Oui, Jean, c'est tout à fait ça....
La suite :
Après Cortez, le plateau encaissé, entre deux rangées de petites montagnes (on est à au moins 4000 pieds quand même sur le plateau), est bien vert, et cultivé sur les ¾. Les bâtiments de vie et de travail des fermes semblent assez vétustes, mais c'est peut-être le mode de vie ici. Presque toutes les maisons sont petites et ne paient pas plus de mine qu'une vieille paire de chaussures qui reste malgré tout utile et confortable. La plupart sont en bois recouvertes de tôles peintes, petits chalets de 10 à 12m de long sur 4 à 5m de large, sans charme. Beaucoup de vieux bungalows pourris sont habités (le genre utilisé chez nous pour certains travaux). Rares sont les habitations avec un peu de verdure, ils ne se donnent pas la peine de planter 2 ou 3 arbres autour de leur habitation en plein soleil en plein désert.
Les collines du plateau s'arrêtent comme si le plateau avait fait une trouée dans une boucle montagneuse.
Les paysages sont de moins en moins verts pour devenir désertiques.
La montagne s'arrête net comme si elle avait été cassée, un bout de désert plat, puis un doigt s'élève, seul.
On prend l'US 160 et on est alors en plein désert plat avec quelques montagnes au loin.
Quel pays pour le quad ! Venir ici avec notre Ccar et notre quad, on se régalerait.
Des petits canyons sont creusés dans ce plateau constitué sûrement de l'érosion des montagnes environnantes. Sont ils dus à d'anciennes rivières asséchées ou à des pluies abondantes?
De temps en temps le lit a quelques herbes vertes. Nous passons un de ces cours d'eau sur un petit pont marqué d'une petite pancarte ”Aztek Creek”.
On continue la route, pas âme qui vive, pas de maison.
On rentre dans l'Utah par la 162W, et un panneau nous indique que nous sommes à 4760 pieds.
Le désert devient chaotique. Une “Prayer House” perdue....
Un peu plus loin, le relief se fait plus vallonné. Sur notre gauche, on voit des montagnes au pied desquelles une longue bande verte arborée borde une rivière : la San Juan River.
Cette oasis est occupée par un village “Aneth” qui semble être le lieu d'une secte religieuse.
Ils ont des puits, des cultures, leur propre maison de justice, leurs bassins de décantation, leurs vaches... Les habitants ont un faciès indien. Sur une 20aine de Miles, nous voyons beaucoup de puits de pétrole, des conduites de récupération de gaz, des bouches de mise à l'air libre, des citernes de stockage. Tout ça semble entretenir cette communauté mais ne semble pas suffisant pour devenir un vrai complexe industriel capable de donner un peu plus de confort à cette population Aneth.
Les montagnes sont très érodées, formées de couches rouges en terre, et de couches blanches paraissant plus résistantes, certaines couches sont vertes et d'autres sont même d'un bleu surprenant.
La rivière est assez large et semble avoir un débit assez important. Le village suivant est toujours au bord de la rivière, il a pour nom “ Montezuma Creek “, nous sommes en région Navajo. Mais ici l'église est Baptiste. Les habitations ne paient toujours pas de mine, mais il y a un magnifique terrain de rugby américain, une piscine couverte, des travaux importants en cours d'agrandissement de la chaussée et de quelques intersections, des stockages très volumineux disposés à coté du vieux stockage riquiqui et de magnifiques installations de traitements des extractions de pétrole et de gaz ainsi qu'un important bâtiment moderne d'une grande société qui détonne au milieu des habitations locales vétustes si ce n'est misérables.
A la sortie du village nous retrouvons le désert aride, vallonné au gré des cours d'eau asséchés qui ressemblent aux oueds secs d'Afrique. Nous descendons vers la San Juan River et son oasis que nous continuons à suivre.
Parfois nous voyons des montagnes composées de deux couches rouges et blanches, tirant parfois jusqu'au mauve. D'autres montagnes ressemblent à d'énormes tubercules de Monsieur Parmentier relativement lisses . Avec le vert de l'oasis, l'ensemble est très joliment coloré.
Tout à coup, que du blanc, montagnes blanches et plateau désertique. Et sans transition les montagnes passent toutes au rouge, plus du tout de blanc, mais plateau tout autant désertique.
Nous nous arrêtons vers 12h30 pour le repas … et la sieste du chef.
Nous repartons vers 13h50. Nous sommes dans Valley of The Gods.
Très beau. Je fais beaucoup de photos.
Nous continuons vers Goosenecks. La route qui y mène est peu explicite et le paysage reste le même jusqu'au dernier “Stop”. Ensuite c'est gigantesque. Lorsque nous arrivons sur le parking, nous n'imaginons pas ce que nous allons voir en descendant de voiture et en avançant vers le promontoire. De ce “View Point” perché au dessus de ces gorges, on en a le souffle coupé. Il faut dire que je me suis renseignée sur tout ce qu'il fallait voir, mais que j'ai refusé de regarder photos ou films qu'on me proposait. J'aime mieux la découverte, la surprise est plus grande, l'émotion et l'émerveillement aussi. Ce site vaut vraiment le détour. En contrebas, on découvre la San Juan River qui avance avec un certain débit en traçant de magnifiques méandres, 3 boucles qui se suivent, entre lesquelles se trouvent des monts à plateaux. Le tout est proprement et esthétiquement découpé, aucun éboulis, c'est plus que superbe et surprenant. Rien sur la route ne nous préparait à voir cela, nous étions presque déçus à l'arrivée au parking, avant.
Nous rencontrons là un couple d'américains qui viennent de se marier et qui vont faire leur voyage de noces à Paris.
Depuis que nous sommes aux USA, tous les américains que nous avons rencontrés, qu'ils soient touristes en vacances ou au travail dans les magasins, se sont montrés souriants, accueillants, aimables, serviables. Il est vrai que nous n'allons pas dans les grandes villes, mais j'aimerais que les Français fassent de même avec les étrangers en France...
Nous repartons vers Monument Valley, la route est belle, nous faisons une photo de “Mexican Hat” et nous voyons les reliefs étranges et surprenants de ce site, de plus en plus impressionnants au fur et à mesure que nous avançons.
Nous arrivons et entrons dans le park, 5$ par personne. Nous allons jusqu'au premier Tour Guide, en éludant totalement le second car je n'ose imaginer Serge sur un cheval, ou plutôt un cheval sous Serge...., où nous réservons pour demain 6h du matin le tour guidé par les indiens qui dure 2h30, nous payons 150$ pour deux. Le seul Hic c'est que ça se passe en 4x4 équipé de 6 sièges d'une place et demi...gare au demi...Serge a déjà discuté de ça et nous avons réservé une place et demie pour lui et une place pour moi. Mais l'indien sympa ne nous a fait payer que 2 places. Au diable l'avarice, et s'il est dit que nous rentrerons plumés, au moins aurons nous bien profité. Nous allons essayer de passer la nuit sur le parking avec quelques autres Ccar éparpillés alors que d'autres se sont agglutinés sur un bout de terre à l'entrée du parking du Visitor Center. Pour ces derniers, bonjour le sable avec le vent qui souffle aujourd'hui.
Vendredi 11 Juin 2010
Debout à 4 h 30 pour notre rendez-vous très matinal. Nous déjeunons vite, ensuite vite la douche et vite vite nous nous préparons. A 5 h 30 nous sommes dehors et déjà d'autres touristes en mal de visite du site Navajo sont là sur le parking et en profitent pour faire quelques photos du soleil qui commence à peine à faire sortir de la pénombre l'horizon. Même pas encore un début de coloration, juste une petite lueur blafarde. Pourtant tous et Soise en tête mitraillent le relief. Peut-être sera-ce la photo tant recherchée par tous ces fanatiques du pixel.
Un premier 4x4 pick-up équipé de 12 sièges arrive sur le parking où nous avons passé sans encombre la nuit. Notre guide nous dira plus tard que la première des lois de leur peuple est la liberté. Ils ont eu le droit de vote en 1953, l'autonomie politique en 1998 et viennent de se voir confier la responsabilité économique de leurs richesses petrole et gaz à revoir....
Serge va voir le chauffeur en lui présentant notre réservation. Celui-ci fait un simple hochement de tête qui ne signifie pas grand chose puis tend le bon à Serge et s'en va sans rien dire. Trois fois ce manège se reproduira. Nous comprendrons ensuite que le chauffeur fait partie d'une association de loueurs, propriétaires, salariés, rétribués de façon équitable par leur organisation. Difficile d'être plus organisés et fonctionnels. Dès que le chauffeur aura reconnu sur notre bon un indice que le signataire de la réservation lui a confié, il indiquera que l'on peut monter à l'arrière comme bon nous semble sur l'une des 12 places disponibles. En effet, les 4 véhicules partis ce matin et pour le premier à 5 h 40 et pour le notre à 5 h 48, ne seront composés que du chauffeur et d'un couple. La balade initiale devait sur contrat durer 2 h 30. Avec notre chauffeur qui a semblé très heureux de la tournure de nos questions et de l'attention que nous avions quand il racontait la vie et les aventures de son peuple, la randonnée motorisée à duré jusqu'à 9 h 20. A chaque fois qu'il nous entendait parler où faire des photos, il s'arrêtait, très attentif à nos moindres gestes et désirs. Il en profitait aussitôt pour nous raconter des anecdotes ou pour nous citer les noms de tous les sommets ou rochers environnants. Il est né sur ce bout de terre, a décidé un jour de tenter l'aventure à Phoenix comme électricien puis est revenu vivre sur la terre de ses aïeux en expliquant qu'ici la vie est plus simple car on ne court pas sans arrêt après des besoins ou des envies superflus. Sa GrandMa y vit encore. Nous passerons près de l'habitation de cette dernière. Ce lieu de vie est composé de deux abris en bois recouverts de terre ayant leurs ouvertures sur le toit, qui servent à ses besoins domestiques et d'un abri en bois non recouvert de terre réservé aux animaux qui n'y viendront que pour boire ou manger en plus de ce qu'ils pourront glaner de ci de là dans la vaste étendue de terre qu'ils peuvent parcourir sans restriction. Mais ici pas d'eau ni d'électricité. Seulement une petite source d'eau aujourd'hui trop salée qui servait autrefois quand elle était encore buvable à faire vivre une très grande communauté. L'eau douce est transportée du village de Goulding's situé quelques Miles plus bas à chacun des lieux d'habitation. Nous passerons près de plus d'une dizaine de Hogans pendant notre parcours. Le conseil des chefs ou des sages décident et proposent sans possibilité de discussion le lieu précis où devront s'installer sur leur territoire les futurs habitants de la communauté du lieu. Enfin, faire ce tour avec pour nous deux un véhicule tout terrain prévu pour 12, un chauffeur plus que prévoyant et nous faisant découvrir des lieux isolés chargés d'histoire et d'émotion en franchissant des dunes de sable fin ou aucune trace ne figurait avant notre passage, nous montrant des grottes, des arches, des monolithes aux noms démonstratifs, où personne ne va jamais en utilisant des parcours inédits pour ce genre de tournée, nous a touchés. Les chaos et les pistes défoncées nous ont aussi pas mal touchés car nous en sommes revenus avec un tour de reins de première classe. Mais quel pied.
En rentrant nous allons faire quelques achats, cartes postales, CD de musique Indienne Navajo, DVD des Parcs Nationaux. Nous cherchons des souvenirs pour les petits enfants, mais rien pour les petits, tout est pour les grands dans ce seul commerce du Visitor center de Monument Valley, véritable pompe à fric.
Nous allons voir si le restaurant propose des repas typiques Navajo. Oui sur la carte alors nous sautons sur l'occasion pour éviter une fois de plus le régime que nous ne faisons pas. Nous commandons des Tacos en entrée et un plat de mouton en repas. Tout arrive en même temps et les autres occupants de la salle de restaurant sont frappés par l'ampleur de notre commande. Tous les Tacos ne seront pas consommés car ils ressemblent plus à de gros beignets à l'huile servis avec des légumes découpés en tout petits morceaux, qu'aux Tacos déjà consommés dans des restaurants Mexicains. Le second plat se révèle être un pot au feu sans épices avec quelques morceaux de légumes, pomme de terre, carotte et cèleri, trois ou quatre petits morceaux perdus et noyés dans un bouillon limpide et insipide, et deux minuscules morceaux de mouton. Soise a la bonne idée de verser le petit pot de sauce un peu épicé des Tacos dans ce bouillon pour lui donner un peu de saveur. Par contre elle ne mange pas les quatre autres beignets énormes servis en tant que pain avec ce second plat. Serge demande une sauce ou quelque chose pour accompagner et pour donner du gout à ces beignets. Le serveur lui apporte un flacon de miel qui se trouve ensuite sur la liste des extras à expliquer à l'endocrino. Mais tous les gros beignets y passent aussi.
Nous partons ensuite à la recherche de timbres et du dépliant expliquant notre balade en 4x4 du matin. C'est au village de Goulding's que Soise fait ces derniers achats.
Ensuite route vers Page où se trouve le grand barrage construit en 1957 en même temps que la ville. Les indiens ont perdu à cette époque des lieux importants de leur histoire, mais le progrès est passé avant tout et l'irrigation agricole également.
Routes défoncées et en pleins travaux dans Page que nous traversons comme les autres villes de la route du jour. C'est à dire que les villes sont sans aménagements d'urbanisme. Pas de trottoirs ou de petits jardinets, pas d'organisation visible et peu de soins apportés au cadre de vie. Toujours ce même aspect des choses. C'est vraiment curieux de vivre dans un environnement tel que celui-là.
Nous sortons de Page en suivant le Lac que nous voyons de loin. Nous arrivons au barrage et visitons à peine le pont surplombant le barrage, le Visitor Center. La pluie tombe dru. Une charmante hôtesse des rangers nous indique où et comment aller demain matin chercher un loueur de bateau pour faire une balade sur le lac. Soise a pensé à emporter nos permis bateaux et nous essayerons de louer un bateau pour faire une virée seuls.
Tous les parkings rencontrés sont indiqués “Picnic but No Camping” alors nous continuons à fouiller au cas où d'autres RV seraient parvenus à trouver un lieu sympa pour y passer la nuit. Rien de rien. Nous finissons par aller au camping de Lone Rock conseillé par Simone Lahaye (merci Simone) de l'asso des routes de la soie. 10 $ la nuit au bord du Lac avec une impression de Piemanson (plage près de Salins de Giraud, au sud d'Arles) trés marquée.
Samedi 12 Juin
Journée repos, pluie, vent, éclairs, éclaircies. Impossible de prévoir quoi que ce soit.
Après tout, un peu de repos ne fait pas de mal.
En plus, le vent est froid.
Demain sera un nouveau jour....
A+









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