Voici la suite:
Vendredi 18 Juin 2010
Départ du KOA de
Las Vegas.
Il fait 91°F en ville, et lorsque nous arrivons sur les routes du désert, 105°F.
Nous rencontrons des lotissements à un, deux ou quatre appartements, villas toutes pareilles, bien alignées, 4m autour de chaque villa. Un panneau propose l'achat de maisons en leasing.
Nous allons vers le Hoover Dam, embouteillage dû au contrôle de police. Nous sommes de nouveau fouillés.
Nous faisons quelques photos de ce très grand barrage beaucoup moins impressionnant le jour que la nuit.
Puis nous faisons demi-tour pour longer le lake Mead. Ce parc est le premier que nous traversons dans lequel il y a de petites pistes goudronnées sur lesquelles tous les véhicules motorisés sont interdits. Dans les autres parcs, motos et quads s'en donnaient à coeur joie dès 7h du matin.
Nous déjeunons au bord du lac. Quelques personnes sont sur la plage, bronzant et se baignant.
Nous repartons à 13h45. Nous avons été le seul RV à aller sur le bord, avec quelques voitures. Les autres sont dans un
camping à 1 mile de là et les gens viennent à pied.
Nous continuons la route du bord du lac vers
Valley Of Fire.
Ce parc est surprenant. Juste à cet endroit là, les montagnes au centre ne sont pas protégées comme les autres par cette poussière-terre d'érosion recouverte d'une maigre végétation. Tout autour, l'érosion a fait son oeuvre mais le reste des montagnes est gris-vert avec quelques petites tâches rouges, comme un début ou une fin. Tous les sommets du centre de ce parc sont rouges, érodés par le sable et le vent sans que rien de végétal ne puisse s'y fixer. Les mouvements de terrain, tremblements de terre, fissures, basculements, mouvement des plaques, ont permis un enchevêtrement des couches géologiques, et ce mélange de couleurs parfois surprenant apporte une touche magnifique. Rouge, blanc, blanc veiné de rose, gris, jaune, rose, mauve, presque ocre, certains pics vanille-chocolat ou vanille-fraise... Des formes et des allures bizarres qui font penser à des animaux, des visages... On voit même quelques
arches, quelques pans troués comme du gruyère. L'érosion a gagné.
C'est vraiment magnifique.
Nous allons même sur des pistes interdites aux RV qui sont très praticables. Il faut seulement ne pas se faire prendre par l'heure car le garde ferme les pistes à la tombée de la nuit, sans regarder si quelqu'un y est encore. Gare au malheureux qui se ferait coincer, sans eau dans cet endroit un peu chaud, même la nuit. Notre thermomètre dehors affiche 38°2 à l'ombre à 19h lorsque nous quittons la
Valley of Fire, et nous trouvons qu'il fait frais dans le camion à 26° avec la clim. En ne marchant pas beaucoup et en nous arrêtant beaucoup même si les RV sont interdits, nous avons mis 4 heures à admirer ce parc.
Nous partons vers Springdale avec l'intention de nous arrêter sur une rest area sur l'autoroute.
Nous traversons des villages-oasis avec de jolies petites maisons et des jardins gazonnés, des arbres fleuris, on ressent une bonne qualité de vie.
Vers 20h, toujours aucune aire, repas tranquillement sur le bord de l'autoroute sur un truck area, sans lumière aucune. Par mesure de sécurité, nous n'y restons pas et continuons notre route jusqu'à Mesquite où nous quittons la I5 pour dormir sur le parking du Wall-Mart.
Samedi 19 Juin 2010
Courses au Wall-Mart, entre autres un disque dur USB2 de 1 terra gros comme un Ipod pour 136$ taxes comprises. Il paraît que je fais trop de photos. Hier je n'ai fait que 13 Go de photos depuis le barrage jusqu'après la Vallée de Feu.
Mais c'est si beau....
Nous cherchons une banque qui fasse le change, de l'eau pétillante et du fromage.
Nous ne trouvons que la sparkling water, au 3ème petit market.
Nous quittons ce joli petit village en passant près d'un golf et un très beau terrain de Base Ball vers midi.
Autoroute, nous sortons pour manger vers Virgin River Canyon. Nous continuons cette route désertique malgré l'eau bien présente dans le canyon. Beaucoup de Yuccas en forme d'arbrisseaux à troncs gros et feuilles courtes.
L'arrivée sur
Zion est splendide. L'influence de la Virgin River se fait sentir. Les herbages pour les chevaux, vaches et animaux de fermes sont pratiquement marécageux. Les montagnes alentour arides et toujours très colorées. Même le macadam est rouge.
Plus on approche de l'entrée du parc, plus les arbres prennent de la hauteur et de l'amplitude, donnant une ombre très agréable. Mais les
camping sont full. Nous tentons quand-même notre chance, et miracle, une place s'est libérée, pour une nuit seulement, en plein cagnard, pour 18$, avec électricité.
Dimanche 20 Juin 2010
En se couchant vers 22 h, on veut ouvrir toutes les fenêtres pour aérer le camion. Impossible à faire, certains doivent brûler leurs déchets dans les barbecues, l'odeur est insupportable. Un descendant de Landru était peut-être en vacances à
Zion. Cet après-midi en récupérant le camion après visite de
Zion, l'odeur est encore là.
Vers 4 h du matin, il fait un peu frais Serge met le chauffage vers 5h30. Il faisait 18°5 dedans.
Debout 7 heures. Train-train habituel, passage à la dump station, et nous garons le camion dans un parking à côté de la gare du shuttle, près du Visitor Center.
Vers 8h30, nous prenons le shuttle. Nous montons jusqu'au terminus. Nous y sommes vers 9h15.
On a un peu froid là-haut, on se dirige vers la Virgin River qui profite déjà de quelques rayons de soleil. Il n'y a pas de bancs car ce passage est hors-piste et donc interdit pour préserver la faune et la flore. Nous trouvons un gros caillou et un tronc sec qui nous serviront de siège. Dos au soleil, nous passons un bon moment à nous réchauffer de la montée en shuttle toutes fenêtres au vent qui nous a congelés. Nous nous promenons un peu au bord de l'eau à admirer les oiseaux qui dansent dans les a-pic des falaises. Deux oiseaux jaunes de la taille de moineaux batifolent. Puis nous allons vers le trail qui serpente le long de la rivière au fond du canyon. Nous photographions woody woodpecker. Et des quantités d'écureuils à queue plate, qui semblent habitués à être nourris, bien que cela soit interdit. Ils sont même demandeurs, agitant leurs petites pattes de devant comme des petits bras quémandeurs.
Nous allons péniblement jusqu'au bout, et le chemin continue, mais il utilise le lit de la rivière. Le niveau de celle-ci est trop haut et sur 200m les courageux marchent dans 40cm d'eau avant de retrouver les galets à sec du bord de la rivière qui les conduisent aux gorges sculptées de
Zion que nous ne verrons qu'en photo.
Nous remarquons que curieusement si dans la Vallée de Feu, les collines environnantes sont en meilleur état, ici c'est tout le contraire. Les collines environnantes sont du même type que celles des alentours de la vallée de feu, gris-vertes recouvertes de végétation, mais avec plus d'accidents de terrains découvrant les couches sédimentaires rouges et blanches érodées.
Les gorges de
Zion sont impeccablement découpées, verticales, sans couloirs d'érosion, sans même les fatras de roches signalant une quelconque ancienne ou récente avalanche. C'est peut-être l'exigüité du canyon, sa végétation luxuriante qui protègent de la chaleur et de l'érosion ces falaises abruptes.
Nous reprenons le shuttle qui nous lâche au splendide restaurant de
Zion Lodges à ne surtout pas manquer : hotdogs, hamburgers, cheese burgers, bacon cheese burgers, french fries et magnums de sodas. Ice creams petits (taille normale) ou grands (pour américains).
Nous sommes tellement crevés que Soise s'endort à table. Pour une fois, ce n'est pas Serge qui dort. Il surveille les sacs, et en profite pour faire deux photos.
Retour au Visitor Center en shuttle, avec le Ccar, nous demandons au
camping s'il y a une place pour cette nuit, mais non, aucune.
Pourra-t-on passer demain matin au dump du
camping? Non plus.
Où peut-on aller passer la nuit? Aucune place, vous pouvez aller au parking en plein soleil et en terre battue de l'overflow qui sert de parking le jour aux voitures qui n'ont trouvé de place sur aucun parking. Ca ne nous plait pas. On va chercher ailleurs.
Nous avons repéré, hier, en montant vers le parc vers le km 24 une aire sauvage boisée entre la rivière et la route. Quelques tentes, caravanes, y séjournent. Nous y allons et nous y installons au point le plus à l'ouest au bord de la rivière sur un terrain sablonneux assez mou vers 16h. Groupe, clim, appareils en charge et sauvegarde de l'ordi toujours en cours.
Point
GPS: N 37° 10' 14” & W 113° 06' 33” sur Hwy 9, Rockville UT, entre Dalton Wash Road (6300 yd) et
Zion Park Blvd Hwy 9 (2600 yd).
A 22 h au moment d'aller au lit, la sauvegarde sur le DD d'1 To est finie. On coupe tout pour dormir dans le calme.
Lundi 21 juin 2010
Debout à 8 h 30, un peu de recup car nous ne sommes pas pressés aujourd'hui, au programme il y a passer le tunnel de
Zion et emprunter une petite route de 50 Miles qui serpente au fond d'une gorge vers
Bryce.
Un peu de lessive, quelques photos et à 10h07 on démarre du
camping sauvage de la borne 24.
Nous retraversons avec plaisir les très jolis petits villages du bord de l'eau. Tout est très vert, les villas sont très belles. L'endroit est apaisant et tranquille, très arboré. De grands ranchs avec en fond les montagnes désertiques.
Nous entrons dans le parc, payons les 15 dollars du tunnel, qui en semaine n'est ouvert que de 6h à 8h le matin et de 4h à 8h le soir. Le soleil d'Ouest donne de plus belles couleurs, donc nous sommes contents de passer le tunnel à 16h, le soleil sera avec nous.
Nous allons visiter le musée, très intéressant. Nous comprenons sans sous titre l'indien qui parle, car sur un grand écran, l'histoire du Canyon nous est racontée.
Nous nous posons quelques questions sur les Mormons, Douglas devrait nous apporter les réponses.
Nous allons sur l'aire de picnic du South Campground qui est déserté et ombragé autant que l'aire du Visitor Center est comble et en plein soleil. Va comprendre. Nous passons deux heures à manger et pour Serge à faire la sieste et 2 ou 3 véhicules passent et repartent. Je pars à la chasse à la photo d'oiseaux, et si je ne réussis pas bien mes photos, je me régale à observer ces oiseaux de toutes les couleurs, des bleus, des jaunes, un rouge, des petits et des grands, et je vois même un nid dans lequel un oiseau couve ses petits.
Nous allons compléter les pleins d'eau et vidanger les eaux sales vers 15 heures.
Nous allons voir si une queue s'est formée pour le tunnel. 2 cerbères nous font signe de faire demi-tour et de retourner d'où on vient.
Nous nous représentons à 15h58, même manège, le ranger nous fait signe de faire demi-tour tout en consultant sa montre comme un arbitre en fin de match. Nous faisons le tour du rond-point, faisons demi-tour dans l'allée privée qui conduit à son habitation et nous pouvons enfin passer le barrage.
Cette route est défoncée, en pleins travaux, ne permet pas de dépasser les 15 miles, mais le paysage, les gorges, les falaises, les grottes, les dômes, les a-pics, les lumières, les couleurs, nous en prenons plein la vue. Mais ceux qui nous suivent auront largement eu le temps d'apprendre la bande publicitaire de notre loueur El Monte RV, car Serge roule assez lentement pour que je puisse prendre des photos en me penchant à la fenêtre.
Au tunnel, blocage ½ heure en attendant que ceux qui descendent soient tous passés.
Le dernier véhicule qui descend transmet un témoin à la Ranger qui sait comme ça qu'il n'y a pas d'autres vehicules dans le tunnel.
Donc, les 15 dollars demandés aux véhicules de gros gabarit tels les Ccars, c'est une belle arnaque. Ils nous ont prétendu qu'ils allaient interrompre toute circulation seulement pour nous et que c'est pour cela qu'il y a cette dime. Or tous les véhicules profitent de cette circulation alternée.
Nous passons le tunnel, et un second qui a été agrandi, et à la sortie, le paysage a totalement changé. Montagnes érodées, striées, colorées, beaucoup plus usées. En plus elles sont striées dans tous les sens. Les mouvements de terrains ont dû être très violents pour arriver à de telles fractures de courbes de terrain.
A 17h11, les gorges s'élargissent, nous sortons du parc, nous montons et arrivons sur un plateau très vert, avec des prés immenses, de belles forêts. Nous voyons nos deux premiers bisons.
Nous faisons plusieurs arrêts photo, dont un pour photographier, en haut d'une colline, Trois animaux.
Nous suivons la Virgin River, puis la Sevier River, à la borne 108, nous entrons dans Garfield County.
GPS N 37°32'43” W112°29'15”, sur l'US89 à Alton Utah. Ceci pour toi, Eric.
Le paysage est de plus en plus vert, des vaches noires paissent, plein de mares, même les collines et montagnes sont très arborées, la rivière que nous suivons serpente en se tortillant dans tous les sens. Juste avant, une petite route menait au bord de l'eau, où un pêcheur s'était installé.
Nous décidons de continuer et bien nous en prend, car nous passons 2 parcs à RV chers et en plein soleil, et arrivons à Red Canyon, merveilleux, à la bonne heure pour les photos, 18H, pour finir par trouver un
camping national, qui nous accepte pour 15 dollars, pas électricité ni eau aux emplacements, une belle table sur un socle de béton, 2 barbecues et quelques milliards de moustiques à qui nous laissons volontiers la place dehors s'ils nous laissent tranquilles dedans.
Mardi 22 Juin 2010
Miles 2145,7
GPS N37°44'37” W112°18'52”
Adresse Red Canyon Campground Dixie National Forest US Department of Agriculture
Lever 8h . A 9h24, vidange et plein fait, nous partons vers
Bryce Canyon.
En remarque, les toilettes des
campings ou des parcs sont toujours nickel. Sont-ils plus propres que les européens, sont-ils mieux organisés? Les deux, je pense. Dans les
campings, nous avons vu une employée balayer les emplacements en terre autour du barbecue, de la table. On trouve à chaque fois, dans les aires de
camping ou de pique-nique des traces de balai ou de rateau montrant le nettoyage des emplacements. Pour l'eau propre et les eaux sales, des dump station existent même dans les parcs. On y a même vu un tordu en train d'y laver son Ccar avec de l'eau potable, car ici ils font bien la distinction entre l'eau potable et l'eau pour laver.
La route monte jusqu'au plateau, très légèrement vallonné, la végétation a tout recouvert, tout est gris-vert. Par ci par là, une tache orange ou rouge, ou jaune, qui montre que l'érosion est tenace et prête à recommencer à sculpter les reliefs.
Dans les prés, nous voyons des vaches noires et quelques arbres assez petits.
Petite remarque : aux USA, la pratique de s'effacer pour laisser passer une moto n'existe pas. On a beau se mettre sur le bas-côté, ils ne doublent pas tant que la voie inverse n'est pas complètement libre. Et quand ils sont devant, ils occupent toute la voie et ne font aucun effort pour se laisser doubler.
Nous sommes toujours sur le plateau, les prés sont immenses, ce sont des propriétés de plusieurs milliers d'hectares.
9h50, nous entrons dans
Bryce Canyon. Nous allons faire toutes les haltes et les petits chemins qui bordent les points de vue, à l'aller et au retour.
Il faut dire que ça vaut le coup de tout voir avec les lumières qui changent entre le matin et le soir. Les 3 premiers miles sont les plus beaux. En fonction des lumières de l'est ou de l'ouest, les lieux ne gagnent rien en majesté, mais gagnent en reliefs, en couleurs, c'est différent. Certains préconisent de faire le parcours avec le coucher du soleil. Mais le parcours fait 20 miles et être partout en même temps est difficile. C'est pourquoi nous avons opté pour tout voir deux fois, avec des lumières différentes.
Depuis le début de notre voyage, et au vu de nos difficultés personnelles de locomotion, nous avons vu que pratiquement tous les view points sont accessibles aux handicapés marchant un peu ou en fauteuil, grâce à des chemins cimentés ou goudronnés ou en terre battue bien damée. Ils sont assez larges pour se croiser. Il y a de quoi s'en mettre plein la vue. Par contre, les shuttles ne sont pas tous équipés.
Après les 3 premiers miles, il y a quelques points magnifiques, dont Natural Bridge qui est très surprenant, c'est plus une arche qu'un pont. Malheureusement ensuite sur 4 miles, beaucoup d'arbres brûlés et beaucoup d'arbres malades.
Nous voyons même de la neige éternelle, ce premier jour de l'été. Mais il faut savoir qu'ici, il gèle plus de 200 jours par an. Tous les points de vue se situent entre 8000 et 9000 pieds.
L'érosion a fabriqué des quantités énormes d'aiguilles blanches, roses, rouges, jaunes en formant des silhouettes de personnages ou d'animaux que la légende indienne raconte ainsi: Avant les être humains, il y avait beaucoup d'animaux ici, qui avaient le don de prendre l'apparence d'humains. Mais ils étaient mauvais, et le Coyote pour les punir les pétrifia en statues à l'endroit même où ils étaient.
Nous sommes obligés de manger sur un parking faute d'aire de pique-nique, au milieu de la valse des bus et des RV. Aujourd'hui pas de sieste, on est plus en forme et ça trottine. 17H30, nous avons fini le tour, le soleil à 9000 Pieds fait déjà de très grandes ombres. Nous quittons Sunset Point et prenons la direction de Kodachrome Basin State park où nous avons décidé de passer la nuit pour 16 dollars entrée du parc+ nuit au
camping. Point
GPS de notre emplacement N°7 : N 37°31'54” W11°59'34”.
Un cirque et des monolithes nous entourent, certains sont formés d'une base rouge et d'un sommet blanc, d'autres sont tout blancs et leurs bases que l'on croit rouges ne font que les recouvrir, taillées comme un bout de crayon graphite, laissant apparaître par une mauvaise coupe la mine donc le monolithe blanc.
Encore un paysage différent et étonnant.
Mercredi 23 Juin
2231 miles. Après quelques photos, vidanges et plein, nous quittons ce très joli petit coin de Kodachrome Basin. Nous reprenons la route de Tropic pour faire le plein d'essence. Le gallon à 3,149 à la station Philips 66 Conoco, ce prix est exorbitant.
Nous faisons qques photos du cimetière de Tropic, où les Lefèvre et les Pollock ont l'air d'être installés pour la postérité un peu comme le hasard l'a décidé. Toutes petites stèles avec comme seul signe distinctif un style différent de stèle, et un petit bouquet de fleurs au pied de la petite stèle. Pas d'alignement, pas de couleur imposée, pas de forme similaire. Ils ont leurs maisons bien alignées et semblables, mais pas leurs tombes. C'est surprenant.
Nous quittons
Bryce sur la scenic 12 vers
Capitol Reef. Les montagnes environnantes ne sont plus rouges mais blanches et leurs sommets sont noircis. Comme en Libye, les roches blanches noircissent au soleil et donnent un aspect de pierre volcanique. Ensuite les collines verdissent, avec au sommet parfois des pitons blancs, ou gris, qui font penser à des ruines de chateau-fort.
Nous roulons à environ 6000 pieds d'altitude, longeons une rivière au lit assez large, qui a un filet d'eau au fond. C'est très vert et toujours ces petites fleurs printanières jaunes bordent la route.
Les collines passent à la couleur terre grise, formant un chaos de bulles d'apparence terre séchée et crevassée. Il y a peu de végétation dessus, seuls de petits tas verts, des petits buissons ou des arbrisseaux ici et là. Ces formations géologiques sont parfois lisses de la couleur de l'argile.
Nous passons un col à 7600 pieds. La route plonge et ça reverdit. Le relief est effacé par l'érosion et par les forêts de conifères qui le recouvrent.
Nous passons de nouveaux reliefs très érodés, pleins d'éboulis. De nombreux genepis stabilisent les versants en chaos.
9h55, nous entrons dans Escalante
Petrified Forest SP. Voyant notre macaron GIC, le ranger nous informe gentiment qu'il y a ¾ d'h à 1h de marche pour un bon marcheur pour aller voir les arbres pétrifiés. Nous ne pouvons pas faire cette balade en moins de 3hA/R et donc nous y renonçons.
Escalante est un tout petit village de quelques maisons sur le plateau avec une belle piste d'athlétisme, alors que nous sommes à 4470 pieds.
D'immenses travaux près de la forêt pétrifiée sont en cours, on dirait qu'ils construisent un grand barrage de terre.
Sur la route, on traverse une immense étendue blanche. Ensuite, ça reverdit.
Nous traversons un autre paysage très érodé tout lisse, tout rond, qui ressemble à de grosses masses de sable pétrifié dont les formes ont été adoucies par le vent chargé de sable.
La route monte, monte, et on arrive sur une cîme. La route serpente de cîme en cîme entre deux ravins, sans garde-fou. Les à-pic sont d'environ 1000 pieds de chaque côté. C'est magnifique.
Nous descendons sur le plateau, à droite un canyon assez profond, on voit de loin une grande tache verte. La route descend très abruptement et nous arrivons sur la vallée de Boulder. C'est cette tâche de verdure que l'on a dû voir de plus haut.
La route entre Escalante et Boulder est de toute beauté et mérite à elle seule d'emprunter la scenic 12.
Vers midi, 2313 miles, nous entrons sur la Burr Trail Road. Les collines sont érodées et lissées par le vent de sable qui s'accumule à leurs pieds.
Dans le fond de la vallée, nous rencontrons des rangers qui entretiennent cet oasis tout vert aux arbres immenses. Nous voyons le lit de la rivière sec.
La route est pleine de nids de poule et semble peu entretenue. Jusqu'au
camping, elle est fréquentée donc détériorée. Ensuite, elle est en meilleur état.
Dès qu'on est sortis du fond de la vallée, l'oasis disparaît et le désert réapparaît.
En pleine ligne droite, sans arbre ni végétation, je vois un arbre gigantesque sur la droite qui nous invite à profiter de son ombre. Nous avons de l'éducation, nous acceptons. Et comme c'est le seul que nous ayons rencontré de la journée, il eut été idiot de refuser.
Repas au point
gps N37°50'54” W111°22'14”.
On est si loin de tout, on est seuls au monde et je suis sûre qu'on pourrait y passer la nuit sans être ennuyés. On y trouve même de l'absinthe à profusion et à défaut de la distiller, on peut en faire du thé en la mêlant au thé vert. Les berbères des montagnes marocaines de l'Atlas, manquant de menthe l'hiver, la remplacent par de l'absinthe.
2318 miles, nous repartons. Le paysage est vallonné, de couleurs ocre rose, ocre jaune, blanche, poli, rempli de genepis, et chaque ruisseau apporte sa verdure et ses arbres.
Nous quittons la route goudronnée pour une piste de terre battue. Un panneau à l'entrée indique qu'il est interdit d'utiliser des engins ou véhicules pouvant détériorer le revêtement de la piste. Pourtant tous les 4X4 rencontrés dépassent les 20 miles autorisés et font de la piste une véritable tôle ondulée. Pour ne pas disloquer le Ccar, nous sommes obligés de rouler extrêmement lentement.
Nous descendons au fond de la gorge rouge et en utilisant une pente assez rude. Falaises à droite, à-pic à gauche. La route est en lacets. Oasis au fond et la rivière est toujours à sec. Sur les falaises on voit des traces d'écoulements d'eau, de cascades. En période de fortes pluies, mieux vaut éviter cet endroit. Tout en bas, nous passons un petit pont et nous voyons une trace d'humidité dans le lit de la rivière. Juste après, nous faisons un arrêt photo, l'endroit est grandiose, mais des centaines de yenyens me préfèrent à Serge, je leur sers de lunch. Nous montons, continuons de traîner sur cette tôle ondulée, croisons une petite voiture de particulier et son chauffeur effrayé nous dit de ne pas continuer car c'est very difficult. Lui-même a fait demi-tour. Nous continuons sur le plateau qui descend très légèrement, et au détour d'un virage serré, nous sommes éblouis par ce que nous voyons. Un basculement à 45° des couches sédimentaires, une route en terre blanche qui serpente en descendant à pic vers le fond de la gorge avec des virages en épingle à cheveux. L'impression est très forte car les dimensions sont immenses, les deux versants du canyon penchent tous deux vers le fond de la gorge, comme si un effondrement gigantesque du fond de la gorge avait eu lieu en cassant la croute supérieure de 200m au moins d'épaisseur, ou comme si au contraire les bords du canyon s'étaient élevés brusquement provoquant la cassure de la partie supérieure devenant à son tour les versants du nouveau canyon, ce qui donne ces plissements en V et l'impression d'instabilité totale de ce passage.
Nous sommes passés sans difficulté et cette piste vaut vraiment le coup. C'est sublime. A condition d'être prêt à rouler au pas pendant une trentaine de miles.
Puis le paysage change, nous sommes sur un plateau, qui à gauche est une grande étendue désertique verdâtre jaunâtre, et derrière une falaise gris-ardoise, alors qu'à droite, ça ressemble à la garrigue.
Sans avoir à prêter l'oreille, on entend le cri déchirant de l'escargot déshydraté.
Le paysage change plusieurs fois, voir photos (plus tard...)
Nous retrouvons le goudron sur un plateau, 2357 miles, vers 16h. C'est un paysage désertique, de désolation, très chaud, peu de verdure, des millions de yenyens. Dès qu'on sort du Ccar, on est dévorés, grignotés, vampirisés.
Le plateau continue, et soudain apparaît un immense canyon à gauche, brun rouge. Bientôt, un deuxième canyon sur la droite transforme notre plateau en longue langue surplombant les deux canyons, et bientôt le lac Powell.
18H, Nous nous installons dans un parking 14 jours pour remorques et véhicules des vacanciers possédant des bateaux, à Bullfrog.
Nous avons vue sur le lac, les 2 roues sur le trottoir, le ccar est horizontal. Point
GPS N37°31'32” W110°44'20”.
A bientôt
Françoise et Serge