le sud ouest du parc, où se trouvent la plupart des bassins de geysers, répartis en trois zones : Upper Geyser Basin, Midway Geyser Basin et Lower Geyser Basin. Nous avons commencé dans le Upper Basin par les environs du fameux Old Faithful, dont les éruptions sont prévisibles à 10 minutes près, pain béni pour les tour operators. Nous y avons aussi vu l'éruption de Riverside Geyser qui s'écoule dans une rivière pendant 22 minutes avec un jet d'une vingtaine de mètres de haut, tout cela au milieu des fumeroles et des pools colorées de toutes les nuances de bleu, de vert, de jaune et de orange.
Après cette promenade assez longue, nous avons fait d'autres secteurs plus petits mais non moins beau, et avons aussi eu la chance de tomber à peu près par hasard sur un geyser méconnu, un peu hors des sentiers battus, qui est en fait le quatrième plus grand du parc, et le plus impressionnant que nous ayons vu en éruption, cor nous étions vraiment tout près. L'éruption dure une heure et monte entre 35 et 60 mètres.

Image

Image

Image

Image

Image

Image

Image

La journée du lendemain laisse un souvenir ambigu. D'un côté c'est la première, et l'une des rares, journée où nous avons réussi à sortir d'une sorte de logique productiviste du voyage, et où nous avons réussi à prendre notre temps plutôt que de chercher à en voir un maximum. D'un autre côté c'est aussi le début du premier conflit entre nous, qui serait d'ailleurs le seul vraiment notable en ma présence.

Le plan original était de passer la journée dans le nord est du parc, le secteur de Tower Roosevelt, puis la fin d'après-midi dans la Lamar Valley, qui est réputé pour être le secteur où se trouvent les loups. Mais la veille K*** et L*** se sont montrés réticente à l'idée de faire la Lamar Valley, tandis que A*** voulait toujours y aller. Les choses en étaient restées là, mais le jour venu semble rétrospectivement avoir consisté à retarder l'explosion.

Nous sommes d'abord retournés au canyon, où nous nous sommes séparés, A*** et L*** sont retournés au Lower Falls, tandis que K*** et moi allions voir les Upper Falls, moins spectaculaires, mais méritant largement le coup d'oeil. Puis nous nous sommes dirigés vers le nord et ce secteur de Tower Roosevelt, en prenant une route en lacets, parsemée de points de vue sur le canyon et sur des cascades.

Image

En chemin nous avons vu un ours, près duquel, nous n'avons pas pu nous arrêter à cause du trafic. Mais plus loin, nous avons vu un autre ours, avec ses deux oursons, que nous avons pu observer longuement.

Image

Nous avons également vu un arbre pétrifié, dont l'intérêt est assez limité.

C'est à ce moment-là que la suite de la journée s'est en grande partie dessinée. Il est alors assez tard, nous n'avons pas encore mangé. Nous ne voulons pas sortir notre pique nique ici étant donné que nous savons qu'il y a des ours dans le coin, et il n'y a, d'après notre plan, pas d'aire de pique nique dans le coin. Nous sommes tout proches de la bifurcation vers la Lamar Valley, mais il nous faut d'abord trouver un lieu pour manger et A*** décide d'aller dans l'autre direction, pour aller manger dans une aire de pique nique encore très lointaine, presque à Mammoth hot springs.

Image

Nous avons donc mangé près d'une petite rivière, et nous avons bien pris notre temps, nous arrêtant un bon moment pour lire. C'est d'ailleurs l'un des rares moments où j'ai eu le temps de lire de tout le voyage.

Mais c'est à la cascade suivante que la discussion s'est envenimée, A*** voulant retourner à la Lamar Valley, alors même que c'est lui qui nous en avait éloigné, L** et K*** refusant car ça impliquait de passer tout le reste de la journée en voiture (les distances sont énormes) et qu'on commençait à avoir déjà vu pas mal d'animaux (même s'il est vrai que nous n'avons vu ni loup, ni orignaux).

Pour ma part, je n'avais pas particulièrement d'opinion, mais je suis assez content du choix que nous avons fait d'aller faire une randonnée en direction d'un barrage de castor du côté de Mammoth Hot Springs, car comme je l'ai dit, ce qui était appréciable dans cette journée, c'est que nous avons enfin su sortir de cette logique d'en "avoir pour son argent", et que nous avons trouvé l'occasion de faire une simple promenade, dans ce parc qui est aménagé de sorte que les grosses attractions soient facilement accessibles en voiture.

Image

Par contre A*** s'est alors mis à faire la tête, ce qui a encore continué le lendemain matin, notre dernier jour à Yellowstone, tandis que nous repartions vers le sud, et que nous visitions les bassins de geysers où ne nous étions pas arrêtés la première fois : Artist Paintpot et Black Sand Basin (qui est l'un des plus beau et très mal nommé).

Image

Image

Finalement après notre déjeuner, nous avons eu une discussion tous ensemble où A*** a finalement dit ce qu'il avait sur le coeur, qui était plus une accumulation de choses sans grande importance et d'incompréhensions mutuelles, plutôt que de véritables griefs, si bien que nous sommes repartis d'un bien meilleur pied pour visiter West Thumb, dernière zone de phénomènes géothermiques que nous avons visité, qui est principalement une zone où se trouvent des pools très profondes, juste en bordure du lac.

Image

Finalement, je pense que tout cela était oublié, tandis que nous partions de Yellowstone, et que nous reprenions notre dynamique d'émerveillement continu en prenant la direction de Cody, via une route qualifiée par Théodore Roosevelt de 83 plus beaux kilomètres des Etats-Unis (ça ne m'étonnerait pas qu'il ait juste dit 50 miles). Je pense qu'il était temps que nous quittions Yellowstone et que nous passions à autre chose.
yann
Lapin à l'arrêt de Zion NP
Lapin à l'arrêt de Zion NP
 
Messages: 60
Inscription: Mer 18 Avr 2012 15:05



Re: America the beautiful (récit de voyage)

Messagepar philippe78 » Dim 19 Aoû 2012 21:52

C'est sportif ton début de récit !
Roadtrip 19 jours en octobre 2011 : Los Angeles > Parcs Nationaux > San Francisco
Roadtrip 29 jours du 11/07/2015 au 08/08/2015 : Salt Lake City > Yellowstone > Moab > Las Vegas
philippe78
Bison fougueux
Bison fougueux
 
Messages: 3509
Inscription: Ven 22 Oct 2010 08:36

Suivante

Retourner vers Carnets de voyage aux USA

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Bing [Bot], Exabot [Bot], lauryne, pierrebazin, VeroP71 et 9 invités